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Chronique   

Barren Earth – A Complex Of Cages


Cela fait presque trois ans que Barren Earth était resté relativement discret. Depuis l’accueil positif de On Lonely Towers (2015) en réalité. Les Finlandais ont bénéficié d’une quiétude assez rare pour travailler sur leur quatrième album et au passage célébrer leurs dix années d’existence. A Complex Of Cages est par ailleurs le premier album sur lequel figure Antti Myllynen, nouveau claviériste du groupe qui remplace Kasper Mårtenson. En outre, si le chanteur Jón Aldará était déjà présent sur On Lonely Towers, ce dernier disque est le premier qui l’intègre dans le processus d’écriture. En somme, Barren Earth n’accuse pas de changement majeur, simplement des ajustements qui permettent de pérenniser la formule amorcée par leur précédent effort.

La thématique même de l’album sert presque de justificatif à la complexité de la musique de Barren Earth. Les Finlandais n’ont pas refréné leurs ardeurs progressives bien au contraire. A Complex Of Cages évoque l’instabilité, l’isolement que l’on peut ressentir lorsqu’on est sujet à de la psychopathie, au syndrome maniaco-dépressif et l’agoraphobie. En résulte des compositions décharnées qui, si elles ne s’illustrent pas par leur facilité d’appréhension, ont une dynamique assez rare dans la musique progressive. Cette énergie est incarnée par la facette metal de Barren Earth, que l’on retrouve sur des riffs très groovy tels que « Further Down » ou « Spire » ou des brûlots plus thrash tel que le riff d’introduction de « Ruby ». Même la mélodie au piano du début très suave de « Zeal » se voit éclatée de manière abrupte par une rythmique qui a quelques ersatz de Crowbar, le growl caverneux en plus. À ce titre, la dichotomie du chant de Jón Aldará est l’un des atouts majeurs de l’album. Que ce soit en growl ou lors de passages purement progressifs, à l’image des couplets aux mélodies exubérantes (guitare folk et mellotron à la Opeth) de « The Living Fortress », ce dernier est la clé de voûte des multiples dynamiques qu’a voulu insuffler Barren Earth à son album. Mention spéciale aux multiples voix sur « Solitude Pith » qui empruntent quelques traits aux premiers Gazpacho et remémorent le rock psychédélique des années 70 sans être incongru.

Car jouer de l’instabilité en musique peut être risqué. Barren Earth livre ainsi un disque audacieux. On comprend alors que le temps passé en studio de répétition fut supérieur sur A Complex Of Cages. L’écriture est riche et homogène, si bien que le bassiste Olli-Pekka Laine n’est plus la principale tête pensante du groupe. A Complex Of Cages est un véritable processus collectif. La structure des compositions, sans cesse alambiquée sans jamais désarmer, en atteste. Que ce soit des progressions classiques, à l’image de « Dysphoria » et de son introduction acoustique supplantée par un riff mélodique dans la plus pure tradition du death scandinave ou des évolutions moins attendues à l’instar de « Spire », de son solo-poster du heavy metal et de son groove basse-percussions qui vient trancher avec un incipit death classique. Barren Earth a ce mérite de ne jamais sombrer dans la démonstration technique malgré la densité du propos. Le terme des dix minutes de « Solitude Pith » n’oublie pas qu’headbanguer reste un besoin, voire une nécessité…

A Comlex Of Cages s’inscrit totalement dans la continuité de On Lonely Towers avec cependant un aspect progressif magnifié. L’agressivité de Barren Earth est mieux distillée, elle vient ponctuer les compositions pour mettre en relief les mélodies et donner du corps à la narration. L’album n’est pas digeste instantanément, comme beaucoup d’œuvres labélisées progressives. Il n’est cependant pas difficile de s’y plonger et ne demande qu’un minimum d’attention pour laisser entrevoir ce qu’il contient, tant Barren Earth parvient à être efficace lors de moments-clés (l’introduction « électro » et le « Complex Of Cages » scandé dès le début de l’album sur « The Living Fortress »). Là où certaines formations cultes du metal progressif semblent se mordre la queue, Barren Earth fait renaître une forme d’enthousiasme.

Clip vidéo de la chanson « The Ruby » :

Lyric vidéo de la chanson « Withdrawal » :

Chanson « Further Down » en écoute :

Album A Complex Of Cages, sortie le 30 mars 2018 via Century Media Records. Disponible à l’achat ici



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