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Live Report   

Black Stone Cherry : charisme


Après avoir vu les quatre ricains de Black Stone Cherry voler la vedette à Alter Brige pour qui ils faisaient la première partie, ce soir nous avons pu les voir en tête d’affiche et il n’y a que deux conclusions possibles : soit ils ont vendu leur âme au diable en échange de la capacité de faire les concerts les plus énergiques du monde, soit ils ont volé le Pick Of Destiny (suis-je le seul à voir une ressemblance entre Chris Robertson et Jack Black ?).

Quoi qu’il en soit, pour la promo de son nouvel album Between The Devil And The Deep Blue Sea, Black Stone Cherry était de passage ce vendredi 2 mars à la Maroquinerie de Paris. Et c’est un véritable bulldozer que nous avons vu passer sur scène. Un bulldozer qui nous aura presque fait oublier une première partie française pourtant loin d’être mauvaise. Hell Of A Ride nous proposant en effet un show tout à fait décent et cohérent avec l’univers musical de la tête d’affiche.

Artistes : Black Stone CherryHell Of A Ride
Date : 2 mars 2012
Lieu : Paris
Salle : La Maroquinerie

Hell Of A Ride fait mouche

En effet, le rock n’ roll puissant de Hell Of A Ride à l’interprétation énergique – malgré le peu de place restant sur la scène surchargée de matériel – parviendra rapidement à chauffer le public de la Maroquinerie très réceptif à la grosse voix du chanteur et aux charmes de la jolie demoiselle tenant la basse. Si certains pourraient comparer leur musique aux tubes pour adolescents que peuvent écrire Nickelback ou d’autres – effectivement, certains éléments y sont – l’énergie plus crue que dégage Hell Of A Ride en fait des morceaux moins polis et avec un groove réellement rock n’ roll. De plus, le son est bon, les gros amplis Marshall crachent du décibel en quantité et en qualité, le batteur cogne, non sans feeling. La recette musicale fait donc mouche bien qu’elle ne révolutionne pas le genre.

Côté scénique, comme nous l’évoquions, il ne reste environ que trois mètres carrés sur lesquels sont entassés quatre musiciens, le batteur étant écrasé sur la droite de la scène, à moitié dans les loges. Autant dire que ça ne sautait donc pas dans tous les sens : cela aurait pu s’avérer dangereux. On sent malgré tout une joie se dégager de cette scène à travers des morceaux accrocheurs comme « Fast As Lightning », titre éponyme de leur EP qui conclura leur set.

Chris Robertson n’a besoin que d’être là

Après un rapide changement de plateau avec un line-check s’éternisant un peu mais nous faisant profiter de l’excellent son sortant des amplis Peavey de Ben Wells, le quatuor arrive enfin sur scène entamant d’emblée le morceau « Change » issu du nouvel album, titre à l’intro rappelant par ailleurs énormément un des riffs prédominants de leur tube « Lonely Train ».

Tout le génie de ce groupe se révèle dès la quarantième seconde du morceau où le premier refrain débarque dans une explosion d’énergie scénique, d’efficacité, de paroles hurlées et répétées par le public, d’une présence et d’un charisme monstrueux, venus d’un autre monde et nous coupant le souffle. Si sur album Black Stone Cherry se « contente » d’être une machine à tubes fédérateurs aux refrains s’ancrant dans votre cerveau pour ne plus en sortir, mais dont les structures sont parfois prévisibles et attendues, sur scène c’est une toute autre histoire ! Alors que le frontman Chris Robertson se repose sur son charisme naturel pour faire le show, ses trois collègues, eux, sautent dans tous les sens, montent sur les retours pour se rapprocher du public, avec une attitude loin de sembler forcée ou artificielle. A regarder leurs mouvements de scène, tout en groove et a priori non chorégraphiés, tout semble simple, naturel et évident. Tout coule de source ! Pourtant, un musicien qui s’est déjà retrouvé sur scène sait à quel point il est difficile de bouger en jouant, même lorsque l’on connait ses morceaux sur le bout des doigts. Ce n’est pas le cas pour Black Stone Cherry. En ajoutant à cela un son irréprochable, on obtient un résultat intégralement parfait.

Côté setlist, le groupe rentre directement dans le vif du sujet avec « Change » et maintient le rythme, enchaînant avec « Maybe Someday » du premier album, puis « Blind Man », peut-être leur meilleur titre, qui ne prend que plus de puissance en live. Bien qu’honorant particulièrement leur nouvel album, Black Stone Cherry équilibre sa setlist avec trois morceaux très bien choisis de chacun de ses deux premiers disques. Pour calmer un peu le jeu, « In My Blood », dont le clip vient de sortir, sera quelque peu plus douce. « Ce morceau nous tient particulièrement à cœur » nous dira Robertson.

John Fred Young, tout en énergie

Ce dernier se montre d’ailleurs peu loquace pendant les cinq premiers titres mais aborde tout de même le public comme s’il le connaissait personnellement. Lorsque quelqu’un demande le morceau « Shooting Star », il répond : « Non, pas ‘Shooting Star’, on est fatigués de la jouer, on l’a virée de la setlist » dit-il comme s’il grondait un gamin insolent, « mais le morceau qu’on va jouer est issu de notre premier album et restera dans notre setlist tant qu’on ne sera pas devenus un groupe de rap ! Il s’appelle ‘Rain Wizard’ ». Tous les membres du groupe ayant un micro, les autres musiciens n’hésiteront pas à prendre la parole de temps en temps, comme lorsque Ben Wells fera quelques commentaires sur les problèmes techniques de Robertson avec une de ses guitares.

Cerise sur le gâteau, la reprise d’un morceau « que tout le monde aura forcément entendu au moins une fois dans sa vie s’il a déjà été défoncé ou bourré », en l’occurrence « Rocky Mountain Way » de Joe Walsh… que visiblement personne à la Maroquinerie ne semblait connaître ce soir. A croire que nous ne partageons pas les mêmes références que les Américains en termes de morceaux de beuverie. Ce morceau de blues au tempo lent ne sera pas moins le bienvenu pour ponctuer le set et reposer l’oreille, Wells nous offrant même un de ses seuls solos de la soirée à la talkbox.

Après l’excellente « White Trash Millionnaire », suivie d’un solo de batterie impressionnant d’énergie de John Fred Young, les deux guitaristes sortiront les guitares acoustiques, chose qu’ils font pour la première fois en concert, nous disent-ils, pour interpréter « Stay » et « Things My Father Said ». « Vous n’avez pas idée à quel point ça nous faire bizarre de jouer assis pendant un concert ». Enfin, après une « Blame It On The Boom Boom » divine, Robertson annoncera la fin du concert avec « Lonely Train », leur morceau le plus connu, parvenant à faire hurler tout le public sur le dernier refrain, laissant sa guitare de côté pour tenir le micro à la main.

Black Stone Cherry est un groupe inoubliable en concert car c’est sur scène que leurs refrains pouvant être qualifiés de faciles, et leurs morceaux parfois conventionnels, prennent tout seuls sens. Cette énergie et cette attitude scénique n’aurait absolument pas sa place sur une autre bande sonore. Si toute la puissance de ce show se base sur le caractère naturel de leur prestation, c’est parce qu’elle va parfaitement avec la simplicité de leur musique : ils ne sont pas ici pour faire une démonstration de technique ou d’arrangements compliqués, ni même d’une composition particulièrement recherchée. Ils sont là pour faire du rock ! Et c’est probablement pour ça qu’ils y arrivent mieux que n’importe qui ; ils ne cherchent pas à être des musiciens qu’ils ne sont pas. C’est également pour cela que ce groupe pourtant jeune n’a de leçons à prendre de personne en termes de spontanéité, de naturel et surtout de présence scénique.

Black Stone Cherry est ce qu’il doit être

Setlist Black Stone Cherry :

Change
Maybe Someday
Blind Man
Such A Shame
Soulcreek
In My Blood
Rain Wizard
Like I Roll
Rocky Mountain Way (Joe Walsh)
Killing Floor
White Trash Millionaire
Solo de batterie
Stay (acoustique)
Things My Father Said (acoustique)
Won’t Let Go
Blame It On The Boom Boom
Lonely Train

Photos : Loïc ‘Lost’ Stephan



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