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Chronique   

Barren Earth – On Lonely Towers


Barren Earth - On Lonely Towers« Aventureux », c’est ainsi que Jón Aldará, successeur de Mikko Kotamäki et au chant de Barren Earth depuis 2014, décrit leur nouvel ouvrage, On Lonely Towers. Étant donné les nombreuses influences transparentes qui nourrissaient l’album précédent The Devil’s Resolve (2012), le qualificatif a de quoi attiser les curiosités autour du dernier effort des Finnois. On Lonely Towers est une sorte d’alchimie étrange, où le progressif côtoie sans peine un death mélodique plus classique. Barren Earth exerce une maîtrise un peu folle, qui semble rendre obsolète les frontières entre les genres.

Le principal bouleversement, outre l’arrivée du groupe sur le label Century Media Records, concerne son line-up. On Lonely Towers est le premier opus sur lequel apparaît le féringien Jón Aldará. Force est de constater que ce dernier a l’occasion de s’illustrer pleinement et confère une identité particulière à l’album dans la discographie du groupe. Ce dernier permet à Barren Earth de maintenir, si ce n’est élargir, le spectre des atmosphères proposées, à l’aise aussi bien dans les registres hurlés que clean. En résulte une dualité constante dans les compositions, à l’image de « A Shapeless Derelict » et de cette alternance entre mélodies soutenues par un chant de crooner gothique, un peu à l’image d’un Moonspell, succédées par un « growl » dans la pure tradition du death metal. Barren Earth évite avec brio l’écueil d’une musique qui noie son intérêt dans une complexité croissante. Des titres comme « Howl » ou encore « Frozen Processions » prouvent que « progressif » n’a rien à voir avec « langueur ». Ils rappellent l’énergie dégagée par un « Cusp Of Eternity » sur le Pale Communion (2014) d’Opeth, le death metal en plus. « Set Alight » impressionne par son enchevêtrement d’ambiances, et paraît résumer à lui seul ce que propose Barren Earth : une intelligence musicale qui cherche à toucher sans démontrer.

On Lonely Towers assume ainsi un côté davantage progressif, l’introduction instrumentale « From The Depths Of Spring » use de sonorités qui rappellent The Raven That Refused To Sing (2013) de Steven Wilson. Outre les compositions, l’adéquation entre la musique et son concept est prônée, On Lonely Towers cherche à méditer sur la question de la mortalité à travers la rencontre de deux protagonistes, un chasseur attaqué par des prédateurs et une fille voulant échapper à des parents abusifs. La longueur de certains titres tels que celui éponyme ou encore « The Vault », dépassant tous deux les onze minutes, répond à cet objectif de narration. C’est en cela que réside peut-être le seul véritable défaut de cet album. « On Lonely Towers » est une composition qui accuse un « creux » de trois à quatre minutes en son sein. Une impression de superflu revient à quelques reprises, comme si Barren Earth semblait se perdre lui-même dans les détails de son histoire.

On Lonely Towers peut accuser certaines longueurs, aucune n’est suffisante pour réellement amoindrir son intérêt. Barren Earth propose une œuvre aussi variée qu’elle peut être entraînante. Si le virage progressif plus marqué encore et assumé et la prise de distance avec la patentée musicale qu’il pouvait auparavant entretenir avec un groupe comme Amorphis risque d’en déstabiliser certains au premier abord, cette recherche de l’ « aventure » par le groupe a bel et bien le mérite de les inspirer et leur permet de proposer une œuvre avec beaucoup de substance.

Ecouter les morceaux « On Lonely Towers », « A Shapeless Derelict » et regarder le clip de « Set Alight » :

Album On Lonely Towers, sorti le 30 mars 2015 chez Century Media.



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