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Avant-Première    Interview   

Avant-première Black Hole Generator : aux premières loges pour le sacrifice


Black Hole GeneratorDix ans qu’il lui aura fallu pour donner un successeur à l’EP Black Karma. Bjørnar Nilsen, également chanteur de Vulture Industries, a enfin pu sortir son premier album studio avec son projet Black Hole Generator. Intitulé A Requiem For Terra, celui-ci expose la facette plus sombre et lugubre de la personnalité du norvégien, mais aussi son amour du black metal. Mais attention, comme avec son groupe principal, la musique de Nilsen ne se contente pas d’emprunter des chemins conventionnels, pour preuve, il qualifie lui-même le style musicale qu’il pratique de « black metal excentrique ».

Le résultat n’est pas tant dans une folie forcée que celui d’un artiste qui suit ses impulsions. A Requiem For Terra, en plus d’être un constat alarmiste sur la situation de l’Homme, de l’amorce doom pour monter en intensité dans la chanson éponyme aux mélodies accrocheuses de « Beneath A Chemical Sly », véritable hit en puissance, en passant par les consonances dramatiques et horrifiques de « Molloch », se révèle être une oeuvre noire riche et passionnante.

Et pour rentrer dans l’univers de Black Hole Generator, nous vous proposons de découvrir en avant-première le clip vidéo de la chanson « Molloch » réalisé par le célèbre Costin Chioreanu, qui est lui-même à l’origine de la pochette de l’album, suivi d’une interview pour en apprendre plus sur l’homme et son projet.

En préambule, Nilsen parle du clip : « Je trouve que cette vidéo est une oeuvre dérangeante. Costin Chioreanu a plongé dans les abysses de notre conscience collective et en a émergé avec des images de notre destruction. L’annihilation conjointe de toute vie. Les générations futures sacrifiées sur l’autel de Moloch. Un massacre d’innocents au-delà de l’utérus, dans l’espoir qu’en retour nous seront bénis avec des plaisirs terrestres. »

Radio Metal : A Requiem For Terra sort exactement dix ans après le premier EP Black Karma. Pourquoi est-ce que ça a pris autant de temps pour sauter le pas et enfin faire un album complet ?

Bjørnar Nilsen (chant et autres instruments) : Les chansons sont là depuis un moment mais ça a pris du temps pour les finaliser. En fait, nous avons commencé à enregistrer A Requiem For Terra approximativement un an après la sortie de Black Karma. Ceci dit, nous ne nous étions pas suffisamment bien préparés. Donc les chansons n’étaient pas correctement arrangées ou répétées, donc après avoir enregistré les guitares et la batterie, nous n’étions pas contents du résultat. Ce qui a conduit à ce que l’énergie s’évanouisse du projet et ça a pris des années avant que je reprenne la musique en main. Après avoir enregistré The Tower avec Vultures Industries et ce groupe prenant une direction assez différente, j’ai ressenti un grand besoin de revenir sur des territoires plus black, et nous y voilà.

Quelle était l’idée à l’origine lorsque tu as formé Black Hole Generator ?

Pour être tout à fait honnête, le groupe a commencé entre moi et un chien. Un teckel pour être précis. J’étais dans une cave en train de faire des riffs et l’enregistrer en train d’aboyer et hurler par-dessus. Certains des riffs se sont avérés un peu trop bons pour cet usage, et le chien n’arrêtait pas de foutre en l’air le timing, donc je l’ai viré et j’ai pris un chemin complètement différent.

Comment est-ce que, pour toi, Black Hole Generator est complémentaire avec ton travail au sein de Vulture Industries ? Est-ce que ce sont deux facettes de ta personnalité ?

Black Hole Generator offre un exutoire pour le côté plus sombre et heavy de ma musicalité et mon esprit pendant ses moments les plus moroses. Le cadre pour les deux groupes est aussi très différent. Vulture Industries est un groupe qui tourne, donc l’aspect live est pris en considération lorsque nous produisons de la musique. Avec BHG, ce n’est pas quelque chose dont je me soucie, donc je peux intégrer des parties qui représentent un grand challenge sans me soucier de pouvoir les reproduire en live.

Comment as-tu abordé la conception d’A Requiem For Terra ?

Pièce par pièce sur une longue période de temps. Souvent en refaisant encore et encore les choses parce que je n’étais pas content du résultat précédent. Faire un album sur une période de temps aussi longue n’est probablement pas la meilleure idée, car c’est facile de tomber dans la tentation de refaire les choses encore et encore et encore. J’ai dit par le passé que je vois un album comme un document qui représente son temps, qui étaient les gens qui l’ont fait à ce moment. Cependant, ça ne semble pas s’appliquer cette fois.

Black Hole Generator - Requiem For Terra

« Le groupe a commencé entre moi et un chien. Un teckel pour être précis. J’étais dans une cave en train de faire des riffs et l’enregistrer en train d’aboyer et hurler par-dessus. Certains des riffs se sont avérés un peu trop bons pour cet usage, et le chien n’arrêtait pas de foutre en l’air le timing, donc je l’ai viré et j’ai pris un chemin complètement différent. »

Peux-tu nous parler de la participation d’Arve Isdal (Enslaved, Audrey Horne), Gjermund Fredheim (Taake, Orkan) et Dag Terje Andersen aux guitares sur cet album ?

J’ai la chance d’avoir des musiciens de premier ordre dans mon cercle d’amis. Dag Terge, qui a joué toutes les guitares sur Black Karma à l’origine, a aussi joué toutes les guitares sur cet album. Quelques temps après qu’il ait fait les enregistrements initiaux pour A Requiem For Terra, il a déménagé à Mexico et nous nous sommes plus ou moins perdus de vue. Comme je voulais réenregistrer une bonne partie des parties de guitare, car je n’étais pas content du son, j’ai demandé à mon ami Arve de m’aider. Comme nous gérons le studio ensemble, c’était pratique et facile, et étant donné qu’il est l’un des meilleurs guitaristes de rock et de metal dans le pays, j’ai aussi eu beaucoup de chance.

Par le passé, j’ai aussi travaillé avec Gjermund via mon travail en tant que producteur pour Taake, et j’adore son jeu. Il est très imaginatif pour ce qui est des leads et souvent emprunte des chemins non conventionnels. J’avais donc des parties particulières dans ma tête pour lui et il a vraiment assuré dans sa tâche. Je suis surtout content du lead de guitare slide sur « Molloch ».

Black Hole Generator est grosso-modo le groupe d’un seul homme. Penses-tu que le fait d’impliquer plus de gens comme un vrai groupe aurait compromis ta vision ?

Les choses auraient été différentes, et auraient probablement avancé plus rapidement avec d’autres gens impliqués qui attendent un résultat. Si ça aurait compromis ma vision… Je ne sais vraiment pas. J’ai tendance à avoir des opinions assez fortes sur ce genre de choses, donc une mauvaise association créative réduite par des compromis n’aurait probablement pas duré très longtemps.

Ton premier EP s’appelait Black Karma, maintenant l’album s’appelle A Requiem For Terra, tu as aussi une photo promo avec une pancarte où il est inscrit « have money need hope » (« j’ai de l’argent, besoin d’espoir », NDT). D’où vient tout ce pessimisme ? Quel est ton message ?

Je ne me considère pas comme quelqu’un de pessimiste. Honnêtement, je pense que la plupart des gens autour de moi me considèrent comme un optimiste. Les titres et l’imagerie que j’utilise sont plutôt des commentaires sur le monde tel que je le vois. Au début de l’histoire de notre espèce, il semble qu’il y avait une grande foi en l’avenir. Une impression que même si les choses pouvaient être moches, elles allaient s’améliorer. A présent, ceci semble avoir disparu au profit d’une croyance que notre âge d’or est révolu, et qu’à partir de maintenant on va sur une pente descendante.

L’image du monde que renvoient les médias ne laisse pas beaucoup de place à l’espoir. Avec le réchauffement climatique, la mort des abeilles, l’extinction de masse, des contrôles extrêmes, un ultra-narcissique démenti qui a le doigt sur le bouton nucléaire, des millions de tonnes de micro plastiques qui flottent sur les océans menaçant la chaîne alimentaire, tout ça semble peu réjouissant. Pourtant… A travers l’histoire de l’humanité, il semble qu’il y a toujours eu une forte attirance vers les prophéties apocalyptiques, donc on ne peut qu’espérer…

Black Hole Generator

« Je suis les impulsions que j’ai et je vois où elles me mènent. Je ne cherche pas à m’imposer d’objectif d’écrire quelque chose qui cadre avec une forme préconçue. Donc le processus produit des résultats imprévisibles. »

L’illustration de Costin Chioreanu est une représentation de Moloch. Qu’est-ce que ça symbolise ?

Moloch est une divinité sumérienne étroitement liée au sacrifice humain. Pour l’album, il est utilisé pour symboliser la volonté de l’Homme de sacrifier son avenir et celui de ses enfants qui ne sont pas encore nés pour des choses simples et des plaisirs terrestres.

Black Hole Generator est bien plus ancré dans le black metal que Vulture Industries. Quelle est ta relation au black metal et qu’est-ce que ce genre représente pour toi ?

C’était un genre très important pour moi durant mon adolescence et quelque chose qui est resté avec moi depuis lors, autant à travers ma propre musique qu’en travaillant avec des groupes de black metal en studio ou dans d’autres aspects qui entourent une sortie. Même si beaucoup de groupes ont perdu ça, je le vois toujours comme un genre possédant un esprit libre et indépendant.

Pour autant, ça reste un album varié, foulant d’autres territoires que le black metal – tu as même qualifié toi-même ta musique de « black metal excentrique ». Est-ce important pour toi de ne jamais s’enfermer dans une case d’un point de vue créatif ?

Je fais de la musique de la façon dont je l’entends. C’est un processus fluide où je suis les impulsions que j’ai et je vois où elles me mènent. Je ne cherche pas à m’imposer d’objectif d’écrire quelque chose qui cadre avec une forme préconçue. Donc le processus produit des résultats imprévisibles. Ce n’est pas un but en soi d’être imprévisible. Si quelque chose que je fais devait rentrer dans une catégorie, ça ne me dérangerait pas.

As-tu des nouvelles de Vulture Industries à partager ? Ça fait déjà trois ans que The Tower est sorti…

Nous sommes actuellement en période de préparatifs avant de démarrer en studio ce jeudi sur le nouvel album de Vulture Industries. Nous allons enregistrer et faire la majorité du mix en décembre, et finaliser le processus juste après le nouvel an. Comme avant, nous enregistrerons et mixerons ici à Bergen où je gère un studio avec certains des mecs d’Enslaved, mais cette fois, nous allons aussi faire appel à de l’aide extérieure. Nous avons invité notre bon ami Hupogrammos de Dordeduh à venir nous aider à produire l’album. Il a critiqué le mixage, donc nous l’avons invité à venir nous montrer comment faire mieux. Si les choses se passent plus ou moins comme prévu, l’album devrait sortir l’été prochain.

Interview réalisée par e-mail le 5 décembre 2016 par Nicolas Gricourt.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Page Facebook officielle de Black Hole Generator : www.facebook.com/blackholegeneratorofficial

Acheter l’album A Requiem For Terra.



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