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Interview   

Bare Teeth à la conquête du monde


Dans la série des petits groupes français pleins d’énergie et d’ambition, voici Bare Teeth ! Le combo lillois ne cache pas ses envies de grandeur, avec un premier EP sobrement (!!) intitulé First The Town, Then The World qui traduit bien la philosophie du groupe. Musicalement, si le son résultant de cette association est plutôt orienté punk-rock, les membres viennent d’horizons fort différents, et insistent sur le côté crossover et no limit de la formation. Comme nous le dit Greg, frontman du groupe, ci-dessous, la sur-spécialisation des genres aurait plutôt tendance à les saouler qu’à les amuser, même si les nordistes s’en amusent, en qualifiant leur musique de punk-rock/thrash-pop.

C’est donc ce savoureux mélange de mélodies accrocheuses et de riffs saturés que Greg nous présente avec conviction et humour dans l’entretien qui suit

« L’idée c’est vraiment que, oui, nous commençons petit, nous le savons, mais nous avons de l’ambition ! Le but, c’est de conquérir le monde ! [Rires] »

Radio Metal : Le groupe s’appelle Bare Teeth, ce qui signifie, en gros, « montrer les dents »…

Grégory Legarand (chant & guitare) : Plus ou moins ! [rires]

Dirais-tu que l’on peut faire l’analogie avec le fait que pour percer dans ce milieu-là, il faut un peu montrer les dents, justement ?

Pas tellement montrer les dents, peut-être plus avoir les crocs, on va dire. C’est un peu notre leitmotiv, et c’est aussi un peu pour ça que nous avons appelé l’EP First The Town, Then The World, ça montre aussi une certaine volonté de s’imposer, et si je peux me permettre l’expression, se sortir un peu les doigts. J’ai joué avant dans d’autres groupes, où nous avons fait différents trucs, nous étions vraiment en circuit purement DIY, nous avons tourné en Europe, en Angleterre, même au Japon, et tout ça toujours avec les moyens du bord. C’est quelque chose en quoi nous croyons. Mais pour ça, il ne faut pas attendre que ça arrive, il faut aller un peu au charbon.

Tu parlais justement du titre de l’EP, First The Town, Then The World. Est-ce que c’est aussi une métaphore de « on agit pas à pas, petit à petit » ?

Ouais, c’est un peu ça ! Nous avons démarré un groupe de zéro, et je n’ai pas voulu, moi, même si j’étais l’auteur-compositeur principal de mes précédents projets, reprendre un nom avec un line-up complètement renouvelé, je trouvais que ça servait à rien. Et puis la rencontre avec Titouan y a fait aussi, il apporte beaucoup en termes de composition au groupe, donc c’était vraiment un projet neuf. L’idée c’est vraiment que, oui, nous commençons petit, nous le savons, mais nous avons de l’ambition ! Le but, c’est de conquérir le monde ! [Rires]

Ce groupe-là est né des cendres de plusieurs autres projets. Quels enseignements avez-vous tirés de vos expériences passées ? Comment cela influence-t-il votre travail aujourd’hui avec Bare Teeth ?

Là, je vais plus parler à titre perso. Déjà, de ce que j’ai tiré de mes précédents projets, c’est une certaine habitude à démarcher, tourner, savoir comment les choses se passent, donc on va dire que je perds nettement moins de temps maintenant à creuser des pistes qui ne sont pas très pertinentes. J’ai aussi fait un gros travail sur moi-même, car à un moment, j’ai, peut-être, pu… éventuellement… être assez dirigiste dans mes projets ! Là, on est vraiment sur un truc beaucoup plus fusionnel, entre nous. Je compose peut-être un peu moins qu’avant car j’ai désormais une vie de famille, mais Titouan compose pas mal donc ça apporte pas mal de trucs, ce qui me permet de plus me concentrer sur du booking, de la relation; Tom, qui nous a rejoints à la basse en septembre dernier, me seconde du coup sur le booking et les choses comme ça, il prend vraiment bien le relai. Jérôme, notre batteur, est un bon relai « local », dans notre région, justement, qui arrive assez bien à fédérer ses potes autour de nous, il y a une petite constitution de fanbase. Maintenant, c’est un vrai travail d’équipe. Avant, c’était plus un travail perso où les autres suivaient, et finalement, travailler en équipe, c’est pas mal [rires].

Bare Teeth est, entre autres, la continuité d’un autre projet qui s’appelait Icons Down! dont vous avez même repris certains titres. Que héritage en avez-vous tiré et à quel point est-ce important dans votre carrière ?

J’ai repris pas mal de compositions que j’avais dans Icons Down!, où j’ai éventuellement arrangé le chant, Titouan est venu apporter sa patte… Jérôme était à la base prévu pour rejoindre Icons Down!, et puis ça ne s’est pas fait parce que le groupe a capoté avant, donc il nous a rejoints dans Bare Teeth. L’idée, c’est que c’est vraiment une continuité. En termes d’enseignements, je pense qu’il fallait torpiller Icons Down!, parce qu’à l’époque, nous avons peut-être lancé le projet trop tôt, sans être assez rodés. Nous avons eu quelques critiques négatives au début du projet, certaines étaient fondées, notamment sur la qualité du chant. Je n’avais pas assez d’expérience en tant que chanteur lead pour lancer le projet, et forcément, le nom était connoté, et quand tu acquiers une certaine mauvaise réputation, c’est super difficile d’en sortir. Il y a des gens qui m’ont dit : « Je préfère largement Bare Teeth que ce que tu faisais avec Icons Down! »… Des gens me disent : « Je préfère les chansons ! ». Ben ça tombe bien, c’est les mêmes, donc ce que t’aimais pas, c’était juste une qualité d’exécution. Mais maintenant que la qualité d’exécution est là, – j’espère ! [rires] – au final, c’est une preuve que ce n’était pas les morceaux qui étaient mauvais, c’est juste que t’aimais pas la façon dont c’était interprété [rires].

Sur votre page Facebook, dans la petite case « Influences », vous avez noté « Fast stuff, fun stuff, pissed off stuff“ (trucs rapides, trucs drôles, trucs énervés) et Pantera…

Ouais, c’est surtout Titouan qui est fan de Pantera ! [Rires]

Du coup, ce n’est pas anodin de mettre en valeur comme ça un groupe, peut-être moins pour toi, mais que représente Pantera ?

J’aime les trucs groovy, autant sur un groupe comme Aerosmith que sur Pantera. Ce n’est pas du Maiden, des trucs hyper techos et tout, c’est juste que des fois, il n’y a pas grand chose, mais ça groove, et c’est ce qui nous plaît bien aussi, justement, sur Pantera. Des fois, il y a des trucs super techniques, mais des fois, il y a juste un bon riff, bien envoyé. C’est limite du AC/DC en beaucoup plus énervé, avec un son beaucoup plus moderne, mais au final, c’est simple et efficace, et ça tortille du cul ! [Rires] C’est juste ça !

Tom vous a donc rejoints à la basse assez récemment. Peux-tu nous parler de son recrutement ?

Son recrutement, nous l’avons fait de manière très classique, sur un site de petites annonces. La légende dit que nous l’avons recruté sur Tinder [rires], mais en fait, ce n’est pas vrai… Simplement, à la base il cherchait un groupe à la guitare, ou « éventuellement » à la basse. Donc ça tombait bien, nous avions besoin d’un bassiste, nous avions déjà deux guitares, et nous n’avions pas envie de nous taper un délire à trois guitares parce que c’est franchement relou. Il a donc écouté nos morceaux, il a accroché, il était plutôt branché punk-rock, sans avoir une énorme culture punk-rock à la base. Ce qui est rigolo, c’est que pour notre précédent bassiste, ça s’est fait un peu de la même manière : à la base, il voulait un groupe à la guitare, il disait qu’il pouvait éventuellement jouer de la basse, et ça s’est fait comme ça.

Peux-tu nous parler de son apport au groupe ? Tu disais qu’il te secondait aussi pas mal, mais qu’en est-il en termes d’investissement dans le groupe, dans la compo, le processus d’enregistrement, etc. ?

Ce qui est cool avec Tom, c’est qu’il s’est super bien intégré au groupe d’entrée de jeu. Il avait très peu d’expérience dans la musique, il a d’ailleurs fait son premier concert avec nous. Pas en tant que spectateur, je rassure… Du coup, il s’est énormément investi d’entrée de jeu pour être à niveau et se sentir à l’aise, du coup ça marche bien. Il a été super volontaire sur le fait de poser des choeurs, donc nous nous retrouvons au final avec trois voix, moi en lead, et Titouan et Tom en back. C’est vraiment cool en live d’avoir cette texture au niveau des voix, surtout que Titouan a une voix plutôt grave par rapport à la mienne, et Tom a une voix qui se prête assez bien aux choeurs plus aigus, quand il fait des harmonisations à la tierce ou des trucs comme ça, donc c’est cool. Et au niveau de son jeu de basse, il n’y a aucun problème. Du coup, il a voulu en apprendre plus sur comment ça se passait dans un groupe. Je lui ai donc délégué une partie du booking, du démarchage, et ça aide aussi les autres membres du groupe à se rendre compte que c’est un boulot qui est assez chronophage. Quand on est sur le démarchage, l’identification des salles, des festivals, tous les démarcher, puis les relancer une fois… deux fois… trois fois… cinq fois ! [Rires] Jusqu’à avoir une réponse, ou jusqu’à lâcher l’affaire, parce qu’au bout de dix mails ils ne répondent pas, donc ça sert vraiment à rien, il faut passer par un autre canal. Mais c’est cool, c’est une machine qui commence à bien se roder.

« Maintenant, on est vraiment dans de la sur-spécialisation, du genre que si tu fais du death-metal mélodique ou du death-metal symphonique, c’est pas du tout la même chose ! Alors qu’excuse-moi, mais ça reste du death metal… [petits rires]. Cette mentalité est un peu ridicule. »

Vous avez déclaré que votre musique était du punk-rock/thrash-pop… Est-ce que c’est une manière de vous moquer des sous-sous-sous-genres qui existent parfois ?

Il y a beaucoup de moquerie là-dedans [rires]. Nous sommes un groupe de punk-rock, tu nous écoutes, vu nos influences, pas besoin de couper les cheveux en quatre. Mais effectivement, à la base, nous avions dit que nous faisions du thrash-pop. Mais j’ai vu aussi que le terme avait déjà été utilisé par un groupe anglais qui s’appelle Captain Everything!. Mais thrash-pop nous faisait marrer, car des fois, nous avons des rythmiques assez héritées du crossover thrash, nous ne dénigrons pas avoir parfois de bonnes mélodies, que ce soit la voix, ou sur les guitares, des trucs comme ça. Et au final, peut-être que le terme « punk-rock » n’est pas super vendeur, je ne sais pas si « thrash-pop » est plus vendeur, mais on s’en fout un petit peu ! En plus, nous disons publiquement que nous aimons Pantera, histoire de brouiller encore plus les pistes, comme ça au moins, tout le monde est largué. Puis chacun se fait une idée à l’écoute de la musique, c’est ce qui m’intéresse le plus. Là, nous avons proposé à un groupe de jouer avec nous sur une date à Lille, c’est un groupe de rock alternatif français, mais ce sont des potes. Ils nous ont dit : « T’as pas peur qu’au niveau du public le changement soit un peu violent ? ». J’ai répondu : « Écoute, j’ai commencé à faire des concerts à la fin des années 1990, tu trouvais des affiches où tu avais un groupe de death metal, un groupe de funk, et un groupe de pop ». Maintenant, on est vraiment dans de la sur-spécialisation, du genre que si tu fais du death-metal mélodique ou du death-metal symphonique, c’est pas du tout la même chose ! Alors qu’excuse-moi, mais ça reste du death metal… [petits rires]. Cette mentalité est un peu ridicule. C’est même un peu gavant ! J’ai même eu des discussions avec des organisateurs de concerts sur Lille qui disaient : « Vous, on arrive pas à vous placer sur une affiche ! »… On est un groupe de punk-rock, ne cherche pas à mettre une étiquette supplémentaire sur le truc ! Tu fais un concert, t’as envie de nous faire jouer parce que tu nous trouves intéressants, ou parce que t’as envie de nous filer un petit coup de main, c’est cool. On ne va pas passer un mauvais moment parce qu’on se retrouve entre musiciens qui ne jouent pas exactement le même genre de musique, et je pense que même pour le public, c’est intéressant d’avoir une certaine diversification, une écoute un peu différente, pouvoir s’ouvrir à différentes choses… À titre perso, j’écoute pas mal de ska, de rocksteady, des trucs de blues, Titouan est pas mal branché sur des trucs un peu plus metal, notre batteur joue dans un groupe de metal hardcore, Tom aussi a des goûts assez différents… Au final, nous nous retrouvons autour du punk-rock, mais ça ne nous empêche pas à titre perso d’aller voir pas mal de concerts vraiment différents.

Vous avez pas mal d’influences punk-rock, des trucs bien U.S. comme Blink-182, etc.. Il y a pas mal de gens dans le metal qui dénigrent un peu ce genre de trucs, en mode : « C’est ce qu’on écoutait au lycée ». Peux-tu nous expliquer comment vous travaillez le mélange de ces influences-là avec les autres ?

Au final, ça vient assez naturellement, c’est un peu dans l’ADN du groupe quand nous composons, d’apporter différentes choses. Je suis assez attaché à la mélodie vocale, même si je n’aime pas faire que ça, et certains potes m’ont dit : « On trouve vraiment cool ta voix gueulée, tu devrais vraiment faire un truc beaucoup plus hardcore, et exploiter surtout ça ! » Je leur ai dit : « Mais non, ça m’ennuie ! » Ca m’ennuie profondément de faire toujours la même chose, d’être toujours sur le même timbre de voix; j’aime bien alterner justement, dans des trucs peut-être un peu plus parlés, un peu plus chantés vraiment de manière mélodique, des trucs plus gueulés parce que ça apporte un relief dans le morceau… Et le tout vient assez naturellement sur les compos. Nous ne sommes pas dans le calcul : « Tiens, là ça s’est un peu trop calmé, on va mettre un truc plus gueulé… » Nous avons même des formats de morceau qui sont parfois un peu atypiques, par exemple, « These Towns Need Guns » a deux refrains différents, qui s’enchaînent quasiment, mais qui ne se répètent pas dans le morceau à différents endroits. Au final, c’est venu comme ça. Nous nous sommes dit : « Tiens, le morceau est cool comme ça. » On ne va pas chercher à faire un truc formaté couplet – refrain – couplet – refrain – pont – couplet – refrain. Puis ça reflète aussi certaines influences de groupes que nous écoutons, notamment des trucs d’A Wilhelm Scream, dont nous sommes super fans, et nous sommes super contents d’avoir été mixés par leur guitariste. Titouan est un très grand fan d’Every Time I Die, qui n’ont pas des structures de morceau des plus classiques du monde [rires]… Voilà, ça se passe comme ça !

Peux-tu nous parler un petit peu plus de ces influences que vous avez chacun dans le groupe, des différents milieux dans lesquels vous puisez votre inspiration ?

A Wilhelm Scream a beaucoup fait consensus dans le groupe. Jérôme ne connaissait pas, et un jour, je lui ai proposé de venir les voir avec moi en Belgique. Il a regardé le concert raide comme un piquet, face à la scène, et je me suis dit : « Bon, en fait, il aime pas, il se fait profondément chier. » À la fin du concert, je lui ai dit : « T’as pas aimé ? », et il m’a regardé avec de grands yeux et m’a dit : « Putain, ça défonce ! » [rires]. Après, ce n’est pas nécessairement ce que lui écoute tout le temps, car il est aussi très branché hip-hop, à côté. Après, en termes d’influences, NOFX, Blink-182, ça fait partie de l’influence assez générale, et à côté de ça, très gros fans de Propagandhi aussi, qui ont au final une approche assez prog du punk-rock. Ces groupes-là sont intéressants parce qu’ils mettent la barre tellement haut en termes de composition qu’à chaque fois qu’un album sort, on se dit qu’ils vont mettre la barre tellement haut que ça va être n’importe quoi ! Après, c’est aussi par rapport à ce que nous écoutons à côté, ça permet de ramener quelques trucs que nous n’avons pas encore tentés. Pourquoi pas un break rocksteady, sur un prochain morceau, ou des blastbeats. Je pense que les blastbeats vont arriver [rires].

Le disque se clôture par une reprise de « Behind The Wall » en acoustique. Est-ce que c’est un exercice auquel vous comptez vous liver à nouveau à l’avenir ? Par exemple, peut-on s’attendre à des concerts ou albums en acoustique ?

Des concerts en acoustique, j’en ai déjà fait, à titre personnel, mais sincèrement, nous ne nous fermons aucune porte en termes de possibilités artistiques. Avec un ancien collègue, dans le train, nous parlions justement de trucs avec des orchestres philarmoniques, comme Metallica qui avait fait un truc avec Michael Kamen avec le philarmonique de Los Angeles. Si un jour, nous avons le moyen de jouer avec un philarmonique, nous jouerons avec un philarmonique ! [Rires] Et si un jour, nous devons servir de backing band à un artiste de hip-hop, nous ferons backing band pour un groupe de hip-hop, histoire de faire un truc super crossover… Franchement, nous ne nous fixons aucune limite. Jamais l’un de nous ne s’est dit : « Non, ça, ça serait trop naze, on va pas le faire », ou être totalement hermétiques à certains styles de musique. Bon, nous n’allons pas te dire que nous ferons de la polka d’ici deux mois, mais nous sommes super ouverts sur le côté musical, et sur ce que tu disais sur le côté punk-pop, trash-pop, – et Pantera ! – c’est aussi se moquer un peu de tout ça. Nous nous laissons des portes ouvertes, nous n’avons pas envie de, je sais pas… Qui sait ? Peut-être que, dans trois albums, nous ne ferons plus de punk-rock, nous ferons peut-être un truc plus metal… Je sais pas, on verra !

C’est vrai que c’est ce que tu disais : vocalement, il y a un côté dans ta saturation qui est hyper coreux, et je sens bien ce virage-là qui va peut-être aussi vous driver…

Ouais, mais d’un autre côté, comme je te le disais, nous n’avons pas envie de faire que ça, donc effectivement, il y aura peut-être des trucs plus vénères. Nous avons des compos un peu plus dark en cours de préparation, donc effectivement, cela appellera très certainement un peu plus de voix gueulée, des trucs comme ça, ou peut-être même des trucs avec une espèce de consonnance post-rock, post-hardcore, sur certains trucs… On verra ! Nous ne nous fermons pas de porte. Nous, il faut que la musique nous plaise. Après, une fois qu’elle est en boîte, nous la diffusons, c’est tout !

Interview réalisée en face à face le 11 mai 2017 par Aline Meyer.
Fiche de questions : Philippe Sliwa.
Retranscription : Robin Collas.

Page Facebook officielle de Bare Teeth : www.facebook.com/bareteeth.

Acheter l’album First The Town, Then The World.



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