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Chronique   

Belphegor – Conjuring The Dead


Lancé au début des années 1990 et fort d’une bonne dizaine d’albums, le groupe Belphegor s’impose comme le meilleur ambassadeur du black/death metal autrichien à ce jour. S’étant montrés largement convaincants, en 2011, avec la sortie d’un Blood Magick Necromance d’une violence soutenue, les musiciens étaient attendus au tournant pour la sortie de leur nouvel opus Conjuring The Dead, annoncé à l’origine pour l’année dernière. Sur ce dernier, on retrouve les ingrédients traditionnels de Belphegor, à savoir : voix d’outre-tombe, batterie réglée au millimètre et guitares malsaines, tout cela donnant à l’arrivée un album sur-bourrin, mais paradoxalement plutôt accessible aux néophytes.

Dès l’ouverture de l’album, le ton est donné : un black/death rentre-dedans s’étale sur « Gasmask Terror », supporté par une batterie ultra-rapide et renforcée par de la double-pédale, ainsi que par une ligne de basse obsédante et ténébreuse, ce qui peut laisser penser que les membres de Belphegor ont souhaité rompre avec leur tradition mid-tempo. Que nenni ! Conjuring The Dead, seconde chanson de l’album, est une rapide preuve que le style de Belphegor ne connaîtra pas, cette fois encore, de rupture profonde. Cela étant, quelques nouveautés semblent émailler la musique du combo, puisque l’on peut entendre sur ce titre (qui est une des plus belles pièces de ce dernier effort) non seulement des passages acoustiques mais aussi des chœurs, qui apportent une dimension gothique à l’ensemble.

La suite de l’écoute confirme bien vite cette impression : la formation hésite encore et toujours entre un death brutal inspiré, entre autres, par Behemoth et Morbid Angel et le développement d’ambiances black plus mystiques, comme on peut en trouver chez Mayhem, par exemple. Cette double-identité lui confère un style immédiatement reconnaissable, que les musiciens ont bien fait, une fois encore, de défendre corps et âme, non sans faire évoluer, tout de même, certains éléments de leur musique. Ce cas de figure est perceptible sur un titre comme « The Eyes », qui invite l’auditeur à respirer sous forme d’une interlude acoustique à la moitié de l’album, ou encore l’ambiance parfaitement horrifique de « Lucifer, Take Her! » et ses cris déchirants, s’enchaînant directement sur « Pactum In Aeternum », titre final basé sur une litanie de guitare acoustique aux accents progressifs, semblant évoquer une sortie des Enfers. Parmi les surprises, n’oublions pas non plus de parler des invités, puisque les fans de Deicide et de Mayhem auront le plaisir d’entendre les voix respectivement punitive et torturée de Glen Benton et d’Attila Csihar sur « Legions Of Destruction », hymne rassemblant le pire des deux mondes, death et black metal communiant alors et célébrant le caractère particulier de la musique de Belphegor.

Cet album, court mais extrêmement marquant, se pose d’ores et déjà comme un pilier de la discographie de Belphegor. En à peine trente minutes, les musiciens réussissent la prouesse de développer de nombreuses ambiances différentes tout en conservant leur style et leur caractère grand-guignolesque, comme en témoigne l’artwork – signé, évidemment, Seth Siro Anton – et les récentes promos du groupe.

Ecouter l’album en intégralité et regarder Le clip de « Conjuring The Dead » :

Album Conjuring The Dead, sortie le 8 août 2014 chez Nuclear Blast Records.



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