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Interview   

Ayron Jones : plus qu’une statistique


L’absence de parents crée un vide que rien ni personne ne peuvent compenser. Pour Ayron Jones, élevé à Seattle par ses oncles et tantes suite à l’abandon de ses parents, surmonter cela, c’est accepter cette douleur et vivre avec. Le guitariste ne voulait pas « être une statistique » et a choisi de donner à travers la musique, en espérant incarner un peu d’espoir et aider une communauté qui, sans ces repères naturels, pourrait se retrouver à la dérive.

Naturellement, cette interview est très intime mais Jones l’aborde en paix comme il a abordé l’écriture de son album Child Of The State, entre rock, blues et hip-hop. Un disque aux thématiques lourdes, le chanteur-guitariste abordant également la question du racisme aux Etats-Unis, mais qui se veut rassembleur, énergisant et plein d’espoir, notamment à travers des refrains puissants et captivants, comme des mantras.

« Le don c’est la réception ultime. La seule manière de connaître le véritable amour et la joie dans son cœur, c’est de trouver un moyen de continuer à donner aux autres, à les élever. En élevant les autres, on s’élève soi-même. »

Radio Metal : Child Of The State est un album sur l’abandon et la manière dont ça a affecté ton enfance et ta vie. Quand tu as décidé de consacrer tout un album à cet épisode très important et sombre de ta vie, dans quel état d’esprit étais-tu ?

Ayron Jones (chant & guitare) : Il s’agissait vraiment de surmonter ces obstacles qui ont fait que j’en suis là aujourd’hui. Il y a des statistiques et des stigmates autour des enfants qui ont grandi à la même période que moi. J’ai grandi durant l’épidémie de crack en Amérique [dans les années 1980 et 1990]. Ça a vraiment fait du mal aux communautés noires partout dans le pays. J’ai été un produit de ça. Plein d’enfants qui étaient dans ma situation, qui étaient des enfants de la nation… J’ai eu la chance qu’une famille me recueille, mais il y a des tas d’enfants partout dans le pays, encore aujourd’hui, qui sont des pupilles de la nation, à cause d’abandon, de la drogue, de la pauvreté et que sais-je encore. J’ai pensé qu’il était important de montrer que ces enfants ne se résument pas à ça. Si on les place dans le bon environnement, ils peuvent être plus qu’une statistique et je pense que c’est l’idée du titre : surmonter ces statistiques.

Etait-ce difficile de gérer ces souvenirs durant le processus de composition ? Y a-t-il eu des moments où tu as redécouvert d’anciens souvenirs que tu avais enterrés ?

Il y a quelques fois où ça s’est effectivement produit durant le processus d’écriture. J’ai trouvé le moyen de les injecter dans mon travail de la manière la plus positive possible. Mes deux parents sont décédés. Ils ne sont jamais venus à un concert et ne m’ont jamais vu jouer. Ils étaient à peine au courant que je jouais de la guitare. Pour moi, ces sentiments de contemplation et d’être passé à côté de certaines choses, ce vide sera toujours plus ou moins présent. Je pense qu’on ne peut jamais s’y faire. Ce n’est pas réparable. L’une des chansons dans l’album s’intitule « My Love Remains » et pour moi, c’est vraiment ce qu’elle explique : on ne peut pas réparer ça. Comment réparer un vide dans mon cœur qui y a été placé au début de ma vie, alors qu’il n’y a que deux personnes dans le monde capables de combler ce vide ? Si ces personnes ne se manifestent pas, il n’y a aucun moyen de les remplacer. Des gens peuvent venir et devenir quelque chose qui y ressemble, nous guider et endosser un certain rôle dans notre vie qui s’en rapproche, mais on ne comblera jamais ce vide. Donc quand on choisit d’être vulnérable dans la musique, comme j’ai choisi de l’être, on appuie toujours là où ça fait mal. Mais oui, c’est clair que ces choses ont résonné dans ma tête par moments.

C’est difficile d’imaginer que ça ne t’affecte pas en tant que père. Est-ce quelque chose auquel tu as déjà pensé ?

Oui, c’était clairement des choses auxquelles je pense maintenant en tant que père. J’avais environ trois ans quand ma mère, en gros, a arrêté de s’occuper de moi. Elle m’a quitté. J’ai trois enfants aujourd’hui, ils ont huit, cinq et un an. A leur âge, à un moment donné, ma mère a traversé ce qu’elle a traversé, et elle était plus jeune que moi aujourd’hui. Elle avait dix-neuf ans quand elle m’a eu. Je pense souvent à ça avec mes enfants, c’est clair.

Comme tu l’as dit, c’est un album qui parle de surmonter tout ça, tout en étant quand même cette personne. Dirais-tu que la clé pour surmonter cette douleur, c’est de l’accepter ?

A cent pour cent. Je dirais que c’est ce qu’il faut retenir. La seule solution pour vivre et avoir un semblant de normalité dans sa vie, c’est d’accepter que ça sera toujours là et de comprendre comment le gérer. C’est tout. Ce n’est pas quelque chose qu’on peut identifier précisément, surtout quand ça arrive à un âge aussi jeune : on ne peut pas mettre le doigt sur le traumatisme, ce qui le cause ou d’où il vient, on sait qu’il est là car on le ressent. C’est important, ceci dit, de réussir à le comprendre et de trouver un niveau d’acceptabilité, pour que notre cœur soit en paix et construire notre vie sur cette base. Honnêtement, je fais toujours face à la douleur. J’essaye de reconnaître les moments où elle apparaît pour la gérer. Je serais hypocrite si je disais que je ne suis pas confronté à ces choses. Comme je l’ai dit, j’y ferai toujours face, mais malgré tout, il y a des aspects, si on ne les surmonte pas… On n’a que deux possibilités : la vie et la mort. Etant enfant, ayant été adopté par ma tante et mon oncle, j’ai bénéficié d’une autre chance et d’un autre regard sur la vie. Je n’étais pas obligé de rester coincé et catalogué dans ces dégâts émotionnels dans lesquels j’étais, mais ça n’a pas retiré la douleur. Ça m’a juste donné une opportunité dans la vie.

« Je rendrais un mauvais service à ma ville si je ne prenais pas ces sons et ne mettais pas ces éléments dans ma musique ; ça desservirait mes origines et la manière dont j’ai grandi. Je détesterais être connu comme étant un rockeur originaire de Seattle et finalement ne pas sonner comme Seattle. »

Tu as aussi déclaré penser qu’il était important pour toi d’incarner un espoir suffisamment grand. Quel serait le premier conseil que tu donnerais à quelqu’un qui vit une expérience similaire à la tienne ?

Le conseil que je donnerais serait de trouver le moyen de continuer à donner, car le don c’est la réception ultime. La seule manière de connaître le véritable amour et la joie dans son cœur, c’est de trouver un moyen de continuer à donner aux autres, à les élever. En élevant les autres, on s’élève soi-même. C’est une leçon que j’ai apprise en étant moi-même doué. Je ne suis satisfait dans ma vie que si le don qu’on m’a fait est donné aux gens pour qui il est destiné. Je m’en suis sorti en trouvant différentes manières de donner aux gens et de les exalter. A chaque fois que j’entre dans une pièce ou dans une conversation, je répands autant de joie que possible, je donne autant que possible.

Comment est-ce tout ceci a influencé la musique de cet album ? Quand tu penses à tout ça, que se passe-t-il quand tu prends une guitare et joues des notes ?

Je pense que cet album en est le résultat, en particulier mon jeu. Je joue de manière un peu plus émotionnelle. J’ai pris le résumé de mes sentiments, de mon vécu pendant mes années de croissance et de mes relations, ainsi que les moments de joie et d’abattement, comment tout ceci a joué un rôle dans ma vie jusqu’à présent, et ma guitare est devenue mon portail vers une nouvelle vie. Les chansons sur cet album représentent grosso modo différents moments de ma vie où j’ai dû apprendre à me connaître et où j’ai trouvé mon identité. J’ai appris à me connaître et à trouver mon identité grâce à la musique. Mais ai-je conceptualisé les émotions au travers de la composition des accords et des structures ? Il y a clairement des choses conscientes qui se sont parfois produites, mais il y a d’autres fois où c’était plus spontané. « Mercy » était une chanson spontanée. C’est venu tout seul. Je suis arrivé dans la pièce, nous avons saisi une atmosphère et c’est arrivé. Mais une chanson comme « Spinning Circles », en l’occurrence, j’ai davantage réfléchi au contenu émotionnel des accords autant qu’avec les paroles. Donc ces choses étaient clairement dans mon esprit durant la création de l’album.

N’est-ce pas effrayant de partager avec tout le monde tes pensées et émotions les plus profondes sur des sujets aussi intimes ?

Oui, ça l’est clairement. Ça rend anxieux et c’est stressant, car la peur de l’acceptation est toujours présente. Ceci dit, pour moi, il s’agit de surmonter cette peur. Quand je parle de trouver mon identité, je pense que ce n’est en partie possible qu’en étant à l’aise avec cette histoire et le fait que ceci est mon histoire, parce que la vérité est que je sais que je ne suis pas seul. Je travaille avec des tas de gens, y compris dans l’industrie et dans mon équipe personnelle, qui ont été adoptés et ont fait face et font toujours face à des choses similaires. Je pense que c’est très important, aussi effrayant que ça puisse être, d’être vulnérable avec les gens et de partager avec eux qui je suis vraiment, car c’est la seule véritable option. Ça fait partie de mon processus de guérison autant que ça fait partie des gens qui consomment cette musique.

Tu es originaire de Seattle, une ville ayant une forte identité musicale. Comment l’identité de cette ville t’a influencé ?

Ça a joué un rôle gigantesque dans tout ce que je fais, que ce soit en termes de son ou dans mon identité en tant qu’artiste. Je rendrais un mauvais service à ma ville si je ne prenais pas ces sons et ne mettais pas ces éléments dans ma musique ; ça desservirait mes origines et la manière dont j’ai grandi. Je détesterais être connu comme étant un rockeur originaire de Seattle et finalement ne pas sonner comme Seattle, car ces gars ont même joué un énorme rôle dans ma vie. Je veux dire que le fait de côtoyer ces gars m’a énormément influencé pour devenir l’artiste que je suis. Je pense que c’est super important. Même pas seulement les gars dans le grunge, mais des artistes comme Jimi Hendrix et Nancy Wilson ; ils ont tous joué un énorme rôle dans ma vie à un moment ou un autre. C’était très important pour moi de capturer ce son de Seattle.

« C’était très important de saisir ces mantras et d’utiliser ces refrains de manière répétitive. Ça pousse les gens à sans arrêt prononcer les mots, ça incruste ces derniers dans leur tête et ça les exalte au lieu de de les déprimer. »

Il y a un certain contraste entre les thèmes très sombres et la musique qui est puissante, exaltante, avec de superbes mélodies et accroches qui donnent envie de chanter. As-tu cherché à communiquer de la force et de l’espoir, pas seulement à travers les textes mais à travers la musique en tant que telle ?

Oui, c’est une très bonne question. J’ai clairement envie de communiquer un sentiment d’espoir. C’était ma toute première intention. Je voulais que les gens sachent que l’obscurité ne doit pas forcément être leur identité et qu’on peut se créer une toute nouvelle vie, et la première étape est de réaliser qu’on n’est pas seul à traverser ça. Ça peut paraître nunuche à dire, mais c’est vrai, ça aide énormément de savoir qu’il existe d’autres gens comme nous dans le monde qui font face aux mêmes choses, qu’on n’est pas un extraterrestre. D’ailleurs, ce à quoi on fait face, d’une certaine façon, est très normal pour les gens qui ont vécu des choses similaires et il y a toujours de l’espoir. C’est important de s’appuyer sur ces gens et de demander leur aide quand c’est nécessaire. Donc j’espère que je peux servir de modèle dans les conversations sur ces choses.

Les refrains de chansons telles que « Take Me Away » ou « Free » sont marquants et sonnent presque comme des mantras. As-tu mis un effort conscient sur la qualité des refrains et le choix des mots pour que ceux-ci soient plus forts ?

Oui. Mon parcours en tant que compositeur a été probablement un peu plus long que d’autres. Je n’ai pas reçu beaucoup de formation ou eu la possibilité d’apprendre avec des professeurs et des choses comme ça. J’ai dû apprendre un peu tout seul à composer, et ensuite composer commercialement, car il y a la composition et la composition pour la radio. Les refrains ont donc été mon centre d’attention, je dirais, durant les cinq dernières années. Comme je viens du monde du blues, j’ai réalisé que le côté mantra faisait partie de mon son. Grâce aussi à mon amour du hip-hop, on peut entendre la répétition dans les accroches, dans ces trucs qui rentrent dans la tête. Dans une chanson comme « Free », il y a un contraste qui se construit, je parle de l’obscurité du monde : « Beat down, but there ain’t no quittin’. I forgive but there’s no forgettin’ », et quand j’arrive au refrain, je dis : « I’m walking on the water, do you believe? » C’était très important de saisir ces mantras et d’utiliser ces refrains de manière répétitive. Enfin, c’est comme tu l’as dit, ça pousse les gens à sans arrêt prononcer les mots, ça incruste ces derniers dans leur tête et ça les exalte au lieu de de les déprimer.

« Spinning Circles » traite de l’addiction et des relations toxiques. C’est un sujet commun : on a tous connu des relations malsaines. Question à un million de dollars : qu’est-ce qui pousse les gens à rechercher des choses qui sont mauvaises pour eux ?

C’est parce que les gens essayent de ne pas voir les choses qui sont mauvaises pour eux ou en eux. Tout est un reflet du monde qui à l’intérieur de nous. Ce n’est pas dur de voir quand quelqu’un n’est pas bon pour nous. On le sait dès le début, c’est juste qu’on le nie, parce qu’il y a quelque chose en nous qu’on ne veut pas voir et qui attire ce genre de personne. C’est vraiment à ça que ça se résume, mais on est addictifs par nature et parfois l’addiction est plus forte que nos efforts conscients pour nous maintenir en bonne santé et en sécurité. Ça illustre ces idées, mais la vie est plus compliquée que le simple fait de dire non. La vie, c’est plus compliqué que de dire : « Oh, je vais m’en aller. » Nous sommes des créatures sujettes à l’addiction et à la dépendance, et c’est dur d’arrêter quelque chose quand ça fait du bien.

L’une des premières chansons que tu as sorties était « Mercy ». Dans cette chanson tu essayes de voir l’Amérique d’un point de vue extérieur. Comment as-tu fait ça ? T’es-tu intéressé au regard de la presse étrangère, par exemple ?

Je vis selon certains principes. L’un d’entre eux est : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Ce problème n’est pas limité à l’Amérique. On vit les mêmes problèmes que vivent tous les pays occidentaux actuellement. Peut-être que tous les pays ne le vivent pas de la même manière, mais il y a des problèmes raciaux partout dans le monde. Je pense que lorsqu’on est un noir américain, on est avant tout noir, et c’est pareil dans le reste de la société occidentale. Ça s’exprime différemment, on le vit probablement différemment, mais je pense que ça revient au même. J’ai donc pu nous voir comme le monde nous voit, parce que je le vis. Je me suis déjà fait arrêter en voiture par la police, je me suis déjà fait persécuter, j’ai déjà subi des contrôles au faciès, etc. J’ai été confronté à ce que c’était que d’être dans ce pays. Peut-être que l’idée n’était pas tant que je parle d’un point de vue extérieur que le fait de l’internaliser, et je pense que c’est un peu ce que le monde voit. Je sais que c’est ce qu’ils voient parce que je le vis.

« Ce n’est pas dur de voir quand quelqu’un n’est pas bon pour nous. On le sait dès le début, c’est juste qu’on le nie, parce qu’il y a quelque chose en nous qu’on ne veut pas voir et qui attire ce genre de personne. On est addictifs par nature et parfois l’addiction est plus forte que nos efforts conscients pour nous maintenir en bonne santé et en sécurité. »

Il y a d’ailleurs plusieurs chansons, comme « Take Me Away », qui parlent de ce que ça signifie d’être noir en Amérique. Quel est ton diagnostic sur le sujet ?

Je dirais que mon diagnostic est qu’on va continuer à en discuter et que ça restera comme ça pendant encore un moment, pour être honnête avec toi. Je pense que c’est inévitablement la vérité. Aussi sinistre et sombre que ça puisse paraître, on vit une période de changement et les changements sont toujours inconfortables, et ça sera inconfortable jusqu’au stade où le changement se sera opéré. Ceci dit, j’espère qu’on atteindra un certain niveau de compréhension pendant la transition. Le changement peut être inconfortable, mais ce n’est pas obligatoire que ça le soit. On peut trouver un terrain d’entente quelque part pour avoir une acceptation et une tolérance et dire : « On va accepter ces choses. On ne va absolument pas accepter ces choses. » Le respect est très important. Commençons par le sommet. Je pense qu’une réforme majeure de la police est nécessaire en Amérique – en Occident même, pas juste en Amérique – et sur la manière dont on contrôle nos communautés, en particulier celles des gens de couleur. Donc je pense que tant qu’on ne verra pas ceci arriver du sommet, je ne vois pas tellement d’aide nous parvenir en bas de l’échelle. Avec un peu de chance, Joe Biden croit vraiment en ce qu’il raconte, il agira et fera vraiment quelque chose. L’Amérique blanche est désormais en train de s’impliquer dans la problématique de la brutalité policière parce que ça ne touche plus uniquement les noirs. Tout le monde est confronté à la brutalité policière aujourd’hui. Donc quelque chose doit être fait. Avec un peu de chance, on vit une période où les gens veulent faire quelque chose pour régler ça. Autrement, on va continuer à vivre des moments difficiles jusqu’à ce qu’on résolve ces problèmes.

Généralement, les interviews sont des moments joyeux où l’artiste « célèbre » son nouvel album avec un journaliste, mais au lieu de ça, toi tu te retrouves à parler de souvenirs très sombres avec des imbéciles comme moi. Comment te sens-tu à parler de ça toute la journée ? N’est-ce pas épuisant émotionnellement ?

Non, pas du tout. C’est là que j’en reviens à ce que je disais à propos du niveau d’acceptation. J’ai accepté ces choses dans ma vie. J’ai suffisamment vécu maintenant pour savoir comment me frayer un chemin à travers ces eaux émotionnelles. Ce sont des problématiques très émotionnelles, mais ça m’est arrivé à un jeune âge. J’ai trente-quatre ans ; mes deux parents sont morts et je n’ai que trente-quatre ans. Ça ne m’affecte pas vraiment de la même manière que, je pense, ça affecterait d’autres gens. Il a fallu que je trouve une forme d’équilibre spirituel pour comprendre le sens de ma vie et de la vie en général. Ma manière de conceptualiser ceci, ma vie et ma manière de vivre me permettent, selon moi, d’avoir un certain niveau de compréhension, de façon à ce que ça ne me fasse pas déprimer, car malgré tout, ça ne m’empêche pas de faire l’andouille et de sourire. Ça représente un peu la dichotomie de ma musique. C’est un exutoire pour mes émotions, pour qu’elles s’expriment, de façon à ce que le gars insouciant puisse toujours être un gars insouciant. L’un de mes surnoms que m’a donné ma grand-mère était « sourire », parce que peu importe ce qui arrivait, je souriais toujours. Donc l’obscurité est déversée dans la musique et grâce à ça, ça me libère afin d’être une influence positive auprès des gens qui m’entourent.

Interview réalisée par téléphone le 6 mai 2021 par Philippe Sliwa.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel d’Ayron Jones : ayronjonesmusic.com

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