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Live Report   

Ayron Jones : Spontanéité, riffs et sourires


En novembre 2021 Ayron Jones se produisait au New Morning. Quelques mois plus tard, il était mis en avant par un Nagui enthousiaste à Taratata, se produisait au Hellfest du siècle ou encore en première partie des Rolling Stones. L’homme de Seattle prendrait-il la grosse tête, attaché désormais à des sorties prestigieuses ? Que nenni, il tourne et tourne, encore, partout.

En effet, on pouvait le retrouver à Cléon, Nantes, Bordeaux et Ris-Orangis. Comme quoi, l’artiste reste les pieds sur terre et va chercher ses fans dans les moindres salles de l’Hexagone. Quoi ? Cléon et les autres villes citées ne seraient donc pas prestigieuses ? Oh là, esprits chagrins et tatillons qui ergotez passez votre chemin, pour notre part nous retrouvons Ayron sur sa date à La Cigale. New Morning, La Cigale, on double quasiment la capacité d’une salle à l’autre. Sacrée marche ! Pour savoir si l’Américain l’a franchie, suivez-nous dans la salle du boulevard de Rochechouart, Paris XVIIIe, et profitez dans un premier temps de Last Temptation.

Artistes : Ayron JonesLast Temptation
Date : 13 novembre 2022
Salle : La Cigale
Ville : Paris [75]

C’est devant un parterre encore bien timidement rempli que les Français évoluent et dans un espace assez réduit, la place qui leur est laissée sur scène limitant leurs mouvements. Butcho Vukovic, au chant, endosse le rôle de maître de cérémonie et s’en sort très bien, interagissant avec le public en particulier sur « I Win, I Loose » où il haranguera le balcon d’une part, la fosse d’autre part puis tout le monde tout en filmant. Il dira un mot rapide sur la date (nous sommes le 13 novembre, sept ans après les attentats du Bataclan). Le public présent est réceptif, applaudit et répond aux sollicitations du chanteur. L’avenir dira si la proposition musicale du groupe est assez accrocheuse pour marquer les esprits. A noter leur visuel, a Mort avec ce pistolet de pompe à essence, tellement raccord avec l’actualité ! A vos interprétations !

Butcho n’hésite pas à solliciter le public

Setlist :

Ashes & Fire
Blow A Fuse
I Believe
I Win I Loose
Fuel For My Soul
I Don’t Wanna Be Your God

Peut-on faire une entrée en scène plus « à la cool » ? Matthew Jacquette et Tyrone Lovelace arrivent sans tambour ni trompette, aucun effet spectaculaire, on les sent directement dans leur élément, décontractés à souhait. Ils serrent les mains des premiers rangs, proches de leur public. Ayron rejoint bientôt tout son petit monde. La musique ne démarre pas pour autant. En effet, les membres du groupe se « checkent » dans un cérémonial d’engagement, d’encouragement, de ceux qui peuvent se dérouler en coulisses, avant le début effectif du spectacle. Là, cela se passe sur scène, en direct, et renvoie à l’auditoire une part de l’intimité des musiciens, ce qui aide au rapprochement des artistes et des fans avant que « Boys From the Puget Sound » ne plonge tout le monde dans le chaudron venu de Seattle. Un chaudron qui sait ne pas être uniquement incandescent comme le prouve la douce « Emily ».

Très rapidement, en début de prestation, le chanteur présente le groupe. C’est bête, un détail, mais cela casse un peu les codes standards du déroulement d’un concert où la présentation intervient plutôt à la fin. En fait, avec Ayron, les fans peuvent noter plein de petites touches qui donnent réellement une coloration propre et originale au spectacle proposé. Matthew par exemple qui, plus tard dans le concert, restera assis sur scène un moment, et plus globalement, cette façon tellement naturelle d’interagir avec l’auditoire.

Quelle générosité !

« Supercharged », efficace en diable, continue l’immersion dans le chaudron. Ayron fait chanter le public qui est au taquet. Comment ne pas l’être face à une telle attitude et à une telle musique ? Les musiciens sont charismatiques, souriants, faciles dans leur prestation. Ce n’est ni ostentatoire ni surjoué, simplement naturel. Tyrone, à la basse, est virevoltant, Matthew, à la guitare, charmant. Derrière sa batterie, Kenneth Thornton II, sécurise la machine… et remet son charley qui s’est un peu fait la malle. Les musiciens glissent ici ou là une petite introduction instrumentale. C’est à la fois maîtrisé et en liberté totale. De la scène, irradient une classe naturelle, des ondes positives de musiciens souriants, heureux et à leur aise, proches de leurs fans. Si proches qu’ils n’hésitent pas à se placer après les retours toujours plus près. Tout au long du concert, les spectateurs peuvent ressentir la connivence entre les musiciens au travers de leurs échanges de regards, de sourires, ou encore quand Matthew et Ayron jouent dos à dos.

Sur « Free », le public applaudit à l’invitation du bassiste Tyrone et La Cigale devient magnifique quand elle continue de soutenir de ses applaudissements Ayron, seul avec son chant et sa guitare. Gros succès ! En fait, entre chaque titre, La Cigale montre son enthousiasme. L’habillage lumineux n’est pas laissé de côté. Les lumières soutiennent le propos et la percussion, mélange d’ambiances chaudes et d’éclairages très blancs, très brutaux. A l’image de la musique finalement.

Rock’n’ roll attitude

« Comment ça va ? How are you doing so far ? » interroge Ayron qui demande – sympa – d’applaudir Last Temptation. « We’ve got few more songs ». « Take Your Time » permet de faire chanter l’auditoire qui est ravi de participer, harangué par le bassiste avant qu’Ayron ne demande aux fans de lever les mains en l’air et ne leur dédie « Hot Friends ». Vraiment pêchu ce morceau qui claque dans la salle parisienne. « Baptized In Muddy Waters » qui suit voit Ayron troquer son médiator contre une baguette de batterie. Eh oui !

Après près d’une heure vingt de spontanéité, de riffs, de sourires, de quelques déluges sonores placés ici ou là, la pause rappel intervient… Ecoutez… Vous entendez ce vacarme produit par La Cigale ? Non ? Attendez… Soyez plus attentifs… Là, vous l’avez ? Non ? Faites un petit effort, c’est facile quand même… Ah, ça y est ! Ce boucan ! Oui, à n’en pas douter il se passe quelque chose ce soir, une communion non feinte entre un public et un artiste. Logique, sur scène cela transpire la musique, la sincérité, le bonheur.

Bass hero ?

Après « My Love Remains » et un petit tour dans la discographie d’un autre six-cordistes de Seattle, la fête prend fin. Poignants, ces au revoir, cette ferveur du public – qui remplit bien La Cigale, la marche est franchie –, ce plaisir que l’on peut ressentir côté artistes. Tellement agréable à voir ! Pas facile de sortir du chaudron et de sa magie, de retrouver la réalité, Pigalle et ses lumières aussi belles soient-elles. Il ne reste plus qu’à espérer que l’homme de Seattle et sa bande ne tardent pas trop à revenir. En attendant, replongeons dans son album Child Of The State !

Setlist :

Boys From the Puget Sound
Emily
Supercharged
Breed (reprise de Nirvana)
On Two Feet I Stand
Killing Season
Filthy
Spinning Circles
Free
Take Your Time
Hot Friends
Baptized in Muddy Waters
Mercy
Take Me Away

Rappels :
My Love Remains
Little Wing (reprise de Jimi Hendrix)



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  • Super show et super ambiance.
    Par contre pour ceux qui étaient placés derrière les ingés sons le son était franchement mauvais, on n’entendait presque pas Ayron Jones et bien plus celui de Matthew. Certes ce dernier est un super guitariste, mais quel dommage !

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