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Interview   

Beyond The Styx : au-delà du premier abord


Parfois une oeuvre nécessite beaucoup de temps pour en comprendre toutes les subtilités. Il faut en conséquence que l’auditeur, si l’on parle de musique, accepte de faire un effort et de se pousser lui-même dans ses propres retranchements. C’est exactement l’objectif du jeune groupe français Beyond The Styx qui, comme l’indique son chanteur et parolier Emile Styx dans l’entretien qui suit, cherche avant tout à interpeller plutôt qu’à plaire ou séduire. « J’estimerais que nous avons failli à notre tâche si c’était un album dont nous pensons pouvoir avoir fait le tour en une écoute » nous dit notamment le chanteur. Et force est de constater qu’écouter Leviathanima, le nouveau disque de Beyond The Styx, pour la première fois est une épreuve de par la richesse de ces compos tordues qui peuvent parfois rebuter au premier abord.

Emile revient pour nous sur cette question du temps qu’il faut pour rentrer dans cet album mais également sur les thématiques qui ont toujours été chères au groupe comme l’univers marin ou la mythologie. L’occasion également d’évoquer avec le frontman la récente signature avec le label Klonosphere et des conséquences que cela a eu.

« L’idée, c’est vraiment de pouvoir impacter, de ne pas abuser de technique, de ne pas trop en faire et de pouvoir reproduire ça sur scène, de rester efficace. »

Radio Metal : Votre nouvel album est sorti il y a peu de temps, quel est ton bilan d’après sortie, s’il y a déjà un bilan à faire ?

Emile Styx (chant) : S’il y avait un bilan à faire, je dirais « une bonne réception du public ». Quand je parle du public, c’est aussi bien au niveau de la release, là on est en local donc c’est vrai que les choses sont un petit peu plus simples parce qu’il y a une part de public convaincu, et puis une bonne réception du public étranger, notamment nos fans sud-américains qui suivaient plus particulièrement l’EP. Tout le public hispanophone a fait une bonne réception même si il y a eu une évolution en termes d’influence et de conception, de réalisation de cette influence.

En termes de public, votre fanbase ne se résume pas uniquement à un public francophone. Tu parlais d’un public hispanique, tu l’as vu de quelle manière ?

On travaille beaucoup sur les réseaux sociaux, avec Google+ notamment et Twitter. Les hispanophones ne nous ont pas retrouvés sur Facebook, on a pu les trouver ailleurs. On a des retours comme ça, de beaucoup de personnes qui n’arrivent pas à nous parler en anglais. Je ne suis pas du tout hispanophone. Mais il y a en tout cas un très bel accueil de notre précédent EP, ils ont pu nous le transmettre. C’est vrai qu’en Amérique du Sud, par exemple au Brésil, il y a une personne qui attend impatiemment la sortie de l’album pour pouvoir le distribuer à ses contacts. En Espagne, nous projetons de faire une tournée parce qu’on a eu de très bons retours de Madrid notamment. Ce sont des gens, des petits labels aussi parfois, quelques promoteurs qui nous renvoient des choses, ça les intéresse. Au-delà de ça, le public nous le rendait déjà avant qu’eux s’y intéressent.

Est-ce que tu sens aussi de bonnes ondes côté média ?

En Europe oui, aux États-Unis je ne pourrais pas le dire pour l’instant parce qu’on n’a pas eu énormément de retours, mais on est impatient de savoir ce qu’en pensent tout simplement les gens quel que soit leur avis. Tant que c’est argumenté, on est très ouvert, on comprend parfaitement. On ne fait pas une musique pour plaire, on fait une musique pour interpeller. L’idée, ce n’est pas que les gens apprécient, c’est que les gens remarquent. Je préfère qu’un chroniqueur me dise : « ça j’ai pas du tout aimé, ça j’ai aimé », je préfère les avis tranchés aux avis timorés parce que ça correspond bien à l’esprit du groupe et au mien notamment.

Votre collaboration avec Klonosphere a été annoncée en début d’année, est-ce que tu as déjà pu constater une différence d’exposition ? Est-ce que ça se ressent, ou est-ce que cela va se ressentir dans les ventes de disques ?

Est-ce que ça se ressent directement dans notre entourage ? Oui. On a eu quand même le soutien de la part de quelques groupes qui ont osé nous féliciter, d’autres non, mais après est-ce que c’est de la pudeur ou de la jalousie, je ne rentrerai pas dans ce genre de débat. En tout cas, on a eu un grand soutien de la part de nos fans qui nous ont dit qu’on le méritait. Nous, on remercie Guillaume de Klone d’avoir su prêter une oreille attentive à notre travail et d’avoir eu envie de travailler avec nous. Pour nous c’est un réel plaisir de pouvoir être dans les rangs de certains des plus grands du metal français comme Trepalium, comme Klone, comme anciennement Hacride, comme Hypno5e, comme tous ces groupes français qui essaient de faire germer des influences qui leurs sont propres, je le dis en toute humilité bien sûr. Je pense que ce sont des groupes qui ont réellement une âme, qui ne copient pas tel ou tel genre. En ça, moi je m’y retrouve, même si je dirais qu’en termes d’influences directes, à part nos confrères de The Walking Dead Orchestra et de WeaksaW du côté de Montpellier, il y a vraiment de tout dans l’ensemble du collectif.

Cette signature chez Klonosphere s’était passée comment ? S’agissait-il d’un coup de cœur de Guillaume, ou c’est vous qui les avez démarchés ?

Je dirai qu’il n’y a pas eu de réel coup de cœur. Mais il y a eu en tout cas un attrait, ça on ne peut pas le nier. Guillaume, nous l’avions rencontré il y a trois ans quand on avait joué avec Hacride et Klone. Je ne te cache pas que pendant cette date, on avait plus échangé avec Hacride que Klone puis on est revenu vers Guillaume. On les avait déjà démarchés à l’époque de notre premier EP qui ne leur parlait pas musicalement. Musicalement il y a eu une accroche plus importante sur l’album parce que je pense qu’au-delà de l’identité musicale, il y a une identité artistique, visuelle, qui s’est affirmée, un projet qui leur semblait certainement plus solide et donc plus intéressant pour le signer.

Le titre de l’album est Leviathanima qui est une contraction entre Léviathan et anima. Le léviathan est un monstre de la mythologie associé au chaos et anima signifie âme en latin et souffle de vie en grec ancien. Cet album est-il le meilleur moyen pour vous de représenter ce à quoi ressemblerait un monde victime du cataclysme du léviathan ?

C’est une très bonne question. Tu es le premier à faire la distinction entre les deux mots, d’habitude c’est moi qui l’annonce donc tu m’as un peu coupé l’herbe sous le pied. Je ne sais pas, en tout cas je pense que cet album annonce le début ou la fin de quelque chose. Quand je dis la fin, ce n’est pas la fin du groupe bien entendu, mais peut-être la fin d’une période artistique, de certaines influences. C’est vrai qu’en termes d’influence, aussi bien au niveau des textes que de l’ambiance, nous avons voulu créer quelque chose de plutôt sombre, violent et apocalyptique pour ne pas dire chaotique, même si ça ne se ressent pas toujours dans le son, car on a un son relativement propre. Pour moi, cet album, je ne pense pas qu’il annonce réellement ce genre de choses, je dirai plus qu’il annonce la naissance de la chimère que pourrait représenter le léviathan. Il faut savoir une chose, c’est que quelle que soit la mythologie ou la religion, le léviathan est un monstre sur lequel nous n’arrivons pas à poser de forme. Je trouve qu’il est difficile pour nous de poser, je le dis en toute humilité encore une fois, une forme sur notre musique. Je trouvais que ce nom, associé au souffle, à l’âme, incarnait relativement bien le message que nous avions voulu faire passer, à savoir : « Ce monde va mal, ne restez pas sans âme, sans vie, bougez-vous ». Il pourrait plus être ressenti comme un S.O.S., comme une once d’espoir, aussi infime soit elle, plutôt qu’un enterrement.

Beyond The Styx - Levianthanima

« Nous n’avons pas la prétention de révolutionner quoi que ce soit, en tout cas nous tenons à faire quelque chose qui nous ressemble, qui nous est propre, qui nous appartient. »

Tu parlais de musique sombre et c’est vraiment le cas, on le ressent à l’écoute de l’album. Justement votre musique contient des mises en place assez techniques et déroutantes, comment arrive-t-on à créer ces rythmiques tordues ? Comment se passe le processus de composition de votre côté ?

On a un processus de composition tordu, je pense que c’est pour ça. Tout d’abord, on compose à quatre voire cinq de manière démocratique, ce qui est compliqué. Un riff qui ne convient pas à la majorité du groupe ne sera pas gardé, sauf cas extrêmement rare, ce qui n’est pas arrivé dans les morceaux retenus pour l’album. Ensuite, toute la base mélodique, la guitare est posée avant la base rythmique qui arrive ensuite, et les paroles viennent après. Quand on met tout ça dans le shaker, on s’arrange pour essayer de lui donner corps, de lui donner sens, quitte à virer des lignes entières de riffs qui n’ont finalement aucun sens dans cette chose. L’idée, c’est vraiment de pouvoir impacter, de ne pas abuser de technique, l’idée est de ne pas trop en faire et de pouvoir reproduire ça sur scène, de rester efficace. Ça, c’est vraiment quelque chose qui nous tenait à cœur, de pouvoir appuyer sur cette efficacité en live.

Est-ce que tu penses que vous avez sorti un disque qui fait partie des albums dont on ne prend la pleine mesure qu’en les réécoutant de nombreuses fois ?

Encore une fois en toute humilité, je pense que c’est un album qui nécessite plusieurs écoutes. On peut être premièrement interpellé par la violence du chant et de certains riffs qui scindent littéralement avec le précédent EP et aussi marqué par le contraste de certains interludes qui n’ont peu ou rien à voir avec le reste des compos et qui marquent le pas. Je pense que oui, cet album il faut l’écouter plusieurs fois. Je n’ai pas encore composé beaucoup et suffisamment de titres pour pouvoir avoir du recul là-dessus. En tout cas, c’est un album que j’ai moi-même énormément écouté, ce qui est rare parce que d’habitude j’ai beaucoup de difficultés à m’écouter contrairement à certains membres du groupe. Je le refuse littéralement que ça soit en vidéo ou en son, c’est difficile pour moi de revenir là-dessus.

[Rires] Je te rassure, on ne mettra peut-être pas le podcast en ligne alors !

Ça me dérange moins les interviews, mais c’est vrai que quand c’est une question de rapport à l’image, ou même de rapport à l’oreille, ce n’est pas simple. En tout cas, je te rejoins. Sans rentrer dans les albums avec une dimension et une aura qui dépassent de loin le commun des compositeurs, je pense que c’est un album où on ne peut pas s’arrêter à une écoute. Si une personne arrive à se faire une idée de ce que nous avons écrit en une écoute, c’est que nous nous sommes trompés, ou qu’il s’est trompé. J’estimerais que nous avons failli à notre tâche si c’était un album dont nous pensons pouvoir avoir fait le tour en une écoute.

Cet album noir et violent se termine avec « Ødy55eu5 », un morceau tout aussi noir mais moins explosif et plus lancinant. Quelle est l’histoire de ce morceau ?

C’est très intéressant cette question. « Ødy55eu5 » est un morceau qui a fait beaucoup débat dans le groupe parce que c’est un des rares morceaux composés par une seule personne, à savoir notre leader guitariste Anthony Mateus. Ce morceau avait une telle histoire pour lui, très personnelle. Il l’a vraiment écrit dans des moments difficiles, très sombres. Pour moi, c’est une ode à l’horizon, une ode au voyage. Ça m’embêtait de terminer de manière aussi sèche cet album et je me suis concerté avec l’ensemble du groupe sur cette perspective d’horizon, comme le rappelle le nom de notre groupe. Le groupe a finalement accepté que ce morceau intègre l’album et le guitariste qui l’avait écrit aussi, parce que ce morceau était tellement personnel que ça le gênait presque qu’il fasse partie de l’album. C’est un morceau qui a été composé en une nuit, une nuit blanche, très sombre pour le coup, pour contraster. C’est le dernier texte que j’ai écrit, la mélodie était composée depuis belle lurette, mais je n’arrivais pas à écrire ce texte. Il s’est écrit sur un bord de plage, face à l’horizon, je me suis inspiré de ce qu’Ulysse aurait pu ressentir, je le dis de manière modérée encore une fois, je pioche à droite à gauche, c’est une ode à l’évasion. C’est ce que m’inspire ce morceau, même si ce qu’a écrit Anthony n’était peut-être pas ça.

« L’eau est vraiment quelque chose de très riche philosophiquement parlant sur lequel on pourrait écrire, écrire et écrire… »

Justement tu parles d’évasion, dans votre biographie on peut lire beaucoup de métaphores marines. On parle d’abysses, d’eaux tumultueuses, de terres fermes, etc. La métaphore marine a toujours été présente chez vous, et c’est encore le cas ici puisque le léviathan est un monstre marin. Peux-tu nous en dire plus sur l’affinité du groupe avec la mer et ce qu’elle représente ?

La mer représente un contraste. L’eau de manière générale représente un contraste fort où que l’on se place dans le monde. Il faut savoir que nous avons une vision très positive en Occident de l’eau qui est souvent associée à la vie pour notre culture judéo-chrétienne. Par exemple au Japon, au fin fond de l’Orient, l’eau a une connotation très négative. Elle a une connotation de mort, notamment des films comme Dark Water par exemple, qui reprennent très bien cette thématique nauséabonde et malsaine de l’eau. Au Japon, les gens ne se baladent pas sans parapluie, c’est impensable d’avoir de l’eau qui te tombe sur la tête, alors que nous à Paris, ou n’importe où en France, on s’en contrefout, l’eau c’est l’eau. Ça fait partie du jeu, les Anglais le vivront très bien, les Bretons aussi. Le contraste marqué par la symbolique même de l’eau est représenté d’autant plus par la rivière mythologique du Styx et connote dans l’essence même du groupe qui cherche à pouvoir user d’influences relativement disparates qui n’ont peut-être pas pour tout un chacun de sens les unes avec les autres. Nous n’avons pas la prétention de révolutionner quoi que ce soit, en tout cas nous tenons à faire quelque chose qui nous ressemble, qui nous est propre, qui nous appartient. Après, pour certains, c’est indigeste à la première écoute, même live, et pour d’autres c’est efficace par moment, mais pas assez par d’autres. Pour d’autres personnes, c’est intéressant mais ils ne savent pas comment réagir. Par exemple, les gens me disent souvent « on regarde en live, on apprécie, mais c’est vrai que pour ressentir les choses, ce n’est pas si facile de les exprimer au premier abord, on sent que ça nous percute plus de l’intérieur que de l’extérieur, avec un hochement de tête, une envie brutale d’aller soit slammer, soit mosher ou headbanguer ».

On parlait de métaphores marines, est-ce que vous avez un rapport particulier au domaine aquatique ? Est-ce que par exemple vous faites du bateau ? Est-ce que c’est quelque chose qui vous intéresse parce qu’on sent chez vous qu’il y a plein de références historiques ou philosophiques ? En pratique, est-ce que c’est quelque chose que vous souhaitez appliquer, ou que vous appliquez ?

Question intéressante. C’est moi qui écrit, je ne suis pas né au bord de la mer, je n’ai pas non plus vécu pendant des années au bord de la mer, je ne suis même pas spécialement quelqu’un qui apprécie la mer en été, mais j’aime l’eau en tout cas. Je suis quelqu’un qui adore ça, je ne pratique pas d’aviron, ni de catamaran, mais j’aime bien la dimension symbolique de l’eau. Je trouve que c’est quelque chose de magique parce que c’est quelque chose que l’on ne peut pas maîtriser. C’est à la fois le début et la fin, quand on voit par exemple la naissance de notre propre planète, ou la naissance d’un homme. Il faut savoir que notre mère perd les eaux avant même que nous arrivions. C’est vraiment quelque chose de très riche philosophiquement parlant sur lequel on pourrait écrire, écrire et écrire… Une des images, dont nous parlions tout à l’heure à travers cette chanson « Ødy55eu5 », est celle des marins, ces musiciens toujours en quête d’horizons, sans port d’attache, toujours à caboter de ville en ville. C’est vrai que je m’en inspire énormément. J’ai peut-être lu plus de choses sur la mer, que j’en ai goûtées.

La présence de références à la mythologie est aussi une constante de votre discographie, d’où vient ce goût particulier pour la mythologie ? Une fois encore, est-ce que ça vient de toi et de ce que tu lis ?

Là c’est moi, ce sont mes lectures depuis tout petit. Ma première grande lecture, ce n’était pas Tom-Tom et Nana, mais le dictionnaire de la mythologie gréco-romaine. Je pense que c’est le livre que j’ai le plus lu durant mes quinze premières années. Il faut savoir aussi que j’ai été bercé, comme nombre de jeunes Français nés dans les années 80, par toute cette dimension mythologique véhiculée par les Chevaliers du Zodiac. Là, c’est plus de la nostalgie, mais il y avait une empreinte forte de sens à travers nombre de choses. Je trouvais la mythologie fantastique dans le sens où elle permettait d’aborder certains sujets de manière directe. Du fait qu’il s’agissait du divin, on pouvait dire presque tout et n’importe quoi. Il y a une dimension métaphorique très importante dans la mythologie qui, comme la mer, m’inspire. Je trouve ça fort de sens. Je trouve que nombre de personnes, peut-être par désintérêt, ont tendance à oublier d’où vient notre culture. Avant J.C., il y avait aussi d’autres choses. Sans être un grand féru d’histoire, il ne faut quand même pas oublier que les prémices de notre société sont issues notamment de ce berceau gréco-romain. Les premiers philosophes Socrate et Platon en viennent aussi. J’ai toujours été assez inspiré par la chose, par l’imagerie de la chose, ses hommes qui se transforment en bêtes, ses monstres parce que la mythologie en est remplie et notre ère moderne aussi mais nous ne nommons pas les choses de la même manière. J’essaie de faire le parallèle entre le moderne et l’Antiquité en essayant de relier les choses de manière plus poétique. Mes textes n’ont pas le schéma « couplet, refrain, couplet, refrain », il y en a, il y en a même plus dans cet album qu’avant, mais j’essaie aussi de me laisser emporter au gré de la plume tout en revenant sur ce que j’écris.

Tu m’as devancé pour la question. Vous avez pour habitude de croiser ces références mythologiques avec des thématiques modernes. Les événements mythologiques trouvent-ils pour toi une résonance dans la société moderne et ce peut-être plus qu’on ne le croit ?

Oui je pense, peut-être pas sur tout parce que je n’ai pas assez de recul et de connaissances en la matière concernant la mythologie. Après on a des textes dans l’album qui viennent un peu chambouler l’ère moderne, par exemple la chanson «Insurr@ction » qui fait clairement état de cette emprise du virtuel sur le réel. On pourrait aussi ramener ça en mythologie je pense, aux sirènes par exemple, les choses qui nous font voir plus beaux que nous sommes, qui nous font croire certaines choses. En tout cas pour répondre le plus directement à ta question, nombre de thématiques modernes peuvent trouver, non pas des réponses, mais des échos dans l’ère antique. Malheureusement, même en reprenant des textes de Platon sur la jeunesse, on se rend compte que par exemple il y a des choses comme ça qui ont toujours posé problème aussi bien maintenant qu’il y a des milliers d’années, dans un autre contexte, avec d’autres moyens technologiques. En tout cas, je ne pense pas viser trop à côté de la plaque à travers ces thématiques-là.

Dans le making-of de l’album, on peut voir des extraits d’une séance d’enregistrement avec plus d’une dizaine de personnes pour des chœurs guerriers. Ces chœurs sont-ils une sorte de référence aux ténors du punk et du hardcore comme Madball ou Biohazard ?

Oui, on ne maîtrise pas les codes, on est même souvent à côté de ces codes. Mais on essaie de s’en inspirer. La présence de tous ces amis, gens qui sont devenus des amis, des gens qui nous suivaient en concert, c’est quelque chose d’important parce que, malgré tout l’aspect difficile à digérer, on tenait aussi à partager des choses, des textes avec notre public. Il y a de très grands fans qui vont jusqu’à lire la moindre syllabe, d’autres qui vont s’arrêter à des petites choses mais qui ont envie quand même de participer. L’idée c’était de pouvoir faire participer davantage le public en live. Donc les références à Madball, au hardcore, au New-York hardcore, plus qu’au punk hardcore car on en écoute relativement peu, sont là et seront là aussi certainement sur le prochain album, même si c’est loin et que je ne peux pas encore vraiment le dire. C’est une volonté d’unité au sein de la musique du groupe parce que c’est vrai que Yohan le bassiste et David le guitariste rythmique participent aux chœurs. C’est vraiment l’idée de fédérer, de rassembler autour de textes et de faire participer pour créer davantage de cohésion.

Interview réalisée par téléphone le 16 février 2015 par Amaury Blanc.
Fiche de questions : Philippe Sliwa & Amaury Blanc.
Retranscription : Gabriel Jung.

Site officiel de Beyond The Styx : www.beyondthestyx.com.



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