ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Chronique   

Avenged Sevenfold – The Stage


Avenged Sevenfold - The StageQue peut bien réserver Avenged Sevenfold ? Initialement groupe de metalcore, ces derniers ont considérablement fait évoluer leur style en empruntant les recettes qui font mouche : un retour des solos de guitares et de riffs à l’efficacité évidente. Certains diront même que les californiens ont effleuré le plagiat, tant les ressemblances avec Metallica et autres titans sur Hail To The King (2013) se faisaient sentir (« This Means War » & « Sad But True »…). Certes, le procédé a marché et aujourd’hui personne ne peut nier qu’Avenged Sevenfold est une pointure sur laquelle il faut compter, une grosse machine parfaitement huilée très bien insérée dans le circuit économique du metal. À ce titre, Avenged Sevenfold continue de déchaîner les passions, et autant dire que leur nouvel album The Stage ne laissera pas grand monde de marbre, à l’image de son annonce abrupte qui avait pris tout le monde de court, sans aucune information préalable.

Premier constat, The Stage n’a rien à voir avec Hail To The King que ce soit dans la conception (une thématique constante sur l’intelligence artificielle et la fin de l’humanité) et l’artwork, avec un deathbat plus difficile à déceler. Aucune volonté de répéter à nouveau un Black Album. Nul doute que la présence de Brooks Wackerman derrière les fûts (Suicidal Tendencies, Infectious Grooves, Bad Religion…) a contribué à l’élan de virtuosité (voire de légère folie) entrepris par le groupe, en témoigne le pont du déluré « Sunny Disposition » et ses cuivres presque incongrus. De ce point de vue, The Stage balaye les opus précédents d’un revers impérial. Exit les plans génériques à l’inspiration tremblante, un titre comme « God Damn » est la preuve d’une alchimie entre basse et batterie qui fonctionne tout au long de l’opus. M. Shadows n’est d’ailleurs pas en reste, certes son timbre ne dépaysera pas les habitués du groupe, cependant la diversité des registres n’était pas nécessairement le point sur lequel on l’attendait. Entre couplets plus intimistes sur le très suave « Angels » et élancées à la Mike Patton sur « Creating God » (on notera une ressemblance flagrante avec le pont de « From Out Nowhere » de Faith No More), The Stage propose un chant plus organique et disons-le, ô combien plus entraînant que son prédécesseur. Les guitaristes Synyster Gates et Zacky Vengeance ne sont pas non plus en retrait et semblent avoir retrouvé leur fougue d’antan (quelques petites réminiscences de City Of Evil…) sur la foule de solos, que ce soit des cavalcades endiablées (« Simulation »), des envolées suintant le feeling (« Angels ») ou des leads davantage ciselés (« Higher »). Non, définitivement Avenged Sevenfold surprend et (re)trouve des teintes progressives bienvenues, jamais au détriment de l’accroche des compositions. Que ce soit l’outro subtile d’ « Higher » avec ses arrangements de chœurs, le refrain fédérateur de « God Damn », les plages instrumentales dégourdies des quinze minutes d’ « Exist » ou l’approche plus directe du titre éponyme, Avenged Sevenfold propose un condensé de ce qui fait sa force, où l’inspiration reste une force maîtrisée et non plus un chef d’accusation.

Il est essentiel que l’auditeur fasse un effort supplémentaire pour appréhender The Stage, évidemment moins direct. Au premier abord, l’album peut décevoir par l’absence de « hits » à l’évidence criante et un aspect qui parfois peut friser la démonstration technique. En réalité, au fur et à mesure des écoutes, n’importe qui peut reconnaître qu’il y a là une écriture inspirée servie par le talent des musiciens. Avenged Sevenfold ne se sert pas de prétextes pour nous asséner des plans incompréhensibles et si parfois on peut leur reprocher le « too much » à l’instar de l’outro de « The Stage » ou des violons mielleux de « Roman Sky », leur septième album démontre l’aisance que les musiciens ont à développer leur propos de manière cohérente.

Personne ne pouvait vraiment prédire ce que mijotait Avenged Sevenfold. Au terme de plusieurs écoutes de The Stage, une chose est certaine : Avenged Sevenfold refuse de stagner et de s’embourber dans une recette facile qui suffirait à leur garantir un succès minimal. Au contraire, les californiens ont pris les devants, effectué des décisions réfléchies (merci Brooks Wackerman) et font un pied de nez aux critiques les plus virulentes. On peut continuer à maudir Avenged Sevenfold si l’on veut, mais surtout pas pour The Stage, bien au contraire. « The King is dead, long live The Stage. »

Chanson « The Stage » en écoute :

Album The Stage, sorti le 28 octobre 2016 via Capitol Records. Disponible à l’achat ici.



Laisser un commentaire

  • ici on parle music , rien a branler de dynamic machin truc bidul

    [Reply]

    Phil

    pitoyable… je confirme bien qu’ils ont plus de maturité que toi, car apparement EUX se sont pencher sur le sujet et en ont compris que le « dynamic machin truc bidul » a une répercussion importante sur l’écoute de la musique… pourquoi je suis venu sur ce site enfait ???

  • Preuve d’une grande maturité l’album a un Dynamic Range de 10 ou 12 si je me rappel bien, pour ceux qui ne connaisse pas ce que c’est… documentez vous sur la loudness war.

    [Reply]

    Potatoe Casse Couille

    J’ai regardé un peu ce qu est la loudness war, depuis Death Magnetic en fait.
    Le milieu des musiques extrémes, et le heavy en general, même mainstream, est trés codifié et je comprends. Mais je ne suis pas d’accord pour dire que sortir un disque avec une compression faible ou moyenne est une preuve de maturité, c’est plutot un choix artistique, rien de plus à mes yeux. Je trouve ca absurde, tout comme le présuposé selon lequel, un album trés compréssé sonne mal, et de basse qualité. Le fait de compresser lourdement un morceau donne une atmosphére et un son particulier, on peut trouver ca moche, de la même facon que lorsque l’on a poussé les amplis à fonds et ecrété les signaux pour faire de la disto beaucoup ont trouvé ca laid (grand bien leurs ont fait). Donc je trouve ca un peu suffisant de la part de certains de dire qu’opter pour un type de compression plutot qu’un autre augmente la qualité d’un cd et est une preuve de maturité. Dans ce cas là l’esthétique de production Black Métal (Lo fi) est elle imature, puisque certains trouve le son de mauvaise qualité? Est ce que trigger à mort la batterie (indus) est immature, puisqu’il s’agit de reduire la dynamique de jeux? Ici j’ai l’impression que les râleurs sont 1)les Métaleux de base, contre l’arrivé d’un nouveau code esthétique dans le métal et 2)les vieux habitué à une certaine compression. Hors si on prend l’exemple de Death Magnetic, il ne s’aggit que de ca, Rick Rubin semble avoir passé sa carriére, en franc tirreur, à faire le pont entre Hip hop et musiques extrémes et rock. Donc si son mix de death Magnetic vous casse les couilles: surprise c’était sans doute voulu (en plus d’une volonté du groupe de sonné d’une certaine façon). Par contre je reconnais aussi certains reproches: compresser pour des raisons commerciales etc.. Pour moi c’est comme le vocodeur (auto-tune), si c’est utilisé par flemme, pour economiser du temps et de l’argent, pour masquer les defauts des performances alors oui c’est pas légitime. Par contre si c’est utilisé dans une vraie optique artistique (Cynic) alors dans ce cas là je suis pour, même si c’est déroutant. La compression c’est pareil, si le groupe veux donner un son compréssé et rentre dedans alors tant pis, on va pas dire au musiciens comment ils doivent sonner. Tout cela est donc plus une question d’intention, et les procés d’intentions c’est jamais trés réussit.

    Thorpedo

    Excellente réponse de M. Patate.
    (pas du tout casse-couille d’ailleurs!)

  • J’approuve à fond cette chronique
    Étant fan de la 1ère heure et déçu de Hail To the King, The Stage regroupe les éléments chers au combo et cela fait plaisir à entendre

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Mass Hysteria @ Transbordeur
    Slider
  • 1/3