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Interview   

Ayreon : le théorème remis en question


La remise en question est un exercice essentiel, à la fois pour se tester soi-même mais aussi pour avancer et se renouveler. Ça ne veut pas dire qu’on y arrive systématiquement, mais au moins, au bout du compte, on gagne toujours en maturité et en compréhension de soi. Voilà pourquoi le nouvel album d’Ayreon a mis tant de temps à venir après un 01011001 jugé trop complexe, trop chargé, par son propre concepteur.

Arjen Lucassen a voulu prendre du recul, puis, lorsque c’était le moment de s’y mettre, revoir sa copie, faire les choses autrement et voir où cela allait l’amener. Le résultat c’est The Theory Of Everything : plus lisible, avec « seulement » sept chanteurs – ce qui fait dix de moins que le précédent – mais composé pour la première fois de quatre chansons de plus de vingt minutes chacune. Un format qui fait immédiatement écho à ces ambitieux albums que les groupes de rock progressif osaient offrir dans les années 70.

Néanmoins, cela n’empêche pas le compositeur de rester dans une certaine continuité, reconnaissant dans son dernier album solo non pas un œuvre à part mais bien une étape essentielle par bien des aspects vers ce nouvel opus d’Ayreon, et ne mettant pas de côté la possibilité de replonger dans la science-fiction au prochain épisode. Car Arjen Lucassen est un fana de S-F impénitent, qui ne manque pourtant pas, dans cette interview, de se montrer critique envers certaines suites à des œuvres majeures du genre.

« J’ai la chance de toujours être entouré de beaucoup de fans loyaux, et de fans qui veulent toujours avoir la version matérielle de mon travail […] mais je pense que pour des groupes plus jeunes, plus récents, la situation devient très difficile. »

Radio Metal : Je pensais à toi l’autre jour en regardant une série sur Internet qui s’appelle « Firefly ». Est-ce que tu connais ?

Arjen Lucassen : Bien sûr ! C’est ma série de science-fiction préférée !

OK, je viens de la découvrir, et en commençant à la regarder je me suis dis que ce space opera avec un côté western te plairait…

Oh oui, elle est géniale mais elle est terminée ! C’était la seule saison.

Oui, mais ils en ont fait un film je crois…

Oui, mais le film n’est pas terrible. Il s’appelle « Serenity ». Ça a été une déception parce que la série télé est très drôle, alors que le film est plus orienté action, plus sérieux… En fait, j’ai écrit une chanson sur cette série dans le dernier album d’Ayreon ! Elle s’appelle « Earth That Was ».

Pendant l’enregistrement du nouvel album, tu as souffert d’une blessure au coude. Qu’est-ce qui s’est passé, et comment vas-tu ?

Crois-le ou non, mais tout a commencé avec une blessure au talon ! J’ai eu un problème d’épine de Lenoir parce que je faisais beaucoup trop de footing : à un certain point, je courrais 10 ou 15km tous les jours. J’ai donc développé cette épine de Lenoir, qui est une sorte d’inflammation sous le pied. Je ne pouvais même plus marcher, c’était terrible. Mais je voulais toujours faire de l’exercice donc j’ai commencé à lever de la fonte, juste histoire de faire quelque chose, mais évidemment, j’en ai trop fait une fois de plus [rires]. Voilà comment j’ai aussi eu une inflammation au niveau du coude ! Et il y a eu un problème en plus, je crois que l’un de mes nerfs s’est mis par dessus un os… C’était la merde et ce n’est toujours pas bien remis, mais ça ne fait plus aussi mal. Par contre, j’ai quand même besoin de me faire opérer parce que ça ne peut pas guérir tout seul. Ça faisait vraiment très mal quand je devais jouer de la guitare, ce genre de chose, mais il fallait vraiment que je finisse l’album, alors…

La dernière fois que nous avons discuté, tu nous as dit que vu l’état de l’industrie musicale de nos jours, le nouvel album d’Ayreon ne pourrait pas être aussi gros que les précédents. Et en effet, il y a moins d’invités sur cet album, moins de très grands noms, et seulement sept chanteurs. Est-ce que ça vient de cette situation économique ?

Non, parce qu’il y a toujours beaucoup d’invités, peut-être pas des chanteurs, mais des musiciens : il y a Rick Wakeman, Keith Emerson, Jordan Rudess, des membres de Yes, Genesis, Emerson Lake and Palmer, King Crimson, et ça ne me coûte pas plus cher, en fait. La raison pour laquelle il y a moins de chanteurs n’est pas du tout financière. Il m’a semblé que sur le dernier album d’Ayreon, 01011001, il y en avait tout simplement trop. Il y avait dix-sept chanteurs, et je ne pouvais pas vraiment explorer leur talent, je n’avais tout simplement pas la place : il fallait que je case dix-sept chanteurs sur deux disques ! Il a même fallu que j’en mette sur des parties instrumentales. J’ai voulu que ce nouvel album soit bien plus limpide, pour mettre mieux en valeur les chanteurs et pour créer de l’espace. Donc non, ce n’est pas pour des raisons financières.

Est-ce que tu penses que ça va permettre aux gens de moins s’intéresser aux invités et à qui chante quoi, et plus à la musique dans son ensemble ?

Je me fiche un peu de ce à quoi les gens s’intéressent. Peu importe. Si les chanteurs leur plaisent, tant mieux, s’ils préfèrent la partie instrumentale, c’est bien aussi. Je veux seulement qu’ils soient en mesure de se concentrer sur quelque chose [rires], et je trouve que sur 01011001, il y avait trop de choses sur lesquelles se concentrer. Il y avait dix-sept chanteurs, beaucoup de couches, et peut-être tout simplement trop de choses à la fois. En plus, l’histoire était très complexe. Donc oui, cette fois-ci, je voulais moins de chanteurs, une musique plus transparente, et une histoire plus simple et plus facile à suivre.

Pourquoi est-ce que tu ne chantes pas sur cet album ?

J’ai fait un album solo juste avant, donc je me suis dit que les gens allaient en avoir marre d’entendre ma voix [rires]. Et ces chanteurs sont tellement géniaux, il me fallait vraiment des voix avec beaucoup d’émotion pour cet album. Au fur et à mesure que je les ai eu, je me suis dit : « Non, je n’ai pas ma place dans cette liste, je ne le mérite pas ! » [rires] Donc vraiment, la raison principale, c’est que je venais de faire un album solo.

Je me souviens de la dernière interview que nous avons faite ensemble l’année dernière. Tu étais très pessimiste quant au futur de l’industrie musicale. Tu disais qu’on ne pourrait plus vivre de la musique. Est-ce que tu es toujours aussi pessimiste ?

J’ai la chance de toujours être entouré de beaucoup de fans loyaux, et de fans qui veulent toujours avoir la version matérielle de mon travail, qui veulent avoir l’album, le vinyle, le coffret… J’ai de la chance, mais je pense que pour des groupes plus jeunes, plus récents, la situation devient très difficile, en tout cas pour vivre de la musique. Tous les nouveaux groupes gardent leur job alimentaire, même quand ils ont du succès. Ça devient difficile pour eux, mais moi, j’ai la chance d’avoir accumulé une base de fans loyale au fil des années, et je pense que les gens ont mes albums précédents, et du coup veulent que leur collection soit complète. Pour moi, la situation est encore supportable.

« Pour être honnête, je ne sais absolument pas si c’est aussi le début d’une nouvelle histoire pour d’autres albums d’Ayreon à venir, et je pense qu’elle pourrait complètement tourner à la science-fiction si je devais en faire un autre dans cette lignée. »

L’année dernière, tu m’as dit : « J’ai reçu mon dernier relevé de Spotify, et j’ai touché quelque chose comme 4€ pour l’année. » Est-ce que tu as reçu ton relevé de cette année ? Est-ce que c’est un peu mieux ?

Non, je ne l’ai pas encore reçu, mais j’ai entendu dire que les tarifs sont un peu plus élevés maintenant. Je ne sais pas si je te l’avais dit à l’époque, mais je touche 0,00029€ par écoute, ce qui signifie qu’il faut que mes morceaux soient écoutés 5 millions de fois pour que je puisse en vivre…

… Oh, donc tu pourras peut-être te payer un sandwich cette fois !

Oui, à peu près. Mais je pense que comme à l’origine Century Media a dit que leur musique ne pourrait pas être sur Spotify vu que ça ne rapporte pas assez, maintenant c’est un peu mieux je crois. Mais je n’ai pas encore reçu mon relevé, donc je ne sais pas. J’espère !

The Theory Of Everything sort cinq ans après le dernier album d’Ayreon. Est-ce que tu as eu besoin de reprendre des forces avec ce projet ?

Oui, complètement ! Comme je l’ai expliqué plus tôt, je crois qu’il y avait un peu trop de choses dans le dernier album. L’histoire était très complexe, et déjà à l’époque, je me disais : « Si je fais un autre album pour Ayreon, il faudra vraiment qu’il soit différent. » J’espère que j’y suis parvenu. Je pense que la musique est toujours très reconnaissable, Ayreon, c’est Ayreon, et il y a un certain son qui sera toujours le même. Mais il y a une histoire totalement nouvelle, des chanteurs avec qui je n’ai jamais travaillé, et puis j’ai eu une manière de travailler en studio complètement différente cette fois-ci, ce qui explique pourquoi je me suis retrouvé avec quatre longs morceaux de plus de 20 minutes, ce que je n’avais jamais fait auparavant non plus. Donc oui, je pense qu’il y a beaucoup de nouvelles choses cette fois-ci.

Apparemment, The Theory Of Everything est le point de départ d’une histoire complètement nouvelle pour Ayreon, qui se passe dans un monde réaliste, plus dans un univers de science fiction. Qu’est-ce que tu peux nous en dire ?

Comme je voulais faire quelque chose de complètement neuf avec cet album, je me suis dit que ce serait un gros défi de faire quelque chose n’ayant rien à voir avec de la fantasy ou de la science-fiction, ce qui est vraiment difficile pour moi. Automatiquement, dès que je me mets à penser à quelque chose, c’est de la science-fiction, donc ça a vraiment été un défi pour moi d’écrire une histoire qui n’en était pas. Pour être honnête, je ne sais absolument pas si c’est aussi le début d’une nouvelle histoire pour d’autres albums d’Ayreon à venir, et je pense qu’elle pourrait complètement tourner à la science-fiction si je devais en faire un autre dans cette lignée.

Malgré cela, est-ce qu’il pourrait y avoir un lien caché avec les albums précédents, avec le Dream Sequencer etc., ou est-ce que tu veux vraiment prendre tes distances avec tout ça ? Les sons à la fin de la dernière chanson sont plutôt énigmatiques et m’amènent à penser qu’il pourrait y avoir un lien… Ça me fait penser à la fin de The Human Equation, un album qui, à première vue, semblait très réaliste, mais qui finissait sur un retournement qui le liait aux autres albums…

Oui, d’ailleurs pas mal de gens m’ont détesté à cause de ça ! Ils se disaient : « Enfin une histoire sérieuse ! », ils avaient suivi l’histoire de ce pauvre homme dans le coma qui s’en échappait ; il y avait un moment très émouvant, et tout d’un coup, il entend la voix du Dream Sequencer, et ils se sont dits : « Oh, j’avais presque la larme à l’œil et tu as tout gâché avec cette fin stupide ! » [rires] Cette fois-ci, comme tu l’as remarqué, c’est très énigmatique, très mystérieux, mais ce n’est pas en rapport avec l’histoire d’avant.

Les deux disques de cet album sont composés de nombreuses petites pistes qui s’enchaînent en quatre longues chansons. C’est la première fois que tu fais ça, en tout cas dans une telle mesure. Qu’est-ce qui t’as poussé à choisir cette approche ?

Normalement, sur tous les autres albums d’Ayreon, je travaille complètement différemment. Je prends ma guitare, je trouve toutes ces petites idées, les enregistre, et au bout de 6 mois, j’en ai une cinquantaine que je mets sur ordinateur, je choisis les meilleures et je les mets dans le bon ordre. Mais cette fois-ci, c’était complètement différent : j’avais une seule idée, qui était le thème de l’album [il chantonne], et c’est tout. Je me suis dit : « Bon, allons en studio, on verra ce qui se passe, ça viendra naturellement. » Donc j’ai commencé à enregistrer et à écrire en même temps. Une idée en appelait une autre, qui en appelait une autre, et avant que je me rende compte de quoi que ce soit, j’avais une chanson de 23 minutes ! Je me suis dit : « Oh mon Dieu ! Une chanson de 23 minutes, comme c’est bizarre ! » Ensuite, je me suis attelé à la deuxième chanson, et la même chose s’est produite ! Quand j’ai fini, j’avais quatre chansons de plus de 20 minutes. Je les ai jouées à des gens, et certains m’ont dit que c’était assez lourd, que ça faisait beaucoup d’informations d’un coup et que je ferais mieux de les séparer en plusieurs pistes. C’est donc ce que j’ai fait au dernier moment. Je trouve que ça simplifie l’écoute pour les gens, et aussi c’est plus simple comme ça d’aller directement à son passage favori sans avoir à passer une chanson de 23 minutes en accéléré. Donc oui, l’histoire des 42 morceaux est une décision de dernière minute.

Est-ce qu’il y avait une intention de se rapprocher de l’esprit du rock progressif des années 70 et de groupes comme Yes ou Genesis qui pouvaient faire un album composé d’une seule ou de deux chansons ?

Oh oui bien sûr, il y a Tales From Topographic Oceans de Yes par exemple qui est composé de quatre longues faces. C’est la même chose, quand tu achètes le LP, tu as quatre longs morceaux. J’adore le rock progressif des années 70. C’était vraiment audacieux. J’adore cette impression, et je trouve ça vraiment inspirant. Malgré tout, il était très important pour moi d’avoir le son de notre époque, donc c’est un mélange des deux.

« Je vais automatiquement à contre-courant. Quand j’écoute la radio et que j’entends tous ces refrains et ces paroles stupides, je me dis : ‘Oh mon Dieu, ça n’a rien à voir avec de la musique.' »

À cause de ça, l’album doit être difficile à vendre sur iTunes ou sur les autres plateformes de téléchargement parce que, en général, les gens n’achètent qu’une chanson ou deux… Est-ce qu’il y a un aspect militant dans le choix de ce format d’album comme manière d’aller à l’encontre des modes actuelles dans l’industrie musicale, et de protester contre ces méthodes modernes de consommation de la musique ?

Je ne pense pas vraiment comme ça… Quand je suis en studio pour créer des chansons, tout est très naturel. C’est vraiment la musique qui me motive, et pas une idée marketing qu’il y aurait derrière. Je ne me dis pas : « Tiens, je vais aller contre ceci ou cela ». C’est vraiment la musique qui me motive… Quand je commence, je n’ai aucune idée d’où je vais finir. Quand j’ai commencé, je ne me doutais absolument pas que j’allais finir avec quatre chansons aussi longues. Je ne fais pas ça pour aller à contre courant. Je crois que ça se fait automatiquement : je vais automatiquement à contre-courant. Quand j’écoute la radio et que j’entends tous ces refrains et ces paroles stupides, je me dis : « Oh mon Dieu, ça n’a rien à voir avec de la musique. » Ça ne ressemble pas, même vaguement, à ce que j’écoute, et à la musique que je veux faire. Je veux faire de la musique dans laquelle on peut vraiment s’absorber, qui est vraiment audacieuse, et que tu dois écouter trois ou quatre fois avant d’avoir vraiment tout entendu et d’être dans l’histoire pour de bon. C’est comme ça qu’est la musique avec laquelle j’ai grandi. C’est ce que j’attendais de la musique.

Il y a sur cet album des mélodies qui sonnent très irlandaises. D’où est-ce que ça vient ? Est-ce que tu aimes Thin Lizzy ?

Je suis un énorme fan de Thin Lizzy, oh oui ! [rires] Ça vient définitivement de Thin Lizzy. Pas seulement de Thin Lizzy, mais aussi de Jethro Tull qui est très folk aussi. Ces deux groupes ont été une grosse source d’inspiration pour moi. Mais oui, Thin Lizzy, « Black Rose » par exemple [il imite la guitare], j’adore ça. Pas seulement Thin Lizzy et Jethro Tull, mais aussi des groupes de folk comme Fairport Convention, ou même des artistes solo comme Donovan ou Bob Dylan… J’adore les trucs un peu folk.

Est-ce que tu penses que ton album solo a eu une influence sur ce qu’est devenu The Theory Of Everything ? Parce que ton album solo était d’une certaine manière dédié à ces vieilles influences, et c’est aussi pas mal le cas ici…

Oui, aussi. Je crois que c’est tout à fait le cas, surtout pour « Lost In The New Real » de mon album solo, un morceau de 10 minutes. Je pense que cette chanson a vraiment été une sorte de prototype pour cet album, parce que j’ai travaillé de la même manière sur les deux. J’avais ces petites idées, et il n’y avait pas de refrain, pas de motifs répétés, juste des petites parties qui constituaient une chanson de 10 minutes. Et je l’adore vraiment, je l’ai mise sur internet et tout le monde l’a adorée, ils ont regardé le truc en entier et c’est devenu la préférée de tout le monde ! Ça a complètement été une source d’inspiration pour cet album d’Ayreon, tout à fait, c’est vraiment bien vu.

Est-ce que tu vas faire d’autres albums solo à l’avenir ? Et si oui, seront-ils dans la même veine ou est-ce qu’il te reste d’autres choses à expérimenter ?

Je ne fais jamais de plans à l’avance. Comme je te l’ai dit, je rentre en studio, je vois où l’inspiration me mène, et au bout d’un moment quelque chose se forme, mais je ne prévois jamais rien. Si je fais des plans à l’avance, ça ne marche pas. Si je commence à faire des plans pour un album solo, ça peut très bien se finir en album de Star One ou de Guilt Machine…

« Je veux faire de la musique dans laquelle on peut vraiment s’absorber, qui est vraiment audacieuse, et que tu dois écouter trois ou quatre fois avant d’avoir vraiment tout entendu et d’être dans l’histoire pour de bon. »

Tu sais quoi ? Je me souviens t’avoir entendu dire une fois que tu voulais faire un album solo où tu serais le seul chanteur. Et en fait, ça a été un échec complet, puisque c’est 01011001 que tu as fait, et qu’il y a dix-sept chanteurs dessus !

Je sais [rires], mais j’ai appris avec le temps que c’est une bonne chose. Ce n’est pas bien de s’entêter et de se dire : « Je vais faire ça comme ça et je ne vais pas changer ! » C’est bien mieux de changer d’avis en permanence, le résultat n’en sera que meilleur. C’est ce que j’ai appris, donc je ne fais plus de plans. Mais oui, j’aimerais beaucoup faire un album solo, d’autant plus que j’en suis très fier et qu’à la surprise générale, il s’est très bien vendu. C’est une grosse surprise, parce que ce n’est pas un album de metal, pas un album de rock progressif, c’est très éclectique, il y a beaucoup de styles différents dessus, et les gens l’ont aimé quand même ! J’ai trouvé ça formidable.

La dernière fois que nous avons discuté, nous sommes arrivés à la conclusion que tu étais un gros nerd qui aimait la science fiction et les space operas. La seule chose qu’on ne sait pas, c’est si tu aimes les jeux vidéos. Est-ce que c’est le cas ?

Non, pas du tout. Je ne saurais pas quand y jouer parce que je suis toujours occupé. Quand je ne suis pas en train de créer en studio, je suis derrière l’ordinateur sur Facebook ou à répondre à mes e-mails et aux messages des fans, donc…

Qu’est-ce que tu penses du fait qu’ils vont faire une nouvelle trilogie Star Wars ?

Eh bien, après la dernière trilogie, on ne peut pas dire que j’aie vraiment hâte… J’ai adoré la première et l’Empire Contre-Attaque, mais ce qu’il y a eu après, je n’ai pas aimé du tout. C’est pareil avec leurs nouveaux Star Trek, je n’aime pas du tout… Ce que je préférais dans Star Trek, c’était l’humour, et j’ai regardé les nouveaux, et là ce n’est que de l’action, des effets spéciaux, tout ça… Ce n’est pas mon truc.

Je sais que Blade Runner est l’un de tes films préférés. Est-ce que tu sais que Blade Runner 2 va sortir cette année ?

Oui, bien sûr, j’en ai entendu parler, et encore une fois, je ne m’attends pas à grand-chose [rires]. Je n’ai jamais vraiment aimé les suites, les remakes… Je doute qu’ils puissent reproduire la magie du premier. Ce sera sans doute un gros film avec plein d’effets spéciaux et beaucoup d’argent, mais ce n’est pas ça qui fait un bon film, à mes yeux… Ce qui a fait un bon film du premier, c’est Harrison Ford et bien évidemment Rutger Hauer, ces super scènes où ils sont tous les deux sur le toit, et pas les effets spéciaux… S’ils peuvent capturerà nouveau cette magie, la qualité du jeu des acteurs, du scénario, des dialogues… Ça peut être intéressant, mais honnêtement, j’en doute.

Est-ce que tu as une dernière chose à dire ? Je me souviens que pour notre dernière interview, tu as fini avec une super formule pour cette question. C’était : « N’achetez pas mes albums, et écoutez du Pink Floyd ! », j’espère que tu feras encore mieux cette fois !

Vraiment ? J’ai dit ça ? [rires]

Mais oui, je m’en souviens !

Oh, c’était vraiment stupide [rires]. OK, cette fois je dirais : les Pink Floyd n’existent plus, c’est donc le moment d’acheter mes albums ! J’espère que c’est mieux, cette fois ! [rires]

Interview réalisée par téléphone le 23 septembre 2013 par Metal’O Phil.
Retranscription et traduction : Chloé.
Introduction : Spacemanimal

Site internet officiel d’Arjen Lucassen : www.arjenlucassen.com

Album The Theory Of Everything, sorti le 28 octobre 2013 via Inside Out Music.



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  • « Quand j’écoute la radio et que j’entends tous ces refrains et ces paroles stupides, je me dis : « Oh mon Dieu, ça n’a rien à voir avec de la musique. » »
    Bordel, si je n’étais pas hétéro, je lui demanderais de m’épouser!

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