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Interview   

Black Label Society : simplicité et dérision


Zakk Wylde est un petit plaisantin qui a toujours une petite blague à glisser dans ses réponses, au point de parfois nous faire douter de ce qui est sérieux et ne l’est pas. Finalement, il est à l’image de ce clip promo extravagant et complètement ridicule pour le coffret No More Black : il ne se prend pas au sérieux et c’est bien ce qui contribue à rendre le personnage sympathique. Zakk Wylde ne se prend jamais la tête, pas plus en période de pandémie où il en a profité, comme beaucoup, pour renouer avec des choses simples de la vie, comme la famille, ou faire avancer ses projets, à l’image du nouvel album Doom Crew Inc. qui rend hommage à la fois au road crew et aux fans de Black Label Society.

Doom Crew Inc. est une nouvelle fois une ode à la « simplicité dans le riff » – avec en ligne de mire sa fameuse référence : le « Mont Riffmore » –, à la saturation grasse et musclée et à la douceur toute virile. Zakk Wylde ne change pas sa formule, à un détail près : l’implication de son second Dario Lorina qui a pu contribuer aux solos de l’album, lui qui prenait une place de plus en plus importante en live. Nous en parlons ci-après avec père Wylde.

« Dario est génial ! Il joue super bien de la guitare et du piano, il chante super bien aussi, il fait la vaisselle, il lave le linge, il cuisine une piccata de poulet extraordinaire… On peut difficilement faire mieux. »

Radio Metal : Tu es généralement très actif en tournant beaucoup, que ce soit avec Black Label Society, Zakk Sabbath, Experience Hendrix, etc. Mais tout s’est arrêté en mars 2020. Ne t’es-tu pas ennuyé durant cette année et demie passée, ou as-tu vu ça comme une opportunité, comme d’autres artistes l’ont fait ?

Zakk Wylde (chant & guitare) : Oui. Avec Black Label, nous avons fait le coffret ainsi que des vidéos pour l’accompagner, puis nous avons enregistré l’album Doom Crew Inc., et là encore nous avons fait des vidéos pour ça. Donc nous avons constamment été occupés ! Nous venons de nous retrouver pour faire trois concerts, à Sturgis, dans le Montana et en Virginie, à l’occasion du gros festival Ridge Rock. C’était super de retrouver tout le doom crew et de tous traîner ensemble, et évidemment de rejouer. C’était étrange, parce que nous étions tous là à nous regarder, nous avions l’impression que ça faisait à peine deux semaines que nous nous étions quittés. Mais durant la pandémie, j’ai eu l’occasion de faire plus de choses que j’aime faire, comme passer du temps avec ma famille, aller chercher mon fils à l’école, promener le chien, et simplement profiter de mon temps à la maison. Car lorsque je suis sur la route, je ne suis jamais à la maison. J’adore jouer tous les soirs, j’adore être sur scène, mais quand je suis à la maison, j’aime en profiter. Le monde entier a ralenti un instant, donc ça a donné une chance à tout le monde de… On pouvait renouer des liens avec ses grands-parents, ses parents, etc. Je n’avais pas vu mes grands-parents depuis des années. J’ai eu l’occasion de les retrouver et de passer des moments privilégiés avec eux, car qui sait encore combien de temps je vais les avoir. On réalise quelles sont les choses importantes qu’on prenait initialement pour acquises. Le fait que le monde ait ralenti un moment nous a permis de respirer, de faire le point, etc. Enfin, le train-train va reprendre bientôt et quand ce sera le cas, il y aura des deadlines, des engagements et il faudra faire les choses.

Vous avez enregistré environ trente chansons pour le nouvel album Doom Crew Inc. Ça peut sembler beaucoup : est-ce que ces sessions ont été particulièrement prolifiques ou bien c’est toujours comme ça ?

Ça a toujours été comme ça. Une fois que tu es lancé, que toutes tes idées commencent à venir, tu les enregistres toutes. Avec cet album, une chose que nous n’avions pas faite avant est que j’ai enregistré toutes les guitares avant que les gars ne s’y mettent. Par exemple, sur « Set You Free », j’ai fait tout le travail à la guitare dessus avant qu’ils n’arrivent. De cette façon, quand Jeff [Fabb] et JD [John DeServio] ont débarqué au Vatican, ils étaient là : « Zakk, joue ça. » Ils connaissaient déjà et pouvaient tout de suite rentrer dessus. Puis arrive le pré-refrain, disons que nous le jouions à un tempo divisé par deux. Puis arrive le refrain. Puis le couplet. Puis le solo et là, c’est genre : « Ok, laisse-moi écouter un instant. » Jeff écoute, joue de l’air drums par-dessus et dit : « D’accord, je vais faire ça ici. C’est bon, je peux enregistrer. » Jeff y allait et enregistrait la batterie. Fait. Puis JD joue de sa basse, y met sa magie. Quand les gars ont tout fini, ils rentrent chez eux et alors je me concentre sur le chant. Une fois que j’ai fait le chant, nous avons le tableau et pour moi, les solos c’est le cadre autour du tableau. Donc à partir de là, je peux prendre du recul pour voir le tableau dans son ensemble et déterminer le genre de cadre que je veux lui donner, et c’est les solos. Je fais donc mes devoirs et je mets les solos dessus.

Cette fois, sur cet album, nous avons fait jouer père Dario [Lorina]. Pour moi, c’est juste une évolution, une suite logique par rapport à là où nous en sommes. Sur scène, quand je joue du piano, lui est à la guitare, et maintenant nous l’impliquons encore plus dans certaines combines. Par exemple, il double un solo dans « Stillborn » ou « Suicide Messiah » et ensuite, nous partons dans la foule pour faire « Fire It Up », nous prenons les commandes des boissons et faisons un duel de banjos. C’est ce qu’on entend dans l’album, et ça fonctionne tout seul. C’est juste, genre : « Dario, je vais faire un solo ici, et après c’est à toi. » Et puis il y a les harmonies et tout. Maintenant, c’est un véritable album à deux guitaristes. Ce n’est pas pour rien que les Allman Brothers, Judas Priest, Thin Lizzy, etc. ont deux gars à la guitare. C’est parce qu’il y a des harmonies et que ça fait partie intégrante du son.

« C’est toujours la même philosophie. Même quand nous avons fait le premier Sonic Brew, c’était juste : ‘Je vais te donner trois notes. Montre-moi si tu peux écrire une chanson.' »

Penses-tu avoir trouvé en Dario une alchimie que tu n’avais jamais connue avant dans ta carrière ou à laquelle tu ne t’attendais pas ? Je veux dire que depuis ton passage dans le groupe d’Ozzy Osbourne, tu as toujours eu l’habitude d’être seul à la guitare, et même dans les albums de Black Label, la guitare a toujours été ta chasse gardée…

Dans Pride And Glory aussi, c’est juste un trio. Zakk Sabbath est un power trio. Mais oui, comme je l’ai dit, c’est une évolution. Voilà où nous en sommes. Je me suis éclaté à faire cet album, Dario a joué comme un fou, donc je suis très content du résultat. L’idée à terme, c’est que Dario passe au chant et à la guitare, puis de trouver un autre guitariste pour me virer moi-même du groupe, alors je managerai le groupe et je m’accaparerai leurs droits d’édition et sur le merch, je les enverrai en tournée, et j’amasserai tout l’argent sans rien faire. C’est le but. Ensuite, je changerai de nom pour devenir Dr. Evil. C’est ce que je compte faire. C’est le plan d’action [rires]. Je suis fier de Dario, mec. J’aime le mettre en valeur quand nous faisons des concerts. Dario est génial ! Il joue super bien de la guitare et du piano, il chante super bien aussi, il fait la vaisselle, il lave le linge, il cuisine une piccata de poulet extraordinaire… On peut difficilement faire mieux. Il est juste génial !

Vous avez sorti en 2019 l’édition des vingt ans de Sonic Brew, que vous avez réenregistré, et ensuite vous avez travaillé sur le coffret No More Black. Est-ce que le fait de vous plonger dans ces vieilles musiques a influencé d’une quelconque manière le nouvel album ou votre état d’esprit ?

Quand nous avons dû réenregistrer Sonic Brew, nous avons fait jouer Jeff par-dessus Phil [Ondich] afin de pouvoir monter la batterie dans le mix. Ensuite, nous avons enregistré des guitares supplémentaires de manière à avoir des trucs à mixer avec. C’est la raison pour laquelle nous avons appelé ça « l’assemblage anniversaire ». JD a fait un boulot extraordinaire là-dessus avec le remix et tout. C’était marrant de jouer ces chansons quand nous avons fait la tournée pour les revisiter, car nous n’avions pas joué un grand nombre d’entre elles depuis que nous avions fait l’album. C’était un moment agréable, c’est certain. C’était amusant à faire, mais ça n’a pas forcément eu d’influence sur le nouvel album. Je pense que l’inspiration vient de partout, de tout ce qu’on écoute. On pourrait écouter quelque chose qui n’a rien à voir avec ce qu’on fait. Si une mélodie montre le bout de son nez et t’inspire, avant même de s’en rendre compte, on commence à composer un truc. C’est une étincelle qui montre la voie et tu te retrouves aller complètement ailleurs avec. C’est ce qui est beau dans la composition.

Comment comparerais-tu le Black Label Society de Sonic Brew et celui de Doom Crew Inc. ?

Je dirais qu’ils ont des titres différents. L’un s’appelle Sonic Brew et l’autre Doom Crew Inc. En dehors de ça, ça reste les mêmes chansons, je me contente de mélanger un peu les paroles et là on se retrouve avec un truc complètement nouveau [rires]. Je veux dire que c’est toujours la même philosophie. Même quand nous avons fait le premier Sonic Brew, c’était juste : « Je vais te donner trois notes. Montre-moi si tu peux écrire une chanson. » Autrement dit : « Voici trois crayons. Montre-moi ce que tu peux faire avec. » Quand je pense aux riffs, je pense au Mont Riffmore, c’est-à-dire Cream, Mountain, Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple. Tous ces riffs extraordinaires que ces gars ont créés, si on n’est pas capable d’être inspiré par ça… Et ce qui est beau avec tous ces riffs qu’ils ont créés, c’est leur simplicité. Que ce soit « Sunshine Of Your Love », « I Never Dreamed », « Iron Man », « Smoke On The Water ». C’est la simplicité dans le riff. Comme « Stillborn », ce n’est qu’une note. Pareil avec « Set You Free », en gros c’est juste un couplet, le pré-refrain et le refrain c’est le couplet. Donc l’idée c’est : « Montre-moi comment tu peux optimiser un petit truc » pour en extraire un maximum.

As-tu quand même l’impression d’avoir évolué en tant que guitariste ?

Sur le plan technique, tu essayes d’aller aussi vite que possible, mais une fois que tu as acquis cette vitesse, cette technique et tout, ça se résume aux chansons, à ta composition. Je veux dire, c’est comme la manière dont les Beatles ont évolué entre « I Want To Hold Your Hand » et « Let It Be », ou si on regarde l’évolution de Black Sabbath ou Led Zeppelin. Jimmy Page ne joue pas plus vite que sur le premier album. Il ne s’agit pas de ça. Il s’agit juste des chansons, c’est ça qui compte.

« Je me regarde dans le miroir tous les jours en me réveillant le matin, et je ne peux pas prendre ce que je vois au sérieux [rires]. »

Le clip de présentation du coffret No More Black est très drôle, tout comme le clip absurde de « Set You Free ». On voit beaucoup de musiciens se prendre pas mal au sérieux, mais tu n’en fais clairement pas partie…

Je ne peux pas me prendre au sérieux ! Je me regarde dans le miroir tous les jours en me réveillant le matin, et je ne peux pas prendre ce que je vois au sérieux [rires]. En plus, nous nous éclatons beaucoup trop. Donc c’est comme ça, mec. Nous faisons ce que nous faisons. Nous aimons nous amuser, comme dans le clip de « Set You Free ». Nous nous sommes demandé jusqu’à quel point nous pourrions rendre ce truc ridicule. Quand nous faisons les clips des chansons, la moitié du temps ils n’ont rien à voir, c’est un peu n’importe quoi [rires]. Tant que nous nous marrons et que je pleure de rire au moment où nous trouvons des idées, nous savons que nous tenons quelque chose. C’est juste pour s’amuser. Pourquoi nous ne nous amuserions pas en faisant ça ? C’est clairement quelque chose que j’avais aussi avec Oz, mais mes potes, Tommy [Karrick], John [Kern] et Roch [Diaz], et moi quand nous étions au lycée avec mon premier groupe, nous faisions déjà les mêmes trucs idiots à cette époque.

Doom Crew Inc. est voulu comme un hommage à la fois à votre road crew et un salut envers la légion qui soutient le groupe. Tout d’abord, le road crew, ce sont parmi les gens qui ont le plus souffert durant la pandémie. C’était important de leur montrer votre soutien et votre reconnaissance ?

Absolument. Je trouve ça super que les choses commencent à rouvrir, de façon à ce que tout le monde – le Doom Crew Inc. et les road crew de tous les autres groupes – puisse recommencer à subvenir aux besoins des familles et faire tourner l’industrie du spectacle. Ces trois concerts que nous avons faits, j’espère que ça montre la tendance, et puis il y a eu Lollapalooza où on a pu voir des centaines de milliers de personnes… Tout ceci, ce n’est que du positif, ça montre que les choses avancent. C’était super de voir tout le monde et de les voir prêts à se mettre au travail. Le road crew est important pour n’importe quel groupe. Ce sont les premiers à se saigner, les derniers à partir. Ils ne dorment pas, ils n’ont rien… Tout le monde se fiche de ce qui se passe entre le point A et le point B. Tout ce qu’ils voient, c’est le résultat final, le concert. Or sans le Doom Crew, la machine ne fonctionne pas.

Maintenant, si on considère le Doom Crew Inc. comme étant les fans qui soutiennent le groupe. Quand tu étais jeune, te sentais-tu toi-même appartenir à une communauté ?

Quand j’étais gamin, notre voisin d’à côté, mon pote Scott, il avait des frangins plus âgés. Son frère aîné Doogie était un Dead Head (nom donné aux fans de Grateful Dead, NDLR) et je trouvais toujours que c’était le truc le plus cool qui soit, car il avait des amis partout, ils se retrouvaient, partaient dans des road trip et allaient voir les Dead. De façon générale, je trouvais que l’idéologie, et tout ce qu’il y avait derrière les Dead, était vraiment génial, car c’était plus qu’un groupe. C’était ce truc vivant, qui respirait, et le groupe unissait tous ces gens qui devenaient les meilleurs amis. Ce qui les unissait tous était le groupe. Maintenant, avec Black Label, après vingt-deux ans, nous avons nous-mêmes cette famille Black Label, cette communauté. Nous avons des gens du Royaume-Uni qui traînent avec des gens de Chicago et qui ensuite parlent avec des gens du Canada, puis des gens d’Afrique du Sud. Ils restent tous en contact à travers le monde et se rencontrent pour aller voir des concerts. Je trouve ça magnifique, car ça me dépasse. Ça rend le groupe plus grand que moi. Encore une fois, c’est ce truc vivant, qui respire. Tout le monde fait partie de la famille. Surtout quand je les vois aujourd’hui, c’est comme s’ils étaient tous mes enfants. C’est époustouflant, c’est génial.

Quelle est la chose la plus folle qu’un fan ait faite avec le groupe ?

Une fois, un fan a dit : « Zakk, en fait j’aime bien tes solos de guitare » et juste après, JD lui a filé une droite en pleine tronche. C’était probablement le truc le plus fou ! Mais il fait tout le temps ça [rires].

L’album commence avec le premier single « Set You Free ». Ça pourrait être pris pour une chanson anti-confinement, mais à la lecture du texte, ça va au-delà de ça. Malgré tout, penses-tu que la musique et l’art libèrent les gens avec l’esprit ?

Oui, j’imagine. Je pense que la musique est importante dans n’importe quel moment de la vie. Cinq personnes peuvent entendre une chanson et elle les touchera chacune différemment. C’est véritablement le pouvoir de la musique et c’est ce qui est magnifique. La première fois que j’ai vu Elton John faire « Lucy In The Sky With Diamonds », ça m’a filé des frissons. Rien que le pouvoir de la musique, et à quel point elle peut être inspirante… On peut avoir le cafard, la musique nous redonne le moral. Elle nous fait réfléchir à certaines choses. N’importe qui a des souvenirs liés à certaines chansons qu’il a entendues tout au long de sa vie. T’es là : « Zakk, cette chanson me rappelle toujours quand j’étais tout petit, quand j’étais avec ma grand-mère, je me souviens l’avoir entendue. » La musique est puissante à ce point. Pour ma part, quand j’étais plus jeune, c’était probablement Elton John, Black Sabbath, Led Zeppelin, un tas de classic rock… Cette musique nous accompagne tout au long de notre vie, car on a de super souvenirs attachés à ces albums. C’est comme les films qu’on se souvient avoir vus étant enfant et qui ont eu un impact important sur notre vie. Personnellement, je suis toujours autant inspiré quand j’écoute Frank Marino, Led Zeppelin, Black Sabbath et Elton John que quand j’avais treize ans.

« Quand j’étais gamin, les gens disaient : ‘Oh, tu aimes Black Sabbath, c’est vraiment sombre.’ J’avais tendance à me dire : ‘C’est bizarre, parce que dès que j’écoute Black Sabbath, ça améliore significativement ma journée.’ Je n’ai jamais compris. »

Il y a aussi une chanson qui s’appelle « Gather All My Sins ». Quel serait ton plus grand péché ?

Je dirais que mon plus grand péché serait si je n’apportais pas une machine à expresso ou du Valhalla Java en tournée, dans le sous-marin de Black Label. Le Doom Crew Inc. n’apprécierait pas trop si je n’apportais pas de Valhalla Java. Pas bon ! C’est un péché que je ne me risquerais pas de commettre [rires].

L’idée de péché est très présente dans le metal. Adhères-tu à la vision du metal comme étant une forme de religion ?

Oui, je suppose, en ce sens, mais mes paroles – y compris toutes celles qu’on entend et qu’on peut lire dans le nouvel album – parlent plus de voitures rapides, de belles nanas et de rock n’ roll. Je ne sais pas quel genre de religion ce serait, mais il semblerait que ce soit ce autour de quoi je gravite [rires]. Mais enfin, quand j’étais gamin, les gens disaient : « Oh, tu aimes Black Sabbath, c’est vraiment sombre. » J’avais tendance à me dire : « C’est bizarre, parce que dès que j’écoute Black Sabbath, ça améliore significativement ma journée. » Ça m’inspire et ça m’exalte. Je ne ressens pas du tout ce truc de : « Oh bon sang, c’est vraiment sombre », ou que c’est déprimant ou je ne sais quoi. Je n’ai jamais compris. Comme je l’ai dit, la musique t’inspire et te fait te sentir mieux. C’est ce qui est génial : la puissance de la musique. Mais encore une fois, on pourrait faire écouter la même chanson à dix personnes et elles en auraient une perception différente.

L’album se termine sur « Farewell Ballad » : à qui dis-tu adieu ?

Quand j’écris des paroles, c’est généralement soit quelque chose qui m’est arrivé, soit quelque chose qui est arrivé à quelqu’un que je connais, qui a vécu un truc, ou c’est peut-être juste un truc que j’ai trouvé très intéressant ou à propos duquel j’ai lu en me disant : « Ouah, Il faut que j’en sache plus. » Ensuite, j’écris en abordant ça de mon point de vue. C’est ce qui est cool avec les paroles. Il y a parfois des gens qui viennent me voir en disant : « Zakk, cette chanson était notre chanson de mariage. Ma femme et moi avons mis ‘A Love Unreal’ à notre mariage. » Je suis là : « Oh c’est super, mec ! » Mais je sais de quoi parle le texte, sur quoi je l’ai écrit, et ce que les gens entendent peut avoir une signification totalement différente. Si on prend l’exemple de « Stairway To Heaven », quelqu’un a dit : « Nous l’avons joué aux funérailles de mon ami. » Tu peux dire ça à Robert Plant et il rétorquera que ça n’a rien à voir avec le sujet de cette chanson. Il sait sur quoi il l’a écrite et les métaphores qu’il a utilisées, mais si ça touche quelqu’un d’autre d’une autre manière, c’est tout ce qui compte.

Sur un autre sujet, tu as récemment déclaré trouver ça étrange quand les gens te demandent « qui est le meilleur… » en musique, car ce n’était pas du sport. D’un autre côté, ne crois-tu pas à une saine compétition entre musiciens et groupes, qui les pousserait à être meilleurs ?

Oui, bien sûr, mais ce que je veux dire c’est… Père Steve Vai l’a très bien dit : « Zakk, il n’y a pas de meilleur. C’est comme si on demandait : quelle est ta pizza préférée ? Tu aimes la pizza simple ? Tu l’aimes avec de l’ail et des champignons ou bien au pepperoni ? » On ne peut pas dire quel est le meilleur, parce que tout est super. C’est comme si on comparait « Comfortably Numb » de David Gilmour et « Eruption » d’Eddie Van Halen, les deux sont bouleversants. Tout dépend de ce qui nous branche. Quel est le meilleur album de Led Zeppelin ? Ils sont tous super. Tout dépend de son humeur du moment. Il y a non seulement ça, mais aussi les souvenirs qui sont attachés à un album donné. Par exemple : « Zakk, je me souviens de cet album quand j’ai fait telle chose pour la première fois, c’est pour ça que j’ai de super souvenirs qui y sont rattachés. » C’est en fonction de chaque personne. Mais pour ce qui est de se pousser à être meilleurs, oui, et surtout tous nos héros nous inspirent à faire ressortir le meilleur en nous et à vouloir devenir les meilleurs qu’on puisse être. C’est ce qui est beau quand on a des héros musicaux ou quelque chose qui nous pousse à nous améliorer. C’est toute l’idée. Ceci dit, en ce qui me concerne, j’ai complètement et misérablement échoué dans tous les aspects de ma vie. C’est comme ça, mais je ne désespère pas, je ne vais pas laisser tomber. JD espère que je vais laisser tomber, donc je ferais peut-être aussi bien de quitter complètement le groupe [rires].

Comme tu l’as dit, vous avez commencé à faire quelques concerts en août et là, vous êtes sur le point d’embarquer sur une longue tournée, à partir du 1er octobre. Qu’est-ce que ça te fait de reprendre la route ?

Pour moi, c’est la routine habituelle. Je suis content de voir les gars d’Obituary et père Tommy [Victor] dans Prong. J’ai hâte de voir les gars et notre famille Black Label quand nous allons revenir, c’est sûr, et de jouer de nouveaux morceaux du nouvel album. Et puis, si c’est annulé, c’est annulé ; on ne saura qu’au dernier moment si ça se fait vraiment.

Interview réalisée par téléphone le 17 septembre 2021 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Justin Reich.

Site officiel de Black Label Society : blacklabelsociety.net

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