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Back In Backstage   

Back In Backstage, série 1


Traîner son flycase aux quatre coins du globe provoque des situations imprévisibles et parfois inoubliables. Car il y a le spectacle que le public voit sur scène et il y a aussi tout ce qui se passe hors scène, et qui représente la part la plus importante de la vie d’un artiste. Dans le cadre de la rubrique Back In Backstage, les artistes nous racontent leurs moments insolites passés en coulisse, que ce soit en festival, dans une grande salle ou dans un club miteux, qu’ils soient étranges, effrayants, drôles, ou qu’ils se soient gravés dans leur mémoire pour toute autre raison… et autant dire que ce n’est pas toujours glamour.

Note : certains des témoignages ci-après ont été originellement publiés dans le cadre des trois premiers numéros du magazine Radio Metal, tandis que les autres sont inédits.

Willie Adler (Lamb Of God – guitare) : Environ un mois avant l’assassinat de Dimebag, nous avons eu un jour de repos à San Antonio, au Texas. Damageplan et Shadows Fall jouaient, alors nous avons fini par aller à leur concert et avons sympathisé avec Dimebag et les autres. Je me souviens que Dime m’a fait monter sur scène et que j’ai chanté « Walk » avec lui, c’était sacrément spécial ! J’étais super nerveux, mais en même temps, je buvais à l’époque et Dime savait y faire pour faire boire les gens. Je me souviens, de son côté de la scène, sur la gauche, il y avait tout un bar installé ! Normalement, on y trouve toutes sortes de matériels et de trucs, mais il semblait que la priorité de Dime était d’avoir un putain d’énorme bar de son côté de la scène, où son technicien guitare préparait des cocktails [rires]. Je pense que personne ne pouvait réellement le suivre sur la consommation d’alcool ! C’était une nuit très embrumée, mais je me la rappelle avec une grande tendresse. C’est un grand souvenir pour moi. Le gars était l’un de mes héros de jeunesse, c’était un mec qui pouvait faire du shred et jouer comme un malade en solo, mais aussi écrire de super riffs. Il était le meilleur des deux mondes. C’était la première fois que je le rencontrais et que je traînais avec lui, et aussi la dernière fois. Un mois plus tard, alors que nous étions en Europe, au Royaume-Uni je crois, je me souviens avoir reçu un appel ce matin-là pour me dire qu’il avait été tué.

Burton C. Bell (Ascension Of The Watchers – chant) : C’est toujours les pires backstages qui sont les plus mémorables ! Il y avait ce club à Berlin qui s’appelait le SO36. C’était une salle de renommée mondiale, car plein de grands groupes y avaient joué. Quand est finalement venu le moment pour Fear Factory de jouer au SO36, nous sommes arrivés là-bas et c’était un vrai trou à rat, nous étions là : « Qu’est-ce que cet endroit a de si bien ?! » Les coulisses étaient littéralement derrière la scène, séparées par un rideau, et les toilettes étaient un genre WC portable au milieu de la pièce [rires]. Pour moi, c’était un cauchemar ! Même si ces coulisses étaient très étranges, même s’il s’y passait plein de choses, avec des gens qui allaient et venaient, le bruit des balances de tous les groupes, etc., t’es tellement fatigué par la tournée que tu trouves quand même le moyen de bien te reposer et de faire une sieste en coulisse, malgré tout ça ! [Rires]

Trey Spruance (Mr. Bungle – guitare) : En 1991 ou 1992, pendant la tournée de notre premier album, nous avons eu de gros problèmes lors d’un concert à Cleveland. La salle était juste en face d’un cimetière, ce qui aura son importance plus tard. Nous avons eu plein de soucis ce soir-là, et sans entrer dans les détails, nous avons cassé un paquet de lumières et de nos instruments. Les techniciens qui gèrent les retours s’en sont pris à nous, alors notre réaction a été d’envoyer les retours dans le public qui les a détruits. Les gens de la salle n’étaient pas contents, bien sûr, et à Cleveland, c’est un peu l’ambiance mafia. Nous n’avons pas vraiment pensé à ça dans le feu de l’action. Nous nous sommes donc cachés dans les coulisses en nous demandant ce qui allait se passer. Puisqu’il s’agit de la mafia, ils allaient probablement nous casser les jambes à moins que nous ne leur donnions de l’argent pour payer tous les dégâts que nous avions causés. Nous avions l’argent de la tournée dans une petite mallette. Je l’ai attrapée et donnée à Grotus, le groupe qui faisait notre première partie, pour qu’ils se faufilent hors de la salle avec, de sorte que nous ne puissions pas en sortir – très intelligent de ma part [rires]. Il y avait des fans qui attendaient à la porte des coulisses pour que nous signions des autographes. Les gars de la salle avaient mis une chaîne autour de la porte pour nous enfermer à l’intérieur, mais Danny, notre batteur – la seule personne intelligente de ce putain de groupe – a réussi à l’entrouvrir. Donc il a passé sa bouche et dit aux fans : « Appelez les flics, ils vont nous tuer ! » Quelqu’un l’a fait et les flics ont répondu. Je pense qu’ils savaient à quel point la situation était grave dans cet endroit, parce qu’il a fermé peu de temps après. Les flics ont cassé la chaîne et nous avons pu sortir de là. Mais pas avant que Mike Patton ait chié dans un sac en papier et l’ait fait cuire au micro-ondes pendant une demi-heure. Soit dit en passant, même si c’était des mafieux, ce n’est pas comme si nous étions des victimes innocentes. Nous avions tort sur toute la ligne. Je ne défends pas du tout nos actions, moi aussi je nous aurais cassé nos putains de jambes ! [Rires]

Mikael Stanne (Dark Tranquillity – chant) : Pour moi, les temps forts quand on est dans un grand festival où certains de nos groupes préférés jouent, c’est lorsqu’on tombe sur notre guitariste ou notre chanteur préféré. Parmi mes vieux souvenirs, l’un de mes préférés est probablement quand nous étions au Wacken en 2000, je crois. C’était notre première fois là-bas, et c’était vraiment un énorme festival. C’était fou, nous avons fait un super concert, et nous nous sommes saoulés après, nous avons traîné sur place, etc. Tout d’un coup, je vois mes deux chanteurs préférés et mes deux plus grandes inspirations. Mille Petrozza de Kreator – il est la raison première pour laquelle j’ai commencé à chanter et ai voulu me mettre au metal extrême. Donc je le rencontre, et pendant que je suis en train de lui parler, je vois Martin Walkyier – de Sabbat, le groupe britannique – passer à côté de nous. Lui est la raison pour laquelle j’ai voulu écrire des textes en premier lieu. C’est lui qui m’a donné envie d’être un parolier et un chanteur, autant que Mille. J’ai rencontré les deux en même temps et je leur ai parlé à tous les deux. J’étais beaucoup trop saoul et il est probable que je me suis humilié mais c’était extraordinaire. C’est un de ces moments que je n’oublierais jamais, et c’était vraiment génial. Je les ai tous les deux recroisés de nombreuses fois après ça – peut-être pas Martin autant que Mille – mais c’était un de ces moments de fan-boy qui se produisent uniquement dans la zone backstage et j’ai adoré.

Simone Simons (Epica – chant) : Les trucs intimes, ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus drôle à savoir, mais… Une fois, nous étions dans un festival au Venezuela et nous n’avions pas de toilettes, donc j’ai dû faire pipi dans une tasse. Je ne voulais pas la jeter, donc je l’ai mise quelque part sur le côté dans les loges. Sauf que quand je suis revenue après le concert, la tasse avait disparu. Je n’ai aucune idée de ce qui lui est arrivé ! C’était un petit peu gênant. Quand j’ai un besoin pressant, je ne peux pas faire comme les gars – c’est-à-dire aller dans un buisson quelque part –, surtout quand il y a des gens partout autour de moi, qui font des photos et des vidéos. Donc oui, j’ai été forcée de faire pipi dans une tasse et la tasse a disparu ! Je ne pense pas que quelqu’un l’ait bue – je n’espère pas ! C’est arrivé deux ou trois fois qu’il n’y ait pas de toilettes. Une fois, j’ai dû faire pipi dans une poubelle. Les toilettes étaient dans la salle et c’était juste avant le concert, donc ça voulait dire que j’aurais été obligée de traverser tout le public. J’ai plein de collègues qui ont été confrontées à ce genre d’incident avec le pipi et ont dû trouver une solution [rires]. Car il n’y a rien de plus inconfortable que de monter sur scène la vessie pleine. Je l’ai déjà fait et c’est horrible, ce n’est pas du tout marrant. Parfois, durant « The Obsessive Devotion », c’est là que je suis aux toilettes ! J’ai une petite pause durant la chanson, et il m’arrive de devoir courir !

Mark Jansen (Epica – guitare & growl) : J’étais au Brésil et pour je ne sais quelle raison, j’ai décidé de m’allonger au soleil au moment de la journée où il faisait le plus chaud. J’ai eu une allergie au soleil. Je n’avais jamais eu ça de ma vie avant. J’avais l’habitude d’aller au soleil, mais apparemment, là-bas au Brésil, le soleil tapait très fort – plus fort que ce dont j’avais l’habitude. Je me suis donc retrouvé avec un tas de boutons rouges partout sur le corps. Je suis allé voir le médecin, parce que je ne me sentais pas bien et nous avions un concert le soir. Le médecin a dit : « La seule chose qui fera effet, ce serait que je te fasse une injection. Ça va te donner envie de dormir, à coup sûr, mais ça ne dure que trois ou quatre heures, et tout ira bien avant le concert. » Je suis retourné à la salle de concert, j’étais en coulisse, et je me suis endormi. Je ne me souviens de rien, et quand je me suis réveillé, il ne restait que trente minutes avant le concert. Je me suis donc dépêché et j’ai tout préparé. Après le concert, les autres gars du groupe m’ont montré des photos. Ils m’avaient fait un tas de choses marrantes, comme le fait de me mettre un drapeau brésilien ou une moustache [rires]. Je n’avais rien remarqué ! Je devais vraiment être profondément endormi !

Al Pitrelli (Trans-Siberian Orchestra – guitare) : En 2008, nous jouions la première à Omaha, dans le Nebraska, avec Trans-Siberian Orchestra, à guichet fermé. C’était une soirée excitante. J’ai déboulé sur scène, j’ai joué mon solo de guitare, j’ai sauté de l’estrade, je me suis mal réceptionné et je me suis cassé la jambe. Ça a fait un mal de chien, mais j’ai repris ma respiration, je me suis assis au bord de l’estrade et j’ai continué à jouer, je ne pouvais pas m’arrêter de jouer le solo d’un morceau instrumental. Ensuite, les lumières ont baissé, je suis sorti de scène et je suis tombé, donc l’équipe m’a porté en coulisse. Le concert s’est poursuivi et Paul O’Neill a couru vers moi en demandant : « Mec, pourquoi tu t’es assis en plein milieu du concert ? » Puis il a regardé ma jambe et elle était toute tordue vers le côté. J’étais en train de hurler de douleur, donc ils m’ont donné un tabouret de bar, ils m’ont assis à côté des retours et j’ai continué à jouer. Le médecin est venu et a regardé ma jambe, et il a dit : « Tu t’es cassé la jambe et tu t’es déchiré le ligament croisé antérieur, t’es une épave ! » J’ai dit : « Je serais une épave après le concert. Laisse-moi terminer mon concert. »

Andreas Kisser (Sepultura – guitare) : En fait, les coulisses c’est très ennuyeux ! On ne fait qu’attendre et voir des gens dormir sur des canapés. Après le concert, bien sûr, il y a l’adrénaline, tu sors de scène, tu prends un verre avec tes amis et les invités. Mais pendant la journée, avant le concert, nous ne faisons rien d’autre que nous préparer, jouer sur nos instruments et nous échauffer. C’est vraiment ennuyeux ! [Rires]

Illustrations : Will Argunas.



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  • Lornithorynque dit :

    Très sympa comme type de chronique 🙂 pas déçu que Patton ait chié quelque part en signe de protestation, à croire que c’est un chat

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