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Interview   

Avatarium déploie ses ailes


Marcus Jidell - AvatariumOn avait bien senti avec le premier opus d’Avatarium qu’une alchimie spéciale était née. Et si on a été peu surpris de la qualité de l’oeuvre, le génial Leif Edling, bassiste de son état, étant aux commandes, on avait notamment découvert une chanteuse et un guitariste dont on avait jusque-là peu entendu parler : Jennie-Ann Smith et Marcus Jidell. Un couple (car ils sont mariés) qui a trouvé en Avatarium le réceptacle idéal pour exprimer l’étendue de leur talent. Si Smith était totalement inconnue avant ça, et était donc une surprise en soit, Jidell, lui montrait un visage différent de celui qu’il a pu brièvement afficher chez Evergrey, moins bridé semble-t-il, à en croire les raisons de son split avec le groupe – qu’on comprend un peu mieux maintenant que les explications nébuleuses de Tom S. Englund – qu’il évoque à la fin de l’entretien qui suit.

Et sur le second opus d’Avatarium, The Girl With The Raven Mask, le groupe continue à prendre ses aises, à façonner son son, à ouvrir ses horizons, et ce malgré les problèmes de santé que rencontre depuis quelques temps le compositeur principal, Leif Edling, dont Jidell nous explique (enfin) l’origine. Le guitariste fait le point avec nous sur ce nouvel album, mais aussi l’EP All I Want sorti l’an passé et sur l’évolution du groupe.

Avatarium 2015

« Nous sommes très influencés par les années 60 et 70 mais nous ne voulons pas être un groupe rétro. »

Radio Metal : Il a été annoncé il y a quelques mois que Leif Edling ne foulerait pas les scènes pendant encore un an à cause de soucis de santé. Quels sont ces soucis de santé ? Est-ce si sérieux ?

Marcus Jidell (guitare) : Il a été surmené. Donc le problème pour lui c’est qu’après avoir travaillé en studio pendant un jour, il a besoin de se reposer un ou deux jours parce qu’il est complètement lessivé. Voilà l’état dans lequel il est. Si tu veux mon avis, il semble aller de mieux en mieux parce que nous nous retrouvons assez souvent tous les deux et il est très créatif et très content de travailler sur de la musique. Mais quand tu es dans cet état, tu ne peux pas tourner parce qu’il est impossible de se reposer pendant un jour ou deux après un jour de travail. Mais avec un peu de chance, il pourra à nouveau participer l’année prochaine. En fait, ça fait assez longtemps qu’il est comme ça. On espère qu’il va aller mieux mais comme je l’ai dit, je trouve qu’il se remet doucement.

Est-ce à cause de son travail avec Avatarium ou bien sont-ce ses autres jobs ?

Je n’en suis pas sûr mais je ne crois pas que ça a commencé avec Avatarium parce qu’il s’amuse à faire la majorité du travail qu’il fait avec Avatarium. Mais il se peut que ça a commencé avec… Car dans Candlemass, il est le membre principal, il gère tout de la composition des chansons jusqu’aux relations avec les gens du business et tout. C’est donc lui qui fait tout là-dedans, et c’est là où ça a commencé, je dirais. C’est difficile à dire précisément pour moi. J’espère que ce n’est pas Avatarium [rires].

Penses-tu que ça a eu un impact sur l’écriture du nouvel album d’Avatarium ?

En fait, si tu écoutes « The January Sea », tu peux entendre une partie de son humeur lorsqu’il ne se sentait pas très bien.

Avatarium a débuté avec Leif Edling qui avait composé trois chansons et puis tu l’as rejoint pour l’aider, avant que le reste du groupe ne débarque. Ce second album est donc le premier à avoir été conçu dès le début en tant que groupe. Qu’est-ce que ça a changé ? Comment la collaboration et l’alchimie ont évolué depuis le premier opus ?

Beaucoup de choses ont changé et se sont produites avec Avatarium depuis que nous avons débuté parce que, comme tu l’as dit, le groupe s’est constitué pendant la composition et l’enregistrement du premier album. Donc après ça, nous avons pas mal tourné, nous avons joué dans de nombreux festivals, nous avons fait beaucoup de concerts, nous avons ouverts en tant qu’invités spéciaux pour Amorphis… Donc durant tous ces concerts, nous avons grandi en tant que groupe, et en l’occurrence, je dirais que nous sommes devenus un groupe. Ce que tu entends sur l’album, c’est un groupe qui a mûri et trouvé son propre son. Ce que nous avons essayé de faire sur cet album, c’est capturer notre son live. Il est donc assez différent du premier, d’un point de vue sonore.

Et penses-tu qu’il reflète un peu mieux le groupe dans son ensemble ou était-ce encore surtout Leif qui a écrit les riffs et les chansons ?

Il est le compositeur principal, c’est comme ça que ça marche. Mais il arrive avec des esquisses grossières des chansons, avec du chant, des riffs, des mélodies et des paroles mais ensuite nous nous y mettons et, surtout Jennie-Ann et moi, nous écrivons des accords, nous travaillons un peu plus sur les lignes de chant et nous arrangeons tout autour de ça. Nous ne recevons jamais aucun accord de Leif, si tu vois ce que je veux dire [petits rires], car ce n’est pas comme ça qu’il compose. Mais il fait les paroles et c’est un incroyable compositeur ! C’est une opportunité merveilleuse que de pouvoir travailler avec un compositeur aussi talentueux, et ses paroles, en particulier, sont vraiment inspirantes pour tous les arrangements et tout ce qu’on fait sur les chansons.

La dernière fois que nous nous sommes parlé, tu nous avais dit à quel point tu adorais jammer et qu’Avatarium était justement ouvert aux jams. N’avez-vous donc pas utilisé un peu les jams pour construire les chansons cette fois ?

Ouais, nous avons fait ça, en fait. Si tu écoutes le couplet sur « The Master Thief », certaines de ces choses sont un peu venues au cours des répétitions : comment nous devions le faire, qui devait faire quoi et toutes ces choses. Certains arrangements sont venus comme ça.

Je sais que tu as besoin de moments d’improvisation pendant les concerts, autrement tu t’ennuies. Donc maintenant que tu as joué live de nombreuses fois avec Avatarium, est-ce que tu es comblé de ce point de vue ?

Je dirais que c’est probablement le groupe le plus amusant dans lequel j’ai jamais joué ! C’est constamment comme un voyage avec la musique, tu essaies différentes choses et désormais nous sommes tous vraiment ouverts à de nouvelles manières de jouer les chansons. Maintenant, je crois que nous essayons de trouver les bons passages [dans la musique] où nous pouvons jammer et ceux où il faut juste arranger. Ce type de musique nous permet d’être assez libres dans notre façon de jouer.

Qu’est-ce qu’un bon passage pour improviser dans une chanson ?

Je crois que la chose principale, c’est peut-être de ne pas interrompre la mélodie vocale. La musique est censée s’améliorer lorsque tu improvises, elle n’est pas censée empirer [rires]. Tu peux penser comme les vieux musiciens de blues le faisaient : tu chantes quelque chose, ensuite tu ajoutes quelque chose avec la guitare et ensuite tu rechantes quelque chose… C’est comme ça que je cogite. Lorsque tu improvises, c’est très important d’apprendre à trouver ta place. Mais ce n’est pas quelque chose que tu peux expliquer, la meilleure façon de le dire, c’est : ne bousille pas la chanson [rires].

Avatarium - The Girl With The Raven Mask

« Faire de la musique revient à […] apprendre de nouvelles choses et explorer. C’est comme la vie ! N’arrête jamais ! Continue ! »

En fait, lorsqu’on écoute les enregistrements live sur l’EP All I Want, on peut entendre des différences ne serait-ce que dans l’humeur de certaines parties, mais aussi du fait que certaines chansons ont originellement deux parties de guitare et que tu ne peux en jouer qu’une en live. Est-ce donc selon toi ce qui donne de l’intérêt aux versions live, le fait de découvrir de nouvelles choses sur les chansons ?

Ouais, il y a un peu de ça, et nous avons surtout dû faire ça avec le premier album, dans la mesure où il était davantage arrangé ; il était presque arrangé pour deux guitares. Mais sur le nouvel album, nous avons dès le départ fait ce que nous avons fait en live, pour ainsi dire. Nous avons arrangé les parties entre moi et Carl, qui joue de l’orgue, du Fender Rhodes et tout, de manière à partager. Parce que c’est comme ça que nous avons fait [en live]. Si tu écoutes l’EP All I Want, sur les versions live, tu peux entendre que Carl est parfois en train de jouer quelque chose que j’avais fait à la guitare. C’est une façon de faire, évidemment, pour que ce soit différent en live, mais en l’occurrence, sur cet album, nous avons essayé de sonner davantage comme nous sonnons en concert, et c’est pourquoi il y a vraiment davantage d’orgue, de Rhodes et ce genre de choses, pour transposer en studio notre son live et l’enregistrer, s’en rapprocher autant que possible.

D’ailleurs, la version live de « Tides Of Telepathy » sur l’EP All I Want a une fin qui sonne très Jimi Hendrix…

Ouais ! C’est mon hommage à Jimi Hendrix. C’est vraiment une de mes plus grandes influences. C’était chouette. La raison de cet arrangement c’est aussi parce que le premier album est un peu plus doom que ce nouvel album, et nous voulions amener un côté un peu plus, disons, hippie dans Avatarium, et c’était une manière de montrer en concert, lorsque les gens viennent nous voir pour la première fois : « Ok, nous ne sommes pas qu’un groupe de doom. Nous sommes aussi branchés par l’esprit plus libre de la fin des années soixante. »

Soit dit en passant, puisque vous aimez tant jouer en concert, avez-vous l’intention dans un futur proche de proposer un album live ?

Ouais, j’aimerais vraiment faire ça ! Si nous pouvons continuer à travailler comme nous le faisons aujourd’hui et constamment nous améliorer, je crois vraiment que nous devrions faire un album live parce que parfois, lorsque nous jouons sur scène, les chansons deviennent encore meilleures que sur album. Ce serait génial. Et si nous pouvons enregistrer quelques concerts lorsque nous sommes dans de bons soirs et que tout roule à la perfection, ce serait évidemment super de faire un album live.

L’EP All I Want contenait deux nouvelles chansons, a priori, en format démo. Pourquoi ne pas les avoir incluses sur ce nouvel album ?

Nous ne voulions pas faire ça. Ce n’était pas des formats démo, c’était des enregistrements normaux. Tout d’abord, l’une des raisons pour lesquelles nous avons sorti l’EP, c’était pour faire une liaison entre le premier album et l’album que nous venons de faire, car le style est un peu différent. L’autre raison, c’est que nous avions besoin de plus de chansons à jouer en concert, car nous n’avions qu’un album et soudainement nous nous sommes retrouvés avec plein de concerts ! Sur notre premier album, nous n’avions que sept chansons. Nous avions besoin d’autres chansons, donc nous avons composé ces deux-là et puis nous avons enregistré notre second concert au Roadburn Festival. Du coup, nous nous sommes dit : « Ok, sortons un EP ! » Ensuite, lorsque nous avons commencé à travailler sur cet album, nous avions le sentiment d’être dans un autre état d’esprit, d’un point de vue musical. Composer de la musique, c’est comme écrire un journal intime. On devrait écrire les chansons, les enregistrer et ensuite continuer à vivre sa vie. Pour ma part, composer une chanson, l’enregistrer et puis un an plus tard l’enregistrer à nouveau, ce n’est pas amusant. Nous voulions faire de nouvelles choses. Cet album est différent. Le premier album était une chose, l’EP était autre chose et cet album est une troisième chose.

En fait, la chanson « All I Want » a certaines similarités dans le style avec la chanson d’ouverture du nouvel album « Girl With The Raven Mask », avec ce côté plus heavy, le feeling à la Led Zeppelin, etc. Donc, effectivement, ça fait le lien !

Ouais, c’est le lien, exactement. Lorsque nous avons sorti l’EP, nous avions un peu… pas peur, mais nous pensions : « Oh, je me demande ce que les gens vont dire maintenant », car nous trouvions que c’était très différent du premier album. Du coup, nous nous demandions : « J’espère que les gens aimeront ! » Mais nous devons faire ce que nous aimons. Et puis nous avons constaté : « C’est super ! Les gens semblent aimer ce que nous faisons. Lorsque nous aimons, d’autres gens semblent aimer. Donc on va continuer à faire comme ça. » Et cet album, c’est la même chose. En fait, nous étions surpris par les réactions par rapport au premier album parce que nous ne nous attendions à rien. Nous étions vraiment contents que les gens l’apprécient autant, et ça nous a donné la liberté sur cet album suivant d’essayer encore plus de choses.

La dernière fois, tu nous as dit que « peut-être que pour le prochain album [vous] enregistrer[ez] tout en live. » Du coup, c’est ce que vous avez fait ?

Nous avons enregistré les fondations en live : basse, guitares, batterie et clavier. Nous avons tout enregistré live et conservé une bonne part de… Toutes les batteries sont, évidemment, live et peut-être une piste de guitare, de clavier et la basse sur quelques chansons. L’état de Leif ne lui permettait pas de jouer tout le temps live. Donc Anders Iwers, qui joue avec nous en concert, a joué sur trois chansons et Leif a joué sur cinq chansons. Mais les fondations ont été enregistrées live. Donc en ce sens, nous sommes parvenus à faire ça, ouais.

Avatarium 2015

« Si tu veux enregistrer comme à la vieille école, alors tu dois être un très bon musicien. […] C’est ce que les gens ne comprennent pas. Car il n’y a toujours pas de groupe qui sonne mieux et joue mieux que Deep Purple au temps de leur gloire, par exemple. »

Tu as déclaré qu’ « il était extrêmement important de trouver le bon studio et le bon équipement pour faire sonner l’album comme [vous] voul(iez]. » Peux-tu nous en dire plus sur cette « quête » du son parfait ?

Le truc avec Avatarium, c’est que nous sommes très influencés par les années 60 et 70 mais nous ne voulons pas être un groupe rétro. Nous sommes influencés par les vieux trucs mais nous voulons aussi faire ressortir « aujourd’hui » dans notre musique, amener ce qui se fait de nos jours dans la musique. Tu sais, la technologie moderne, ou peu importe. Donc, tout d’abord, nous avons besoin d’un studio qui ait des équipements de la vieille école mais aussi des équipements modernes, et non seulement des équipements mais aussi quelqu’un qui a les connaissances sur comment travailler pour élaborer un son dans une pièce, des micros, une super table de mixage, et toutes ces choses. Dans ce studio, ils ont une vieille réverbération à plaque, par exemple. Il y a plein de trucs old school mais David Castillo, qui gère le studio, est aussi très bon lorsqu’il s’agit d’utiliser de la technologie moderne, mais il n’en n’utilise pas tout le temps, alors que pourtant c’est ce que beaucoup de gens font. L’ordinateur, pour nous, c’est surtout un enregistreur [petits rires], si tu vois ce que je veux dire. C’était donc notre quête, que de combiner ça. Je pense que nous sommes vraiment parvenus à obtenir un aspect vintage, avec des instruments vintages, des micros vintages, des amplis vintages, un studio vintage, mais avec un son moderne.

Est-ce que ça veut dire que le premier album ne sonnait pas exactement comme vous le vouliez ?

Le premier album s’est juste « fait » tout seul, tu vois [petits rires]. Nous avons beaucoup appris lorsque nous avons fait le premier album. Très rapidement, lorsque nous l’avons fini, nous commencions à penser : « Hum, peut-être que nous aurions dû faire certaines choses différemment. » L’une était que nous voulions qu’il retrouve le feeling qu’on a lorsque nous jouons tous ensemble dans une pièce. La plupart du temps, lorsque tu fais un album, tu essaies de le rendre aussi bon que possible, et avec un peu de chance, une fois terminé, il te plaira. Mais deux ans plus tard, tu as de nouvelles idées sur la façon dont tu veux que la musique sonne. Et c’est un processus continu, qui a priori ne s’arrête jamais, car c’est de ça dont il est question avec la musique. La musique est censée faire tomber les limites et toujours progresser. Donc si j’essayais de copier un album que j’ai fait il y a de cela deux ou trois ans, ça ne serait pas bon. Ce n’est pas comme ça que ça doit se passer. Faire de la musique revient à explorer tout ce que tu peux ; apprendre de nouvelles choses et explorer. C’est comme la vie ! N’arrête jamais ! Continue !

Vous avez un son très brut et organique. Penses-tu que, contrairement à ce que les gens pourraient croire, il est plus difficile d’obtenir ce type de son qu’un son plus poli et moderne ?

Ouais, ça l’est. Bien sûr que c’est difficile parce que tu dois créer des choses et être un très bon musicien pour pouvoir enregistrer comme ça. Car si tu veux travailler de façon moderne, alors tu peux enregistrer vingt secondes ici, vingt secondes là, tu peux tout faire, tu peux tout découper et faire en sorte que tout soit en place grâce à l’ordinateur, et là tu obtiens un son moderne, tu vois. Nous ne voulons pas de ce type de son moderne parce que c’est ennuyeux, ça ne me donne pas envie de bouger. Pour moi, c’est trop stérile et barbant. Donc, bien sûr, si tu veux enregistrer comme à la vieille école, alors tu dois être un très bon musicien. Dans les années 60 et 70, les gars qui enregistraient des albums étaient extrêmement bons. C’est ce que les gens ne comprennent pas. Car il n’y a toujours pas de groupe qui sonne mieux et joue mieux que Deep Purple au temps de leur gloire, par exemple. Ça demande énormément d’efforts de la part du musicien. Tu dois pouvoir te donner à cent pour cent. C’est pourquoi je dirais que c’est plus difficile. J’estime que beaucoup plus de groupes pourraient faire ça, car ils ont appris que tout doit être corrigé, du genre : « Oh, peut-être que quelqu’un entendra si je fais une erreur ! » Mais ça n’a pas d’importance ! C’est ce qui est intéressant. Parfois l’erreur est ce qui rend la chanson intéressante.

L’album a été enregistré au Ghostward Studio. Pourquoi ne pas l’avoir enregistré dans ton propre studio, le Damage Done ?

Nous avons en fait enregistré le chant et quelques guitares là-bas. Mais j’ai un peu changé le studio et donc j’ai décidé d’aussi changer de nom. Maintenant ça s’appelle Deep Well Stockholm. C’était mieux de d’abord travailler au Ghostward Studio parce que le mien est très petit mais bien équipé. On ne peut pas enregistrer la batterie, on ne peut pas tout enregistrer live comme nous le voulions. Mon studio est parfait pour enregistrer le chant parce que j’ai de bons micros et préamplis, et aussi les guitares. J’ai donc fait des guitares additionnelles et le chant dans mon studio, et aussi quelques percussions, en fait.

Certains passages ont un côté musique de film, comme les musiques de Tarantino. Même l’illustration de l’album ressemble à un vieux poster de film. Est-ce une influence consciente ?

Pas que nous en ayons beaucoup parlé mais oui, vraiment, c’est sûr que les films nous intéressent et nous inspirent beaucoup. Tu sais, comme tu l’as mentionné, Quentin Tarantino, il est incroyable lorsqu’il choisit les musiques pour ses films. Je crois que sur « Pearls And Coffins » nous avons rajouté ce qui s’apparente presque à des guitares surf, un style un peu surf rock, et c’est le genre de choses que, par exemple, Quentin Tarantino aime. Donc peut-être est-ce une influence. « The Master Thief », ça c’est notre chanson à la James Bond [rires], comme Shirley Bassey, car Jennie a commencé à faire ces longues notes, et nous étions là : « Wow, ça c’est quelque chose de différent ! » Et puis nous avons commencé à avoir l’impression : « C’est comme si c’était une chanson de hard rock chantée par Shirley Bassey ! » Ou l’opposé : une version hard rock d’une chanson de Shirley Bassey. Nous sommes influencés par les films, les livres, d’autres groupes, la vie… Telle que la musique est supposée être ! Pour moi, la musique et l’art doivent être influencés par la vie, par tout ce qui nous entoure.

Avatarium 2015

« Parfois l’erreur est ce qui rend la chanson intéressante. »

Avec la chanson « All I Want », tirée de l’EP, et aujourd’hui « Girl With The Raven Mask », Jennie-Ann a révélé de chouettes cris à la Led Zeppelin. Etaient-ce ses idées ?

La plupart des choses que Jennie fait, c’est elle qui les trouve. Elle est très créative lorsque nous travaillons en studio. La plupart du temps, nous faisons d’abord les esquisses des chansons, avec Leif qui les chante très grossièrement – en fait il y a assez peu de chant -, ensuite Jennie arrive et généralement, elle prend un jour ou deux pour écouter un peu, réfléchir et essayer de comprendre comment elle fera le chant. Ensuite, elle vient au studio et nous commençons à faire les démos des chansons. La plupart du temps, je la laisse trouver la façon dont elle veut chanter et le résultat est toujours très bon. Certaines chansons peuvent être faites très rapidement et pour d’autres, nous devons travailler dessus pendant des jours et faire des essais. C’est toujours une question de trouver la bonne humeur pour la chanson. Jennie est une chanteuse si talentueuse qu’elle trouve toujours quelque chose au bout d’un moment. C’est l’une de ses grandes qualités, en tant que musicienne et chanteuse, le fait qu’elle parvienne toujours à s’approprier la chanson.

Dirais-tu qu’elle n’a pas encore révélé tout son potentiel, pour ainsi dire ?

Peut-être. Elle s’améliore à chaque fois. Nous avons joué ce weekend et… Elle… Je ne sais pas… [Petits rires] Elle me surprend encore !

Jennie-Ann est en fait ton épouse. Qu’est-ce que ça fait d’être dans un groupe avec sa femme ?

En fait, ça fonctionne très bien. Je crois que nous parvenons très bien à marquer la limite entre lorsque nous sommes des musiciens qui collaborent et lorsque nous sommes mari et femme. Grâce à ça, ça fonctionne très bien. Nous nous sommes rencontrés grâce à la musique. Nous avons travaillé un peu ensemble dans la musique avant de devenir un couple. Donc, de toute façon, ce n’est rien de nouveau pour nous.

J’imagine que vous devez très bien vous connaître, du coup est-ce que ça aide à faire de la musique ?

Je le crois ! Je pense que ça aide parce que, comme tu l’as dit, nous nous connaissons très bien. Et les choses du quotidien, lorsque tu parles juste musique ou peu importe… On devient extrêmement proche lorsqu’on vit ensemble. C’est exactement comme lorsque tu es dans un groupe qui tourne beaucoup, et que vous êtes tout le temps ensemble. Tout le monde est sur la même longueur d’onde musicalement et avec toutes ces choses. Donc pour notre part, je crois que ça nous a également beaucoup aidés pour la musique.

L’année dernière nous avons parlé à Tom S. Englund d’Evergrey et il nous a dit qu’il ne savait pas vraiment pourquoi tu as quitté le groupe…

[Rires]

Il a dit que tu n’avais pas voulu réserver ton vol pour aller à un endroit où le groupe devait se rendre. Que s’est-il donc passé ? Pourquoi as-tu quitté Evergrey et pourquoi est-ce que Tom n’a aucune idée de pourquoi tu es parti ?

Il sait exactement ce qu’il s’est passé. Il ne veut juste pas en parler. Il m’a demandé de quitter le groupe ! C’est une très longue histoire mais le truc c’est : Evergrey est le groupe solo de Tom. Ce n’est pas un groupe ! C’est son projet solo. C’est ça le truc. Je ne pense pas qu’il voulait que je… Il veut prendre toutes les décisions, musicalement et avec tous les autres trucs, et ça ne me convient pas parce qu’on m’avait promis que je serais un membre d’un groupe alors que, comme je l’ai dit, c’est son projet solo. Donc je pense que ça lui posait souci que je veuille prendre part aux arrangements musicaux, à la production et tout ça.

Es-tu en train de dire que l’histoire selon laquelle tu n’aurais pas voulu réserver ton vol était fausse ?

Le truc à propos de ça… Enfin, c’est très bizarre de parler de ça parce que c’est extrêmement étrange de virer un membre qui ne veut pas réserver son vol. Est-ce que ça a du sens pour toi ? Le truc c’est qu’il m’a effectivement demandé de réserver un vol et je n’avais pas le temps de le faire en raison d’innombrables choses que j’avais à faire en seulement quelques heures. Mais si c’est la raison qu’il a donnée [rires]… J’espère juste qu’il n’a pas dit ça et s’il l’a dit, j’espère que c’est parce qu’il était dans un mauvais jour et qu’il ne savait pas vraiment ce qu’il disait.

Mais toi, quelle raison t’a-t-il donnée ?

Non, il n’a pas… Ouais, il… [Hésite] [Rires] C’est… Il n’y a pas… Il n’a pas mentionné une raison en particulier. Mais c’est étrange… Car je sais qu’il a dit ça mais c’est très étrange qu’il l’ait fait. [Hésite] Il n’a pas à dire qu’il ne sait pas parce qu’il sait exactement ce qu’il s’est passé. Donc je trouve ça un peu étrange et triste. Mais bref, nous nous sommes croisés au Graspop cet été, nous nous sommes salués et tout. Mais nous avions des idées différentes et lorsque j’ai intégré le groupe, le deal n’était pas exactement celui pour lequel j’ai signé. Comme je l’ai dit, encore une fois, on m’avait promis que j’allais être dans un groupe et ce n’était pas le cas, c’est ça le problème.

La dernière fois, tu nous as dit qu’ « Evergrey est très structuré » alors que tu aimes pouvoir improviser, comme nous en avons déjà parlé. Est-ce que ça a pu être une source de frustration pour toi ?

Il se peut que ce soit vrai. Je n’aime pas trop être limité. Donc bien sûr, il est probable que nous avions des opinions divergentes sur la manière de travailler avec la musique. C’est aussi, évidemment, une des raisons. C’est toujours un super groupe et tout. Je pense que c’est mieux pour Tom et pour moi que ce soit ainsi aujourd’hui. Je pense que tout le monde y gagne, je l’espère [petits rires]. En tout cas moi, j’y gagne.

Interview réalisée par téléphone le 28 septembre 2015 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Robin Collas.
Traduction : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Steff Granström.

Site officiel d’Avatarium : avatariumofficial.se.



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