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Live Report   

Beyond The Gates Of Rhapsody


Le Metronum de Toulouse affiche complet en ce samedi 17 mars. Pour cause : Rhapsody, le groupe légende de power, est attendu pour sa tournée d’adieu. A cette occasion, le groupe italien monte sur scène avec le line-up le plus charismatique et emblématique qui soit, à l’exception notable du claviériste-compositeur Alex Staropoli absent de la tournée, occupé à donner un nouvel élan à Rhapsody Of Fire. Leurs premières parties Scarlet Aura et Beast In Black paraissent moins enthousiasmantes sur le papier, mais la soirée promet d’être tantôt surprenante et poignante. Le logo plutôt explicite du groupe roumain Scarlet Aura, affiché pendant la demi-heure d’attente avant le début de la soirée, ne suffit pas à préparer mentalement le public à ce qui va se passer.

Les musiciens apparaissent sur scène coiffés de masques rappelant vaguement un univers de Comedia Del Arte modernisé, sur un fond lumineux rose édulcoré. Incrédulité est un euphémisme pour qualifier la réaction des personnes dans la salle lorsque la chanteuse pénètre calmement sur scène avec, en guise de sac à dos, des ailes d’ange d’une envergure de deux mètres.

Artistes : Rhapsody – Beast In Black – Scarlet Aura
Date : 17 mars 2018
Salle : Métronum
Ville : Toulouse [31]

Scarlet Aura

Des cris aiguës raisonnent dans la salle tandis que l’ange vêtu de cuir se débat sur scène, dans une mise en scène de souffrance, avant de se débarrasser enfin de son costume. Il ne reste alors qu’une jeune femme, avec pour tout attrait angélique ses cheveux longs et blanc. Le guitariste entreprend des mélodies harmonieuses et entraînantes pendant que la chanteuse tente de suivre vocalement. Quelques fausses notes n’auront pas raison de l’ange se déhanchant face à un public plutôt réfractaire. Des encouragements, des compliments et une énergie manifeste réussiront à tirer quelques réactions positives à la foule.

Ce qui aura pour effet de faire sourire le guitariste qui brandit un poing timide de victoire et de satisfaction. Les accessoires vont bon train et sont nécessaires pour étoffer des morceaux linéaires à coup de mégaphone et de tambourin. Leur bonne humeur et leur énergie qu’ils communiquent commence à fonctionner jusqu’à leur reprise de « Wasting Love » d’Iron Maiden. Un exercice bien compliqué lorsqu’il s’agit d’un groupe aussi mythique. Cependant leur effort est bien remarqué par le public qui s’applique à les applaudir et à les encourager, les acclamant comme il se doit à la fin de leur set.

Beast In Black

Les plumes d’un ange laisse place à… des poils. Les poils d’une bête féroce, incarnation du groupe finlandais Beast In Black, nouvelle formation de l’ex-guitariste et compositeur de Battle Bleast, Anton Kabanen. Une apparence agressive, de guerriers, avec un frontman imberbe en robe de prêtre noir ornée de croix renversées amorçant leur concert avec leur titre éponyme. Ce morceau est extrait de l’album Berserker, leur premier disque sorti en fin 2017. Lors de ce titre initial, la voix du chanteur sonne cassée poussant vers un cri aigu avec un style radicalement heavy et power. Un souffle de puissance parcours la salle donnant de soudaines envies d’aller sauver une princesse (ou un prince en fonction de chacun). Mais la foule comprend rapidement que Beast In Black ne se contente pas de maîtriser un genre. Le frontman change aisément de registre. Une voix cassée, aiguë, puissante devenant tantôt cristalline, grave, calme et fragile. Le groupe explore et mélange plusieurs styles oscillant entre 80’s pop, électro… Donnant parfois l’impression d’être dans un nightclub dans un quelconque pays d’Europe de l’Est.

L’effet se fait d’autant plus ressentir lors de « Crazy, Mad, Insane » durant lequel le bassiste et les guitaristes se revêtissent de lunettes électroniques laissant défiler le nom de la chanson. Le summum du kitsch est alors atteint, au plus grand plaisir du public. Les réactions sont variées. Certains restent réservés tandis que d’autres headbang et dansent sans retenue sur ce son hétéroclite et de qualité. Le chanteur, au profil aquilin, prend des faux airs de ninja en enchaînant sauts et gestes de combat encourageant la foule. Une foule qui laisse Beast In Black quitter la scène sous des applaudissements ravis. La plupart des personnes passeront d’ailleurs un moment avec eux à la fin de la soirée à se faire prendre en photo et à se faire dédicacer des albums.

Rhapsody

Le groupe phare et tant attendu pour leur tournée d’adieu, Rhapsody, s’avance enfin face au public du Metronum. L’énorme dragon se dressant en arrière plan et accompagné d’effets de lumière aveuglant tout le monde ne trompe pas sur leur importance. Plus d’une heure et demi de set durant lequel ils font le plaisir de jouer des morceaux mythiques tels que « Dawn Of Victory » ou « Symphony Of Enchanted Lands ». A l’aise sur un terrain conquis, Luca Turilli enchaîne riffs et solos déjà bien imprégné dans la tête de la foule, qui chante et applaudit en rythme. Les chances de ne pas être à côté de quelqu’un dans la fosse chantant si fort qu’il recouvre le son de la salle, étant pourtant à volume raisonnable, sont minces. La voix de Fabio Lione n’a pas pris une ride, tout comme sa permanente, et impressionne par sa voix de stentor, avec laquelle il se permet de reprendre « Con Te Partirò », morceau bien connu d’Andrea Bocelli, d’une manière merveilleuse.

La soirée est marquée par le mot « réunion », une réunion de fans peuplée par des intermèdes de discussions. Fabio tente notamment d’apprendre le français en demandant des conseils au premier rang et raconte des tas d’anecdotes. Il déclame ainsi un hommage à l’acteur Christopher Lee, participant notamment pour les voix off des morceaux, en racontant la fois où ils ont enregistré ensemble. Cet enregistrement marquera la découverte de l’existence des casques audio pour l’acteur, à ce moment-là âgé de 84 ans. Fabio enchaîne alors avec « Riding The Wings Of Eternity ». La soirée se déroule ainsi. Partager des moments d’intimités entre morceaux cultes incite forcément à un rappel durant lequel une personne du public peut choisir un morceau. Ce sera « Emerald Sword » au plus grand plaisir de la salle entière, ce qui adoucira le départ des Italiens pour terminer cette soirée de légende.

Rhapsody

Setlist :

Dawn Of Victory
Wisdom Of The Kings
The Village Of Dwarves
Power Of The Dragonflame
Beyond The Gates Of Infinity
Knightrider Of Doom
Wings Of Destiny
Riding The Winds Of Eternity
Symphony Of Enchanted Lands
Land Of Immortals
The Wizard’s Last Rhymes
Time To Say Goodbye (Con Te Partirò) (reprise d’Andrea Bocelli)
Holy Thunderforce
Rappels :
Rain Of A Thousand Flames
Lamento Eroico
Emerald Sword

Report : Laura Bagnara.
Photos : Joël R. Photographie Concerts.



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