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Live Report   

Baroness reprend la route là où elle a failli s’arrêter


Qu’il est agréable de pouvoir voir à nouveau le nom de Baroness accolé à une programmation parisienne. Et la légendaire barbe entourant ce sourire si large de John Baizley. Car à l’heure du terrible accident de tour-bus qui a blessé physiquement et psychologiquement les Baroness à l’été 2012, laissant deux de ses membres fondateurs sur la touche, on eût pu croire que jamais on ne reverrait sur scène ce personnage si attachant de la scène stoner. Et même si certains de ses fans ont regardé un peu bizarrement ce Yellow And Green plus calme, presque pop, ils auraient tout de même tout donné pour voir les morceaux de cet album qu’ils n’apprécient pas tous, car cela signifierait le retour à la scène et à la vie d’un groupe et d’hommes auquel le public tient beaucoup.

C’est donc avec une formation remodelée que Baroness va terminer la tournée promo pour cet album qu’ils avaient engagé avant le terrible accident. Ce qui n’est malheureusement pas sans conséquence sur les prestations du groupe, mais qu’importe. L’important, au moins pour cette fois-ci, est ailleurs.

Artistes : BaronessRoyal Thunder
Date : 1er octobre 2013
Salle : Trabendo
Ville : Paris

C’est à Royal Thunder qu’a été accordé le privilège d’accompagner les Baroness pour cette tournée sur le continent européen et les îles britanniques. Encore une joyeuse bande venue de Georgie (USA), cette fois-ci d’Atlanta et non de Savannah comme les Baroness (et les compères sludge de Black Tusk et Kylesa). Il y en a du beau monde, dans cette partie des États-Unis. Et ces petits derniers de la bande, sous la houlette de la chanteuse et bassiste Miny Parsonz, ne sont pas en reste. Leur vision du stoner tranche avec celle de leurs contemporains, plus langoureuse et sensuelle, faite de solides riffs hard rock à la Sabbath et de passages quasi bluesy aux tempos lents dans une ambiance de bar enfumée. Mais elle gagne décidément à être connue ; si elle a laissé quelques membres du public du Trabendo indifférents, elle a tout de même conquis l’acquiescement du plus grand nombre. D’une salle presque vide au début du concert, c’est devant une salle quasi pleine et des applaudissements nourris que les Royal Thunder ont quitté la scène. Ils le doivent en grande partie à ces compositions suaves aux inspirations sudistes sur des titres comme « Blue » ou « No Good » qui, un peu à la manière de The Kills par le chant féminin, les rythmes et l’univers presque blues, hypnotisent et emportent. La Gibson SG blanche du guitariste crache un son au grain chaud, qu’il fait vibrer avec la wah-wah, et assure les introductions et les transitions de morceaux par quelques effets qui maintiennent l’atmosphère entre les titres. Une bonne surprise pour ceux qui découvrent ce groupe qui a sorti son dernier album, CVI, l’année dernière, et la confirmation, d’un rendu scénique de qualité par une très bonne exécution et un très bon son, pour ceux qui connaissaient déjà leur univers à travers les albums.

John Baizley et ses sbires arrivent peu avant 21h sur scène. C’est donc avec Sebastian Thompson à la batterie et Nick Jost à la basse, en lieu et place de Allen Blickle et Matt Maggioni, que Baroness effectue cette tournée. Si Nick Jost fait d’entrée résonner le rond son de basse à l’image de ses prédécesseurs, il n’en va pas de même pour Sebastian Thompson qui semble encore chercher ses marques pour remplacer avec succès celui qui était derrière les fûts depuis les débuts en 2003. Et le rendu rythmique apparaît comme différent, avec une dynamique de batterie moins importante, et un niveau technique inférieur, surtout sur les derniers titres très accessibles, voire pop et grand public du dernier Yellow & Green. A sa décharge, ces titres n’ont pas la même intensité rythmique que ceux du début. Et de ce dernier album il va en être beaucoup question. Car après la délicate intro « Ogeechee Hymnal » et quelques retours salvateurs vers le Blue Album à travers « A Horse Called Golgotha », « Swollen And Halo » et son riff caractéristique ou encore le final « The Gnashing » avant le rappel, c’est bel et bien une setlist quasi exclusivement tournée vers le double album que réalise Baroness.

Des titres calmes, aux inspirations pop, il y en a un paquet sur cet album. Ceux qui sont venus voir du stoner plus lourd comme le Baroness des débuts en ont pour leurs frais. On n’a rien contre un « Foolsong », basé essentiellement sur le travail et l’alternance des deux voix, par exemple. Mais en concert, l’effet d’un tel titre reste limité, si ce n’est ennuyeux. Et ne mettra jamais la même claque dans le museau que ce « Isak » qu’ils choisiront pour clôturer la soirée et qui mettra tout le monde d’accord. C’est le drame habituel des groupes qui veulent jouer leur dernier album devant un public qui ne demande que les incontournables du groupe. Mais chez Baroness, il y a une vraie variation de style. Car le genre pratiqué des EPs des débuts au Blue album n’est définitivement pas le même que celui de Yellow & Green. Et entendre des titres comme « Cocainium » ou « The Line Between » qui voguent en plein univers pop-rock anglais avec John Baizley devant soi peut s’avérer perturbant pour qui ne s’y est pas suffisamment préparé. Et finalement, quand le public parisien a-t-il pris le plus son pied, slammant et pogotant à souhait ? Lors des trois derniers titres du rappel, constitué de deux titres du Blue Album et d’un autre du Red, forcément.

Le public parisien n’a pas semblé tenir rigueur à Baizley et sa bande de jouer essentiellement son dernier double-album, les encouragements et applaudissements ayant été constants. Deux raisons peuvent être trouvées à cela. La première est que Baroness a peut-être, et sûrement, conquis un nouveau public avec cet album, le plus accessible d’entre tous, même si son potentiel scénique semble bien moins énergique. La seconde est que le public qui était là et fan des Baroness des débuts était trop content de revoir John sur scène pour lui en vouloir de quoi que ce soit. Quoi qu’il en soit, en dehors de Baizley lui-même et de son compère guitariste, l’exécution rythmique et l’intensité des concerts de Baroness en ont pris un coup, du fait de ces compositions beaucoup plus soft, même si elles résonnent différemment et plus agréablement en album. Et cela, on peut le regretter, peu importe les raisons, même si cela en revient un peu à juger Yellow & Green à travers l’analyse du concert.

En revanche, l’ensemble du public est rassuré car il retrouve le grand sourire du frontman de Baroness, qui se souvient de son dernier passage à la Maroquinerie, une salle « deux fois plus petite que celle-là », se souvient-il et qui avait été le meilleur souvenir de la tournée européenne précédente. Et il sait se mettre le public dans la poche en lui évoquant que même si on dit que le public parisien est plus mou qu’ailleurs en France, lui sait que ce n’est pas vrai car on lui réserve toujours un bon accueil ici… L’essentiel, de toute façon, est que l’on puisse continuer à le voir défendre ses albums à Paris et que Baroness puisse continuer sa route malgré les affres du passé.

Setlist de Baroness :

Ogeechee Hymnal
Take My Bones Away
March To The Sea
A Horse Called Golgotha
Foolsong
Little Things
Green Theme
Swollen and Halo
Board Up the House
Sea Lungs
Cocainium
The Line Between
Eula
The Gnashing

Rappel :
The Sweetest Curse
Jake Leg
Isak



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