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Live Report   

Behemoth : la messe est dite !


Cette date-ci, il ne fallait pas la rater ! Et nombreux étaient ceux à avoir pensé de même. Car, en outre, cela faisait un petit moment que le CCO n’avait pas affiché complet pour une soirée extrême ! Plus de places. Pas même au guichet de la salle. Oui, Behemoth c’est plus qu’une valeur sûre. Et avec son nouvel album, The Satanist, particulièrement bien accueilli, il était évident que la date ne serait pas qu’à moitié réussie. Mais quand de surcroît se greffent à cette affiche, Svarttjern, Inquisition et In Solitude, le résultat est inévitable : à 18h, la foule se tasse déjà devant la salle villeurbannaise. Dress-code : noir et cuir, pour changer.

Et quand une mère accompagnée de sa jeune fille répond à cette dernière, curieuse de savoir ce qu’était cet endroit, que ceci est une salle de spectacles culturels, on ne saurait la contredire ! Car Behemoth, c’est l’archétype du metal extrême, un spectacle au sens large du terme et l’image de toute une culture. Et c’est bien pour cela qu’autant de metalheads sont présents, ici, ce soir. Mais d’abord, pour cette longue soirée, ouverture des hostilités avec Svarttjern.

Artistes : BehemothIn SolitudeInquisitionSvarttjern
Date : 12 février 2014
Salle : CCO
Ville : Villeurbanne

Grimés de noir et de blanc, les Norvégiens de Svarttjern, majoritairement connus de nom par le public, moins par leur discographie au vu de certaines remarques de spectateurs, ouvrent donc le show. Du black metal simple, soigné, quoique légèrement brouillon à cause d’un rendu sonore général un peu bordélique (notamment au niveau de la voix) mais ça marche. Le public conséquent est déjà dans sa soirée. Et les compos de Svarttjern aident considérablement à y entrer des deux pieds : ça tabasse avec du riff efficace ! Bien que l’auditeur se retrouve malheureusement forcé à pencher principalement l’oreille sur la rythmique des compos plus que sur leurs mélodies, ces dernières ayant du mal à sortir des enceintes du CCO. Mais peu importe, les Norvégiens dégagent une grosse énergie, collent parfaitement à l’affiche du soir et jouissent, évidemment, du public nombreux à leurs pieds.

Le set se déroule à vive allure. Les interactions du groupe avec son public sont rares, voire incompréhensibles quand le frontman parle à l’audience avec un accent bien prononcé. L’ambiance est chaude, les corps devant la scène sont serrés et quelques crinières brassent sans relâche d’un bout à l’autre du show. Quasiment tout est réuni pour satisfaire un public qui sort (tant bien que mal à cause des stands merch des divers groupes qui encombrent l’entrée du CCO), tout sourire, prendre l’air une bière fraîche à la main en attendant Inquisition.

Et c’est peu dire qu’Inquistion est attendu. Le duo colombien, fraîchement armé de sa nouvelle galette qu’est Obscure Verses For The Multiverse, grimpe sur les planches, sombre, froid, distant. Et c’est parti pour ce qui sera un sacré remue-ménage dans les premiers rangs ! Pas nécessairement par la violence des pogos (calmes, ce soir-là) mais par le fervent soutien du public à l’égard du duo. Les blasts d’Incubus, rigide derrière sa batterie, viennent soutenir les riffs sous acide et dérangés de Dagon. Pas de temps morts, pas de repos, pas même le temps de respirer : Inquisition déroule son set en enchaînant les compos ! Et le public accueille chacune d’entre elles avec joie et un plaisir non dissimulé. Le guitariste-chanteur arpente la scène d’un bord à l’autre, venant au plus proche de son public constitué de fans, véritablement. La chaleur au sein de la salle a encore grimpé d’un cran. Et Inquisition déverse encore son black metal minimaliste. Déroule son argumentaire : « Astral Path To Supreme Majesties », « Infinite Interstellar Genocide », « Crush The Jewish Prophet ».

Pourtant, au moins sur le bord gauche de la scène, le son n’est pas terrible. Voire inaudible par instant. Il en devient délicat de discerner les titres les uns des autres. Et de fait, le set tourne très vite en rond ! L’effet s’essouffle, même si au cœur de la fosse, de tels ressentis ne s’imposent pas. Quand bien même ce son brouillon participe à l’effet de certaines compos plus mid-tempo et atmosphériques, ce dernier n’en demeure pas moins désagréable. Et finalement, les non-connaisseurs laissent filer leur attention à autre chose. Inquisition, lui, termine son show de manière tout aussi brute qu’il l’avait entamé.

Quatre formations pour une même soirée, ce n’est pas rien. Il est donc naturel de voir le public traîner dehors suite au show des Colombiens. Or, ce même public ne semble pas spécialement décidé à retourner souffrir de la chaleur du CCO. Pourtant In Solitude a déjà débuté son set. Mais a contrario des deux formations précédentes, le groupe n’arrive pas à attirer le public qui au contraire s’éparpille. Drôle de constat ! Compréhensible après écoute des premiers titres. Car In Solitude se démarque considérablement de l’affiche du soir. Et placé après Svarttjern et Inquisition, juste avant Behemoth, le heavy metal obscur du groupe fait retomber la pression.

In Solitude n’est pas dépourvu de bons sentiments, ni même d’énergie. Uno Bruniusson à la batterie ne cesse de faire brasser le drap couvrant l’imposante batterie de Behemoth derrière lui. Aux guitares, Henrik Palm et Niklas Lindström headbanguent et se répondent à coups de solos, certes bien sentis, mais perdus au milieu de titres occultes, peu dynamiques et longuets. Quant à Pelle Åhman au chant, sa voix lointaine et caverneuse manque considérablement de peps et d’entrain (tel que sur « Sister »). Bref, la même question effleure l’esprit d’un grand nombre : « Que fait In Solitude sur cette affiche ? ». Ce laps de temps aura au moins permis au public de profiter des stands merch et du bar. Pour l’audience présente devant la scène, quelques applaudissements polis viennent marquer la fin du set des Suédois. Ni plus, ni moins.

Enfin, Behemoth approche. Le public est condensé devant la scène désormais plongée dans l’obscurité. L’ambiance religieuse et sinistre propre aux Polonais s’installe lentement. Puis le public hurle sa joie ! Nergal monte sur scène, deux torches enflammées en main. « Blow Your Trumpets Gabriel » ouvre le set. Effet immédiat ! Bien qu’issu de sa dernière galette, le titre est déjà assimilé par les fans qui accompagnent le titre de leurs mains qui claquent en rythme avec Inferno avant que ce dernier ne lâche les premiers blasts du concert, décrochant le public désormais motivé à se remuer. Intense est le premier terme qui vient à l’esprit. Car en délivrant un « Ora Pro Nobis Lucifer » en seconde lame, le public est déjà conquis, entièrement dévoué au groupe qui, sur scène, en impose. Alors même que les effets pyrotechniques ont été rangés au placard pour cette date, le charisme du combo se suffit à lui-même. Behemoth impose son rythme. « Conquer All » débride le public. Ça bouge et ça headbangue ! Diable, comme tout est parti si vite.

Mais là encore, le son n’est pas excellent bien qu’il ne soit pas inaudible non plus. La faute à un effet stéréophonique séparant les guitares en droite et gauche. Ainsi quand Seth s’élance dans ses plans solistes il n’y a que le côté gauche de la salle qui l’entend ! Et dès que le groupe pousse sa musique dans ses recoins les plus extrêmes, le tout devient légèrement indigeste. A contrario, les phases atmosphériques s’écoutent à merveille. « The Satanist », par exemple, prend une dimension incroyablement profonde sur scène. Et certains titre plus « rentre-dedans » tel que l’excellent « Chant For Eschaton 2000 » parviennent à tirer leur épingle du jeu, décuplant l’impact sonore du morceau.

Mais que le combo est à l’aise sur scène ! La prestance du groupe est captivante. Il y a toujours de quoi regarder. Inferno et sa gestuelle si particulière, donnant le sentiment que le batteur ne fait que caresser ses fûts et cymbales. Orion et son charisme évident, ses crachats d’eau et son pas lourd et massif. Seth, appliqué, sinistre et précis guitare en main. Et enfin, le chef de meute, Nergal, sur-vitaminé, invectivant sans cesse le public lyonnais. Des gestes brusques, des cris puissants et des yeux grands ouverts donnent au frontman l’allure d’un dangereux psychopathe au visage pâle et au crâne dégarni. Et du plaisir, évident, boostant considérablement l’ambiance du CCO. Et malgré les quelques accrocs, la puissance dégagée à tout-va sur scène embarque le spectateur. Le groupe, lui, utilise tout son espace. Aussi bien les marche-pieds devant la scène que les estrades adjacentes à la batterie qui elle, est considérablement sur-élevée.

Là aussi, le concert va vite. Peu de répit et un groupe qui fait défiler sa setlist essentiellement axée sur The Satanist. Et au moins pas de doute, sur scène, ce nouvel album sait résonner avec justesse. Pour preuve ce très bon enchaînement de « Alas, Lord Is Upon Me » à « Furor Divinus ». Behemoth ira même jusqu’à clôturer son concert par le long et malsain « O Father O Satan O Sun! », issu de The Satanist, qui voit les membres du groupe débarquer sur scène habillés de soutanes et de masques de Baphomet (ou Bouc Satanique). Le groupe termine ainsi sa soirée en grande pompe, serein, toujours aussi convaincant et puissant. Behemoth est en pleine bourre. Le combo est en pleine confiance et Nergal au sommet de son art.



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  • Wahou ! Le thème de l’album est original !

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  • je tiens à signaler que lors de Svarttjern ce n ‘était pas HansFyrste au chant, mais un remplaçant pour l’occasion, de plus je fais un gros fuck à l’ingé son qui était même pas foutu d ouvrir correctement le micro!

    [Reply]

    Merci ! En effet, je le trouvais un peu dodu ce chanteur ! 😉

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