ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Bain de jouvence avec Amorphis


Après avoir brillamment réalisé la première partie de Nightwish aux côtés d’Arch Enemy en novembre dernier, et séduit de nouveaux adeptes, Amorphis est de retour à Paris, dans une salle bien plus modeste certes mais à guichet fermé. Et sur les quais de Seine, péniblement arrosés de furtifs rayons de soleil, s’étire peu à peu la foule devant le Petit Bain, quelques temps avant l’ouverture des portes.

La petite salle intimiste du Petit Bain n’est pas encore remplie quand, très tôt et très vite, Poem entre en scène. Les notes fusent, sous l’égide du metal progressif (voire du rock alternatif) assez expérimental, alternant mélodie et belle puissance. La musique se veut également envoûtante, un brin hypnotique, à l’image de Desire. Le set est en soi assez bref mais suffit à démontrer l’étendue des talents des artistes, et notamment de Giorgos Prokopiou au chant, bien que la qualité du son ait quelque fois laissé à désirer.

Artistes : AmorphisTexturesPoem
Date : 26 mars 2016
Salle : Petit Bain
Ville : Paris

Poem

Si l’assistance n’est pas encore compacte et n’est pas transportée, elle semble néanmoins assez réceptive, entre avis partagé et enthousiasme encore timide, mais salue la performance de Poem avec des acclamations méritées. Le contrat est bien rempli par le groupe qui ouvre cette soirée sur une belle note. L’affluence s’est par ailleurs déjà nettement accrue quand vient le tour de Textures de faire le show. Très bien accueilli, dès son entrée le ton est donné. Propulsion et distillation d’un cocktail technique hautement expérimental, ravageur et très efficace. Comme à son habitude le groupe propose une combinaison de rythmiques énergiques pour un son très intense, rapide et violent, associées à des instants d’accalmie mélodiques assez fascinantes.

En accord avec leur musique, les guitariste et bassiste Joe Tal et Remko Tielemens sont sur scène survitaminés et le chanteur Daniël de Jongh offre à la fois une belle prestation scénique et vocale, entre growl agressif et chant clair maîtrisé. Et ce bien que la voix soit de nouveau par moment étouffée sous les instruments. Le public paraît séduit et acclame le groupe à la fin du set. Une audience qui s’est visiblement laissée entraîner par la musique avant-gardiste du combo sans pourtant s’être déchaînée. Néanmoins, la salle est chauffée comme il se doit pour préparer l’entrée si attendue d’Amorphis et la température ne va cesser d’augmenter.

Textures 5

Textures

Enfin les Finlandais montent en scène et les premières notes de la chanson éponyme du dernier album, Under The Red Cloud, résonnent et avec elles se lèvent une foule d’acclamations. Suivie de l’emblématique « Sacrifice », efficace et entêtante, ces deux premières chansons ouvrent parfaitement le show. Vient ensuite « Bad Blood » qui, à l’image du concert et de la musique du groupe en général, joue très bien sur les variations, entre couplets puissants et chant growlé massif impressionnant de Tomi Joutsen, et refrain plus mélodique avec ce chant clair si atypique et terriblement envoûtant. L’assemblée des metalheads est devenue bien compacte et nourrit encore la chaleur ambiante. Elle est bien évidemment enthousiasmée par le groupe mais reste cependant étonnamment sage.

Des cris de satisfaction accueillent toutefois « Sky Is Mine » et la belle et envoûtante « The Wanderer », mais pas de véritables déchaînements de foule, si ce n’est quelques esquisses éparses de pogos, notamment sur la succession de titres plus agressifs que nous interprète ensuite Amorphis, de « On Rich And Poor » à « Four Wise Ones » en passant par « Drowned Maid ». Guidés par le groupe, nous poursuivons ce tour des titres phares, innombrables tant sa créativité est féconde, avec « Silent Waters » et « My Kantele », sur lesquelles les musiciens font montre de tout leur talent, notamment Esa Holopainen à la guitare et Santeri Kallio au clavier. Aux notes sombres de « Hopeless Days », le public semble saisi d’un même élan par cette chanson si poignante, aux riffs lourds entrecoupés de mélodies subtiles portées par le chant clair de Tomi, permettant de reprendre un instant son souffle, avant d’être pris par un refrain d’une efficacité redoutable.

Amorphis 2

Amorphis

Le titre mythique qui vient clôturer ce concert achève de redynamiser les fans. Ce titre est évidemment « House Of Sleep » sur lequel s’exerce tout le charisme et la présence scénique de Tomi, qui tend à la foule chantant en chœur son énorme micro, devenu à son tour emblématique. Là-dessus, le rappel est attendu avec une impatience non contenue. Après force vociférations et scansions du nom du groupe, les premières notes orientalisantes de « Death Of A King » annoncent le retour d’Amorphis pour un final au sommet de son intensité. Cet excellent show se clôt ainsi sur les incontournables « Silver Bride », un brin romantique et folk, et « The Smoke ». Mais c’est à regret qu’il faut se rendre à l’évidence et accepter que le concert soit terminé et soit passé si vite ; nous aurions encore pu nous satisfaire des multiples titres exemplaires d’Amorphis jusqu’à très tard dans la nuit et nous promettons, pour compenser, de recroiser au plus vite leur route !

Tomi Joutsen (Amorphis, chant)

Setlist :

Under The Red Cloud
Sacrifice
Bad Blood
Sky Is Mine
The Wanderer
On Rich And Poor
Drowned Maid
Dark Path
Four Wise Ones
Silent Waters
My Kantele
Hopeless Days
House Of Sleep
Rappels :
Death Of A King
Silver Bride
The Smoke

Live report et photos : Elena Delahaye.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Slipknot @ Lyon
    Slider
  • 1/3