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Interview   

Black Debbath : le stoner givré qui vient de Norvège


Black Debbath est un des gros coup de cœur de votre serviteur depuis le jour où il a posé une oreille curieuse sur Welcome To Norway, leur étonnant guide touristique musical de la Norvège.

Un groupe de délurés mêlant un stoner inspiré et décomplexé à une bonne dose d’humour et des thèmes politiques ou atypiques. Vous n’en avez jamais entendu parlé ? Rien d’étonnant : Les seules informations officielles à son sujet sont presque toutes en norvégien, son répertoire est dans sa très grande majorité en norvégien et le groupe tourne essentiellement en Norvège. Pourtant fort d’une déjà remarquable discographie, d’une belle réputation dans son propre pays et de quatorze années au compteur, Black Debbath mérite toute notre attention par un talent indéniable et une personnalité, à proprement parlé, hors du commun.

A l’occasion de la sortie de son nouvel album Nei, Nå Får Det Faen Meg Være Rock! Akademisk Stoner-Rock (à vos souhait !), nous ne pouvions faire autrement que d’essayer d’interroger un des énergumènes qui le composent. Autant il peut être ardu de se procurer certains de leurs albums dans notre contrée hexagonale (ce fut pendant longtemps un casse-tête pour votre serviteur), autant prendre contact avec le groupe a été des plus aisé. C’est l’éminemment sympathique et excentrique Egil Hegerberg – bassise, guitariste, chanteur et co-fondateur avec ses collègues du label Duplex Records ainsi que d’une multitude d’autres groupes tous plus surprenants les uns que les autres – qui a pris son téléphone pour répondre à nos questions.

Pour tout vous dire, nous ne sommes pas déçus et il y a fort à parier que cette introduction à l’univers de Black Debbath saura attiser votre curiosité.

« Vous pouvez toujours prendre des cours de norvégien et découvrir de quoi parle vraiment le groupe ! Si vous ne comprenez pas les paroles, vous ne profitez que de la moitié de l’expérience. »

Radio Metal : Le titre de votre dernier album peut se traduire par « Fichez-moi la paix, c’est du rock ! Du rock stoner académique ». À quoi cela fait-il référence ?

Egil Hegerberg (basse) : Je préfère traduire par « Il est temps de faire du rock ». Nous avons passé trop de temps sur d’autres styles de musique. Nous devions revenir aux sources, au bon vieux rock des années 70 avec des paroles et un fond politique.

Le premier single tiré de cet album parle d’une forêt dont les arbres sont coupés pour en faire un parc à statues. Pourquoi vous sentez-vous si concernés par ce sujet ?

C’est un problème local : une personne très riche a décidé de s’approprier un joli bois privé à Oslo et d’en faire un parc à sa propre gloire, avec des statues assez vulgaires de femmes nues. C’est un vieux bois, avec de nombreux sites archéologiques. Il a été préservé pour offrir aux habitants d’Oslo un endroit où aller se balader et se détendre. Nous n’approuvons pas la façon dont cette personne a mis la main dessus et se permet de faire ce qu’il veut avec.

Étant donné que toutes les chansons sont en norvégien et que je n’ai aucune idée de leur sens, peux-tu nous résumer rapidement le reste de l’album ?

Black Debbath existe depuis treize ans, je crois. Nous en sommes à notre sixième album. Sur tous nos albums, nous avons essayé d’associer la musique metal des années 70, des commentaires politiques et un peu d’humour. Le premier titre de cet album est « Esclaves de l’humour ». Il explique que nous avons autrefois été esclaves de l’humour mais qu’aujourd’hui nous sommes là pour jouer du rock et nous pensons ce que nous disons. C’est tout l’objectif de l’album : dire au revoir à l’ancien Black Debbath et bonjour au nouveau. Il y a un arrière-plan politique réel. Ensuite, il y a notre premier single, qui s’appelle… Je ne sais plus comment s’appelle le single, c’est un peu rude ! Il y a aussi une chanson intitulée « Nettoyez l’espace » : les astronautes et les cosmonautes laissent toutes leurs cochonneries en orbite, alors on leur demande de prendre un sac et de ramener les déchets. S’ils font un pique-nique, par exemple, ils doivent ramener les restes. On ne peut pas les laisser tourner autour de la Terre, ça ne se fait pas ! C’est le sens de « Rydd rommet », « nettoyez l’espace ». Quoi d’autre ? Nous avons une chanson intitulée « Bytt kjøkkenklut oftere! », qui explique qu’il faut changer de torchon. Ces trucs-là doivent être lavés plus souvent qu’on le pense, jusqu’à quatre fois par semaine. Il y a beaucoup de sujets importants à évoquer !

Votre troisième album comporte une chanson appelée « What the previous song was about » (en français : « ce dont la précédente chanson parlait »). Est-ce parce que trop de gens vous demandaient de quoi parlaient vos chansons – parce qu’ils n’en comprenaient pas un mot ?

Notre deuxième album était en anglais. C’était un guide touristique de Norvège, il s’appelait Welcome To Norway. Sur le troisième album, nous sommes revenus au norvégien. Mais nous avions le sentiment de devoir expliquer à notre public étranger ce que nous faisions, du moins en parler, alors nous avons traduit la première chanson pour faire la deuxième. Pour cet album, nous avons oublié notre public étranger, et j’en suis vraiment désolé. Mais vous pouvez toujours prendre des cours de norvégien et découvrir de quoi parle vraiment le groupe ! Si vous ne comprenez pas les paroles, vous ne profitez que de la moitié de l’expérience.

Les albums de Black Debbath ont parfois un thème général, comme Welcome To Norway, qui, comme tu l’as déjà dit, est un guide touristique. Quant à votre album précédent, il célébrait les femmes. Y a-t-il une ligne directrice entre toutes les chansons de ce nouvel album ?

Deux éléments traversent cet album : il y a les chansons politiques, et les chansons informatives, comme celle concernant le torchon. Nous avons aussi un titre à propos de la FAFO, une organisation scientifique. Les chansons politiques sont celles à propos du parc et « Gjør norsk utenrikstjeneste nok for eventyrere og kriminelle nordmenn i utlandet », qui peut se traduire par : « Les affaires étrangères norvégiennes en font-elles assez pour les aventuriers et les criminels norvégiens à l’étranger ? »

« On trouve ça très drôle de parler de sujets qui ne correspondent pas du tout à la musique. […] [Certaines personnes] disent que notre musique est trop bonne pour la gâcher avec des paroles idiotes. Mais on aime ce qu’on fait, donc on s’en fiche. »

Est-ce un choix explicite de votre part d’aborder des sujets dont la plupart des groupes de metal ne parlent généralement pas ?

Oui, je pense. On trouve ça très drôle de parler de sujets qui ne correspondent pas du tout à la musique. Notre première chanson s’appelait « Problemer Innad I Høyre », ce qui signifie : « problèmes internes dans le parti conservateur ». Ça a touché une corde sensible chez le public norvégien, ils ont adoré entendre ce genre de sujet dans une chanson metal old-school. Depuis ce jour-là, nous n’avons jamais regardé en arrière. On aime associer ces deux éléments. Certaines personnes ne comprennent pas, elles pensent que ça ne va pas avec la musique. D’autres disent que notre musique est trop bonne pour la gâcher avec des paroles idiotes. Mais on aime ce qu’on fait, donc on s’en fiche.

Le livret est assez élaboré. Quelle est l’idée derrière ce livret et les photos du groupe ? On peut y voir une femme nue. Y a-t-il un lien avec l’album précédent ?

L’artwork de cet album a un style plutôt académique. Il y a beaucoup d’extraits de livres, et évidemment, on sacrifie une belle femme nue, parce que c’est ce qu’on fait dans le rock ! On le fait dans un contexte académique, avec beaucoup de livres. C’est ce qu’on a essayé de faire : un mélange de bons vieux clichés rock et d’approche académique.

Vous aimez donc les clichés rock ?

Ceux avec des femmes nues, oui ! On ne peut pas se tromper avec une femme nue sur une table !

La musique de l’album précédent a élargi le son stoner de Black Debbath. Il comportait notamment des éléments atmosphériques, avec de la trompette sur un titre. Était-ce quelque chose que vous vouliez conserver sur cet album : du stoner plus ouvert ?

Oui, j’imagine. Nous essayons toujours d’aller aussi loin que possible dans cette direction. Le dernier album avait un côté plus funky, avec des trompettes et des saxophones. Cet album est un peu plus pur en ce qui concerne l’esthétique rock, mais il est aussi très diversifié. Il s’y passe beaucoup de choses, notamment au niveau de la batterie. Je pense que ce nouvel album est notre meilleur disque jusqu’à présent, aussi bien en termes d’écriture que de production. On continuera donc dans la même direction. Nous avons déjà commencé à travailler sur le prochain album, donc ça ne devrait pas être long. L’an prochain, je dirais. On ne travaille pas très vite, mais on a un bon vent dans nos voiles. On espère être de retour avec un nouvel album l’an prochain, ou peut-être en 2015.

À quoi ressemblera-t-il ?

Je ne sais pas encore. Nous avons tout juste commencé à travailler sur les chansons, nous avions des morceaux qui restaient de cet album. Notre dernier disque remonte à cinq ou six ans, mais je peux affirmer qu’il ne faudra pas aussi longtemps pour voir arriver le suivant, c’est certain.

Vos chansons sont quasi-exclusivement en norvégien. C’est aussi le cas de votre page Web et de toutes les informations que l’on peut trouver sur le groupe. Vos albums ne sont pas faciles à obtenir hors de votre pays. On dirait que vous ne voulez pas faire sortir votre musique de vos frontières ! Comment cela se fait-il ?

On chante en norvégien parce que c’est la langue qu’on connaît. On pourrait chanter en anglais mais on n’est pas très bons dans cette langue. En fait, on n’y a pas vraiment réfléchi ! Nous sommes heureux de jouer en Norvège et nous n’avons pas pensé que le public hors de Norvège pouvait s’intéresser à ce qu’on fait. Peut-être que nous pourrions faire un site Web dans d’autres langues – en français ou en anglais, par exemple. L’espéranto ou le mandarin pourraient marcher aussi ! Ça permettrait à plus de gens de suivre notre musique ! Mais nous ne sommes pas très futés, pas très ambitieux et nous sommes paresseux. On préfère rester à la maison. On aime quitter notre chez-nous pour jouer, mais pas pendant des périodes prolongées ! (rires) L’Europe est très éloignée de la Norvège, on ne peut pas aller s’y balader régulièrement. On n’a pas le temps pour ça ! Mais maintenant que nous sommes quadras, nous aurons peut-être plus de temps pour jouer hors de Norvège. Je ne sais pas trop.

« On ne peut pas se tromper avec une femme nue sur une table ! »

Vous ne ressemblez vraiment pas aux groupes de rock ou de metal classiques, qui aiment voyager six mois par an et visiter tous les pays du monde !

Nous ne sommes pas un groupe ordinaire. Quand nous avons lancé le groupe, nous avions presque tous des enfants en bas âge. Ce n’était pas facile de voyager pendant des périodes prolongées. Mais aujourd’hui, nos enfants ont grandi, donc on peut peut-être le faire. D’un autre côté, on est aussi trop âgés pour faire la fête !

Vous semblez très attachés à la culture norvégienne et êtes allés jusqu’à sortir ce « guide touristique » dont nous avons déjà parlé, Welcome To Norway. Mettre cette culture en avant est-il important pour vous ?

Notre musique est destinée à un public norvégien, c’est la vraie raison. Nous ne considérons pas vraiment le monde extérieur comme notre principal public. C’est donc notre véritable raison. Mais si nous pouvons faire office d’ambassadeurs de la culture norvégienne, ça nous convient. Nous devrions peut-être essayer d’élargir nos horizons sur le prochain album, et écrire quelque chose sur le monde extérieur. C’est une bonne idée.

Comme tout autre pays, la Norvège doit avoir changé depuis la sortie de Welcome To Norway, il y a plus de dix ans. Avez-vous pensé à mettre à jour le guide, ou à sortir une deuxième édition ?

Non, nous n’y avons pas pensé. C’est une bonne idée ! (rires) Les guides de voyage sont mis à jour de temps en temps. Oui, on va y penser ! On fera peut-être une nouvelle version, ou une version étendue. Nous n’avons sorti qu’une version CD, alors on peut peut-être envisager une sortie vinyle. Pourquoi pas faire une deuxième édition en même temps. On va en parler, c’est une bonne idée ! On pourrait même envisager une version française, même si on ne parle pas français. Ce serait un sacré boulot, mais on peut essayer !

Avez-vous pensé à sortir deux version de vos albums – une en norvégien, et une avec des paroles en anglais ? Les Suédois de Sabaton l’ont fait l’an dernier.

Nous n’y avons jamais pensé non plus. Beaucoup de groupes norvégiens et suédois l’ont tenté au fil des années, des groupes très connus en Scandinavie dans leur langue maternelle et qui ont essayé de se tourner vers d’autres pays. Ça n’a que rarement marché. C’est difficile de traduire une chanson et de faire en sorte qu’elle fonctionne dans une autre langue. L’intérêt d’une chanson réside principalement dans les mots, dans la façon dont ils sonnent. Trouver une combinaison de mots avec le même son et voulant dire à peu près la même chose dans une autre langue est assez difficile. Mais évidemment, si un public plus important hors de Norvège s’intéresse à Black Debbath, nous devrions tenter les chansons en anglais. Ou du moins, d’expliquer de quoi parlent les chansons. Je sais que plusieurs groupes norvégiens ont adopté cette technique avec succès. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de Kvelertak. Ils font le tour du continent en chantant en norvégien, donc ce n’est pas nécessairement un souci.

Vous jouez du stoner rock. De nos jours, ce style est lié aux régions chaudes et désertiques des États-Unis, tandis que vous venez des plaines glaciales de Norvège. Selon toi, est-ce une erreur de considérer le stoner comme une musique sudiste ?

(longue hésitation) Je ne sais pas. Il y a sans doute des gens qui aiment le stoner dans le monde entier. Je n’associerais pas ça à une notion géographique. J’imagine qu’il y a des gens pour aimer tous les styles de musique un peu partout.

Par le passé, vous avez qualifié votre musique de « heavy rock humoristique politiquement incorrect ». Le fait que vous mélangiez politique et humour signifie-t-il que vous considérez la politique comme un cirque et les politiciens comme des clowns ?

Eh bien… (rires, puis longue hésitation) Si c’est le cas, ça veut sans doute dire que nous faisons partie du même cirque. Dans le rôle des chevaux, ou quelque chose comme ça. Les politiciens font ce qu’ils ont à faire et parfois ils se peignent une cible dans le dos pour faire recevoir des moqueries. En ce qui nous concerne, on fait ce qu’on fait parce que c’est un moyen facile de commenter ce qui se passe. Je dirais que ce que nous tentons de faire, c’est de créer un nouveau langage pour le rock. Je ne vois pas pourquoi le rock ne pourrait pas être utilisé pour raconter toutes sortes d’histoires et chanter toutes sortes de chansons.

(A propos de Hurra Torpedo) « Malheureusement, après avoir joué des appareils électroménagers pendant si longtemps, Kristopher s’est blessé au bras. C’est ce qui arrive quand on passe 20 ans à ouvrir un frigo. »

Avec les groupes humoristiques, l’humour a tendance à éclipser la musique. Ce n’est pas le cas chez Black Debbath, où la musique est très inspirée. Est-ce important de conserver un équilibre entre humour et musique rock bien pensée ?

Les groupes que je considère comme comiques utilisent souvent des reprises, tandis que nous créons de la musique originale. Nous faisons en sorte qu’elle soit aussi bonne que possible, puis nous ajoutons une touche d’humour. Nous essayons de maintenir un équilibre. Pour nous, la musique est le plus important, mais pour le public, c’est le contraire. Cela dit, je ne pense pas qu’on puisse apprécier Black Debbath sans aimer la musique. Pour nous, la musique a la priorité. Ce n’est pas la même chose pour le public norvégien, mais pour les auditeurs internationaux, la musique est le plus important, car vous ne pouvez pas comprendre l’humour en norvégien.

Black Debbath a été créé par les quatre principaux membres de Duplex Records. Quelle est l’histoire de ce label ?

C’est une structure que nous avons fondée au milieu des années 80. À l’école, j’ai rencontré des gens qui aimaient la même chose que moi et nous avons créé un groupe. Nous avons mis en place Duplex Records pour enregistrer des cassettes avec ce groupe. Le label est ensuite devenu plus important, avec de nombreux groupes et projets solo. Avec deux autres gars, j’ai lancé Hurra Torpedo, dont la particularité est de jouer sur des appareils électroménagers. Au bout d’un temps, nous avons créé Black Debbath, et beaucoup d’autres groupes se sont réunis sous la même bannière. Duplex Records a presque toujours essayé d’associer humour et musique sous différentes formes. Nous avons connu le succès en Norvège à des degrés divers. Hurra Torpedo, qui se compose entre autres de moi et d’Aslag de Black Debbath, a eu le plus de succès à l’international. Nous avons fait deux tournées américaines, et je crois que nous avons joué dans deux ou trois villes en France. C’est la plus grande success-story à ce jour, mais j’ai le sentiment que Black Debbath va éclipser tout ça, avec toutes les réactions que nous recevons du monde entier.

Comment vous est venue l’idée des appareils électroménagers pour Hurra Torpedo ?

C’était au début des années 90, quand le monde était confronté à une autre crise. Kristopher [Schau], qui joue aujourd’hui de la batterie et des percussions dans le groupe, vivait dans une partie très mal en point d’Oslo. C’était presque un bidonville. Les habitants étaient partis, les bâtiments attendaient d’être démolis. Il y avait des appareils électroménagers partout, parce que les initiatives de recyclage n’existaient pas à l’époque. Au début, le groupe était un trio, avec batterie, basse et guitare, mais après un concert, le batteur est resté en arrière et ils ne lui ont plus jamais parlé. Pour le concert suivant, ils avaient besoin d’un batteur, mais ils n’avaient pas de batterie. Ils ont regardé dans le jardin et ont vu tous les appareils qui traînaient là. Ils se sont dit qu’ils pouvaient en tirer des rythmes. C’est à ce moment-là qu’ils m’ont recruté. Kristopher, qui était jusqu’alors à la basse, est passé aux appareils ménagers, et j’ai pris le poste de bassiste. C’était en 1993. Nous avons vite découvert que les appareils ménagers sonnaient beaucoup mieux que la batterie. Le groupe a rapidement connu un énorme succès en Norvège. Grâce à Internet et à YouTube, les vidéos se sont répandues dans le monde entier et nous avons commencé à jouer dans d’autres pays. Malheureusement, après avoir joué des appareils électroménagers pendant si longtemps, Kristopher s’est blessé au bras. C’est ce qui arrive quand on passe vingt ans à ouvrir un frigo. Ses os ont lâché et son bras est pour ainsi dire détruit. Il a perdu l’usage de son bras, donc on ne peut plus jouer.

Tu joues également dans un groupe d’une seule personne appelé Bare Egil Band. Quel est le concept de ce groupe ?

C’est un concept qui tourne autour d’un seul chanteur-compositeur. « Bare Egil Band » signifie « groupe avec Egil uniquement » : c’est un groupe qui se compose de moi ! Il existe une autre version de ce groupe, Ikke Bare Bare Egil Band Band, ce qui veut dire « groupe avec pas uniquement le groupe avec Egil uniquement ». Pour ça, j’ai des musiciens de session avec moi. On joue la plupart des chansons dans une version pour plusieurs musiciens et on fait aussi des reprises. En fait, ces musiciens sont extrêmement doués et quand on donne des concerts, le promoteur peut choisir n’importe quelle chanson qu’il veut entendre. Ils la répètent pendant le soundcheck et la jouent pendant le concert, quelle qu’elle soit. Si vous cherchez Bare Egil Band sur YouTube, vous trouverez des titres comme « Umbrella », de Rihanna. C’est le résultat d’une de ces occasions.

Que peux-tu nous dire concernant ton autre autre groupe, Thulsa Doom ?

J’ai joué dans ce groupe de 1999 à 2005. Il a été fondé par El Doom, qui est aussi le batteur de Black Debbath. Dans Thulsa Doom, il était à la guitare et composait une partie des chansons. Il a aussi son propre groupe, maintenant, El Doom & The Born Electric, qui a sorti un premier album l’an dernier. Thulsa Doom appartenait au même genre musical que Black Debbath, avec peut-être un côté plus swing. Les paroles étaient en anglais et parfois un peu humoristiques, mais ce n’était pas spécifiquement un groupe comique. Musicalement, c’est le groupe auquel je suis le plus fier d’avoir participé. Le deuxième album, …And Then Take You To A Place Where Jars Are Kept, fait partie de mon Top 10.

« Ce n’était peut-être pas très intelligent d’appeler notre groupe comme ça, mais après toutes ces années, on doit faire avec ! »

Les gens mélangent-ils parfois Black Debbath et Black Sabbath ? Je te pose cette question car, cette année, quand nous avons annoncé la sortie de votre nouvel album, un lecteur a cru que nous parlions d’un nouvel album de Black Sabbath.

Oui, il arrive que les gens fassent cette erreur. Et parfois, ils la font même dans l’autre sens, ce qui est bien plus marrant ! Par exemple, certains disent que Black Debbath a donné un gros concert à Birmingham. Là, on se sent très fiers ! (rires) Les noms sont effectivement très semblables. Ce n’était peut-être pas très intelligent d’appeler notre groupe comme ça, mais après toutes ces années, on doit faire avec !

Ce serait extrêmement cool de faire un concert avec Black Sabbath !

Ce serait cool. Mais l’an dernier, on a fait la première partie d’Ozzy en Norvège. C’était déjà plutôt cool en soi !

En tant que fan de Black Sabbath, que penses-tu de la réunion du groupe ?

Mes espoirs ne sont pas énormes. Le choix de batteur n’est pas très prometteur. Je leur laisserai une chance, bien sûr, mais je pense que le meilleur de leur carrière est derrière eux. Ça fait bien longtemps que j’ai entendu quelque chose d’intéressant dans la bouche d’Ozzy. J’écouterai, mais ils vont devoir bosser dur pour me convaincre que ça en vaut la peine. Je ne suis pas très optimiste. Je les ai vus il y a quinze ans à un festival au Danemark, c’était génial. Ils ont peut-être encore quelque chose en eux, mais j’aimerais revoir Bill Ward à la batterie.

Quand allons-vous enfin avoir l’occasion de vous voir sur scène ? Nous n’attendons que ça !

Il faut que tu viennes en Norvège, alors ! (rires) Pour l’instant, nous sommes très occupés avec notre tournée norvégienne. Nous allons participer à beaucoup de festivals ici cet été. Nos plans ne vont pas très loin, mais je pense que nous finirons par sortir de Norvège pour aller jouer ailleurs. Je ne pense pas que beaucoup de gens nous connaissent en France. Les salles ne seront sans doute pas pleines. Tu penses que beaucoup de gens ont entendu parler de nous ?

Pas beaucoup, non. Mais on va changer ça !

Tu vas devoir bosser dur, mais après, on viendra !

Il va falloir faire plus de promotion !

On essaie de faire connaître l’album hors de Norvège. On n’a pas beaucoup travaillé dans cette direction ces douze dernières années. Je suis d’accord, on va devoir travailler notre promotion en dehors de la Norvège !

Interview réalisée par téléphone le 31 janvier 2013
Retranscription et traduction : Saff’

Site internet officiel de Black Debbath (Duplex Records) : www.duplexrecords.no

Album Nå får det faen meg være rock! Akademisk stoner-rock, sorti le 11 janvier 2013 chez Duplex Records



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  • heavybourrin dit :

    Entrevue très intéressante !
    Ils ont des vidéos sur youtube (notamment du dernier album) c’est vraiment sympa
    Merci RM \m/

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