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Live Report   

BIOHAZARD A LA LAITERIE DE STRASBOURG


Artiste : Biohazard
Ville : Strasbourg
Lieu : La Laiterie
Date : 12-11-2008
Public : 400 personnes environ


Biohazard : plus qu’un nom, une légende.

20 ans et un vécu incomparable, aussi tumultueux qu’exaltant. C’est ainsi qu’on pourrait résumer la carrière des Bio-mens. Uniquement deux dates en France ! C’est bien peu… Le HardCore ne rameute pas (plus ?) les foules dans nos belles contrées mais Biohazard jouit d’une base de fans fidèles qui se sont donnés rendez-vous au Trabendo puis à la Laiterie de Strasbourg en cette froide soirée d’automne.

Arrivés un peu en retard, nous n’avons pas pu voir le premier combo qui ouvrait, Your Demise, un groupe de HardCore anglais. Cependant, en dépit de certains commentaires du public, nous vous recommandons fortement d’aller jeter une oreille attentive à leur site MySpace. Avec un HardCore New-school très sympathique et frais, la musique du combo est la preuve évidente que la verte Albion peut ne pas être perfide !

Le deuxième groupe qui foule la scène de la Laiterie ce soir est bien connu, puisqu’il s’agit de S-Core. Les régionaux de l’étape sortent d’une tournée de plusieurs semaines (nous les avions notamment croisés lors du concert de Pro-Pain fin septembre dernier au Grillen de Colmar), et reprennent du service après quelques semaines de coupure qui leur ont visiblement fait le plus grand bien !


Mister Evan Seinfeld !

S-Core livre un set qui a le grand mérite de susciter l’intérêt d’un public de plus en plus nombreux. Frileux au départ, il va se rapprocher petit à petit de la scène et d’un Ket (chant) extrêmement en forme et très affable.

« Public, S-core t’accueille en son sein comme un frère donc viens pogoter avec nous ! »

Les huit morceaux joués par le groupe alsacien sont desservis par un son impeccable. Et ce avec des musiciens vraiment « dans le ton » et ayant le sens du show. S-core est un groupe très attachant (musicalement, n’allez pas vous méprendre…!) et il y a fort à parier que la scène metal des prochaines années va pouvoir compter sur eux.

« Strasbourg, nous sommes très contents d’avoir joué parmi vous, maintenant faites du bruit pour Biohazard ! ». Ainsi se conclut la prestation des Alsaciens. Le public commence à bien transpirer alors que l’odeur de la bière et de la cigarette froide se font plus denses. Les roadies débutent pour leur part l’installation et les réglages de dernière minute. On peut noter que la moyenne d’âge est bien plus élevée qu’à l’accoutumée sur ce concert… 20 ans de Biohazard c’est aussi une affaire de grandes personnes ! Et vous, que faisiez vous en 1988, lorsque ces jeunes de 20 ans ont commencé à écrire l’histoire du Hardcore avec les Sick Of It All, Pro-Pain, dignes fils des Cro-Mags, Bad Religion, et de toute cette scène se prévalant du punk traditionnel qui avait tant de haine à déverser et de respect à enseigner ?!


Biohazard : les guitaristes se la donnent…

La lumière baisse en intensité et la partie instrumentale de « Human Animal » se fait entendre. Et après trois minutes d’attente le public a droit à un : « Good evening Strasbourg ! We’re Biohazard from New York City ! ». Les musiciens prennent place les uns après les autres, héros d’un public, héros d’une soirée, après une trop longue absence… Danny Schuler (batterie), Billy Graziadei (chant/guitare), Bobby Hambel (chant/lead guitare) et Evan Seinfeld (chant/basse) sont bel et bien présents. La formation originale est donc de retour pour ce baroud d’honneur. D’ailleurs, dans la plus pure tradition du NYHC, il ne s’agit pas d’une reformation, mais bien d’une ré-union. « United We Stand », comme on dit à Brooklyn.

La musique peut démarrer sur les premiers accords de « Victory ». Lourds, rythmés, impossible de résister : les têtes se balancent d’avant en arrière et tout le public sautille sur place. « Shades Of Grey » achève de faire exarcerber l’énergie de la salle. Ca bouge franchement ; une fosse de quatre mètres de diamètre s’est même créée et une trentaine de sauvages s’avouent leur flamme réciproque en utilisant l’art millénaire du mosh.

Les morceaux s’enchaînent le plus naturellement du monde, fluides, percutants et rapides : du grand art. Ces chansons sont entrecoupées de petits speeches d’Evan. Le premier notamment, où il explique que ce soir est un show spécial dans leur tournée et qu’ils ne joueront que des morceaux des trois premiers albums (Biohazard, Urban Discipline et State Of The World Address) est d’ailleurs une petite déception. En effet la discographie de Biohazard est très riche en morceaux énormes et goûtus. Tant pis, on va quand même pouvoir se faire plaisir !

Cette succession salutaire de gros hits devenus des classiques, dont chacun connaît les riffs assassins, les refrains martelés par la voix éraillée d’Evan Seinfeld et celle, bien plus nette mais aussi plus aigüe de Billy Graziadei, a le grand mérite de défouler. La musique de Biohazard est ainsi : franche, directe et sans concession. Elle explique à elle seule le terme HardCore.

Les prestations de chaque membre sont très différentes, mais belles et bien excellentes. Bobby Hambel (qui fait un come-back fracassant) court et saute dans tous les sens tout en enchaînant des solis diaboliques. Evan se secoue de gauche à droite et martèle le sol de la scène avec ses pieds pour marquer les rythmiques. Billy Graziadei reste plutôt sur la gauche de la scène, et hurle ce qu’il peut… Car, pour le coup, le son a été d’une médiocrité rare en ce qui concerne les micros de chant. On n’entendait pour ainsi dire quasiment rien. Carton rouge donc, à Monsieur Soundboard qui a mal fait son travail.


Biohazard : Evan Seinfeld, frontman généreux.

Mais les diables de Brooklyn ne se laissent pas impressionner et continuent de faire le show autant sur scène qu’avec le public. Spinning pit, applaudissements, micros tendus pendant les refrains, public de slammers… Le public sait pourquoi il est venu, et c’est très bien ainsi. On se trouve comme à la maison, pourrait-on dire.

La deuxième partie du show est différente. Le rythme s’accélère franchement avec des morceaux extrêmement speedés. Certains sont difficiles à reconnaître sans les annonces de début… Ainsi, les Biohazard serviront au public de la Laiterie des « Retribution », « Five Blocks To The Subway », « We’re Only Gonna Die » (une reprise de Bad Religion disponible sur Urban Discipline) ou « Love Denied » complètement barrés. C’est la très heavy « Wrong Side Of The tracks » qui aura la charge de terminer un set a-po-ca-ly-ptique.

Le temps pour chacun de retrouver ses esprits et de se remettre d’un pit déjanté, et les Boyz remontent sur scène pour les rappels. Petit speech « d’adieux » de la part de Billy et Evan et l’assaut final peut commencer. Ce rappel est constitué de trois titres enchaînés en medley : « Punishment », « How It Is » (méconnaissable car très rapide et rentre-dedans) et « Hold My Own ».

La soirée s’achèvera sur une longue séance de serrage de paluches, accolades fraternelles ou photos avec des fans. Non pas des fans d’ailleurs mais des frères et s?urs. Descendus de scène pour aller boire un verre avec le public, Evan et Bobby nous confieront au détour d’une petite conversation qu’un nouvel album et une autre tournée européenne sont en chantier pour 2009… Beaucoup de joie et de bonheur en perspective.

Biohazard s’est ré-uni. Pour le plus grand bonheur de ses fans d’une part, et pour le leur. Car on sent vraiment qu’ils prennent leur pied en jouant à nouveau ensemble. Oui les Biohazard nous montrent une fois de plus que la grande famille du metal sait être là quand il faut et que le terme « valeur » n’est pas un vain mot. L’extrême générosité de ce show en est une preuve évidente.

Respect.
Unité.
Fraternité.

Set List

Intro (instrumental Human Animal)
Victory
Shades Of Grey
What Makes Us Tick
Tales From The Hardside
Urban Discipline
Survival Of The Fittest
Black & White & Red All Over
Down For Life
The Chamber Spins Three
Retribution
5 Blocks To The Subway
We’re Only Gonna Die (From Your Own Arrogance) (Bad Religion cover)
Love Denied
Wrong Side Of The Tracks

Rappels

Punishment
How It Is
Hold My Own

NB : Un grand merci à S-Core, Bobby Hambel & Evan Seinfeld



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