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Interview   

Avatarium vole de ses propres ailes


Leif Edling est non seulement un fantastique compositeur au sens du riffing unique, mais c’est aussi un homme qui a le nez creux. Avatarium en est la preuve éclatante. Fondé en 2012 par le célèbre bassiste de Candlemass en compagnie du guitariste Marcus Jidell, dans l’idée de proposer une musique basée sur les contrastes clair-obscur, il n’a pourtant eu de cesse, au fil du temps, de réduire sa participation au projet. A raison, car The Fire I Long For, quatrième et nouvel album du combo, confirme ce que Hurricanes And Halos laissait entrevoir : Avatarium est un véritable vivier de talents qui attendait seulement qu’on lui laisse suffisamment d’espace pour exprimer tout son potentiel.

A cet égard, The Fire I Long For, quatrième et nouvel album du combo, est un tournant, celui d’un Avatarium plus que jamais respectueux de son héritage, mais aussi qui s’affirme en tant que groupe et s’émancipe encore un peu plus de Leif Edling, avec la bénédiction de ce dernier.

Dans l’entretien qui suit, Marcus Jidell nous raconte ce tournant mais aussi le recentrage du groupe sur ses caractéristiques originelles et sa filiation avec le doom. L’occasion d’entrer dans la philosophie du guitariste-producteur en matière de son et de riffing, et de parler de la place de la musique dans sa vie et sa spiritualité.

« [Leif Edling] est comme notre frère aîné ou notre mentor à qui nous pouvons parler et demander des choses. Il écrit aussi des chansons, bien sûr, mais c’est important que nous puissions voler de nos propres ailes. Avec cet album, on peut voir que ce n’est pas la petite sœur de Candlemass. »

Radio Metal : Tu as déclaré que The Fire I Long For était « vraiment un travail de groupe ». Les albums précédents n’étaient donc pas un travail de groupe ? Quelle était la différence cette fois ?

Marcus Jidell (guitare) : C’est, évidemment, une bonne question. Je pense que tous les albums ont été un travail de groupe d’une certaine façon, mais cette fois, les gars étaient bien plus impliqués, je dirais. Notre nouveau batteur, Andreas « Habo » [Johansson], par exemple, aime beaucoup travailler en studio, arranger et répéter. Il adore être en salle de répétition et être en studio. Donc il a passé énormément de temps sur les arrangements et il y a mis toute son énergie. Ça me facilite grandement la vie en tant que producteur. Notre claviériste Rickard [Nilsson] était aussi très impliqué. Même avant que nous commencions à composer les chansons, nous avons fait un tas de réunions pour parler de ce que nous voulions accomplir avec le nouvel album, de quel type de son et de chansons nous voulions. Pour moi, cette fois, c’était vraiment un niveau au-dessus en termes de travail de groupe. Et ces gars, le batteur et le claviériste, ce sont des amis proches et des musiciens que j’admire, et nous nous connaissons depuis longtemps, donc travailler avec eux me fait vraiment me sentir en sécurité, et ça fait beaucoup de bien. C’est facile et inspirant. Je peux leur faire confiance. C’est pareil avec Jenni-Ann et Leif Edling, évidemment. Si j’ai un doute, je peux leur parler et obtenir des réponses honnêtes, et ça vaut pour tout le monde dans le groupe. C’est très important que nous puissions tous être honnêtes les uns avec les autres et pas nous contenter de nous taper sur l’épaule et dire que tout va bien, ou l’inverse.

Sur l’artwork, on voit seulement le nom du groupe, Avatarium, et un grand « A ». C’est presque comme si vous faisiez une déclaration, un peu comme s’il s’agissait d’un album sans titre, alors que l’album s’intitule The Fire I Long For. Dirais-tu que c’est le premier album d’Avatarium en tant que groupe, au sens premier du terme ?

Je pense que cet album est un petit peu le début d’un nouveau Avatarium. C’est ce que je ressens. Nous avons une bonne atmosphère dans le groupe, nous avons la musique, le terrain est prêt. Nous avons fait trois albums et nous savons que nous avons notre style, et nous le conservons. Nous adorons notre style, nous adorons ce que nous avons fait jusqu’à présent. Avatarium est très porté sur les sentiments, les émotions, les couleurs, un tas de choses sur lesquelles on ne met pas de mot, mais ça fait ressentir quelque chose de sombre, de lourd, de poétique. Ce nouvel album, évidemment, porte également cette tradition, mais nous voulions avoir une raison de continuer avec le groupe. Nous voulions faire quelque chose qui nous paraissait neuf, frais et différent. Vu que c’est nous qui sommes sur la route – Jennie-Ann, Rickard, Habo et moi –, c’est nous qui faisons les tournées, tous les deux avec Jennie-Ann nous avons ressenti le besoin d’écrire la majorité des chansons et d’avoir une plus grosse implication à tous les niveaux, pour ainsi dire. Donc pour moi, Leif est, évidemment, toujours un membre du groupe, mais il n’a jamais tourné avec nous. C’est comme notre frère aîné ou notre mentor à qui nous pouvons parler et demander des choses. Il écrit aussi des chansons, bien sûr, mais c’est important que nous puissions voler de nos propres ailes. Avec cet album, on peut voir que ce n’est pas la petite sœur de Candlemass. Nous sommes notre propre truc. C’est important pour nous.

Leif a originellement fondé Avatarium…

Oui, avec moi.

Et au fil du temps, il s’est de moins en moins impliqué dans le groupe. Je sais qu’il a pendant longtemps souffert de fatigue chronique, mais maintenant il va mieux et rejoue avec Candlemass, et pourtant sa contribution à Avatarium continue de décroître. Sur Hurricanes And Halos, Jennie-Ann et toi aviez écrit trois chansons et Leif le reste. Sur The Fire I Long For, c’est l’inverse : il n’a écrit que trois chansons et vous le reste…

Oui. C’était nécessaire, pour différentes raisons. Leif est très impliqué dans Candlemass, et écrire des chansons pour Candlemass et travailler avec eux prend beaucoup de temps. C’est une raison. L’autre raison est que nous avons besoin de faire ça si nous voulons continuer de travailler avec Avatarium, parce que c’est important pour nous d’écrire la majeure partie des chansons, car c’est nous qui répondons aux interviews, qui jouons en concert, qui faisons tout. Faire cinquante interviews pour un album dans lequel on n’a écrit aucune chanson, ça n’a aucun sens. Tu vois ce que je veux dire ? Même si je suis producteur et tout, le processus de composition, c’est ce qui est le plus intéressant, et c’est ce qui demande le plus d’efforts. J’adore tout ce qui entoure le groupe, j’adore produire et tout, mais composer, c’est le plus gros challenge. Et nous voulons nous prouver à nous-mêmes que sommes capables d’écrire des chansons aussi bonnes que les siennes [rires]. J’ai beaucoup appris de lui, mais nous ne voulons pas écrire des chansons de la même façon que lui. Nous voulons écrire à notre façon. Je retrouve Leif Edling peut-être deux fois par semaine ; nous nous voyons tout le temps. Nous sommes des amis proches. Nous travaillons ensemble sur plein de choses différentes. Je produis les albums de Candlemass. Nous sommes comme des frères. Ça n’a donc même aucun sens pour Leif d’avoir deux ou trois groupes dans lesquels il écrit des chansons au lieu de se concentrer sur un groupe à la fois. Je pense qu’il apprécie de pouvoir écrire quelques chansons et ensuite de me les donner, sous forme de démos rudimentaires, pour que nous leur donnions leur envol à sa place [petits rires]. Je suis tellement content de l’avoir rencontré et d’avoir commencé à travailler avec lui. C’est l’une des meilleures choses qui soient arrivées dans ma vie, car c’est vraiment un des rares véritables artistes que j’ai croisés dans ma vie. C’est une énorme inspiration pour moi, de bien des façons. Mais malgré tout, parfois, il faut savoir se débrouiller par soi-même.

« J’aime beaucoup ce contraste dans la musique, car ça renvoie à la vie en général, et c’est comme ça que je suis, ça correspond à mon tempérament en tant que personne. Quand je ressens ces émotions extrêmes, je fais de la musique. Autrement, ça ressortirait ailleurs, donc j’essaye de mettre mes sautes d’humeur dans la musique et après je peux être tranquille quand je suis avec mes amis et ma famille, au lieu de les leur faire subir [petits rires]. »

Comment vois-tu le rôle de Leif dans le groupe aujourd’hui ? Penses-tu qu’un jour il finira par ne plus du tout s’y impliquer ?

Je ne l’espère pas. Comme je l’ai dit, aujourd’hui, il est comme un mentor pour le groupe, mais il continue quand même à écrire des chansons. Je veux dire que c’est un mentor et quelqu’un à qui on peut demander des conseils et parler à propos de musique et de choses diverses. On ne sait jamais. J’espère vraiment qu’il continuera à écrire des chansons pour Avatarium, bien sûr, parce que je trouve que c’est l’un des meilleurs compositeurs qui soient. Mais on ne peut pas savoir ce que nous réserve l’avenir ! [Rires]

Par curiosité : quelles sont les trois chansons qu’il a écrites pour The Fire I Long For ? Je suis sûr que « Epitaph Of Heroes » en fait partie…

Oui, on peut entendre que c’est du Edling typique ! C’est une chanson vraiment sympa, je dois dire. Donc oui, c’en est une, et « Porcelain Skull ». Ainsi que « Stars They Move », ce qui pourra peut-être surprendre. C’est à cause de l’arrangement, car Leif a apporté la chanson et me l’a donnée, et ensuite, Rickard et Jennie-Ann ont fait cet extraordinaire arrangement, mais très intime, jazzy, basé sur le piano, dont je suis littéralement tombé amoureux. La chanson sonne très différente de sa version d’origine. Mais quand on connaît Leif Edling, on peut reconnaître les mélodies et les accords, c’est juste qu’ils sont habillés différemment [petits rires].

Pourriez-vous enregistrer la version d’origine un jour ?

Peut-être ! J’en ai parlé à Leif et peut-être que nous allons enregistrer la version d’origine. La version d’origine fait dix minutes avec un très long solo de guitare. Elle est très différente. Mais elle n’est pas finalisée. Elle n’est pas enregistrée, mais je sais comment il veut qu’elle soit, donc un jour, avec un peu de chance, nous la ferons.

Hurricanes And Halos était un album très varié, alors que The Fire I Long For est plus focalisé et semble revenir un peu plus dans le doom metal. Y avait-il un effort conscient de revenir aux racines du groupe ?

Oui, c’était une des choses que nous avons ressenties. Nous aimons Hurricanes And Halos, il était très inspiré par les premiers albums de Deep Purple, genre le style du Deep Purple Mark II, dans la manière dont nous avons arrangé les instruments et tout. Donc ça donnait beaucoup cette impression : une guitare, un orgue. Mais le résultat est un petit peu trop classic rock pour nous. Nous avons donc ressenti le besoin de ramener le côté heavy et doom, parce que c’est important pour Avatarium d’avoir ça. Ce qui, selon moi, fait qu’Avatarium est intéressant, c’est que nous jouons avec ces riffs extrêmement heavy mélangés à des parties extrêmement délicates, mélodieuses, fragiles, presque romantiques et oniriques. Donc sur le nouvel, nous avons « Stars They Move », une chanson presque uniquement au piano et au chant, très intime, et puis nous avons « Epitaph Of Heroes », « Rubicon » et « Voices » qui sont des chansons vraiment heavy. J’aime beaucoup ce contraste dans la musique, car ça renvoie à la vie en général, et c’est comme ça que je suis, ça correspond à mon tempérament en tant que personne. Quand je ressens ces émotions extrêmes, je fais de la musique. Autrement, ça ressortirait ailleurs, donc j’essaye de mettre mes sautes d’humeur dans la musique et après je peux être tranquille quand je suis avec mes amis et ma famille, au lieu de les leur faire subir [petits rires]. Quand Leif a écrit « Moonhorse », il a vraiment posé les bases d’Avatarium. C’est une chanson vraiment unique et extraordinaire qu’il avait écrite là. Quand il a écrit cette chanson et que nous l’avons enregistrée, que je l’ai jouée sur une guitare douze-cordes et que Jennie-Ann a chanté dessus, nous nous disions : « D’accord, on tient quelque chose de vraiment unique. » Je pense que c’est ça Avatarium.

Même si Leif est moins impliqué, ressens-tu une responsabilité de respecter et rester fidèle à l’héritage qu’il a instauré au début du groupe avec ses compositions ?

Bien sûr ! Nous avons tellement de super chansons et nous avons déjà fait de si bons albums que bien sûr, nous voulons conserver cet héritage et cette tradition. C’est extrêmement important. Quand nous écrivons des chansons, le simple fait de savoir qu’Edling va les écouter me pousse à écrire encore mieux, parce que j’ai un énorme respect pour lui. Nous ne pouvons que faire de notre mieux, mais comme je l’ai dit, tout est en place dans Avatarium, nous savons ce que nous voulons faire. Nous essayons juste de constamment l’améliorer et de trouver de nouvelles manières de nous exprimer.

Une chose qui contribue au côté doom de The Fire I Long For, c’est ton son de guitare : c’est probablement le son le plus épais et gras que tu aies jamais eu sur un album. Quelle était ton idée quand tu as défini ton son pour cet album ?

Ça faisait un petit moment que je travaillais dessus. L’idée, c’est exactement ça, je voulais faire quelque chose qui paraîtrait vraiment électrique. Je veux que ça donne l’impression de machines poussées à leurs limites [rires], et je veux que la guitare sorte des enceintes en nous sautant au visage, pour ainsi dire. Donc je suis content que tu réagisses au son de guitare ! C’est juste de l’électricité. J’aime l’électricité. C’est plus marrant que des zéros et des uns sur un ordinateur. Quand tu pousses les machines à bout, si tu le fais bien, des trucs très cool peuvent se produire. J’étais content du son. J’ai beaucoup expérimenté avec le son de guitare avant de faire les enregistrements. C’est pourquoi je suis content que tu le mentionnes, parce que j’y ai mis beaucoup d’effort !

« Quand nous écrivons des chansons, le simple fait de savoir qu’Edling va les écouter me pousse à écrire encore mieux, parce que j’ai un énorme respect pour lui. »

Quel est le secret pour obtenir un tel son ?

Ça vient de plein de choses. L’une d’entre elles est de mettre le volume extrêmement fort sur les amplis [petits rires]. C’est un début. Ensuite, j’utilise des amplis spéciaux, principalement des trucs vintage, en fait, mais aussi d’autres plus récents. Je ne sais pas quelle est ta connaissance des techniques d’enregistrement, mais j’utilise des microphones à ruban, et j’utilise des préamps poussés à fond. Après, c’est une question de faire plein d’ajustements, mais le principal, je suppose, c’est que tout est au max du volume. Dans la pièce où on enregistre les guitares, si tu y va sans casque, tes oreilles se mettent à saigner [rires]. C’est extrêmement fort. Mais il y a énormément de choses derrière ce son. Je pourrais longtemps parler rien que de l’enregistrement des guitares, mais ça deviendrait un peu trop geek. Je ne sais pas jusqu’où tu as envie d’aller dans cette discussion. Mais le guitariste, évidemment, en soi, est très important pour le son.

Au fil des quatre albums d’Avatarium, et même au sein des albums, dont celui-ci, tu as utilisé plusieurs sons de guitare et de types de distorsions différents. Est-ce que différents types de sons de guitare t’inspirent différents riffs ou bien est-ce généralement le riff qui appelle un certain son ?

Certains sons m’inspirent beaucoup à jouer d’une certaine façon. C’est comme ça en général. Mais je peux aussi écrire des riffs quand je déambule tout seul, sans guitare ou quoi que ce soit. Il y a certains riffs que j’écris dans ma tête. Mais lorsque j’écris de la musique sur une guitare, je suis davantage inspiré quand j’ai des instruments, des amplis et des sons que j’aime beaucoup. Par exemple, j’ai une vieille guitare acoustique centenaire, j’écris plein de chansons avec elle, parce que cette guitare est magique, elle m’inspire des idées. Quand je suis en studio et que je joue avec certains de ces sons, comme celui que j’utilise dans « Rubicon », évidemment, je commence immédiatement à jouer des riffs heavy. La musique, c’est du son, donc c’est sûr que ça inspire. C’est bien plus marrant d’écrire de la musique sur des instruments qui… Tu sais, c’est comme les amis : les bons amis t’inspirent à avoir une bonne conversation. Un bon son t’inspirera à jouer de belles notes [petits rires].

Généralement, dans le metal, les guitaristes ont tendance à rester fidèles à un son de guitare, qui devient leur identité. Mais penses-tu qu’une identité, pour un guitariste, ce n’est pas forcément une question d’avoir un son de guitare attitré ?

Je ne vois aucune raison de rester sur un son si je n’en suis pas à cent pour cent content. Et pour moi, il faut que ça fonctionne avec l’ensemble. Si tu commences à enregistrer, et que tu as le son de batterie, puis celui de la basse, il faut que le son de guitare s’intègre là-dedans. Et j’essaye toujours de trouver de nouveaux sons pour tout. Le son de guitare est différent en fonction du son de la batterie ou de la basse. Pour moi, c’est aussi ça qui est amusant, le fait de trouver de nouveaux sons et d’expérimenter avec la guitare. Pour être reconnu en tant que guitariste, je pense que c’est bien d’avoir des sons avec lesquels il n’est pas trop facile de jouer. C’est ce que j’essaye d’utiliser, parce que quand c’est trop facile, tout le monde a tendance à sonner pareil. Si tu enregistres sur des amplis et des guitares plus modernes, c’est si parfait – tout est tellement parfaitement compressé, parfaitement distordu, etc. – que tout le monde sonne plus ou moins pareil. Alors que si tu utilises des guitares et des amplis avec lesquels tu dois te battre un petit peu, généralement, les petits éléments de ta personnalité transparaissent davantage. Donc j’essaye en général de ne pas me faciliter la vie. J’essaye toujours de me donner des défis avec de nouveaux sons, des accordages différents et ce genre de chose, parce qu’autrement, je m’ennuie. J’ai besoin de challenges. C’est pareil qu’avec les amis ou une relation [rires]. Si tout le monde est d’accord avec moi, je m’ennuie. Si la guitare fait exactement tout ce que j’ai envie qu’elle fasse, je m’ennuie. J’ai envie qu’on me résiste dans la vie !

Penses-tu que parfois les guitaristes passent à côté de la richesse de la guitare en jouant assez peu avec le son qu’ils peuvent obtenir de l’instrument ?

Oui, je crois. Je pense que plein de musiciens se focalisent trop sur les gammes et les plans rapides qu’ils comptent jouer. J’adore les instruments acoustiques et ce genre de chose. Pour moi, c’est plus une question de son et de mélodies. Selon moi, trop de guitaristes sont trop obnubilés par le fait d’essayer de paraître impressionnants plutôt que de jouer de la musique. Ça ne me pose pas de problème de jouer des plans rapides, je peux moi aussi jouer vite, mais c’est un peu trop facile justement [petits rires]. C’est trop facile d’obtenir une tension. Si tu joues des plans rapides, d’accord, les gens te regarderont, mais pour ma part, particulièrement sur cet album, le challenge c’était : « Est-ce que je peux jouer des solos sans utiliser de phrasé rapide tout en restant intéressant ? » C’était mon défi et je pense que le résultat est plutôt bon. Mais peut-être que sur le prochain album je ne ferai que des solos rapides. Sait-on jamais !

Dans ton cas, en termes de variation de son, quelle part vient du matériel – donc la guitare, l’ampli, etc. – et quelle part vient de ton jeu ?

Je pense qu’une grande partie vient du jeu. Ceci étant dit, je réfléchis beaucoup à quels amplis, pédales et guitares j’utilise. Mais j’utilise des sons que réagissent vraiment à ce que je fais en tant que guitariste. Donc c’est très important que je sois en pleine forme quand je joue. Autrement, ça ne sonne pas aussi bien.

« J’ai besoin de challenges. C’est pareil qu’avec les amis ou une relation [rires]. Si tout le monde est d’accord avec moi, je m’ennuie. Si la guitare fait exactement tout ce que j’ai envie qu’elle fasse, je m’ennuie. J’ai envie qu’on me résiste dans la vie ! »

Sur le teaser de l’album, on te voit jouer la chanson « Rubicon » sur une guitare acoustique. Est-ce ta façon de démontrer qu’au final, malgré ce dont on a pu discuter, une bonne chanson ne dépend pas forcément de l’instrument ou du son avec lesquels on la joue ?

Oui, il y a peut-être de ça mais aussi… La chanson a en fait été écrite sur cette guitare. Comme j’expérimente un petit peu avec les accords ouverts, surtout vu que j’apprécie de plus en plus jouer de la guitare slide, mais aussi parce que j’aime Stephen Stills, Jimmy Page et ce genre de gars qui jouent beaucoup avec les accords ouverts… Ça a tendance à m’inspirer à écrire de la musique quand je fais quelque chose de différent avec la guitare. Bien sûr, c’est toujours sympa quand on peut jouer une chanson rien qu’avec une guitare acoustique et du chant et que ça marche. D’ailleurs, nous avons filmé une vidéo de « Lay Me Down » avec seulement Jennie-Ann et moi. Ensuite, quand je l’ai regardée, je me suis fait la réflexion : « D’accord, donc j’ai réussi à faire une chanson qui marche avec seulement une guitare acoustique et du chant. C’est cool ! »

Tu as dit que « Rubicon » avait été écrit sur ta guitare acoustique : y compris le riff heavy ?

Oui, je crois ! D’après mes souvenirs. J’aime beaucoup ce riff, d’ailleurs, il est vraiment heavy ! Parfois je peux jouer un riff sur une guitare acoustique et j’entends dans ma tête comment ça sonnera avec une guitare acoustique.

Avec la ballade jazzy au piano « Stars They Move » dont tu as parlé tout à l’heure, « Lay Me Down », qui sonne assez romantique, contraste avec le reste des chansons et fait office de respiration dans l’album…

Oui. Cette chanson a commencé à me venir en grattouillant un peu. J’ai mentionné Stephen Stills : il jouait tellement de la guitare bien sur ses enregistrements avec Crosby, Stills And Nash, et il utilisait beaucoup d’accords ouverts ; je suis presque sûr que Jimmy Page utilisait les mêmes accords ouverts. Je voulais faire quelque chose dans cette veine. C’est comme ça que la chanson a commencé. Ensuite, elle s’est développée pour devenir autre chose, à cause des éléments psychédéliques et tout ce qui est arrivé après, mais cette chanson est notre version de la scène californienne de la fin des années 60 – 68 ou 69 –, si tu penses aux Doors, à Crosby, Stills And Nash, à ce qu’a fait Neil Young, à ce qu’a fait Joni Mitchell, etc. Après, évidemment, j’espère que ça sonne quoi qu’il en soit comme Avatarium, mais c’était ça l’inspiration de cette chanson. Ensuite, Jennie-Ann a écrit de magnifiques paroles aussi, ce qui n’a fait qu’améliorer la chanson. Ce sont des paroles romantiques, mais ça peut aussi parler d’obsession ; il y a plusieurs niveaux de lecture dans ce texte. Si tu écoutes la fin de la chanson, il y a des couches et des couches de guitare faisant de petites choses, et ça aussi c’est un truc typique que je fais beaucoup dans cet album et que je fais aussi parfois sur les anciens albums, le fait de disposer les guitares en plusieurs couches de manière psychédélique. C’est ma manière de mettre la musique en adéquation avec les émotions des paroles.

La scène californienne des années 60 semble être une influence récurrente, car je sais – comme on en avait discuté la dernière fois avec Jennie-Ann – que sur l’album précédent, « The Starless Sleep » était influencé par The Mamas And The Papas…

Oui ! C’est vrai. La façon dont nous l’avons arrangé fait très The Mamas And The Papas. Il y a quelque chose dans cette époque qui est très inspirant. Aussi, le truc avec la Californie… Car le soleil brille mais il y a quand même beaucoup de tristesse dans la musique, comme un chagrin romantique, mais ça peut aussi être sombre tout en ayant des éléments psychédéliques. Donc je pense que, de temps en temps, ça nous inspire pas mal. Evidemment, il y a plein de scènes différentes qui nous inspirent, et celle-là en est une.

Dans « Lay Me Down », est-ce que c’est toi qui chantes le refrain avec Jennie-Ann ?

Non, en fait. C’est Leif Sundin, un chanteur suédois qui est excellent. En fait, il chante sur l’un des albums de Michael Schenker, Written In The Sand, mais c’était il y a longtemps. Il n’est pas très connu, mais c’est un très bon chanteur. Il fait partie de ces gars qui ont beaucoup de talent mais qui n’attirent pas beaucoup l’attention. Nous avons songé à ce que je le fasse, mais nous avons fait intervenir Leif Sundin, justement parce qu’il fait partie des chanteurs que nous admirons beaucoup à Stockholm. Donc nous lui avons demandé s’il pouvait s’en charger. Mais si nous faisons la chanson en concert, je vais probablement chanter cette harmonie.

Y a-t-il d’autres invités « secrets » dans l’album ?

Nous avons Stefan Berggren, un autre super chanteur qui fait aussi des chœurs, comme sur « Rubicon ». Et puis nous avons Michael Blair, comme d’habitude. Il est généralement avec nous à faire des percussions psychédéliques et ce genre de chose.

« Trop de guitaristes sont trop obnubilés par le fait d’essayer de paraître impressionnants plutôt que de jouer de la musique. Ça ne me pose pas de problème de jouer des plans rapides, je peux moi aussi jouer vite, mais c’est un peu trop facile justement [petits rires]. »

L’album s’appelle The Fire I Long For. Du coup, quel est ce feu que tu désires tant ?

[Petits rires] Je pense qu’il y a différentes époques dans la vie, différentes choses… Mais « le feu que je désire », ce serait de me débarrasser de l’obscurité dans la vie et d’amener la lumière. J’aime faire appel à ces émotions dans la musique, l’obscurité et la lumière, et toutes ces choses. Je ne veux pas d’obscurité dans ma vie personnelle, mais parfois elle essaye de s’y frayer un chemin, elle trouve une porte d’entrée. Chaque personne a une histoire différente. J’ai mon histoire et la façon dont j’ai grandi m’a affecté, a affecté ce que je suis devenu, mais en tant qu’adulte, j’ai toujours lutté pour me débarrasser des idées et des énergies noires, parce que ça rend la vie… Je crois qu’on ne vit qu’une fois, et j’essaye vraiment de profiter de chaque jour. Donc peut-être que c’est ça le feu que je désire. C’est ma réponse profonde [rires].

Est-ce ce que la musique t’apporte : elle fait sortir l’obscurité de ta vie et fait rentrer la lumière ?

Oui. La musique, pour moi, c’est une façon de gérer tous ces sentiments et toutes ces émotions. Je pense qu’il y a plein de gens qui peuvent être… Quand quelque chose se produit et que tu réagis d’une manière que toi-même tu ne comprends pas : « Pourquoi est-ce que je me suis mis en colère ? Pourquoi est-ce que je me suis soudainement énervé ? » Parfois on ne comprend pas. Ce sont les choses que j’essaye de gérer, et une façon de les gérer, pour moi, c’est de le faire avec la musique. Une autre façon serait par la psychothérapie [petits rires]. Je suis très reconnaissant envers la musique. Grâce à la musique, j’ai été forcé de vraiment grandir en tant que personne. Je ne pense pas que ça serait arrivé si j’avais fait un boulot normal, parce que dans mon parcours de vie, j’ai été obligé d’affronter un tas de peurs et de choses en moi. La musique m’a vraiment aidé avec ça. Pour moi, la musique et la vie sont parallèles, les deux vont de pair. La musique m’aide dans ma vie et ma vie m’aide pour ma musique.

D’où viennent ces peurs ?

Dans mon cas, ce sont des traumatismes hérités des générations précédentes. C’est aussi comme ça que ça marche souvent : si un parent a vécu un grand traumatisme dans sa vie et qu’il n’y fait pas face, alors l’enfant portera aussi cette énergie, et ensuite l’enfant de l’enfant… Ça continue si tu n’essayes pas de l’arrêter. C’est le genre d’énergie dont j’ai fait l’expérience. Si tu rencontres une personne traumatisée et que tu es sous sa responsabilité étant enfant, ça peut être assez effrayant.

Jennie-Ann a déclaré que « les questions humaines existentielles sont un facteur constant, autant dans les textes que dans la musique ». Comment exprimes-tu ça avec la musique ?

Dans la musique, ça ne s’explique pas. Si tu joues certaines notes de certaines manières, parfois quelque chose se passe pour moi et ça fait ressortir des émotions sur lesquelles je ne peux pas mettre de mot, mais on le ressent quand c’est bien. Si tu le ressens, alors c’est que c’est là. Parfois c’est très bien de mettre des mots sur les sentiments, mais parfois c’est bien aussi de ne pas le faire, de simplement s’exprimer à travers les sons et les vibrations qui forment la musique. Je me pose parfois cette question : « Pourquoi certains sons m’émeuvent quand je joue d’une manière particulière ? » Mais je ne peux pas l’expliquer.

Quelles sont les questions existentielles que vous vous êtes posées sur cet album ?

Ça peut être plein de choses. Sur cet album, nous évoquons beaucoup de questions sur l’au-delà, je dirais, parce que Jennie-Ann et moi avons tous les deux perdu des membres de notre famille ces dernières années. Aussi nous avons eu un fils. Nous avons eu notre fils, et deux semaines plus tard, ma mère est décédée. C’est la vie et la mort qui se rencontrent. Evidemment, ces choses affectent la musique et les paroles que nous produisons. C’est donc à la fois du bonheur et de la peine. Et puis on se demande : « D’accord, c’est quoi le sens de la vie ? Qu’est-ce qui se passe quand on meurt ? » Personne ne sait rien à ce sujet, mais c’est intéressant d’en parler. La chanson « Great Beyond » parle de l’au-delà d’une façon que j’aime beaucoup et que je trouve très réconfortante, parce que c’est triste mais aussi magnifique. Cette chanson donne une tournure psychédélique à la discussion sur l’au-delà, selon moi [petits rires].

« La musique et la vie sont parallèles, les deux vont de pair. La musique m’aide dans ma vie et ma vie m’aide pour ma musique. »

Quelle est ton idée de l’au-delà ?

Je ne sais pas ! Personne n’en est revenu pour le raconter [rires]. J’ai souvent changé d’avis dans ma vie à ce sujet. Actuellement… Peut-être qu’il y a des énergies qui perdurent ou vont quelque part. Ça n’est pas nécessairement tout noir. Je ne sais vraiment pas. Ce que j’essaye de faire maintenant, c’est de faire en sorte que chaque jour que je vis compte pour quelque chose et d’en tirer le meilleur, parce qu’on ne sait pas ce qui va se passer quand on mourra mais on sait que, tant qu’on vit, on peut prendre des décisions pour rendre notre vie meilleure ou pire. Donc je me concentre plus sur la vie que sur l’au-delà, en fait. Mais mon père et ma mère sont tous les deux décédés au cours de ceux deux ou trois dernières années, donc évidemment que ça me travaille. Je me dis : « Ouais, peut-être… Peut-être qu’ils sont quelque part, peut-être qu’ils regardent notre enfant en souriant quelque part. » J’adorerais, bien sûr. Mais on ne sait pas. Je pense qu’il s’agit plus d’essayer de se connecter à une sorte d’énergie qui, avec un peu de chance, est une énergie d’amour. Il s’agit plus de ça que de poser de vraies questions. Pour moi, il s’agit plus d’être dans une énergie positive, chaleureuse et affectueuse. On peut penser à ces choses comme étant spirituelles ou des dieux, des anges, des démons, peu importe quoi, mais on peut aussi dire qu’il y a de bonnes énergies et de mauvaises énergies, et dans notre vie au quotidien, on peut choisir celles qu’on veut écouter et ce qu’on veut faire. J’essaye vraiment de me concentrer sur les bonnes et tendres énergies. Mais on est tous humains et parfois j’échoue, bien sûr, comme tout le monde.

Trouves-tu une forme de spiritualité dans la musique et la création ? Je veux dire que Jennie-Ann a été jusqu’à qualifier votre musique de gospel sombre et heavy…

Oui. Je crois vraiment que la musique et la spiritualité sont proches. Quand j’écris de la musique et que je suis de bonne humeur, j’essaye d’être comme une toile vierge et de m’ouvrir à des sortes d’esprits pour m’apporter l’énergie. Les énergies m’intéressent beaucoup. On sait que l’on utilise une très petite partie de notre cerveau, donc il se passe plein de choses qu’on ne peut pas vraiment expliquer et qu’on ne connaît pas. Je pense que la musique nous rapproche au plus près de Dieu, si un Dieu existe, et si on est vivants. Quand la musique est à son meilleur niveau, elle peut devenir une expérience spirituelle, je dirais.

The Fire I Long For inaugure un nouveau changement de line-up : Lars Sköld a été remplacé par Andreas Johansson, avec qui tu as déjà joué dans The Doomsday Kingdom. Peux-tu nous en parler un peu ?

On avait l’impression que Lars n’éprouvait plus de plaisir. C’est ce que je ressentais. C’est pourquoi je lui ai parlé, j’ai dit que j’avais l’impression qu’il n’avait plus le cœur à jouer dans le groupe. C’est pour ça que je voulais que nous nous séparions. C’est un chouette type, un excellent batteur, mais nous avons passé trop de temps là-dessus et nous travaillons tellement dur avec cette musique que si quelqu’un ne se donne pas à cent pour cent, alors cette personne ne fait qu’entacher le reste. C’est comme si on essayait de remporter le marathon alors que quelqu’un nous charge avec des poids. Peut-être qu’il avait trop choses à faire à côté dans sa vie, parce qu’encore une fois, c’est un extraordinaire batteur, ce n’est pas ça la question. Mais nous avons joué ensemble pendant cinq ans ; cinq ans c’est pas mal, je trouve. Et puis Andreas, d’abord, c’est un de mes meilleurs amis. Nous sommes amis depuis longtemps. Ensuite, c’est l’un des meilleurs batteurs du pays ; on a plein de super batteurs en Suède, mais c’est vraiment l’un des tout meilleurs. Il est vraiment arrivé dans le groupe avec beaucoup d’énergie positive et il avait vraiment envie de travailler dur, de répéter, de passer du temps en studio, etc. Il a donc été très important pour cet album, à bien des égards. Lui et moi, nous partageons le même intérêt pour l’expérimentation en studio avec les sons de batterie, sur la manière de positionner un micro, sur la manière d’accorder la batterie, etc. Nous apprécions beaucoup faire ça, nous pourrions passer des semaines rien que là-dessus si nous en avions le temps, ce qui n’est jamais le cas. C’est un musicien génial et un super ami.

C’est ton quatrième album avec Avatarium. Je crois que c’est la première fois que tu restes aussi longtemps dans un groupe. Avec Evergrey, tu n’es resté que le temps d’un album. Pareil pour Soen. Est-ce difficile pour toi de rester dans un groupe où tu n’es pas le commandant de bord, à diriger le navire ?

[Rires] Probablement ! Je pense que tu mets le doigt sur quelque chose, parce que j’aime pouvoir avoir un gros impact sur ce qui va se passer. C’était la raison de mon départ de Soen, car je voulais être le producteur et je voulais aussi écrire plus de musique, mais Martin Lopez ne le voulait pas. Il a fondé le groupe, donc c’est son groupe, ce sont ses décisions, donc s’il ne veut pas, je dois le respecter et partir. Dans Evergrey, Tom Englund est une grande force. Il fait toujours les choses à sa manière, et il ne veut pas que ce soit autrement [petits rires]. C’est pareil dans ce cas : c’est son groupe, il l’a fondé. Au bout du compte, il n’y a rien de mal à ça, mais ça ne me convient pas d’être dans un groupe pour seulement être un guitariste. J’ai besoin d’être plus créatif que seulement faire des solos de temps en temps. C’est comme ça que je fonctionne. Ça reste d’excellents groupes, autant Evergrey que Soen.

« Je pense que la musique nous rapproche au plus près de Dieu, si un Dieu existe, et si on est vivants. Quand la musique est à son meilleur niveau, elle peut devenir une expérience spirituelle. »

D’ailleurs, tu collais plutôt bien dans Soen…

Oui. J’aime l’album que nous avons fait, mais je voulais continuer dans cette direction et être plus psychédélique, faire les choses un petit peu autrement et aller plus dans la composition de chansons, avoir plus de chansons et moins de… C’est très basé sur les riffs et la rythmique, ce qui est très cool, mais je m’intéresse plus à la composition classique. C’est-à-dire que la tradition des Beatles, de Black Sabbath, de Led Zeppelin, c’est le genre de composition que je préfère, et j’ai davantage la possibilité de faire ça dans Avatarium. Mais c’était de bonnes années ! J’ai appris à améliorer mes capacités rythmiques grâce à Soen, je dois dire, car Lopez est un batteur extrêmement talentueux. C’est un musicien qui a un énorme don. Donc quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup apprécié jouer avec lui.

Le groupe a d’ailleurs choisi de remasteriser Lykaia, l’album que tu as fait avec eux, car ils n’étaient pas complètement satisfaits de la production. Et il se trouve que tu as produit cet album. Du coup, comment tu analyses ça ?

C’était juste le master… En fait, je n’ai pas entendu la nouvelle version ! Donc je n’ai pas d’avis. Certaines personnes font ces mesures avec le mastering, pour voir la dynamique, et peut-être qu’ils ont mesuré quelque chose qui n’était pas satisfaisant, donc ils ont voulu le refaire. Je ne sais pas trop ce que c’était, en fait. Il faudrait que je réécoute l’original pour voir mais je crois que le master n’avait aucun souci. Je trouvais qu’il sonnait bien. J’aime l’album que nous avons fait, je trouve que c’est un bon album. Je le préfère au nouveau [rires]. Mais, évidemment, c’est parce que j’ai travaillé sur cet album, donc je ne suis pas objectif.

Tu as produit The Door To Doom, le nouvel album de Candlemass. La sortie de cet album a été un grand événement dans le doom. Peux-tu nous parler de ton travail sur la production de cet album ?

Candlemass est l’un de mes groupes préférés de tous les temps, donc pour moi, c’était un honneur énorme et un grand privilège de travailler avec un groupe aussi génial. D’un autre côté, Leif Edling et moi avons l’habitude de travailler ensemble, puisque nous avons fait énormément de choses ensemble. Donc nous faisons un peu ce que nous faisons toujours. Et ce sont vraiment des musiciens très sympas. Ils mettent beaucoup d’efforts dans leur musique. Le batteur, Jan [Lindh], s’est vraiment donné. Lui et moi avons énormément bossé sur la batterie. Je trouve qu’il joue des parties de batterie vraiment cool sur cet album. Ils ont tous très bien joué. Puis Johan Längqvist est arrivé pour faire le chant, ce qui aussi était incroyable, puisque c’est le chanteur originel. Tu sais, travailler avec Candlemass est l’une des meilleures choses, pour moi. J’adore travailler avec ces gars, c’est comme une famille.

Tu as travaillé sur cet album quand Mats Levén était encore dans le groupe, et il avait enregistré son chant, mais ensuite il a soudainement été remplacé par Johan. Ça ne t’a pas un peu surpris ?

Oui, c’était un petit peu… étrange [rires]. Mais ça s’est bien goupillé finalement. Mats Levén a fait son album solo, donc du bon en est ressorti également.

Tony Iommi a fait un solo de guitare sur cet album aussi…

Oui, nous étions juste en contact par mail son producteur et moi. Donc je n’étais pas dans la pièce avec Tony Iommi quand il a enregistré le solo. Je lui ai envoyé la chanson et Tony Iommi l’a écouté pendant une semaine, et ensuite il est revenu vers nous et a dit : « Bon, ça fait maintenant une semaine que j’écoute cette chanson et je l’aime bien. Si vous pensez que je peux faire quelque chose, je peux essayer. » Donc il était très poli. C’est un type vraiment extraordinaire. Tony Iommi est l’un des plus grands guitaristes de tous les temps, pour moi. Donc c’était génial qu’il l’ait fait et qu’il ait voulu le faire. Nous en sommes tous très contents. Je trouve le solo superbe ! Mais ça semble être quelqu’un de très humble et il a beaucoup de talent. C’était vraiment adorable de sa part.

Non seulement tu as produit The Door To Doom, mais Jennie-Ann a aussi contribué à des chœurs, Rickard a fait du clavier dessus et Andreas a fait la batterie d’outro de « The Omega Circle ». Il y a donc un peu d’Avatarium dans cet album…

Oui, il y a quelques gars d’Avatarium dans cet album [rires]. On fait intervenir les gens qu’on sait capables d’assurer. Et comme je l’ai dit, nous sommes tous amis, et nous sommes comme une grande famille, donc tout le monde s’entraide et s’apprécie. Nous dans Avatarium apprécions Candlemass et Candlemass apprécie Avatarium. C’est comme une fraternité.

Interview réalisée par téléphone le 22 octobre 2019 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Alex Hinchcliffe (1, 3 & 6) & Phil Jamieson (2, 5, 7 & 8).

Facebook officiel d’Avatarium : www.facebook.com/avatariumofficial.

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