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Interview   

Avatar : le clown de l’apocalypse


Il aura fallu cinq albums pour que la scène metal commence vraiment à imprimer le visage de clown malicieux et terrifiant de Johannes Eckerström – quelque part entre le Joker de Batman et Alice Cooper – et de sa bande dans Avatar. Mais en même temps, ce furent cinq albums où le groupe suédois s’est cherché, autant musicalement que visuellement, entre ses influences et son désir de se démarquer. Et c’est cette année avec son nouvel album Hail The Apocalypse qu’Avatar a abouti à sa recette la plus personnelle à ce jour. Un nouvel album qui mélange un metal tourné vers l’avenir à des traits de conception hérités des vieux groupes, qui privilégiaient l’énergie à la perfection, comme nous le fait savoir Eckerström dans l’entretien qui suit.

Et Avatar est bien décidé à surfer sur la vague de ce début de succès : après un show en première partie d’Avanged Sevenfold et Five Finger Death Punch au Zénith de Paris le 20 novembre 2013, Avatar revient un an quasi jour pour jour dans la capitale, à la Flèche d’Or, en tête d’affiche. Alors pour en savoir plus sur le groupe, nous vous proposons ci-après un retour sur ce cinquième album avec le frontman du quintet.

« Dans le metal, tout doit être absolument parfait, alors que si on y réfléchit, ça n’a aucun sens […]. Du coup, pourquoi essayer d’accomplir quelque chose d’idiot, pour parler franchement, alors qu’on pourrait faire bien mieux ? »

Radio Metal : Vous êtes allés en Thaïlande pour enregistrer votre nouvel album. C’est un choix intéressant, dans la mesure où on ne sait pas grand-chose de leur scène metal. Pourquoi avoir choisi ce studio ?

Johannes Eckerström (chant) : Il y a plusieurs raisons à cela… Nous nous sommes toujours juré de ne jamais vraiment nous répéter. Malgré tout, nous avons décidé de continuer avec le producteur que nous avions sur Black Waltz ; il s’appelle Tobias Lindell et travaille habituellement avec des groupes du genre Europe. Étant donné qu’à la fois notre groupe et notre producteur étaient les mêmes, nous nous sommes dit que nous aimerions vraiment changer de studio. Nous pensions chercher quelque chose d’un peu original du genre une grange perdue au fin fond des forêts suédoises, ou bien un home studio, ce genre de choses… Mais Tobias nous a dit qu’il allait partir vivre en Thaïlande et qu’il aimerait bien qu’on fasse ça là-bas. L’idée nous a parue assez dingue, ce serait un vrai changement pour presque n’importe quel groupe. Nous avons trouvé un super studio appelé Karma Sound. Ils sont vraiment très professionnels mais ont rarement l’occasion de travailler avec des groupes de metal. Des groupes comme Placebo ou Jamiroquai sont déjà allés enregistrer là-bas, mais pour nous et pour le metal en général, c’est tout nouveau.

Que savez-vous de la scène metal thaïlandaise ?

Eh bien il y a quelques groupes évidemment. Il y a aussi un petit public fan de metal européen et scandinave. Parmi les gens avec qui nous avons travaillé au studio, il y avait un gars qui avait cherché à travailler là spécifiquement parce qu’il avait entendu dire qu’un groupe de metal suédois venait enregistrer [rires]. Il nous a expliqué que la scène metal est concentrée à Bangkok. On y trouve quelques milliers de metalleux, mais ça ne représente pas grand-chose pour une ville asiatique aussi immense. Une petite sous-culture subsiste tout de même là-bas. Cela dit, nous n’avons pas été à Bangkok et donc pas eu l’occasion de voir ça par nous-même. Nous nous sommes retranchés à la campagne pour travailler sur l’album.

Ce nouvel album a été enregistré en live. Pensez-vous que c’est ce qui lui donne tant d’énergie ?

Ouais ! C’est une anecdote amusante qui est à l’origine de cette décision de dernière minute. Nous avions abordé le sujet, mais nous avions également parlé de faire un enregistrement en « semi live », comme ce que nous avions fait sur Black Waltz : on enregistre ensemble, tout le monde est présent mais on ne garde que la batterie, par exemple. Puis pendant le vol pour la Thaïlande, nous avons regardé un documentaire que Dave Grohl a fait sur les studios Sound City. Tu l’as vu ?

Ouais, c’est un super documentaire !

Ouais, c’est vraiment quelque chose de génial de voir toutes ces légendes issues de différents domaines musicaux parler des enregistrements en live et de l’énergie que ça leur donne. Nous nous sommes mis à parler du fait que dans le metal, tout doit être absolument parfait, alors que si on y réfléchit, ça n’a aucun sens, puisqu’il n’existe pas de musique parfaite. Ce n’est pas ça, la musique. On peut construire un mur en briques parfait : on peut le mesurer et dire « ce mur est parfait », mais la musique ne marche pas de la même manière. Du coup, pourquoi essayer d’accomplir quelque chose d’idiot, pour parler franchement, alors qu’on pourrait faire bien mieux ? C’est pour ça que dans l’avion, nous nous sommes dit : « Ok, si eux peuvent le faire alors nous aussi on peut le faire, donc on va le faire. » Quand nous sommes arrivés là-bas, notre producteur a un peu paniqué : « Non, c’est impossible, c’est trop risqué, on n’a pas le temps ». Mais on a fini par le persuader d’appuyer sur le bouton « REC » puis on a commencé à enregistrer, et là il a changé d’avis. Nous nous sommes vraiment donnés à fond. C’était quelque chose d’assez exigeant, parce qu’au lieu d’avoir les yeux rivés sur le sol, chacun doit regarder les autres pour que tout le monde soit synchronisé. La communication se fait à un tout autre niveau par rapport à d’habitude et c’est ce qui donne à l’album cette énergie unique.

Et justement, est-ce qu’il y a sur l’album des morceaux qui seraient des premières prises ?

Peut-être « Get in Line », c’est possible que ce soit une première prise, au moins en partie. Je ne suis pas sûr… Nous avons joué chaque morceau un certain nombre de fois afin d’essayer différentes approches. Nous sommes entrés en studio avec 95% de l’album terminé, mais il y avait des arrangements qui ont fait qu’il était rare qu’on garde une première prise. On en apprend beaucoup sur une chanson quand on pose le pied dans le studio pour de bon, au lieu d’enregistrer des démos sur un ordinateur ou de la jouer dans la salle de répétition. Il faut s’adapter à cette énergie bien particulière et à l’âme que dégage la chanson, et ça peut prendre un peu de temps.

« Nous nous forcerons toujours à évoluer, à ne pas jouer la carte de la sécurité. C’est la seule promesse que nous nous faisons, à nous et aux autres, concernant l’avenir de notre musique. »

De plus en plus de groupes décident d’enregistrer leurs albums de cette manière, afin de renouer avec ce son très organique rappelant les années 70. Pensez-vous que les gens en ont marre de ce son trop parfait qu’on entend sur de nombreux albums depuis un certain temps ?

Je crois, oui, parce que ça fait 20 ans qu’on a des albums qui sortent et qui sont super pendant un temps, mais dont on finit par se lasser, alors qu’on ne se lasse pas de Led Zeppelin. Cela dit, malgré la vague rétro et nostalgique de ces dernières années, et bien que de généralement les groupes font ça parce qu’ils auraient aimé exister dans les années 70, de notre côté j’estime juste que nous utilisons les meilleures méthodes à notre disposition pour que notre musique rende aussi bien possible, et que c’est de la musique faite pour 2014 et après. Il n’y a rien de rétro dans notre démarche.

De nombreux groupes ne sont pas très au point en termes de technique musicale parce qu’ils savent que lors du passage en studio, toute erreur peut être corrigée électroniquement ou informatiquement. Comment vous préparez-vous à un exercice aussi exigeant qu’enregistrer une chanson en live sans faire d’erreur ?

On répète beaucoup, on s’entraîne beaucoup, et on s’assure de jouer des choses de notre niveau ; et au bout du compte, il y a des erreurs qui ne sont pas dramatiques, tu vois ce que je veux dire ? Ce que nous cherchons, c’est le facteur humain, c’est ce qui nous donne notre énergie. Si on enlève toute erreur d’un point de vue mathématique, alors tout ce qu’il finit par rester ce sont ces fameux albums soi-disant « parfaits » qui semblent tous finir par tomber dans l’oubli. Nous ne voulions pas à tout prix que sur chaque passage avec de la grosse caisse rapide, tous les coups soient joués avec un timing parfait digne d’un robot. Nous voulions que l’auditeur sente le batteur en baver pour réussir à jouer ce passage et lui donner toute sa puissance. C’est pour cette même raison que nous ne tenons pas à suivre aveuglément le métronome. Nous le mettons histoire de nous dire : « Ok, voilà le tempo qu’on vise », puis nous l’enlevons. Il arrive que le tempo change un peu pendant certaines chansons de l’album. Faire des erreurs n’était pas inacceptable.

A ses débuts, Avatar était purement un groupe de death metal, mais sur votre dernier album ainsi que sur le précédent, vous vous êtes diversifiés. Il y a beaucoup plus de chant clair et on peut entendre des influences très différentes, comme par exemple Alice Cooper sur « Murderer » ou de la musique électronique sur « What I Don’t Know », qui a un côté disco très particulier. Vos goûts musicaux étaient-ils aussi variés lorsque le groupe s’est formé ?

Nous nous intéressons encore au death metal, plus ou moins, mais à l’époque nous ne parvenions pas à articuler nos influences. Nous étions vraiment jeunes quand nous nous sommes rencontrés et nous avons vraiment commencé à apprendre à jouer en jouant ensemble. Le premier point commun que nous avons trouvé entre nous tous, c’était des choses plus extrêmes, du genre death technique. Nous écoutions Cryptopsy en soirée et étions à fond dans la scène de Göteborg, notre ville natale, qui a été lancée par la génération avant nous. Ça a été une très grosse influence sur nos premières années. L’une des choses nous ayant le plus marqués tous les cinq fut la création de The Haunted. Mais avec les années, alors que nous nous améliorions à la fois en tant que musiciens et en tant que groupe, nous avons commencé à comprendre comment nous démarquer et nous créer notre propre style. Lorsque nous sommes entrés en studio pour enregistrer Thoughts Of No Tomorrow, le plus vieux d’entre nous avaient 19 ans, les gens ont donc pu suivre notre évolution. C’est un sentiment assez agréable sur la durée. Avec Black Waltz j’ai vraiment l’impression que nous avons trouvé notre propre voie en matière de composition, et c’est quelque chose que nous avons poussé encore plus loin sur Hail The Apocalypse.

Quelles sont vos influences au-delà du metal ?

Le premier groupe qui m’a donné envie d’être à mon tour dans un groupe, ce sont les Beatles, et ils font encore partie de mes groupes préférés. Mon père et sa collection d’albums m’ont fait découvrir les Kinks, les Rolling Stones, The Who… le rock des années 60 en gros, le genre de musique à partir duquel le metal s’est créé. Dans un autre registre, j’adore Nine Inch Nails, j’adore Daft Punk et j’adore… plein de trucs en fait. Il y a une tonne de groupes que j’apprécie sans que ce soit nécessairement du metal, mais je me considère tout de même, dans mon approche à la vie et dans ma manière de composer, comme un metalleux. Disons simplement qu’il y a énormément de choses à apprécier en dehors de ce genre musical.

Devons-nous nous attendre à ce qu’Avatar se diversifie encore plus ?

Il est trop tôt pour répondre à ça. La seule chose que nous sachions du prochain album, et de l’album suivant et ainsi de suite, c’est que nous nous refusons de stagner, et qu’il y aura toujours… Nous nous forcerons toujours à évoluer, à ne pas jouer la carte de la sécurité. C’est la seule promesse que nous nous faisons, à nous et aux autres, concernant l’avenir de notre musique. Nous avons envie de nous lancer des défis qui nous stimulerons, et nous le ferons toujours sous la bannière sur metal, si tu vois ce que je veux dire. Nous sommes un groupe de metal, mais nous avons envie de pouvoir redéfinir ce qui constitue du bon metal.

Donc il ne faut pas s’attendre à ce qu’Avatar fasse un album qui ne serait pas du metal…

Pas sous le nom d’Avatar, non. Le metal, c’est ce que notre groupe fait de mieux, tu vois. Ce n’est pas possible d’appuyer sur le bouton « REC » et de s’improviser supers musiciens de reggae. Ce que nous faisons, nous le faisons bien. D’un côté, notre manière de communiquer et de créer est fortement ancrée dans le metal, mais d’un autre, notre définition de ce qu’est metal et ce que nous pouvons nous permettre avec ces racines metal, c’est une toute autre question. Mais bon, il y a vraiment peu de chances que nous sortions un album reggae prochainement ! [Rires]

« L’idée d’Avatar c’est vraiment de nous pencher sur la part d’ombre de l’humain […]. Et j’imagine que le personnage du clown permet de rendre ça plus supportable. »

Sur la jaquette de l’album, on peut voir le groupe en train de naviguer, de piloter leur bateau en pleine mer, avec l’apocalypse en train de se dérouler partout autour. Cela signifie-t-il que l’album a été particulièrement difficile à faire ?

Tous les albums sont difficiles à faire pour nous puisque nous sommes très exigeants avec nous-mêmes et que c’est un effort commun. A l’origine de chaque chanson se trouve un membre du groupe, mais ça pourrait être n’importe lequel de nous cinq. Ensuite, c’est en tant que groupe que l’on finit ça. On n’a pas de dictateur dans le groupe, et ce n’est même pas une démocratie où on voterait pour prendre des décisions sur ce que nous faisons et comment nous le faisons, car Il faut que ça fasse l’unanimité, cinq votes à zéro sinon rien. C’est comme ça qu’une chanson devient une véritable chanson d’Avatar, et ça, c’est un processus plutôt long. Donc oui, c’est toujours difficile de faire un album, mais c’est aussi très gratifiant, car dans Avatar nous visons toujours le haut du panier.

Penses-tu que les albums les plus difficiles à réaliser sont les meilleurs ?

Eh bien, pour nous c’est comme ça que ça se passe, mais il y de très bonnes chansons de punk qui sont composées en deux minutes et enregistrées en deux minutes trente. Même sur notre album, certaines choses sont allées assez vite. Il y a « Vultures Fly » par exemple, pour laquelle nous sommes allés très, très vite une fois que nous avions le riff. Tout le monde avait des idées à mettre sur la table et nous sommes vite arrivés au résultat que nous cherchions. En revanche il y a d’autres chansons comme « Hail The Apocalypse », « Tower » ou encore « Tsar Bomba » qui ont pris plus de temps… Et faire de l’album un tout cohérent avec à la fois ces chansons sur lesquelles nous travaillons longtemps et ces autres chansons qui sont assez vite bouclées, c’est un vrai défi.

Le clip de « Hail The Apocalypse » prend la forme d’un vieux film muet. Peux-tu nous en dire plus sur ton rapport aux vieux films ?

Pour ma part, je suis notamment un grand un fan de Charlie Chaplin, mais j’ai aussi d’autres sources d’inspiration dans les vieux trucs, comme le classique Nosferatu. Concernant notre clip, j’y trouve beaucoup de Charlie Chaplin car il touche au sujet de l’hystérie collective, de la fin du monde et des attentes des gens, de leurs peurs, du fait qu’ils se voilent la face, etc. C’est le cœur de l’histoire, mais c’est présenté comme une comédie. Si tu prends Les Temps Modernes ou Le Dictateur de Chaplin, tu constates que ce sont des films vraiment, vraiment marrants, et je trouve qu’ils le sont encore aujourd’hui. Ils ont presque un siècle et ils continuent de nous faire rire. Pourtant ils traitent de sujets sérieux sur l’état du monde à l’époque. Je trouve que c’est un super mélange : traiter un sujet sérieux avec une approche comique. Et ça fonctionne bien avec cette chanson.

Tout le monde se moque du personnage principal du clip, personne ne le prend au sérieux. Est-ce que tu te sens proche de lui ?

J’imagine que j’avais envie d’endosser le rôle des gens que j’observe plus que le mien. Je suis peut-être plutôt du genre à écouter attentivement et à essayer de bien comprendre la situation. Je m’inspire plus des prédicateurs annonçant l’apocalypse dont j’ai constaté l’existence que de moi-même.

Peux-tu nous en dire plus sur ce personnage du clown que tu incarnes sur scène et dans vos clips ? Qu’est-ce qui t’a poussé à l’incarner en premier lieu ?

En gros ça a commencé pendant la période Black Waltz. Nous avons eu l’occasion de travailler avec des artistes de cirque, le genre de personnes qui se fourrent des perceuses dans le nez ou qui avalent du verre, et nous nous sommes dit que leurs talents iraient bien avec la chanson « Black Waltz », musicalement et au niveau de ce qu’elle inspire. J’avais envie de trouver un moyen de m’intégrer à ça, puisque c’est moi qui représente le groupe dans le clip, chantant la chanson. L’une des idées qui nous sont venues, c’était celle du clown maléfique, qui est assez claire. Et quand, après avoir travaillé dessus et notamment sur la peinture faciale, je me suis regardé dans le miroir, il y a tout de suite un truc qui s’est déclenché en moi. Je n’avais pas soupçonné que c’était là, mais tout le groupe l’a ressenti et nous nous sommes rendu compte que c’était exactement ce que nous voulions afin de pouvoir rendre notre musique plus visuelle. Nous avons maintenant vraiment les moyens de donner à notre musique une identité visuelle.

Est-ce que tu es vraiment un clown ? Un clown entraîné, je veux dire…

Non ! [Rires] Mais j’envisage un de ces jours d’entrer dans un genre d’école de clown pour voir ce que je peux en retirer et qui pourrait me servir sur scène. Disons que je suis plus un clown dans l’idée que sur le papier, je n’ai pas de diplôme.

Est-ce que tu apprécies d’observer ou de concevoir le monde du point de vue d’un clown ?

Je pense que c’est un mécanisme de survie. L’idée d’Avatar c’est vraiment de nous pencher sur la part d’ombre de l’humain, et pour ma part je fais ça de mon point de vue personnel, mais sur cet album il est devenu évident que nous observons de plus en plus le monde qui nous entoure, et que nous nous exprimons à ce sujet. Et j’imagine que le personnage du clown permet de rendre ça plus supportable. C’est une bonne manière d’exprimer la [nature] profonde de ce que nous faisons ; de prendre l’apparence d’un taré pour mieux exprimer la part de folie dans mon esprit et plus généralement dans celui de l’humanité. C’est quelque chose que je… Je ne sais pas si le mot exact est « apprécie », mais ça rend les choses clairement plus intéressantes.

Interview réalisée par téléphone le 19 mars 2014 par Metal’O Phil.
Retranscription et traduction : Maël Brustlein.
Introduction : Spaceman.

Site internet officiel d’Avatar : avatarmetal.com.



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