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Barge To Hell : de l’autre côté de l’Enfer


« Le seul truc plus agréable qu’un concert metal autour de la piscine, c’est un concert metal DANS la piscine » nous disait Saff’, notre intrépide reporter qui n’a pas peur de se mouiller pour nous. Et donc, après avoir expérimenté la première croisière 70,000 Tons Of Metal, véritable festival flottant à bord d’un paquebot, manqué la seconde édition en 2012 a vraiment été un regret. Ne serait-ce que pour constater par nous-mêmes que ce concept marche vraiment bien (et, oui, aussi pour se la couler douce loin de notre studio).

Néanmoins la preuve de sa réussite, nous l’avons déjà : les croisières-festivals se multiplient (même le fameux Wacken part à la conquête des flots) et l’organisation du 70,000 Tons a même doublé sa carte puisque, avant même de nous proposer sa troisième mouture, il a offert, du 3 au 7 décembre derniers, aux fans de metal en manque de soleil une nouvelle croisière mais dans des conditions beaucoup plus extrêmes cette fois : le Barge To Hell.

Mais des conditions extrêmes uniquement pour les oreilles car la base est strictement la même : un paquebot magnifique sur les eaux bleues des Caraïbes, un accueil digne de ce qu’on peut attendre du personnel d’un tel navire. Seul le programme devient plus « violent » : quarante groupes dont l’essentiel représente certains des courants les plus agressifs du metal, avec en haut de l’affiche des Behemoth, Enslaved, Mayhem ou encore Napalm Death ; avec seulement les ambiances plus mélancoliques de Paradise Lost, Novembers Doom ou Solstafir pour se détendre.

Cependant, à défaut d’avoir pu planquer un de nos reporters clandestins dans la cale pour vous rapporter l’ambiance de ce premier Barge To Hell, nous avons fait appel à un des musiciens qui occupait l’affiche pour nous raconter son expérience : Rob The Witch, frontman du groupe québécois de black metal Necronomicon (qui, fait amusant de la prog’, partage donc la même affiche que leurs homonymes allemands qui œuvrent plutôt dans le thrash). Évidemment, quand on est là avant tout pour faire son boulot de musicien, on a moins le temps de flâner de scène en scène pour voir jouer ses confrères et vous trouverez peut-être dans son témoignage un manque de compte-rendu de concerts. Mais en lisant son récit, vous comprendrez sans doute encore mieux pourquoi ; et vous y trouverez aussi un complément à notre compte-rendu du 70,000 Tons Of Metal 2011 grâce à ce point de vue d’un artiste plus habitué à se produire les pieds bien ancré sur terre.

Nous lui laissons la parole :

Tant qu’à aller en Enfer, autant le faire avec classe.

« Les Bahamas, ancienne mer de pirates sous un soleil puissant. Maintenant des milliers de métalleux sillonnent l’eau turquoise sur une barge de quatorze étages, direction : Enfer.

Le 3 décembre, tout le monde à bord. Nous levons l’ancre à 5 P.M. après quelques heures où tout le monde était occupé à faire les vérifications nécessaires pour l’embarquement. A l’instant même où nous partons, les premier groupes s’affairent et se préparent pour la scène. Trois scènes en fait, dont la plus imposante est celle du pont supérieur au onzième étage du bâtiment et, de plus, à l’extérieur.

Et c’est parti ! Les concerts se succèdent d’une scène à l’autre pour le bon plaisir des quelques milliers de fans qui déjà plongent soit dans les piscines ou simplement dans l’alcool. Aucune des scènes n’est sur un même étage donc pas de problème de qui joue le plus fort. Les horaires sont assez espacés entre les différents sets sur la même scène pour que tout le monde ait le temps de s’installer avec un minimum de confort et sans que personne (ou presque) ne vaque sur place, vu que tout le monde se déplace d’une scène à l’autre : à l’instant où un groupe finit, un autre commence ailleurs sur le bateau, ce qui offre trois choix à qui ne veut pas voir telle formation : rester, se rendre à une autre scène ou aller se chercher un verre. Tous égaux : le planning fait jouer les groupes à des heures différentes pour permettre à tout le monde de voir tous les spectacles, et chaque groupe se produira deux fois dans la semaine.

Buffet à volonté ici. Un peu de tout et à toutes heures. Très tôt le matin et jusqu’à environ 1h du matin. Bien sûr, il y a toujours la pizza du 12e étage qui est là quand le buffet ferme. Donc, côté bouffe, y’a pas de limite à quand on peut manger, même si c’est un peu rock and roll de manger en haute mer quand la houle est forte.

L’équipe de Royal Carribean est très courtoise et professionnelle, rien à dire là-dessus. Très polie, même face à de gros vikings qui hurlent et rient à pleins poumons. L’équipe technique est, quant à elle, un conglomérat de personnes d’un peu tous les horizons qui n’ont plus vraiment de preuves à faire, la plupart étant des routards de plusieurs années déjà et savent comment se déroule un spectacle. De vrais pros, quoi.

Après un repos dont nous avions grandement besoin (partis à 2h du mat’ pour l’aéroport), nous nous rendons à l’une des scènes pour voir Kampfar qui, comme d’habitude, savent mettre la vapeur à la bonne adresse.

C’est seulement très tard que l’autre partie de la folie commence. A partir de 4am, quand le dernier spectacle s’achève, tout le monde bouge vers le Skooner Bar… Ouf ! A ce moment, c’est vraiment La Croisière S’amuse. Sérieusement ! Tout le monde, fans et groupes, sont mélangés dans un mix des party et… KARAOKE !?!?!?!?! Et il n’y a pas d’heure limite : les bars ne ferment pas tant qu’il reste du monde pour boire. A partir de ce moment, ce sera la même histoire tous les soirs après les spectacles. Que de folie.

Rob The Witch, frontman de Necronomicon.

Le deuxième jour est, pour Necronomicon, notre baptême de concert en mer. Très étrange : après la moitié de notre set la mer s’est mise à rouler plus fortement. Disons que le micro qui se balance d’avant en arrière était « freak » à voir. Mais le public était avec nous et, disons même, dans ce moment le plus cocasse et inattendu, l’intensité et leurs réponses étaient très NECRO.

Un groupe que je me devais de voir était bien sûr Napalm Death. Vraiment intense et déchaîné mais après cinq morceaux j’étais assommé, mais très content de les avoirs revus.

Le fait de pouvoir être approché à tout moment par des fans sort un peu de l’ordinaire. D’habitude, nous sommes encadrés avec sécurité, en arrière-scène, etc. Ici, non, tout le monde a accès au groupe presque partout. Aux bars, restaurants, dans les couloirs, et même dans les chiottes… ce qui est un peu bizarre quand ça arrive dans le dernier cas. Les fans peuvent nous prendre en photos peu importe ce que l’on fait…

Nassau. Eh oui, nous nous réveillons et en regardant dehors par le hublot de notre cabine : palmiers, mer translucide d’un bleu méthyle et… navire de guerre !?!?!?!?! Eh oui, les Américains sont partout avec leurs engins.

Nous n’avons pas beaucoup de temps parce que nous avons préféré dormir le plus possible, donc juste une petite marche sur l’île avec des habitants qui, partout, te demande si tu veux taxi, moto, bus et autres trucs. Nous n’arrivons pas à trouver une place avec le Net en Wifi et nous ne sommes pas du genre à être ici pour aller au Hard Rock Cafe comme tout le monde semble le faire. Donc, cigare et rhum pas cher, plus une petite visite dans une place de pirate et contempler les jolis poissons. Il est maintenant temps de retourner à bord.

Plus tard dans la soirée, 9:30pm, nous sommes convoqués à un meet-and-greet pour nos fans qui demandent autographes et photos. En fait, je vois pas très bien l’utilité vu que même sans ça il y a rarement une heure ou deux qui passent sans que quelqu’un nous arrête dans un couloir pour les mêmes choses, mais enfin…

Vague de cornes au bord de la piscine

Plusieurs rencontres plus tard et après quelques morceaux très sombres de Mayhem, la soirée prend fin encore à la même place : skooner bar avec tout le monde et bien sûr… le karaoké.

Jour 4 : le vent est très fort et nous jouons très tard donc beaucoup de dodo pour être top. Beaucoup de belles rencontres aussi encore une fois, les fans sont très « grateful ». La pluie vient gâter un peu la fin de la performance d’Enslaved mais ne reste que très peu de temps, le monde ne semble pas très préoccupé par les quelque minutes de gouttelettage. Oh, oui, j’oubliais ! Le concours de « flat belly » ! Très simple : on demande à nos amis qui ont pas mal de poids en trop de venir se jeter ventre nu et de plein fouet dans la piscine principale, et celui qui fait le plus gros plat gagne.

3h du mat’, nous montons sur la scène, beaucoup moins de monde à cette performance vu qu’il est vraiment très tard, mais reste que nous avons plus de monde que ce à quoi je m’attendais pour cette heure qui est franchement très difficile à performer. Après notre concert, je fais une tentative pour rejoindre Kampfar sur scène qui est quatre niveaux plus haut mais je n’arrive pas à temps car plusieurs personnes m’arrêtent en cours de route pour photos, etc.

Après une douche, on retourne encore au « infamous » Skooner bar. Cette fois, c’est une réunion formelle Necronomicon + Kampfar jusque 10h du matin. Le temps de regarder un peu Solstafir et le sommeil vient nous chercher.

Un festival, même sur l’eau, reste un festival.

Nous perdons un bonne partie de la journée à faire dodo mais après avoir ramassé nos T-shirts à la fin de la journée et avoir pris un bon repas, direction Behemoth. Nos vieux copains donnent leur show comme à l’habitude, très bien. Ici et là, fans et amis papotent ; et photos encore. Exodus prend la scène en smoking (ndlr : on trouve très facilement des vidéos sur internet) pour le final de la soirée et donne un show très fun et relax mais en même temps très pro. Et tout ça finit… au SKOONER BAR . Pour nous, cette soirée au bar a été plus pour le business et autres rencontres un peu plus sérieuses si je puis dire donc on a manqué quelques parties, mais je me rappelle avoir vu Nick Barker (ndlr : Lock Up, God Seed) chanter Stevie Wonder. Ce qui était très… Marquant.

Quelque heures après, 8am, nous sommes de retour au port de Miami et aussitôt le débarquement commence, navettes et taxis se succèdent, les amis se disent au revoir, tout le monde fait son bout de chemin.

En bref, on retiendra au sujet du Barge To Hell que l’idée est très bonne et l’organisation très contrôlée et professionnelle. Aucun incident majeur n’est arrivé à notre connaissance. Ce genre de festival est devenu très vite un classique et à raison : c’est très efficace et simple. Les place sont limitées donc le prix va avec. Le fait que les groupes soient directement avec les fans est bon pour les groupes qui ne jouent pas à la vedette et qui ont les pieds sur terre. Reste que certains fans dépassent les limites des fois mais cela n’est pas fréquent. Au final, cela a été très bon et positif et nous y retournerons n’importe quand. »

Site internet du Barge To Hell : www.bargetohell.com
Page Facebook de Necronomicon : www.facebook.com/NecronomiconMetal

Introduction : Animal



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