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Interview   

Avec Anarchy-x, la torture ne s’arrête jamais…


Ce soir vers 20h30 Steeve  »Zuul » Petit, chanteur du groupe Zuul FX, sera à l’antenne de Radio Metal pendant l’émission Anarchy-x. Spaceman et Metalo lui poseront des questions sur le développement de la formation française et sur son opus à venir, The Torture Never Stops, que vous retrouverez dans les bacs le 28 février prochain. D’ailleurs Radio Metal vous en a déjà donné un avant-goût sur sa plate-forme avec le morceau « Beat The Crap Out ». Steeve nous donnera également son sentiment sur l’accueil assez mitigé qu’a reçu ce morceau sur le site de Radio Metal ainsi que chez certains de nos confrères.

Après cet entretien, le nom du gagnant du T-Shirt Radio Metal sera tiré au sort.

Interview :

Radio Metal : Tu as la pêche Steeve ?

Steeve (Zuul FX) : J’ai envie de te dire un peu fatigué ces derniers temps mais non, ça va, c’est cool. L’album nous prend beaucoup de temps en ce moment, c’est plutôt cool !

Il vous prend beaucoup de temps pour tout ce qui est promo ?

Non, s’il n’y avait que la promo, ça irait. Le truc, c’est qu’on est en train de préparer tout ça en ce moment, on est en train de faire des résidences pour les futurs concerts. C’est un gros, gros boulot pour arriver à faire de très bons concerts surtout que là on a mis un peu plus le paquet par rapport à avant. Là, on va avoir des shows qui vont être un peu plus optimisés avec beaucoup plus de morceaux donc ça représente beaucoup plus de boulot.

Qu’est-ce qui vous pousse à mettre d’autant plus le paquet maintenant ?

Toujours cette soif de faire de la musique et surtout que maintenant, tous les membres du groupe font de la musique pour de vrai dans la vie depuis très peu de temps. Pour ma part, ça va faire bientôt deux ans maintenant que je ne fais que ça. Et tout le reste du groupe aussi maintenant.

Comment cela s’est fait ? C’est venu naturellement ou vous êtes-vous dit qu’il fallait que vous stoppiez tout ce que vous aviez à côté pour se consacrer pleinement à la musique ?

A force de nous proposer de bosser avec plein d’autres gens dans pleins de styles, pas spécialement dans le metal, un jour, ça finit par devenir ton métier. Et puis, tu enchaînes ce genre de choses. On a eu aussi plus de temps pour travailler sur Zuul FX, ce qui nous a donné un album comme on l’a fait là aujourd’hui.

Pour toi, vous avez obtenu la vision que vous attendiez de l’album ?

Franchement, oui. Sur le premier, on était déjà parti sur une bonne base, il y avait vraiment la trame du truc. Le deuxième album, on était parti un peu plus dans un autre délire, plus dans un compromis qu’un deuxième album vu ce que ça n’a pas vraiment été issu du premier. Pour moi, c’était vraiment un autre délire. Pour moi, le troisième était vraiment le truc qu’on désirait faire.

Que vous désiriez dès le premier album ou après que le deuxième album ait été fait ?

Disons, que nous n’avions pas l’habitude de faire des pré-prod’ d’album. Jusqu’à aujourd’hui, on a enregistré les albums directement en studio. On arrivait, on avait quelques compos, des maquettes, on entrait en studio et on les jouait directement pendant les cinq semaines de studio. On avait des riffs, on les mettait en boîte, c’était one-take. On ne se prenait pas plus la tête que ça. Là, pour le coup du troisième album, on s’est dit que ce serait bien de réfléchir un peu plus à cette question et voir les choses un peu différemment. Donc, on a fait des pré-prod’ et vraiment bossé en amont. Et franchement, on est vraiment très, très content du résultat.

Je vais te dire franchement, je n’ai pas eu l’occasion d’écouter l’album en entier, juste le titre que tout le monde a pu entendre…

Ah oui, oui ! Pour moi, c’est un très mauvais choix de la maison de disques d’avoir mis ce morceau-là mais ce n’est pas grave.

N’avez-vous pas eu votre mot à dire pour le choix du morceau ?

Ils ont choisi celui-là, on n’avait pas d’autres choix (rires) ! Et puis, tout se fait vraiment dans le speed en ce moment. Quand tu bosses sur un label comme XIII Bis avec une distribution par Warner, c’est vraiment un autre débit. Là, je me tape une vingtaine ou trentaine de mails par jour, à répondre à tout, tout le groupe est en copie et on doit vraiment répondre du tac au tac. C’est vraiment une grosse prise de tête sachant qu’avec tout le boulot qu’on a à côté… Tu nous vois avec nos smartphones à la con, répondre aux truc, c’est n’importe quoi. Mais bon, c’est rigolo.

Deux questions résultent de ça. Un : pourquoi ce n’était pas un bon choix ? Et deux : pourquoi ils ont fait ce choix ?

Un : parce que ce n’est pas le plus représentatif de l’album. En même temps, il fallait choisir mais justement, on voulait un morceau qui sorte un peu plus du lot. Là, ça ressemble plus à du Zuul FX première ou deuxième génération alors qu’il y a beaucoup de nouveautés. On avait proposé un morceau mais ils nous ont dit que celui-là était bien et ça s’est goupillé comme ça. Personnellement, j’aurais préféré sortir un autre titre un peu plus rentre-dedans et novateur par rapport à ce qu’on fait. Maintenant, il y a des solos dans le groupe, des vrais putains de solos et c’est là que ça devient plus intéressant. Et puis techniquement, à la batterie, il y a le nouveau batteur, il y a donc un autre délire. Il y a aussi un autre débit du chant, d’autres choses. Moi, je m’y retrouve mieux là-dedans. C’est dommage car « Beat The Crap Out » est plutôt un mid-tempo assez tranquille. Mais c’est un bon morceau en live, on l’a déjà testé et il sonne vraiment bien, les gens l’aiment bien.

Tu parlais de solos. C’est vraiment quelque chose que tu ressentais qu’il manquait dans la musique de Zuul FX ?

En fait, quand on est ensemble en répet’, on s’amuse à faire plein de choses, des conneries, du Pantera, des trucs vraiment à l’ancienne comme Sepultura. A force de se marrer comme ça, à voir qu’on peut être amené à faire des solos vraiment… Surtout quand on faisait des reprises de Pantera. On se disait que ce n’était pas possible, qu’il fallait vraiment qu’on se remette à refaire des solos. Du coup, on a essayé en écrivant des morceaux de voir ce que ça donnait en incluant des solos. Et franchement, ça ouvre carrément notre style de musique. Nous, en tout cas, on est fan (rires) !

Et pourquoi n’en avez-vous pas fait avant alors ?

Avant, on était plus basé sur la rythmique. Sur le premier album, le guitariste n’était pas soliste déjà. Dans le deuxième album, on voulait rester un peu dans la même trame puisqu’on n’avait pas trop d’idées sur les solos qu’on voulait mettre. On ne voulait pas partir sur des trucs totalement heavy et tout. Et ces derniers temps, on écoutait pas mal de musique des années 90 comme Death ou Pantera. Finalement, Karim m’a dit qu’il kiffait les solos de Pantera quand il était gamin. Il y a vraiment un côté Dimebag Darrell dans les solos tu verras. Même les gens qui bossent avec nous qui ont écouté les morceaux et les ont vu quand on les a joué, ils étaient sur le cul : « Putain, ça démonte, c’est clair ! »

Tout à l’heure, tu disais que ce nouvel album comporte des nouveautés. Justement, à quoi doit-on s’attendre ? Au niveau vocal par exemple…

Au niveau vocal, c’est beaucoup plus brutal qu’avant. C’est beaucoup plus nerveux, il y a beaucoup plus de débit de chant, beaucoup plus de paroles. Et il y a une technique vocale un peu plus élaborée sur la plupart des morceaux. Après, au niveau guitaristique et rythmique, c’est vraiment encore plus technique qu’avant. On a vraiment plus écrit la musique qu’on ne l’a fait avant. Avant, on balançait des riffs et puis, c’était parti, on ne se prenait pas plus la tête que ça. Mais, c’était l’état d’esprit à l’époque. Aujourd’hui, on a vraiment envie de plus rentrer dans la musique, de composer un peu plus et travailler beaucoup plus. Là, tu vois, on a un album qui est pratiquement prêt, si on voulait. On a pondu une vingtaine de titres, voire un peu plus, près d’une trentaine. Mais il fallait choisir.

Ces autres titres, vous comptez les sortir un jour ?

Oui, on va voir comment on va tourner cette année et visiblement, ça a l’air bien parti : on a pas mal de gros festivals qui se mettent en place et pas mal de plans de dates et de tournées. Mais, à mon avis, l’année prochaine, il y aura un nouvel album qui sortira, à peu près à la même époque.

Vu que vous avez fait le choix entre ces trente morceaux, ça veut dire que vous avez considéré forcément que ces autres morceaux étaient moins bons que cet album-là. Donc si vous sortez un album avec ces morceaux, il sera techniquement moins bon que celui-là…

Non, ce n’est pas le cas. On avait une trentaine de morceaux et on a pris dans le tas. Je pense qu’ils sont plus violents que sur cet album-là, c’est aussi pour ça qu’on a dû faire un choix. D’ailleurs, on en a réécouté dernièrement et on s’est dit qu’il y avait peut-être des trucs un petit peu trop « too much » ! (rires) Mais bon, pourquoi pas ? On verra bien comment on les adaptera, ça dépendra aussi du live et comment on va y être. Déjà, celui-là en live, ça va être un gros boulot.

Donc, on n’aura pas besoin d’attendre encore quatre ans pour le prochain album de Zuul FX ?

C’est ce que tout le monde nous dit, c’est marrant parce qu’il y avait le deuxième album en 2007 mais on a quand même sorti un DVD live en 2009. C’est aussi un « album » quand même en sachant qu’il y a deux heures de DVD en plus d’un CD live. C’est quand même pas mal tu vois. Pour les gens, je serais tenté de dire que c’est un peu passé à la trappe mais ce n’est pas passé totalement à la trappe non plus car on a fait de très belles ventes dessus. En plus, on l’a produit nous-mêmes et on a réussi à se faire de l’argent dessus. Pour le coup, on a vraiment été très content. Je ne vais pas te mentir, on a vendu mille deux cent DVDs et pour un groupe français dans ce style, c’est énorme. Nous, on est très contents, on plafonne à trois mille en termes d’albums donc mille deux cent DVDs, c’est quand même pas mal. En règle générale, c’est à peu près 10% des ventes d’un album un DVD. En tout cas, nous, ça nous fait plaisir !

Et à l’international, ça commence un petit peu à bouger ?

Oui, complètement ! Là, on a signé pas mal de deals de booking un peu partout en Europe. On a eu un deal par exemple avec un tourneur anglais donc il y a vraiment des choses qui vont se mettre en place. En Belgique aussi. On est en train de voir pour l’Italie et les pays de l’Est. Là, on a un booking en Suisse aussi. On voit également pour l’Allemagne et l’Espagne. Pour te dire que les choses commencent vraiment à se mettre bien en place. En plus, ça fait trois mois que les gens bossent dessus, au taquet. C’est vraiment bien.

Vous avez sorti un live après seulement deux albums ? Comment avez-vous eu l’idée de sortir un live si vite ?

Ça faisait déjà quatre ou cinq ans qu’on faisait des dates, surtout qu’on avait une tonne de rushs vu qu’on filmait tous nos lives…

Depuis vos tous premiers lives, vous avez tout filmé ?

Exactement !

Techniquement, quand vous serez devenu un groupe mondialement connu et mythique, vous serez capables de ressortir la vidéo de votre tout premier concert ?

Exactement ! Ce n’est pas glorieux. C’était en place mais ce n’est pas ouf non plus, pas terrible. En plus, la salle c’était la petite Loco donc ce n’était pas vraiment super. Mais c’est un concert vraiment drôle on va dire. Un bon souvenir quoi… Ou pas (rires) !

Donc, quatre ans se sont passés depuis le dernier album. Je me souviens de vous avoir rencontré et Aurel avait pourtant l’air d’avoir de la motivation à revendre. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Non, ce n’est pas le problème de la motivation. Quand tu as des contrats pour bosser avec des gens dans la musique, il y a un moment où tu prends ce qui tourne et ce qu’on te propose. C’est toujours pareil, quand tu es musicien et que c’est ton métier, il y a des choses qui se font comme ça. On te propose un an de travail ou on te propose quatre dates, tu fais tout de suite la différence. Donc, c’est clair que moi, dans le groupe, s’il y en a qui ont un plan plus intéressant, ce sera comme ça que ça se passera. Il faut le savoir, on est quand même en France…

Et ça ne te pose pas de problèmes par rapport à la fidélité et tout ?

Non, pas du tout. Je pense qu’il faut savoir être assez ouvert dans ce milieu pour montrer qu’un groupe peut fonctionner. Il n’y a pas de groupe qui a continué sans changer de line-up. Tous les groupes en ont plus ou moins changé à un moment.

Sauf U2…

Oui, sauf U2. Mais bon, après des groupes qui vendent des milliards d’albums… Même Metallica le font et ont changé de line-up. Bref, c’est la vie, ça fait partie de ce métier de toute façon. Pour nous, il était clair que si l’un de nous partait pour aller faire autre chose, il n’y avait pas de soucis, c’est quelque chose de normal.

Suite à la mise en ligne de « Beat The Crap Out », il y a eu pas mal de critiques. Celle qui revient le plus souvent est au sujet de la production, en particulier sur la batterie qui sonnerait très synthétique. De mon côté, je dirais que, en effet, cela sonne synthétique mais pour donner une volonté de se rapprocher de l’indus’…

Ah oui, clairement ! En fait, si tu écoutes le premier album par exemple, la batterie est complètement triggée. Là, on est vraiment revenu un peu à ça, en sachant qu’en plus, c’est nous qui avons produit l’album nous-mêmes, Karim et moi. On a fait enregistrer tout le monde et tout, c’est pas mal triggé comme beaucoup de groupes à l’heure actuelle. Là, il y a effectivement plus de trigg’ que de batterie naturelle, ça c’est clair. C’était quoi la question déjà ? Que la batterie était trop synthétique, trop chimique ? Nous, on aime bien ce qui est chimique. Pas les produits (rires) !

Tu aimes bien les bonbons plein de couleurs qui sont bien dégueulasses ?

Pas trop mais ouais… Les dragibus quoi (rires) ! Non, nous on aime bien le côté chimique, un peu à la Fear Factory, ce genre de prod’. C’est un peu pour ça qu’on doit se faire un peu blaster là-dessus j’imagine. Ouais, ça, c’est les goûts et les couleurs, comme d’habitude.

Est-ce que cet album se démarque des anciens dans le sens où des gens qui n’appréciaient pas avant pouvaient aimer celui-là ?

Oui, je pense vraiment. Moi, personnellement, j’ai plus un bémol sur celui d’avant que sur celui qu’on a fait là. Pas pour une histoire de vente, ce n’est pas ça du tout. C’est qu’en terme de créativité, il y a des choses qui m’ont un peu saoulé sur le deuxième album. Selon moi, je vais le dire franchement, c’était un compromis de plein de choses et ça ne m’a pas plu à partir de là parce que je dis que d’habitude, je dis qu’on doit faire la musique comme ça, comme ça. Et là pour l’idée, je me suis dit d’aller plus dans l’ambiance de groupe, on va travailler ensemble. C’est le truc que je n’aurais jamais dû faire. Souvent, les mecs qui écrivent les albums sont soit seuls, soit à deux en règle générale, mais pas tout le monde. Là, pour le coup, on a fait ça à plusieurs, même le producteur s’y est mis, tout le monde s’y est mis, c’était la fête genre « on est pote, il y a le coke, il y a les putes » (rires) ! Et franchement, c’était un pot pourri de tout ce que tu veux et voilà.

Tu penses donc que le travail trop collectif tue plus l’inspiration ?

Carrément, c’est n’importe quoi ! Si tout le monde dit « on va faire ça, on va faire ça », c’est bon, c’est Benetton, c’est n’importe quoi (rires). Moi ça me saoule.

Je te comprends. Si tout le monde mettait sa sauce, l’idée à la base du morceau peut disparaître totalement…

Exactement parce que c’est très subtil quand tu écris un truc. C’est très, très subtil. Effectivement, il y a une idée et pour la faire ressortir, souvent, les éléments sont mieux écrits par très peu de gens plutôt que plusieurs. J’imagine que quand vous, vous bossez en radio, c’est un compromis aussi de pas mal de choses parce que vous êtes plusieurs à gérer vos trucs, vos émissions et tout ça. Et quand on est moins, eh bien des fois, c’est mieux (rires) ! Mais moi, personnellement, je préfère travailler à deux personnes, c’est plus intéressant dans le sens où ça va plus vite et ça donne aussi un état d’esprit. Pour le coup, dans le groupe, ça n’inquiète personne. Ils ont tous confiance en nous et quand on dit dans quel état d’esprit on va, on en discute ensemble avant. Après, à partir de là, on fait découvrir les trucs. C’est comme ça qu’on fonctionne. Et professionnellement parlant, dans d’autres trucs qu’on fait à côté, on fait aussi la même chose. Ce n’est pas évident de travailler à plusieurs sur quelque chose de musical, c’est très dur.

Tant qu’à travailler à plusieurs sur un album, est-ce que ce ne serait pas mieux, plutôt que tout le monde se mette à bosser sur un seul titre, de travailler sur des titres chacun dans son coin ? Que tout le monde amène tout et voir ce que ça donne et choisir ?

C’est la même chose. C’est un peu ça finalement. Après, il n’y a plus de trame. C’est un truc qui ressemble à plein de choses. C’est plein de morceaux différents mais après, il n’y a plus la trame de A à Z. C’est le problème qu’on a eu quand on a fait Live Free Or Die. Après, personnellement, je pense ça de cet album, ce n’est pas partagé par tout le monde. Il y a des gens qui aiment beaucoup cet album pour ça et il y en a d’autres, comme moi, qui émettent un bémol, même si c’est un album que j’adore. Par contre, dans le fond, ce qui me fait chier, c’est ce côté de compromis. Je n’aime pas le compromis, ça m’énerve. J’ai l’air un peu con, je sais, mais ce n’est pas grave.

Non, en fait, ce que tu nous dis, c’est que le compromis tue le sens artistique ?

Le compromis tue l’idée de base souvent. C’est ça qui est dommage. Après, il y en a qui vont dire que ça permet de créer aussi d’autres choses. Oui, c’est ça le truc, c’est que ça crée d’autres choses, cela ne crée pas ce qu’on était en train de faire (rires) !

C’est vrai que le premier album me semblait avoir un côté plus industriel que le second, est-ce vous avez plus essayé de retrouver cet esprit indus’ que vous aviez perdu ?

Oui, c’est vraiment un côté qu’on pensait avoir perdu justement. Un côté qu’on aimait vraiment sur le premier album. Le deuxième avait un côté presque limite rock quelque part des fois, dans la sonorité. Et ça, ça me fait chier. C’est surtout du côté de la prod’ qui était un petit peu… On en était même arrivé à un moment où on se demandait si on devait le ré-enregistrer (rires) ! « Mais on va peut-être faire autre chose quand même. ». Sur ce premier album, il y avait ce côté un peu plus abrasif, froid que j’aimais bien et qu’on a ramené sur le nouvel album. Quelque chose qu’on a réussi pour nous, c’était vraiment dans l’idée qu’on voulait. On est vraiment très, très content de ce qu’on a fait. Même tous les gens qui nous entourent, même si ce n’est pas vraiment objectif, ont trouvé ça excellent. Et même qu’ils nous en reparlent encore après, ce n’est pas le coup d’un jour.

On parlait tout à l’heure de la thématique des live, que vous enregistrez tous vos concerts. Peut-on s’attendre à ce que vous sortiez régulièrement des live dans le futur ?

Ça ne dépendra que d’un truc. Tu vois, pour le premier, ce qui était drôle, c’est qu’aucune maison de disques ne voulait le sortir. Ils pensaient qu’on n’en vendrait que deux cent « parce que les DVDs, ça ne se vend pas ». On s’est dit qu’il n’y avait pas de problème, qu’on allait en faire cinq cents et qu’on verrait bien. Finalement, on en a vendu mille deux cents. On s’est dit que pour sortir un DVD, il y a tout un travail autour, une charte à avoir, qu’il y a un gros boulot à fournir. Donc, pour faire un autre DVD, pas tout de suite, peut-être dans cinq ans. Moi, j’aimerais bien ressortir des trucs assez régulièrement quand tu fais un nouvel album, ce qui était prévu. On voulait mettre les prises de studio qu’on a faites pour l’album sur celui-ci. Mais au niveau budget, encore une fois, XIII Bis nous a dit qu’ils ne voulaient pas nous laisser faire ça pour cet album parce qu’on venait d’arriver chez eux, qu’ils voulaient voir comment ça se passe. Et que si les choses se faisaient bien, c’était envisageable pour un autre album. Évidemment, il y a des compromis à faire, on fait avec ce qu’on nous propose. J’aimerais bien sortir de la vidéo tout le temps, sur chaque album. Ça me paraît important de voir de la vidéo sur ce qu’il se passe autour de tout ça.

Donc tu te sentirais plus proche de ce que fait Maiden qui sort beaucoup de live, voire même d’un Mr Big qui sort plus de lives que d’albums studio ?

Oui, je serais plus pour de la musique live que pour la musique de studio. Même live ET vidéo. Je suis plus dans cet état d’esprit-là. Après, c’est toujours bien d’écrire de la musique et de rentrer en studio et tout mais je trouve que le live, c’est le plus important pour un groupe. Je pense que depuis la nuit des temps où les gens jouent de la musique, ça se passe sur scène.

Penses-tu que c’est un art qui se perd les concerts, les spectacles ?

Un peu. Je vois plein de choses qui se font et pas forcément que dans le metal. Après, les goûts et les couleurs, c’est toujours pareil mais il y a une certaine sensibilité à la musique. Il y a des choses qu’on voit, qu’on n’apprécie pas du tout, dont tu ne sais pas non plus si des gens apprécieront mais tu ne peux pas dire que c’est de la merde. Mais, ce que je voulais dire, c’est qu’il y a beaucoup de choses qui se font plus en studio que dehors en vrai live avec des vrais gens qui font les vrais performers. Pour moi, ce qui est important, c’est ce côté performance de la musique, c’est le one-shot. Ça, c’est mon idée. Après, c’est vrai qu’il y a des gens qui font des albums magnifiques sans faire de live. Je ne veux pas dire que c’est plus facile mais j’ai envie de dire que oui quelque part (rires) !

Justement, vous avez une belle réputation en live. Est-ce que c’est quelque chose que vous travaillez vraiment ?

On fait des résidences. Je ne sais pas si vous savez ce que c’est que des résidences… Je sais qu’il y a des gens qui ne le savent pas du tout. Les résidences, c’est un truc vachement important parce que ça te permet de mettre plein de choses en place, en live, sur une vraie scène, avec tout le matos de live pour pouvoir vraiment travailler le son et tout de A à Z avant de partir en tournée. Nous, on bosse vraiment là-dessus à chaque fois. J’avoue, jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas eu l’occasion de le faire très longtemps, ça a toujours été trois jours maximum. Alors, le temps d’installer, de faire le son, de travailler les lights, il ne te reste qu’une journée pour travailler les performances. Donc, tu vas tourner cinq ou six fois ton set avant de partir en tournée. Après, c’est sur la route que ça se fait mais là, avec le nouveau management qu’on a, celui-ci a décrété que cette fois, ce serait bien de travailler plus en amont. Nous, c’est ce qui nous intéresse vraiment, travailler une semaine intensive sur le live comme si on était vraiment déjà en tournée depuis une semaine. Ce qui veut dire qu’on va arriver avec la testostérone au taquet pour les live.

Est-ce que pendant vos résidences, vous ramenez des proches pour jouer le rôle du public et qu’ils puissent donner leur avis ?

Justement, pas les proches. On fait venir des gens externes mais qui connaissent le boulot. Des coachs par exemple. Ils regardent ce qu’on fait et qui nous disent, sans nous juger parce que les coachs savent que les artistes ont des egos assez démesurés. Ce qui est souvent le cas mais dans mon cas, cela va encore, j’arrive à prendre les critiques, il n’y a pas de problèmes. Ce que je veux dire par là, c’est que le mec te dis « tu ne penses pas que… », c’est ce qui se fait beaucoup aux États-Unis, à l’étranger. En France, on fait très peu ça, plus dans le théâtre visiblement que dans la musique. Ceci dit, c’est vraiment un travail qui est important, la personne, vu que tu ne la connais pas, tu peux l’insulter s’il y a un truc qui ne te plaît pas. En même temps, comme il a le droit de ne rien dire, il est payé pour (rires) ! Je déconne ! Non, mais c’est hyper important qu’ils viennent voir et qu’ils nous disent les choses parce que la famille ou les proches, ce n’est pas objectif dans le fond. Même s’ils vont te dire des choses. Mais souvent, ils ne vont pas te dire les vraies choses pour essayer de ne pas trop te froisser. Pour nous, ça, c’est important.

As-tu quelques dates à rappeler pour Zuul FX éventuellement ?

Oui, on joue à Paris le 4 mars pour la sortie de l’album qui sort le 28 février. Donc à Paris au Nouveau Casino.



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