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Live Report   

Avatar fait son cirque


En ce début décembre, le Trabendo accueille une affiche 100% suédoise avec les très attendus Avatar, et en ouverture leurs compatriotes de The Last Band. Sans surprise, la salle affiche complet depuis des semaines, et on aurait de quoi se demander si, pour le prochain passage du groupe, il ne faudrait pas prévoir un peu plus de sept cent places, quitte à déménager dans le dix-huitième arrondissement.

Parmi les fidèles venus pour cette soirée de metal scandinave, on trouve étonnamment une grande variété d’âges et de styles, certains étant même maquillés en honneur du combo tête d’affiche. Malgré une ouverture des portes prématurée, avant 19 heures, ce n’est qu’autour de 20 heures que le groupe de première partie fait son apparition sur la scène.

Artistes : AvatarThe Last Band
Date : 5 décembre 2016
Salle : Trabendo
Ville : Paris [75]

Les cinq musiciens de The Last Band arrivent survoltés pour délivrer leur hardcore, que l’on pourrait presque qualifier de deathcore, pendant quasiment trois quarts d’heure. S’il n’est jamais évident d’ouvrir le bal, ça l’est probablement encore moins quand on passe avant Avatar, dont la présence scénique et les décors placent la barre très haut. Pour autant, les invités, originaires de Göteborg, s’imposent avec un son efficace et agressif, très mis en valeur par la qualité acoustique de la salle, qui n’est plus à démontrer.

Visuellement en revanche, pas de grosse surprise, chacun des membres est très investi dans la prestation et profite pleinement de chaque instant, mais ni le charisme ni les lumières ne sauront les distinguer ce soir-là. Quelque part, peu importe, la musique est là, et bien là !

Si dans un premier temps, le public ne réagit guère à la prestation pourtant convaincante des Suédois, le quintette réussira à force d’énergie à acquérir la fosse à sa cause. On note à cet égard l’investissement plein et entier du chanteur, Chris Blood, qui donne littéralement tout ce qu’il a sur cette scène. L’effort a donc été payant, et sur la fin de set, le public donne de la voix en soutien des guests du soir, qui ont visiblement réussi leur pari.

Quasiment inconnu en France, le groupe mériterait une plus grande mise en avant, et Avatar nous gratifie là d’une belle découverte. En seulement cinq ans d’existence, le groupe a réellement pris son envol, comme en atteste leur dernier album The Fall, bien plus abouti et diversifié que le précédent. Espérons que le tremplin que constitue cette première tournée européenne avec leurs acolytes maquillés les fera véritablement connaître à plus grande échelle.

Setlist The Last Band :

01. Move
02. Pulled Out A Lot Of Shit
03. White Powder
04. Pretty Boys
05. A Place Beyond
06. Give Me The Sky
07. 6 Out Of 7
08. The Fall
09. The Hunt

Une demi-heure de musique folklorique plus tard, changement de décor, dans tous les sens du terme ! La scène du Trabendo se pare désormais des couleurs et artifices du groupe à l’honneur ce soir. Fanions en rouge et jaune, estrade pour le batteur, lettres lumineuses en guise de fond de scène, et même petit podium central. Podium sur lequel Johannes Eckerström, chanteur de la formation, apparaît en fanfare dans la chute du cylindre de tissu dans lequel il se cachait, avant d’entamer de vive voix un « For The Swarm » qui donne la cadence du show : extravagant, plein d’humour, plein d’entrain, mais irréprochable techniquement. Même si le vocaliste attire irrésistiblement les regards de par son charisme et sa présence sur scène, les quatre autres membres ne sont pas en reste. Les deux guitaristes, Jonas Jarlsby et Tim Öhrström, partagent une complicité évidente. Henrik Sandelin le bassiste s’occupe de faire chanter le public, tandis que le batteur John Alfredsson, même caché derrière ses fûts, est entré dans son personnage de scène et n’en ressortira plus jusqu’à la fin du show.

Comme le dira le chanteur dans son discours introductif, le cirque est arrivé en ville, et ce n’est pas pour déplaire aux fans, qui sont d’entrée de jeu très investis et rendent au groupe toute l’énergie qu’il déploie. Ça headbangue sur scène, dans un ballet de cheveux synchronisés, mais ça headbangue aussi en fosse. Les titres s’enchaînent sans ralentir la cadence, et le show est au rendez-vous. Millimétré de par l’importance des décors, surtout sur une scène qui n’est pas immense, mais en même temps instinctif et fougueux, rempli d’humour et d’autodérision. Entre les morceaux, le chanteur trouve le temps de s’adresser à la foule des désormais citoyens du « Pays d’Avatar » comme il les nomme, en glissant une référence à leur précédente prestation très remarquée au Download Festival France en juin dernier, mentionnant que « c’est là qu’il avait décidé qu’il aimait Paris », mais qu’à présent, il « adorait » Paris. Et pour cause, l’accueil qui leur est réservé est pour le moins chaleureux.

Après déjà presque une heure de show, que l’on n’aura même pas vu passer, le chanteur s’éclipse pour mieux revenir avec des ballons, toujours dans l’esprit d’un cirque, en entonnant « Black Waltz ». Il est alors 22 heures passées, et le groupe sort pour la première fois de scène. Au bout de quelques minutes, les deux guitaristes reviennent seuls, et s’asseyent dos à dos sur le petit podium au centre avant de jouer les premières notes de « Black Waters », en quasi-acoustique, bientôt rejoints par le chanteur. Version très dépaysante par rapport à celle présente sur l’album, mais très plaisante. C’est ensuite « Vultures » qui enchaîne, avec un retour du groupe au complet, et toujours au top de sa forme. Les membres s’immobilisent à la fin du titre, en pantins plus ou moins désarticulés, sauf le batteur qui prend un malin plaisir à venir chatouiller ses camardes, avant de reprendre bien en rythme ses baguettes pour relancer le show avec « Murderer ».

Après une nouvelle sortie de scène, Johannes alias Pierrot refait son apparition vêtu d’un costume de clown blanc, avec au programme « Fiddler’s Farewell », qui calme un peu le jeu avant un « Let It Burn » pour le moins flamboyant ! C’est ensuite « Smells Like A Freakshow » qui s’invite dans la setlist, et ce titre pourrait être un bon résumé de la soirée : un show à la fois captivant et plongé dans une ambiance de cirque malsain, incarné à merveille par les membres, Johannes Eckerström en tête. Plus d’une heure et demi après leur entrée en scène sonne l’heure du dernier rappel, avec « Night Never Ending » et enfin la splendide « Tower », puis du salut en bonne et due forme de toute la troupe des circassiens d’Avatar.

Les Suédois ont à nouveau prouvé que la scène était leur piste de cirque, et qu’ils l’occupaient à merveille. Ceux qui ne les connaissaient que superficiellement auront sans doute été conquis par l’expérience, car on peut véritablement parler d’expérience dans ce genre de concert, et ceux qui les appréciaient déjà depuis longtemps ne pourront pas sortir déçus après plus de trois heures dans cette salle du Trabendo, au son toujours irréprochable, mais aux lumières malheureusement un peu pauvres compte tenu du show mis en place par le groupe ce soir-là.

Setlist Avatar :

01. For The Swarm
02. House Of Eternal Hunt
03. Torn Apart
04. Hail The Apocalypse
05. One More Hill
06. Bloody Angel
07. The Eagle Has Landed
08. When The Snow Lies Red
09. Paint Me Red
10. Black Waltz
11. Black Waters
12. Vultures Fly
13. Murderer
14. Fiddler’s Farewell
15. Let It Burn
16. Smells Like A Freakshow
17. Night Never Ending
18. Tower

Live report et photos : Aline Meyer.



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