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Chronique   

Between The Buried And Me – Coma Ecliptic


Between The Buried And Me - Coma EclipticQui a oublié Colors (2007) ? Honnêtement, personne ne devrait. Between The Buried And Me avait livré un album sans failles, un petit joyau de metal progressif aux mélodies envoûtantes. Plus récemment, BTBAM s’était exercé à des tonalités plus « jazzy » sur le diptyque Parallax (2011 et 2012), à l’image d’ « Astral Body ». Foisonnants, mais pour certains indigestes. Les Parallax restaient proches de l’excellence en de nombreux points, mais ne parvenaient pas à endiguer la sensation étrange de ne pas totalement parvenir à s’immerger dans la musique du groupe. BTBAM nous laissait parfois davantage spectateur qu’auditeur. C’est donc avec une certaine appréhension que Coma Ecliptic, leur nouvel opus, va être parcouru.

Appréhension vaine.

Coma Ecliptic balaye tous les doutes que l’on pouvait avoir à propos de BTBAM d’un revers de main dédaigneux. Il s’impose sans concessions sur deux aspects : la musique du groupe ne cesse d’évoluer, et l’album est bonnement et simplement addictif. BTBAM reste toujours aussi alambiqué et complexe, certes. Cependant, il accroche. À chaque fois. Sans cesse. Coma Ecliptic n’a pourtant pas la synergie habituelle qui règne entre les titres au sein des œuvres de BTBAM. Si certains regretteront l’effort passé de constituer un « tout » indivisible, force est de constater que les compositions ont une identité indépendante bienvenue. L’album n’est toutefois pas une succession de titres dénuée de liens. La thématique d’un homme plongé dans le coma englobe l’effort d’écriture et certaines mélodies reviennent à plusieurs reprises tout au long de l’album (l’outro de « The Coma Machine » qui réapparaît dans « Life In Velvet »). Pour ce qui est de la mélodie… Coma Ecliptic est en réalité un immense opéra-rock, exit les plans modern-jazz. N’y voyez pas un immonde et infâme jeu pollué par tous les clichés « kitchissimes » au goût douteux. Plutôt comme un emprunt à l’exubérance de Queen, tant certains arrangements (probablement les meilleurs dans la discographie de BTBAM à ce jour) lui font écho, à l’instar des guitares, notamment celles harmonisées, qui remémorent parfois le jeu atypique de Brian May ou de certains jeux de voix théâtraux. Coma Ecliptic prône l’extraversion, et ce sans aucune retenue. Le refrain de « Memory Palace » a indéniablement des airs de Porcupine Tree, « The Ectopic Stroll » et son intro au piano de saloon pourrait accompagner les fresques du Tim Burton des grandes heures, ses ruptures syncopées, ses arrangements bizarroïdes et son refrain scandé entretiennent une parenté avec The Mountain d’Haken (2013).

L’influence du Modern Noise (2014) de Thomas Giles (le projet solo du frontman Tommy Giles Rogers) se fait aussi sentir. Certains passages de Coma Ecliptic démontrent une suavité dans l’usage de samples, en témoigne le très electro et angoissant « Dim Ignition ». Rodgers utilise par ailleurs davantage la voix claire qu’à l’accoutumée, mais la module encore plus, variant les timbres et lui faisant faire quelques acrobaties, et fait de Coma Ecliptic un album aux plages de chants très équilibrées. Car BTBAM n’a rien perdu de son intensité. « King Redeem-Queen Serene » aura à cœur de contenter les amateurs de chant hurlé complètement débridé, les plans de « Option Oblivion » n’ont rien à envier aux classiques du heavy et réveillent un plaisir coupable : remettre le curseur de son lecteur là où les quelques secondes de la démonstration de six cordes démarre… Simplement pour l’entendre à nouveau avant d’aborder la suite avec la même excitation. Coma Ecliptic se paie même le luxe de maintenir cette intensité jusqu’à son terme, avec cette mélodie entêtante qui revient et introduit un riff destructeur en guise d’outro de « Life In Velvet ».

Coma Ecliptic est effectivement une œuvre de grandeur, d’où ses airs d’opéra. Surtout, aussi conséquente que peut être l’entreprise, BTBAM ne laisse personne sur le carreau et ne s’adonne pas à une démonstration obscure. Dieu sait que les poncifs sont souvent galvaudés, cependant Coma Ecliptic mérite à juste titre celui d’ « incontournable ». D’emblée.

Écouter « Memory Palace », « Famine Wolf » et regarder le clip de « The Coma Machine » :

Album Coma Ecliptic, sortie le 10 juillet 2015 chez Metal Blade Records.



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  • RAAAH BTBAM !! Mon groupe préféré sans hésitation, toujours des frissons, des surprises à l’écoute, et là de voir la sortie de leur nouvel album c’est une joie qui emplit mon coeur, longue vie à BTBAM ! :3

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  • Toujours aussi plaisant et impressionnant au niveau des compos et des mélodies. Un groupe à suivre de près !

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    Le Gros

    Pareil qu’au-dessus, c’est tout simplement mon groupe de metal préféré. J’avoue avoir été déçu quand ils ont mis Memory Palace en écoute: pas de passages rapides, riffs beaucoup plus conventionnels, mais une fois que j’ai pu écouter l’album en entier c’était parfait!
    Super album mais il ne détrône pas Parallax II comme album préféré.

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