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Interview   

Bernard Minet Metal Band renvoie les metalleux en enfance


Pour beaucoup de trentenaires et quarantenaires, Bernard Minet, c’est toute leur enfance. C’est Les Musclés, c’est le Club Dorothée, c’est Bioman… Mais si on s’intéresse un peu plus à sa carrière, c’est surtout un batteur et un musicien ayant du métier. Et c’est aussi un rockeur, comme en témoignent ses premiers pas dans la musique, dès ses quinze ans, avec le groupe d’Angers Magpye. Voilà pourquoi en 2006 Bernard Minet a eu l’idée de conjuguer sa carrière d’amuseur pour les enfants et son premier amour, pour revenir aujourd’hui avec un album complet de génériques de dessins animés interprétés à la sauce hard rock, sous le patronyme de Bernard Minet Metal Band.

C’est à cette occasion, à quelques jours de son concert au Nouveau Casino, que nous avons rencontré le chaleureux artiste, aussi ouvert et authentique à la ville qu’à la scène. Il tient à connaître les noms de tout le monde, même si ce n’est que pour discuter cinq minutes ; il est content qu’on soit capables de lui citer notre titre préféré, et déçu lorsque les journalistes présents à la conférence de presse qui a suivi avouaient n’avoir même pas écouté l’album. Bernard Minet défend bec et ongles son projet, tout en ayant parfaitement conscience de la dimension nostalgique de celui-ci. Un homme qui repense avec beaucoup de tendresse à la grande époque de Dorothée et des Musclés, triste de la disparition de certains de ses copains, mais heureux d’avoir apporté du bonheur aux mômes, et heureux de retrouver ces mêmes mômes, désormais adultes, dans les salles de concert. Nous nous sommes donc retrouvés face à un homme passionné et passionnant, qui a parfaitement conscience que son job se résume à donner le sourire aux gens.

Pour compléter cet entretien, nous avons également échangé avec le guitariste Chris Cesari de Heart Attack, groupe de thrash servant de backing band sur scène à Bernard Minet. Chris partage avec nous une expérience plus exigeante qu’on pourrait croire aux côtés de l’ex-batteur des Musclés et de l’interprète des génériques de certains de leurs dessins animés d’enfance favoris.

« Je pense à tous mes copains, tous les quarantenaires qui vont au boulot, ce n’est pas facile dans les embouteillages… Donc ce n’est pas mal d’avoir ça dans la bagnole ou sur son téléphone, ça permet de s’évader. »

Radio Metal : Le metal et le rock ont représenté tes premiers pas dans la musique puisque tu avais un groupe, Magpye, à tes quinze ans. Peux-tu nous parler de cette relation que tu as avec ce genre musical, et quand et comment celle-ci a commencé ?

Bernard Minet : Elle a commencé à quatorze, quinze ans. J’ai commencé la batterie vers treize, quatorze ans, et bien sûr, le rock était la musique des jeunes ! Surtout à cette époque-là, c’étaient les débuts ! À cette époque-là, on sortait des orchestres big band, des orchestres de jazz avec de nombreux musiciens et de super arrangements. Bien sûr, comme tout jeune, j’étais attiré par le rock. Ça permettait de jouer de la batterie binaire, alors qu’avant c’était du ternaire ! C’est vrai que j’ai eu une expérience avec ce groupe pro d’Angers, c’était un groupe de heavy rock. Nous jouions des morceaux de Free, comme « All Right Now », et de Soft Machine, qui était un groupe de pop rock très musical et très bien. J’ai continué avec de petits groupes mais après, j’ai voulu faire batteur professionnel, pour gagner ma vie et nourrir ma famille. Et surtout, je le dis maintenant, pour former un groupe, il fallait trouver les très bons mecs ! Il fallait trouver avec toi un très bon guitariste, ou deux, et puis surtout un très bon chanteur, un chanteur sec. Donc ce n’était pas évident pour moi de monter ça. C’est pour ça que j’ai voulu prendre cette carrière de batteur professionnel. Là, j’étais entouré à chaque fois de très bons musiciens. Mais j’avais toujours ce goût, et tous ces groupes qui marchaient à l’époque… Il y a des noms de ces années-là que maintenant, on ne connaît plus. Il y avait un groupe français de hard rock qui s’appelait Les Variations. C’étaient les premiers. Pour moi, ils étaient vraiment très bien. Et il y avait toute cette montée de pop qui commençait, et bien sûr, je ne quittais pas ça des yeux et des oreilles.

Quels sont tes groupes de rock et hard rock fétiches ?

Je dirais que ça a commencé quand j’étais gamin avec Jimi Hendrix, The Jimi Hendrix Experience qui faisait ça en trio, avec un super batteur dont j’ai oublié le nom, qui est pourtant très connu… Et Jimi Hendrix, le guitar hero. Moi, après cette période-là, c’étaient plus des groupes de funk ; quand je dis « funk », je parle de choses comme The Chicago Transit Autority (premier album du groupe Chicago sorti en 1969, NDLR) où il y avait des cuivres et tout. Mais en groupes français, Trust, c’est évident, un super guitariste, Nono Krief, un grand chanteur, une bonne équipe, et puis un gros tube, « Antisocial »… Puis Téléphone, aussi, grâce à leurs chansons tubesques, ils se sont bien trouvés. Par contre, eux, [Jean-Louis] Aubert, [Richard] Kolinka et [Louis] Bertignac, ce sont trois copains d’un même niveau, et quand on a un gars comme Bertignac comme guitariste, on peut faire un groupe ! [Rires] Et bien sûr, c’est pareil pour Bertignac, avec un gars comme Aubert, on peut faire un groupe ! Après, bien sûr, il y a tous les grands groupes avec leur grand golds comme AC/DC ou Metallica. Dans le spectacle… Enfin dans le concert… Maintenant on ne dit plus spectacle dans le metal, il faut que je m’habitue… [rires] Dans le concert, je vais faire sept minutes avec une guitare et une batterie, avec, à la guitare, tous les grands gimmicks rock. Donc il y a ça, il y a Metallica, Led Zeppelin [chante le riff de « Whole Lotta Love »], Aerosmith, et je finis avec bien sûr un passage de Nirvana pour imiter Dave Grohl !

Le projet du Bernard Minet Metal Band a commencé par une série de concerts en 2006, mais comment as-tu eu cette idée, plutôt surprenante, de reprendre des génériques de dessins animés en metal à l’origine ?

Ce n’est pas si surprenant que ça, peut-être pas. Les chansons s’y prêtent, et je dirais que normalement, une bonne chanson, une chanson forte, vous pouvez presque l’arranger dans n’importe quel style de musique, elle va rester forte. Donc je savais que ça, c’étaient des chansons fortes, des mélodies simples et efficaces. Je dis « fortes », c’est une question d’efficacité. Et je savais qu’au contraire, les guitares allaient rendre le truc… Il y en a qui m’ont dit que c’était un relooking, d’autres que c’était une seconde jeunesse, et vous m’avez dit quelque chose de formidable aussi tout à l’heure, comme quoi ça devrait être remboursé par la Sécu car ça donne le moral et la pêche… C’est pour ça que je fais ça, pour donner la pêche. Je pense à tous mes copains, tous les quarantenaires qui vont au boulot, ce n’est pas facile dans les embouteillages… Donc ce n’est pas mal d’avoir ça dans la bagnole ou sur son téléphone, ça permet de s’évader.

Tu as notamment joué au Sylak Open Air, tout comme Corbier, et Henri Dès a joué au Motocultor. Et on voit souvent les metalleux se déguiser lors des festivals. Est-ce que, finalement, les metalleux sont de grands enfants ?

D’abord, les metalleux sont comme tout le monde ! Ils ont été enfants, ils ont eu une enfance, ils ont un cœur, ils ont une âme… On essaye de faire passer le metalleux pour un monstre et moi, je sais depuis bien longtemps que ce n’est pas le cas. J’avais même déclaré à l’époque du Sylak que le public metal était un très bon public pour moi, parce qu’ils ont eu la même enfance, et il ne faut pas exagérer, il n’y a pas de problème. Ils sont particulièrement gentils, les metalleux, particulièrement respectueux, il n’y a pas de problème. Je vois l’accueil que j’ai eu dans tous ces festivals. Aujourd’hui, c’est encore plus fort ! L’autre fois, à une station-service en Normandie, j’ai croisé un gars qui m’a dit : « Ah, vous êtes Bernard Minet ! Super, le metal ! » Ça fait plaisir, c’est super.

« J’ai toujours eu une grande admiration pour tous les metalleux, musicos et chanteurs. Quand vous voyez ces chanteurs, comment ils arrivent à crier, chanter comme ça, en plein air, vraiment, chapeau, moi je serais incapable ! »

Peux-tu nous parler de ta rencontre avec le groupe Heart Attack ? Comment en êtes-vous venus à collaborer ensemble ?

C’est grâce au booker, et aussi grâce au manager qui les connaissait. Ils les ont sous le nez, sous l’œil, parce que c’est un bon groupe de metal thrash, donc ils ont pensé qu’eux étaient capables d’assurer. Parce que ce n’est pas si facile que ça, il ne faut pas croire que parce que ce sont des génériques… Ce n’est pas facile, il y a des harmonies, des harmonies de voix… Même techniquement, avec la double grosse caisse. Moi, je n’en joue pas, mais le batteur fait une performance où je l’admire beaucoup. Et ça me permet de vous dire que j’ai toujours eu une grande admiration pour tous les metalleux, musicos et chanteurs. Quand vous voyez ces chanteurs, comment ils arrivent à crier, chanter comme ça, en plein air, car c’est souvent en plein air, vraiment, chapeau, moi je serais incapable ! Ces guitaristes avec une technique, un son incroyables ! Ces batteurs, avec la double grosse caisse, puis physiquement, c’est très dur… J’ai toujours beaucoup d’admiration, et puis de les voir sur de grandes scènes, jouer à vingt-cinq mètres les uns les autres, ensemble… Bon, je sais qu’il y a des oreillettes ! J’admire beaucoup Metallica justement pour ça, les grandes scènes de Metallica. J’ai toujours eu cette admiration pour ces groupes, parce que je peux vous dire que les batteurs, ils y vont, faut y aller ! Ils donnent !

L’album est composé notamment de génériques de dessins animés pour lesquels tu es connu, tels que Les Chevaliers Du Zodiaque, Dragon Ball, etc., et même certains pour lesquels tu n’es pas connu à la base, comme Jeanne et Serge…

Absolument. C’est grâce à un groupe de rock, qui l’a fait au mariage d’une copine, un jour, et qui a voulu m’offrir cette chanson : « En l’honneur de la présence de Bernard Minet, nous avons travaillé Jeanne et Serge ! » J’ai trouvé ça remarquable, je me suis dit que c’était une super idée, et je l’ai mis dans le track-listing.

Qu’est-ce que représentent ces morceaux pour toi aujourd’hui ? Quelle est ta relation à ces dessins animés encore aujourd’hui ?

J’ai une très grande tendresse pour tous ces titres. J’ai une relation affective avec tous les titres. Et même les titres où je changeais ma voix, comme Paul Le Pêcheur… [il chante l’air du générique avec le nez] J’aime bien, j’ai de l’affection. Après, il y a les plus forts, il y a ceux qui ont été le plus forts par le succès, et il y a ceux qui ont été le plus forts par la qualité du dessin animé, comme les Chevaliers Du Zodiaque, ou une chanson que j’aime beaucoup qui est « Dragon Ball Et Dragon Ball Z », avec un super clip. Ça passe toujours beaucoup sur YouTube. J’ai été surpris, quand ils l’ont mise sur YouTube, de l’engouement pour cette chanson. Je les aime tous. Il faut dire que je suis conscient d’avoir eu de la chance de faire ça et de me retrouver là-dedans. C’est une chance inouïe de travailler pour les enfants, à un niveau comme ça, à la télé. C’est un cadeau du ciel, l’amour que les enfants m’ont donné, et de voir l’amour que me donnent toujours ces mêmes enfants qui ont grandi… Ça, c’est important, c’est une chance. Certes le travail était bien fait, Mademoiselle Dorothée est une super championne, une superstar, il y avait une grosse production mais qui respectait le public… Ils nous le rendent. Il y a beaucoup d’affection de tout le monde sur tout le Club Dorothée.

Le metal est un style très présent dans les bandes-sons originales de mangas et même certains génériques de dessins animés connus en France étaient déjà assez rock – Denver Le Dernier Dinosaur, Jayce Et Les Conquérants De La Lumière, Ken Le Survivant… C’est même étonnant qu’un tel projet n’ait pas vu le jour plus tôt. L’idée t’a-t-elle traversé l’esprit durant les années 1980 ?

Dans les années 1980, je n’en étais pas au stade de donner mon avis, de dire : « Maintenant, je ne veux chanter que des chansons rock. » Moi, j’étais interprète, les chansons étaient faites par le patron et par Gérard Salesses, je découvrais la chanson. Mais je n’ai jamais voulu faire des chansons moi-même, je n’ai jamais proposé de chanson parce qu’écrire des chansons, c’est un métier. Lui sait écrire des chansons, il connaît les syllabes qui résonnent, qui rebondissent, et ça, je ne sais pas le faire. Donc moi, je prenais la chanson, lui, en plus, il avait acheté le dessin animé avec sa boîte et il avait la bible… Donc c’est normal, c’était à lui de le faire. Il le faisait très bien. Maintenant, il y en avait qui étaient plus rock, comme Silver Hawks. Mais c’est vrai qu’on en faisait moins, parce qu’on était dans les années 1980, et je pense qu’ils avaient raison, ils voulaient un son AB à base de synthés, ça part de là. Mais c’est vrai que Ken Le Survivant était très rock, et c’est pour ça que nous l’avons reprise. C’est une idée du manager qui a dit : « Cette chanson n’a jamais été reprise, ça fait vingt ans, il faut la refaire ! » Et elle s’y prête très bien ! C’était aussi un peu le but de cet album, je voulais aussi montrer à ceux qui disent que nos génériques sont gnangnan et que nous ne savons pas faire de générique rock que nous aussi, nous savions faire de la guitare. Parce que j’ai réussi à enlever tous les synthés dans les arrangements, et il n’y a que de la gratte !

Tu disais que tu ne saurais pas écrire une chanson, avec des arrangements, etc. Est-ce que c’est pour ça que tu as préféré te concentrer sur les génériques, plutôt que de faire, par exemple, tes propres compositions avec un groupe de metal ?

Non, c’est une autre question. Je pense que des chansons originales… Sincèrement, aujourd’hui, je sors un album de quinze chansons, même des belles chansons, metal et tout, vous ne seriez pas là ! Parce que des nouvelles chansons de Bernard Minet, ça n’intéresse personne, ce n’est même pas la peine ! [Rires] C’est pour ça que je n’ai rien fait, que je n’ai pas enregistré de disque depuis vingt ans. Croyez-moi, si vous recevez ça à la rédaction, « Tiens, c’est le nouveau disque de Bernard Minet »… Bon, peut-être que si c’est metal, vu que vous êtes Radio Metal… Je ne crois pas que… Je ne sais pas. Mais ce n’est pas un but, je ne pense pas que je ferai un album de chansons originales. Je ne vais pas perdre de temps… [rires] Et puis après je vais être triste… Non, non, il faut que ça marche !

« C’est une chance inouïe de travailler pour les enfants, à un niveau comme ça, à la télé. C’est un cadeau du ciel, l’amour que les enfants m’ont donné, et de voir l’amour que me donnent toujours ces mêmes enfants qui ont grandi… »

Quelles ont été les principales difficultés dans ces relectures metal de génériques de dessins animés ?

Les difficultés, c’étaient les chansons qui étaient en style de marche, à cause du rythme, comme « La Chanson Des Chevaliers ». C’est elle qui a été la plus difficile. « Les Chevaliers Du Zodiaque » aussi. Pour les chansons difficiles, nous avons fait deux ou trois versions avant de nous mettre d’accord et de trouver la bonne version. En général, ça a été. Notre premier déclic a été la réussite de « Goldorak Go! » avec son arrangement, la guitare au début, le son… Quand nous avons eu ça, j’étais rassuré. Je me suis dit : Ça va aller, c’est bon. » C’est normal, ça fait partie de ce métier de cuisinier de la musique ! On a les ingrédients, on met un peu plus de basse, de guitare… Ce sont des ingrédients.

Avant d’être chanteur, tu es batteur, diplômé du Conservatoire. Quelle place prend la percussion dans ta carrière aujourd’hui ?

Dans ma carrière, elle m’a beaucoup aidé. D’abord, elle m’a aidé à faire mon métier de batteur, parce que je savais lire les partitions de batterie, parce que ça m’a apporté une certaine musicalité, de faire des timbales et tout. Donc ça m’a d’abord aidé, j’en suis persuadé. Ensuite, elle m’a fait beaucoup travailler à l’époque des séances d’enregistrement, où je faisais batterie et percussions, ou bien certains artistes pour qui j’étais seulement aux percussions. Et puis aujourd’hui, c’est vrai que je ne m’en sers plus trop. Je voulais mettre un tom basse sur la scène, pour souligner certaines pêches, par exemple sur « Ranma Un Demi », pour le « tagada, tagada, tagada »… Mais après, c’est une question de place. Donc j’ai décliné ça. Puis dans le metal, il n’y a pas de percussions. J’ai même pensé à un tambourin, mais ça ne se fait pas non plus. Donc il n’y a pas de percussions. Mais c’est une musique où il n’y a pas de percussions, à part la batterie.

Il est plus fréquent de voir des guitaristes ou des pianistes se mettre au chant que des percussionnistes ou batteurs. Comment en es-tu venu à faire principalement carrière dans le chant, alors que tout semblait te destiner à être percussionniste de métier ?

Très bonne question, je l’entends très précisément. Moi, je voulais être musicien. Il y avait beaucoup de travail à cette époque-là et à un moment de ma vie, j’ai commencé par le bal. Il y avait des bals en France, il y avait beaucoup de bals, donc beaucoup de batteurs qui tapaient sur des caisses. Et là, j’ai commencé à chanter, dans les années 1970, dans mes premiers orchestres. Le guitariste jouait de la batterie et j’allais même chanter devant, des chansons de Michel Sardou et tout. Après, étant à Paris, Jean-Luc Azoulay savait que je faisais des mariages, des soirées privées le dimanche soir à Paris, où j’étais batteur-chanteur. J’étais dans un groupe, nous travaillions beaucoup dans les soirées privées, nous avions beaucoup de dates, et j’étais batteur-chanteur. Il savait que je chantais, et il a commencé à me faire faire des covers. Les covers c’est : vous prenez un disque, et vous avez le droit de le faire à l’identique. Donc j’ai commencé à faire des covers pour lui de tous les génériques qui sortaient. Ça allait de Cosmocats à Zorro… Non, Zorro, c’est un pote qui l’a chantée ! Mais enfin, nous faisions tous les covers.

Et puis après, il m’a fait faire mon premier original en 1986, qui était Go Gobots. [Chante] « Go Gobots, un justicier de fer ! » Donc je fais ma première télé avec ça, dans l’émission de Claude Pierrard, Croque-Vacances. Et là, j’avais chanté le générique, et il me dit : « On va faire une télé là-bas, avec le guitariste et Gérard Salesse. » On en trouve d’ailleurs un extrait sur le Net ! Et là, je me dis : « Merde, comment je vais la vendre ? Faut la vendre ! » Alors comme j’aimais bien Daniel Balavoine, je trouvais que c’était un bon artiste, un bon chanteur, je me suis dit : « Tiens, je vais la vendre façon Daniel Balavoine. » Puis après, quand il a eu l’antenne et qu’ils ont commencé à acheter des séries et des dessins animés, il m’a engagé pour chanter une quinzaine de génériques, mais c’était anonyme. Ils ne m’ont pas dit, avec Gérard Salesse : « Tu vas bien chanter Bioman, parce que celle-là, ça va être un tube, on y croit beaucoup ! » Non, nous ne savions rien du tout ! Nous ne savions même pas que Bioman était déjà sorti trois ans avant sur Canal+. C’est après que Bioman est devenu un phénomène de société. Donc c’est là que trois mois après, il m’a convoqué et m’a dit : « Minet, est-ce que tu veux faire Bioman ? Parce que j’ai besoin de quelqu’un. Le disque marche bien. » Et moi, je lui ai dit : « Je suis musicien, moi ! Qu’est-ce que tu me racontes ? ». Après, j’ai réfléchi vingt-quatre heures, et puis j’ai dit oui.

Et je ne regrette rien du tout. C’est pareil, quand j’ai dit oui, c’était pour ne faire que Bioman. Donc j’ai fait un rôle de guignol en vrai… Et il m’a dit : « Bon, on va prendre tes mesures, on va faire un costume ». Je n’allais pas dire : « Oh non, attends, je mets pas de costume moi ! » J’avais dit oui, c’était pour y aller à fond ! Ça ne m’a pas posé de problème. Et puis je pensais que ce n’était que Bioman, jamais je n’aurais pensé qu’il y aurait une suite. Et aussi, il faut dire un truc, c’est que quand ça s’arrête en 1997, jamais je ne me dis : « C’est pas grave, je vais chanter mes chansons tout le temps. » Parce qu’à cette époque-là, quand c’était fini, c’était fini ! Il n’y avait rien qui pouvait nous prédire : « Vous allez durer, vous allez chanter… » Moi, je ne savais pas que je chanterais quelques années après dans les plus grosses soirées étudiantes de France ! Ce sont les choses de la vie, c’est votre destin, c’est votre karma, c’est votre vie…

« J’adore un groupe français qui s’appelle Rise Of The Northstar, et ils ont des tubes. ‘Here Comes The Boom’, pour moi, mérite de passer en playlist, en radio, et dans les grosses radios, et faire des télés. […] C’est vrai que [le metal] c’est le parent pauvre du showbiz, et ce n’est pas normal. »

Aujourd’hui, ton nom est indissociable de ces génériques, et plus généralement de cette période télévisuelle, et pour quelqu’un qui ne connaît pas dans le détail ta carrière de musicien, les premières choses auxquelles on pense en entendant ton nom, c’est « Les Musclés », « Dorothée » et « Bioman ». Est-ce que c’est quelque chose qui a pu te peser, de ne pas être davantage perçu comme un musicien « sérieux », affûté et polyvalent ?

Je n’y pouvais rien, c’est comme ça. Moi, avec Dorothée, je devais imiter une boîte à rythme. Le producteur m’avait dit de faire : « Poum, tchak, poum, tchak, poum, tchak, poum tchak tchak tchak », de le faire en place, et bien fort. Ce n’est pas facile, déjà, de faire ça pendant deux heures de spectacle. Mais je le savais, c’était ma fonction. Lui, c’est le patron, il veut ça, et puis c’est tout. On ne va pas commencer à faire des difficultés, des descentes techniques… Quand vous êtes batteur de variété, vous êtes le moteur de l’orchestre. C’est une musique où vous devez être droit, vous devez taper fort au même moment, avoir une bonne frappe, garder le tempo, mais vous ne faites pas de fioritures, c’est normal. Mais ça, moi, je l’acceptais avec plaisir, au contraire, ce n’est pas facile à faire, et croyez-moi, il faut y aller ! Une anecdote de studio, à l’époque du disco, ils avaient décrété que pour avoir le meilleur son, il fallait faire les choses séparément. Par exemple, on faisait le pied séparé, sur des morceaux qui duraient parfois huit minutes. Et pendant huit minutes, avec un click [il imite la grosse caisse], il faut toujours taper pareil, il faut que le vumètre aille au même endroit. Ensuite le charley, ensuite la caisse claire… [il les imite l’un après l’autre] Ça, c’est un métier à la fois facile et difficile. Croyez-moi, taper les coups pendant huit minutes… Parce qu’il n’y avait pas de sample, on ne copiait pas, ce n’était pas comme ça. Et tous les batteurs qui ont fait les séances disco pourront vous le dire !

Tu as dû finir avec des crampes, au bout de huit minutes…

Mais non, avec des muscles ! [Rires]

Aujourd’hui, quel souvenir gardes-tu des Musclés et du Club Dorothée ?

Que des merveilleux souvenirs, une merveilleuse aventure. Quand ça s’est terminé, j’étais vraiment conscient que c’était la fin d’une très belle aventure, d’une merveilleuse aventure. Nous avons eu la chance de vivre ça. Et le souvenir est gâché maintenant avec la disparition de mes potes, d’Arianne, de Corbier… Dans un groupe de cinq Musclés, deux Musclés sont partis… Ce sont des choses auxquelles nous ne nous attendions pas, que nous n’imaginions même pas. Framboisier était comme mon frère, nous étions tous les jours ensemble… Ça a été une disparition comme quand on perd un proche. Malheureusement, c’est ça. Je ne voulais plus entendre parler des chansons pendant au moins trois ans. Je n’ai plus chanté ces chansons-là, j’ai refusé de reformer avec Éric et Rémy comme quelqu’un l’avait demandé une fois… Il en est hors de question. J’ai dit que jamais nous ne ferions les Musclés à trois, jamais. Là, pour cet album, on ne pouvait pas ne pas mettre « La Fête Au Village » et « La Merguez Partie », donc ça m’a permis de faire un petit salut à Framboisier et à René. Mais c’est très triste. C’est l’épreuve de la perte d’un proche. C’est très dur dans cette belle aventure.

Malgré une scène et un public bien présents (comme le prouve le succès du Hellfest aujourd’hui), le hard rock et le metal ont toujours été largement ignorés voire dénigrés en France par les grands médias, si on compare aux pays anglo-saxons ou scandinaves, et si on compare au traitement que peuvent avoir les musiques urbaines par exemple. Comment analyses-tu ça ? Qu’est-ce qui cloche ?

C’est une grande tristesse ! Il y a quelque chose qui cloche, vous avez raison, ce n’est pas normal. Il y a eu un laisser-aller, mais de la part de qui ? Vous parlez de musiques urbaines, donc les fautifs sont les majors ? Les majors ont poussé cela ? Les programmateurs radio ? C’est vrai que ça n’est pas normal que les titres ne passent pas plus à la radio. Je vais vous donner un exemple précis, j’adore un groupe français qui s’appelle Rise Of The Northstar (le guitariste Brice Gauthier alias Eva-B a produit l’album du Bernad Minet Metal Band), et ils ont des tubes. « Here Comes The Boom », pour moi, mérite de passer en playlist, en radio, et dans les grosses radios, et faire des télés, et voilà. Et ça, c’est un drame. Alors, il paraît que l’on va, peu à peu, s’éloigner des musiques urbaines telles qu’on les connaît jusqu’à présent. J’espère que ça sera vrai, mais c’est vrai que c’est très difficile. C’est comme ça. Hier, mon attaché de presse m’a retourné en me parlant des conditions des pauvres groupes, et c’est vrai que c’est le parent pauvre du showbiz, et ce n’est pas normal. Alors, c’est la faute à qui ?

Pourtant, quand j’ai fait le Sylak, je voyais des groupes qui tournaient beaucoup comme Ultra Vomit, tous ceux de cette maison Rage Tour, j’ai oublié le nom des autres groupes… Pour tous ces groupes français, ces maisons de tourneurs travaillent bien. Ça, ça va, la scène, encore. Mais alors, est-ce que c’est une question de titres ? Peut-être qu’ils se disent qu’on n’a pas encore de titres assez forts ? Je ne sais pas. Mais je pense quand même qu’il y a des titres forts. Est-ce que ça va changer ? Je ne comprends pas pourquoi. Ce n’est pas normal. Et surtout, il faut aussi le dire à vos auditeurs, c’est que tout ça a beaucoup changé, c’est comptabilisé en écoute. Je vais vous expliquer un truc, on va prendre Rise Of The Northstar, par exemple. Vous êtes fan de Rise Of The Northstar, vous avez une vie, vous travaillez, vous n’allez pas écouter cinquante fois ou cent vingt-cinq fois par jour leurs titres sur votre téléphone. Les autres musiques bénéficient que leur clientèle n’a que ça à faire, finalement, toute la journée, les jeunes, les enfants… Et des fois, cinquante fois par jour, ils vont écouter, et ça compte comme des ventes. Donc le jeu est faussé ! Moi, je ne pourrai pas être numéro un du Top 50 ! [Rires] Les mecs ne vont pas écouter cinquante fois par jour les titres ! Mais c’est comme ça, il faut dire à vos fans qu’ils écoutent sans arrêt, toute la journée !

« Au départ, vraiment, ça nous a fait rire et en même temps, nous nous sommes dit que les gamins que nous étions seraient vachement contents qu’on nous propose des choses comme ça ! »

Chris, peux-tu nous raconter la rencontre de Heart Attack avec Bernard Minet ?

Chris Cesari (guitare) : Nous travaillions avec des personnes en commun, puisque pour ce projet, avec son label Media One, il s’est entouré de personnes de la sphère metal. Donc nous travaillions avec des personnes en commun et il cherchait un groupe pour accompagner Bernard Minet en live. Mais il voulait un vrai groupe, pas des musiciens de sessions pris à droite à gauche. Il voulait des mecs qui sachent déjà jouer ensemble et qui aient une certaine « crédibilité » dans le milieu. On nous a donc proposé de le faire. Nous avons dit oui, car nous n’y avons vu que du positif, même si ça paraît improbable et que c’est un peu loin de notre image. Nous avons vu l’occasion de nous amuser et de faire autre chose en dehors de Heart Attack. Ensuite, la première rencontre s’est faite en octobre ou novembre. Il est descendu deux jours dans le Sud pour répéter avec nous. Nous avions eu les morceaux du CD qui vient de sortir au mois d’août, nous les avons appris de notre côté avant de nous voir. Nous avons passé deux jours ensemble et c’est comme ça que la prise de contact s’est faite et que nous avons travaillé sur le show que nous jouons actuellement. En revanche, nous n’avons vraiment rien à voir avec l’album. Nous sommes juste les musiciens live. Dans beaucoup d’articles, que ce soit dans la presse généraliste ou la presse metal, ils disent que l’album a été enregistré avec Heart Attack, alors que non. Il a travaillé sur l’album avec Brice Gauthier (Eva-B, guitariste de Rise Of The Northstar), qui est aussi dans le milieu.

Que représentait Bernard Minet pour vous avant de le connaître personnellement ?

Dans le groupe, nous sommes tous des trentenaires, donc forcément, Bernard Minet, nous l’avons connu dans notre enfance comme tous les gens de notre génération de trente/quarante ans, avec les génériques que je ne nommerai pas car on les connaît tous [petits rires]. Notre bassiste est un fan de manga et de choses comme ça. Après, les autres, nous ne sommes pas non plus de grands fanatiques, on ne va pas non plus faire de la démagogie. Par contre, nous regardions tous ces dessins animés quand nous étions gamins ou ados, donc forcément nous connaissions tous ces génériques. Au départ, vraiment, ça nous a fait rire et en même temps, nous nous sommes dit que les gamins que nous étions seraient vachement contents qu’on nous propose des choses comme ça ! En fait, ça nous a quand même fait tripper. Nous nous sommes dit : « On s’en fout de ce que vont dire les gens », parce que forcément, nous savions qu’une part du public metal allait gueuler après ce projet. Nous savons comment ça marche, mais nous nous sommes dit : « On s’en fout. On se fait plaisir. Il n’y a que du plaisir à prend et ça nous sortira d’Heart Attack. » Là vraiment, nous avons juste à penser à jouer et à nous amuser. C’est comme ça que nous l’avons pris.

Le Bernard Minet Metal Band, c’est forcément un projet un peu particulier. Est-ce que vous avez eu des hésitations avant de vous lancer là-dedans, que ce soit par rapport au projet lui-même ou par rapport à l’image ?

Par rapport au projet lui-même, quand nous avons vu les gens qui travaillaient dessus, que nous connaissions, nous nous sommes dit que c’était quelque chose de sérieux. Si ces gens s’impliquaient là-dedans et engageaient leur nom là-dedans, c’est que c’était sérieux, ce n’était pas la fête au village [rires]. De ce côté-là, nous avons été vite rassurés en parlant avec eux. Par rapport à notre image, franchement, nous n’avons pas hésité longtemps. Les gens qui ne nous aiment pas ne nous aimeront toujours pas, et je pense que les gens qui n’aiment pas ce genre de projet, ce n’est pas forcément le genre de gens qui aiment Heart Attack non plus, car nous ne sommes pas vraiment des true metalleux. Donc, comme je te disais, nous nous sommes dit que nous nous en foutions, que nous y allions et nous faisions plaisir. Et c’était aussi une expérience pour nous qui nous permettait de jouer dans des endroits où nous ne sommes pas encore allés jouer. Ça nous permet d’établir de nouveaux contacts et en même temps, ça nous fait progresser en tant que musiciens, car nous accompagnons un chanteur sur scène et nous devons nous adapter. Même si les morceaux ne sont pas hyper techniques à jouer, nous sommes quand même hors de notre zone de confort. C’est aussi un « challenge », car c’est vraiment faire autre chose, ce qui est très sympa.

Justement, c’est quoi le challenge de ce projet, ces morceaux, etc. pour vous ?

L’objectif premier, c’est prendre du plaisir. Ensuite, le challenge, c’est aussi que – ça va être un peu pompeux ce que je vais dire – nous arrivions à être « bons » en dehors d’Heart Attack, c’est-à-dire, justement, en dehors de notre zone de confort. Après, comme je t’ai dit, je sais très bien que nous ne jouons pas du Dream Theater [petits rires], ça reste des morceaux écrits simplement, mais il faut être concentré et à l’affût, car Bernard Minet fonctionne à l’ancienne aussi. De temps en temps, s’il voit que le public répond, il peut te relancer un refrain, la structure des morceaux peut être modifiée en plein concert, car il fonctionne comme ça. C’est vraiment un exercice de concentration pour nous, nous jouons autrement. Ça nous fait vraiment progresser en tant que musiciens et ça nous apporte même dans Heart Attack. C’est aussi un mec qui a de l’expérience, donc c’est très intéressant. Les gens voient le côté Bernard Minet des Musclés, mais c’est un musicien qui a quand même roulé sa bosse pendant des années et qui, même avant d’être dans les musclés, accompagnait des pointures en France et était un sacré batteur. Donc c’est un mec qui a du métier et qui nous apporte aussi des choses.

« Son moteur premier, c’est le public, c’est de faire plaisir au public. Il s’éclate et, d’ailleurs, il a une connexion avec le public qui est assez incroyable, puisque le public l’adore. Quand il monte sur scène, c’est assez fou ce qu’il se passe ! »

Qu’est-ce que vous avez appris à son contact ?

Déjà, c’est quelqu’un qui a une très, très bonne oreille. On ne peut pas le prendre pour un idiot, en tout cas. On ne peut pas se permettre d’arriver et de jouer les morceaux moyennement. Ça, nous l’avons très vite compris, dès la première répète. Il nous oblige à être toujours à fond. Il nous a appris aussi à jouer pour le public. Son moteur premier, c’est le public, c’est de faire plaisir au public. Il s’éclate et, d’ailleurs, il a une connexion avec le public qui est assez incroyable, puisque le public l’adore. Quand il monte sur scène, c’est assez fou ce qu’il se passe ! C’est donc vraiment ce qu’il nous a appris : à vraiment jouer pour le public, la rigueur musicale et être tout le temps dans l’intention, même si ça peut paraître bizarre de dire ça pour un groupe de metal, car nous sommes toujours dans l’intention, dans l’énergie, etc., mais si on y va à moitié, il le sait de suite. En même temps, comme je te disais, cette rigueur est contrebalancée par le fait qu’à tout moment, il peut prendre une direction sur scène ; soit jouer un morceau deux fois alors que tu es en train de changer tes presets pour jouer le morceau d’après [petits rires]. Il dit : « Ça vous a plu ? Eh bien, on recommence ! » Et paf, ça repart ! C’est ça : de la concentration, être à l’affût, être pro, tout simplement.

Comme vous n’avez pas participé à l’album et que vous aviez des chansons déjà prêtes à interpréter, quelle latitude aviez-vous pour amener votre jeu et peut-être réadapter certaines choses ?

La première chose était de respecter les arrangements qui ont été faits au départ. Ensuite, quand nous nous sommes mis à jouer ensemble – car avant de voir Bernard, nous nous sommes mis tous les quatre à jouer les morceaux et les répéter ensemble –, forcément nous avons apporté du Heart Attack là-dedans. Donc ça ne sonne pas à cent pour cent comme l’album, car nous avons apporté notre son, notre manière de jouer. Il y a certains plans un peu typiques que nous aimons faire et que nous avons ajoutés. Pour le live, nous avons arrangé un morceau nous-mêmes : « Nicky Larson » qui n’était pas sur l’album. Celui-là, c’est vraiment à la sauce Heart Attack. Nous avons donc quand même pu apporter notre patte par-ci par-là.

Est-ce que vous pensez continuer cette collaboration à l’avenir et peut-être, du coup, participer à un deuxième album ?

C’est une bonne question. Est-ce qu’un deuxième album est déjà prévu ? Je sais que dans la presse il l’a dit. Je pense honnêtement que ça dépendra aussi de comment va marcher cet album, cette tournée, etc. Après, ce n’est pas moi qui prends la décision, donc je ne peux pas te répondre là-dessus. Quant à la suite de la collaboration, nous faisons les concerts et là aussi, on verra ce qui se passe, on verra ce que Bernard veut faire, on verra ce que nous avons envie de faire aussi. C’est une question de timing et d’envie. Là, nous ne savons pas trop, nous n’avons fait que trois concerts, l’album vient de sortir, donc c’est vraiment le début de l’aventure.

En tant cas, pour le moment, les concerts ont l’air de très bien marcher, non ?

Oui ! Les trois dates que nous avons faites, c’était trois fois complet. Ça marche bien, le public adore ça, il répond présent. Les gens aiment s’amuser. Il y a beaucoup de gens de notre âge, de trente ou quarante ans, qui vont à ces concerts et qui chantent tout du long. C’est rigolo de voir le grand metalleux aux cheveux longs, avec une veste de thrash et qui commence à chanter « Les Chevaliers Du Zodiac » ou « Un Collège Fou Fou Fou » [rires]. Pour nous aussi c’est marrant, car nous nous amusons, nous rigolons, etc.

Justement, est-ce que, finalement, les metalleux ne sont pas de grands enfants ?

Les metalleux, c’est une communauté qui est multiple, donc c’est dur à dire. Comme on disait tout à l’heure, il y a les trues qui vraiment pensent que ça doit être très sérieux et qui prennent le metal très au sérieux ; je ne les juge pas, c’est leur façon de penser et c’est très bien. Puis tu as les mecs qui adorent Ultra Vomit et qui pensent que le metal doit aussi être la déconne. Donc je ne peux pas vraiment répondre à ça : il y a vraiment de tout, c’est comme dans n’importe quelle communauté, et celle-là est vraiment très hétéroclite.

Justement, dans les concerts du Bernard Minet Metal Band, c’est quoi comme public ? Ce sont essentiellement des metalleux ou bien il y a aussi simplement des nostalgiques de Bernard Minet qui aiment le rock ?

Tu as vraiment de tout. Là, par exemple, pour les dates de Paris et Colmar, puisque nous étions têtes d’affiche sur ces dates – la première, à Limoges, nous étions en festival, donc c’est un peu différent –, il y avait de tout : du metalleux, des garçons et des filles plus dans le trip manga, Club Dorothée, etc. A Colmar, nous avons eu des mecs déguisés en Goldorak, des trucs comme ça. C’est une espèce de mélange qui se côtoie. Quand ça part en pogo, les gens qui ne sont pas habitués regardent ça avec des grands yeux [petits rires]. C’est assez rigolo.

« C’est rigolo de voir le grand metalleux aux cheveux longs, avec une veste de thrash et qui commence à chanter ‘Les Chevaliers Du Zodiac’ ou ‘Un Collège Fou Fou Fou’ [rires]. Pour nous aussi c’est marrant, car nous nous amusons, nous rigolons, etc. »

Penses-tu que cette expérience peut servir de tremplin pour Heart Attack ?

Non, je ne pense pas. Il ne faut pas exagérer. Après, comme je t’ai dit, ça nous permet d’aller dans des endroits où nous ne sommes jamais allés, d’établir de nouveaux contacts, de connaître de nouvelles personnes, etc. C’est sûr que ça nous apporte de ce côté-là. Ça nous a apporté un petit peu médiatiquement puisqu’on cite notre nom un peu partout dans les articles, etc. mais je ne suis pas sûr que les lecteurs de Télé 7 Jours soient intéressés par Heart Attack. Ça nous apporte, oui et non. Il ne faut pas s’attendre à ce que nous devenions Metallica du jour au lendemain. Mais c’est sûr que j’imagine qu’une partie des gens dans le metal sont allés écouter par curiosité ce que nous faisions, et j’espère. Ça voudrait dire que le public metal est encore curieux. Après, c’est comme tous les publics : si dans les articles, il y a un lien vers la dernière vidéo YouTube, il y en a qui cliquent dessus, mais s’ils lisent juste le nom Heart Attack et lisent l’article en travers, c’est terminé. Dernièrement, il y a France Info qui nous a appelés, j’ai fait une interview avec eux, et j’ai vu que le journaliste a mis dans l’article la vidéo YouTube de notre dernier morceau. Ça c’est sympa. Mais s’il y a juste notre nom, nous savons très bien que ça ne nous apporte pas grand-chose : aussi tôt lu, aussi tôt oublié. C’est pour ça que nous n’attendons pas des retombées immenses, nous le faisons vraiment pour le fun.

Qu’est-ce qui vous attend pour la suite, pour le groupe Heart Attack en lui-même ?

Nous travaillons toujours sur notre troisième album. Nous avons été un peu en standby ces quelques derniers mois, car j’ai été obligé de déménager pour mon travail – car j’ai une vraie vie en dehors du groupe [petits rires], comme beaucoup. Je suis à Lyon en ce moment et je reviens au mois de mai, où là nous pourrons vraiment finir le boulot. En même temps, nous nous sommes investis dans ce projet de Bernard Minet Metal Band, donc nous avons laissé pendant quelques mois Heart Attack de côté, mais les quatre-vingt-dix pour cent de l’album sont composés. Je pense qu’il sera enregistré d’ici la fin de l’année. Soit ça sortira en fin d’année, soit ça sortira début 2021.

On t’avait parlé à l’été 2018 et vous étiez sur votre album The Resilience sorti en 2017, donc ça commence à faire…

Oui. Nous avons beaucoup tourné pour cet album, donc c’est vrai que nous nous sommes un peu fait avoir par le temps. Nous n’avons pas vu le temps passer ! Nous avons fait beaucoup de beaux concerts et de belles tournées avec ce disque. C’est vrai qu’au bout d’un moment, nous nous sommes dit : « Ça fait déjà deux ans, deux ans et demi, il faudrait quand même s’y mettre. » Au final, nous avons eu cette histoire de Bernard Minet qui est arrivée par-dessus, mon départ pour quelques mois, etc. C’est sûr que nous avons pris un peu de retard, mais nous sommes contents de ce que nous avons et nous avons vraiment hâte de sortir tout ça, car selon nous, nous avons vraiment de bons morceaux.

C’est vrai que vous avez fait de belles dates, notamment en première partie de Megadeth à Lyon…

Oui ! Megadeth, c’était assez incroyable. Ce n’est pas comme sur une date en festival, là tu fais vraiment la première partie de Megadeth, tu rentres un peu dans le saint des saints [petits rires]. C’était vraiment une date incroyable, avec Dave Mustaine qui vient nous parler dans la loge avant le concert, nous souhaiter bonne chance. Des trucs un peu irréels ! Si on m’avait dit quand j’avais quinze ans qu’un jour je verrais Dave Mustaine débarquer pour me dire « bon concert ! », je ne l’aurais jamais cru !

Vous avez pu échanger un peu avec lui ?

Il est beaucoup resté dans sa loge, dans le bus ou à l’hôtel, car il était déjà un peu… Enfin, je l’ai trouvé un peu, pas fatigué, mais le bonhomme a quand même bien roulé sa bosse, et d’ailleurs c’est quelques mois après qu’il a eu ses soucis de santé. Donc nous ne l’avons pas beaucoup vu, mais vraiment, il a eu la classe de venir nous voir avant le concert et nous souhaiter un bon show. Il n’était pas obligé de le faire. On entend souvent parler en mal de Dave Mustaine, mais nous, pour le coup, ça a été vraiment bien. Et même son équipe, tout le monde a été adorable avec nous. Tout le groupe, toute l’équipe technique ont été géniaux. Nous n’avons pas été bridés, on ne nous a interdit l’accès à aucun endroit, etc. Ça a été vraiment top, on nous a fait confiance du début à la fin. C’est un très, très bon souvenir !

Interview de Bernard Minet réalisée en face à face le 6 février 2020 par Tiphaine Lombardelli.
Interview de Chris Cesari réalisée par téléphone le 20 février 2020 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Robin Collas & Nicolas Gricourt.

Facebook officiel de Bernard Minet Metal Band : www.facebook.com/bernardminetmetalband.
Facebook officiel de Heart Attack : www.facebook.com/heartattackmetal.

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