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Chronique   

Black Bomb A – Comfortable Hate


Comfortable Hate ne peut qu’attiser les curiosités. D’une part parce que Black Bomb A est une référence incontournable de la scène hardcore française, et qu’on le veuille ou non, c’est un statut à respecter et maintenir. D’autre part en raison du retour d’Arno sur ce dernier opus, absent du groupe depuis 2007 et qui devrait marquer le retour d’échanges entre chant aigu et grave. Si Black Bomb A avec ses précédents albums avait pu essuyer des critiques diverses – autant qu’il avait pu fédérer, d’ailleurs -, autant l’annoncer d’emblée : Comfortable Hate n’a que faire des diatribes, surtout, pourrions-nous deviner, celles confortables auxquelles se livrent les justiciers 2.0 depuis leur canapé…

Les premières minutes de l’album suffisent à constater l’excellent travail de Logan Mader (ex-Machine Head) à la production. Chaque titre a ses impacts, les guitares sont rondes et puissantes, avec parfois des consonances qui rappellent justement les premiers Machine Head (les premières secondes de « Comfortable Hate », proches du « Struck A Nerve » de la bande à Robb Flynn, ne font que le confirmer). Black Bomb A sonne « roots », sonne fort, sonne propre. On se plaît à retrouver le traitement atypique du son de basse, claquant à souhait sans pour autant perdre en profondeur. Le riff d’introduction de « Let’s Start Again » ou celui précisément porté par la basse de « Rescue From This World » permettent d’apprécier ce respect de l’instrument, malheureusement trop peu fréquent dans les productions de ce type. Justement, pour ce qui est du riffage… Black Bomb A fait preuve d’une certaine diversité, là où on ne l’attendait pas forcément. Le matraquage de bienvenue de « Confortable Hate » côtoie la lourdeur de « Let’s Start Again », la violence de « Land Of Bastards » et le groove hardcore de « On Fire ». De ce point de vue, Comfortable Hate est relativement éloquent.

Le point fort de l’album reste néanmoins ses parties chantées, allers-retours incessants entre les deux registres contrastés d’Arno et Poun. Qui plus est, elles s’illustrent au sein de compositions qui prônent une structuration parfois un peu plus sophistiquée qu’à l’accoutumée. Certaines mauvaises langues ne manqueront pas de critiquer les passages « mélodiques » tels qu’on les entend sur le refrain de « Rise Up » (où Arno prend un timbre clair mais bétonné à la Phil Anselmo à s’y méprendre), de « Land Of Bastards » ou de « Tears Of Hate ». Ces derniers sont pourtant pertinents et aèrent les compositions, leur conférant davantage de profondeur tout en exploitant la dualité des voix du groupe. « Into The Void », pseudo-ballade héroïque de l’album, démontre que Black Bomb A sait jouer pleinement de cet atout et a quel point Arno, jouant sur ce titre le crooner désabusé, a affirmé son grain et étendu son registre depuis One Sound Bite To React sur lequel le duo s’était quitté.

Comfortable Hate n’innove pas vraiment, ne surprend pas réellement. Mais est-ce là le véritable dessein ? Comfortable Hate bénéficie de véritables riffs qui tabassent, tour à tour groovy et nerveux, de passages mélodiques plein d’accroches et d’un chant qui fait toute la particularité de Black Bomb A. Celui-ci nous propose un opus survolté à la hauteur de sa réputation, propre à des prestations live qui s’annoncent détonantes. Comfortable Hate ne dément pas ce qu’est Black Bomb A, effectivement une référence.

Ecouter le morceau « On Fire » :

Album Comfortable Hate, sortie le 2 mars 2015 chez Verycords.



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  • Bon, j’en suis à deux écoutes maintenant. Je sais que c’est bien peu, et c’est loin de me décourager. D’un côté il est indéniable que l’alchimie Arno Poun est là, que le groupe en a besoin pour fonctionner, c’est vital, les chansons sont même écrites dans ce sens (consciemment ou non), eh bien… J’arrive pas à accrocher mon attention à une seule chanson en fait. Bon j’exagère, mais s’il est cohérent comme album, aucun titre ne sort du lot, ne se démarque. Même On Fire qui est pourtant génial. C’est assez étrange à vrai dire. Donc il va falloir y revenir encore un paquet de fois à mon avis. Ne vous arrêtez surtout pas à la 1ère écoute si vous n’êtes pas convaincu !!

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