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Interview   

Black Stone Cherry : qu’on est bien chez soi !


Ben Wells & Chris Robertson - Black Stone CherryAprès dix ans à faire trembler les scènes à coups de tatanes et de décibels, et puis quatre albums gorgés de hits rock n’ roll ricain énergique comme on n’en fait plus beaucoup, il est venu le moment pour Black Stone Cherry de boucler la boucle. Car oui, c’est bien dans le tout premier studio qu’il a foulé pour enregistrer son album éponyme de 2006 que le groupe à voulu revenir pour confectionner son cinquième méfait. Une oeuvre retour aux sources, retour au bercail aussi, parce qu’on est jamais aussi bien que chez soi.

Et chez eux, c’est le Kentucky, qui a en l’occurrence prêté son nom à ce nouvel opus. Un état porte d’entrée de l’Amérique profonde, loin des très grandes villes du pays, terre de production du bourbon et réputé pour sa prolifération des armes à feux… Mais surtout, vivre dans le Kentucky, c’est vivre une vie simple, et ce n’est certainement pas là-bas qu’on va chercher les paillettes. Ben Wells et Chris Robertson, respectivement guitariste et guitariste-chanteur, le reconnaissent bien volontiers : « Ça nous a vraiment forgés en tant que personnes. » Et on comprend vite d’où vient cette authenticité qui suinte dans chacun de leurs coups de médiators, plus encore, donc, sur cet opus.

Il ne faut pas croire pour autant qu’avec Kentucky Black Stone Cherry est revenu à la case départ : dix années d’expériences le sépare du premier album. Dix années d’expérience qui leur permet aujourd’hui de prendre en main leur musique, la produire eux-mêmes et envoyer valdinguer tous ceux qui oseraient leur dire ce qu’ils doivent ou pas faire, comme par exemple leur ancienne maison de disques, Roadrunner Records, avec laquelle ils ne sont pas spécialement tendres. Mais laissons-les expliquer tout ceci par eux-mêmes.

Black Stone Cherry by Rob Fenn

« Il y a des groupes qui vont en studio et prennent un an à faire un album, ce qui est dingue ! Si ça te prend un an à faire un album, alors ça signifie que tu as besoin de t’entraîner un peu plus. »

Radio Metal : Pour ce nouvel album, vous êtes retournés au studio Barrick Recordings où vous aviez déjà enregistré votre premier album il y a dix ans. Qu’est-ce qui vous a motivé à revenir là-bas ?

Ben Wells (guitare) : Ceci est notre cinquième album et nous avons pu cette fois-ci nous autoproduire. Donc, dans la mesure où nous devions prendre des décisions, ça avait du sens de le faire là-bas. Nous avons fait des albums en Californie, à Nashville…

Chris Robertson (chant & guitare) : En fait, au bout du compte, il y a des équipements aussi bon chez David [Barrick] que ce que tu trouveras n’importe où, donc… Je veux dire que nous avons fait notre premier album là-bas et personne ne s’est plaint [petits rires]. Du coup, pourquoi ne pas y retourner et ainsi pouvoir revenir tous les soirs à la maison ? Tu vois ce que je veux dire ? C’est simplement que ça paraissait sensé !

Vous avez déclaré que depuis votre premier album, vous avez « voulu retourner au studio où tout a commencé. » Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt alors ?

Parce que les maisons de disque pensent que tu dois dépenser deux cent mille dollars pour faire un album. Honnêtement, c’est à ça que ça se résume : elles pensent que tu as besoin d’un producteur et d’un studio de renom pour faire un album alors que, en vérité, les gosses font des albums dans leur garage qui sonnent incroyablement bien ! En fait, nous voulions plus ou moins que David, qui nous a enregistrés depuis le premier jour, soit le gars qui pousse le bouton « enregistrer », et il a du super matériel. C’était juste la facilité de pouvoir se lever le matin avec ta famille, prendre le petit-déjeuner, ensuite aller au studio et puis revenir à la maison tous les soirs. Je dirais qu’à partir de maintenant, nous allons sans doute enregistrer tous nos autres albums ainsi, chez nous.

Comment était cette expérience cette fois par rapport à il y a huit ans ?

C’était bien plus facile cette fois parce que ça fait bien plus longtemps que nous faisons ça et nous comprenons tout bien mieux, nous sommes de meilleurs musiciens.

Ben : Au début de notre carrière, nous étions tous nerveux, naïfs et inexpérimentés en studio. Donc maintenant, nous avons une un peu meilleure compréhension de ce que nous faisons, comment nous voulons que le résultat final sonne, et nous avons un peu plus confiance, je pense. Donc, ça aide beaucoup.

Et je suppose que ça a fait remonter plein de souvenirs…

Bien sûr ! Absolument. L’alchimie était tout de suite là, exactement comme avant, lorsque nous avons commencé à retravailler avec David. C’était simplement naturel ! C’est l’avantage d’une super relation de travail et d’un super studio.

Comment compareriez-vous le groupe d’il y a huit ans et celui d’aujourd’hui ?

Chris : Nous sommes tous les mêmes mecs, ce qui est assez spectaculaire, surtout de nos jours où aucun groupe n’a le même… Nous et Halestorm sommes les seuls à n’avoir que des membres d’origine parmi les groupes qui sont apparus il y a dix ans. La différence est que nous avons beaucoup tourné, nous avons fait plusieurs fois le tour de la planète, nous sommes tous devenus de meilleurs compositeurs et musiciens, nous jouons mieux ensemble maintenant qu’auparavant. Nous avons réalisé l’album en vingt jours ! C’était donc très rapide. Il y a des groupes qui vont en studio et prennent un an à faire un album, ce qui est dingue ! Si ça te prend un an à faire un album, alors ça signifie que tu as besoin de t’entraîner un peu plus.

Ben : C’est qu’ils réfléchissent trop sur quelque chose ! Pour notre part, c’est une question d’y aller et faire en sorte que ça soit bien fait. C’est juste que nous sommes rapides avec ces choses-là.

Vous avez déclaré que vous y êtes allés « concentrés, mais pas trop préparés. » Est-ce important pour un groupe de rock n’ roll de ne pas être trop préparé en entrant en studio ?

Si tu sais à l’avance chaque petite chose que tu feras lorsque tu entreras en studio, alors ce n’est plus très marrant.

Ben : Ouais. Nous, et c’est aussi peut-être le cas d’autres groupes, nous voulons laisser un peu de spontanéité créative pour l’enregistrement. C’est ce qui créé ce côté tendu dans la musique lorsque jouons tous ensemble, et nous savons ce que nous faisons mais il se peut que quelqu’un foire et nous continuons à suivre John Fred [Young] pendant qu’il joue… Avoir un peu de ça, c’est marrant et nécessaire pour le type de musique que nous jouons. Nous avons déjà fait des sessions où c’était bien trop préparé et les parties sont figées lorsqu’elles sont écrites à l’avance mais la plupart des choses, nous les faisons au fur et à mesure, surtout lorsqu’il s’agit de faire les couches de guitares et ajouter des arrangements. C’est ce qui est cool avec les studios, tu peux t’amuser et expérimenter, et si ça sonne bien, tu peux le laisser !

Black Stone Cherry - Kentucky

« Si tu sais à l’avance chaque petite chose que tu feras lorsque tu entreras en studio, alors ce n’est plus très marrant. »

Diriez-vous que c’est ainsi que la magie opère ?

Chris : Ouais, au moins pour nous. Plein de groupes, nous y compris par le passé, vont en pré-production où tu joues littéralement les chansons jusqu’à en avoir ras-le-bol de les jouer. Et cette fois, je pense que nous avons joué chaque chanson une ou deux fois, puis nous avons dit : « Ok, c’est suffisant ! On va maintenant au studio pour travailler ça. » Et, comme je l’ai dit, nous avons quand même fait l’album en vingt jours, ce qui est génial !

Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’autoproduction et qu’est-ce que ça a changé par rapport à vos précédentes expériences à travailler avec des producteurs ?

Ben : Même lorsque nous travaillions avec des producteurs par le passé, nous avons toujours été très impliqués. Nous n’avons jamais été du genre à embaucher un producteur et le laisser s’occuper de tout. Donc, puisque nous avions la possibilité de nous autoproduire cette fois, nous en avons profité parce que nous savons comment le groupe est censé sonner. Evidemment, nous continuons à apprendre, je ne suis pas en train de dire que nous avons toutes les réponses, mais n’essayant pas d’écrire dans l’optique d’un succès pop commercial, nous n’avons pas ressenti le besoin d’avoir quelqu’un qui regarde par-dessus notre épaule. Nous savons ce que nos fans attendent de nous, nous savons ce que nous attendons de nous-mêmes. C’est notre groupe ! Nous avons débuté tous les quatre et nous avons écrit la musique. C’était le moment pour nous de créer et faire l’album par nous-mêmes.

Excepté peut-être deux ou trois chansons sur quinze, la plupart des chansons ont été écrites par vous et seulement vous. Est-ce que vous pensez qu’il y a eu trop de contribution de co-écriture extérieure ces dernières années pour la musique du groupe ?

Chris : Je ne sais pas. Tu apprends de toutes ces co-écritures. En fait, nous avons co-écrit l’intégralité de l’album Between The Devil And The Deep Blue Sea, sauf « Blame It On The Boom Boom », c’est la seule chanson que nous avons écrite nous-mêmes mais bon sang, c’est l’une des chansons préférées des fans sur cet album, donc… C’était juste que nous ne voyions plus l’intérêt de le faire, car nous avons été beaucoup forcé de le faire contre notre volonté au début et puis nous nous sommes rendus compte que nous allions écrire de super chansons avec des mecs mais… Je pense qu’avec le nouveau label, le fait que nous nous soyons séparés de Roadrunner et que nous vivions une sorte de renaissance avec le groupe, nous voulions simplement nous remettre sur ce que nous avions fait. Car « In Our Dreams » a été écrite pour Between The Devil And The Deep Blue Sea mais la maison de disque ne l’aimait pas. Ça, ça a été co-écrit avec Bob Marlette et puis les deux autres co-écritures sur l’album sont « The Rambler », qui a été co-écrite avec notre pote Jasin Todd (ex-Shinedown), et « Cheaper To Drink Alone », que nous n’avons même pas écrite pour notre groupe mais nous avons fini par aimer la chanson et tout le monde l’appréciait, donc nous l’avons enregistrée. Ces chansons sont les trois seules qui ont été co-écrites pour l’album, d’après mes souvenirs. « In Our Dreams » attendait juste qu’on lui donne sa chance sur un album pour lequel personne ne trouverait à redire, et les deux autres chansons se sont avérées assez bonnes pour que nous voulions les inclure dans l’album.

D’ailleurs, John Fred Young a dit que “sur certains des albums précédents, [vous étiez] dans une situation avec le label où [vous deviez] écrire des chansons formatées [pour la radio]. » Pouvez-vous nous parler de cette pression que vous sembliez parfois subir de la part du label ?

Les maisons de disques mesurent le succès sur la base des classements de single et, au bout du compte, de l’argent. Elles regardent combien de fois une chanson est jouée à la radio ou combien d’album est-ce que nous vendons ou combien de fois une chanson est téléchargée… Alors que nous, nous mesurons le succès en fonction du nombre de personnes aux concerts. Il y avait donc une lutte constante entre le label qui voulait que nous écrivions des chansons qui allaient être numéro un à la radio et nous qui voulions écrire des chansons qui déchirent ! Donc, souvent, c’était particulièrement gonflant d’avoir à satisfaire quelqu’un d’autre que le groupe, et c’est pourquoi j’aime le nouvel album, mec. Il n’y a pas une seule chanson qui a été écrite en se disant : « Ça, ça passera bien à la radio. » Nous n’avons jamais dit ça pour le nouvel album. Nous avons littéralement écrit et enregistré les chansons en lesquelles nous croyions. Et avec un peu de chance, ça fonctionne ! Tu ne peux pas trop prendre les choses au sérieux dans ce business. Tu dois t’amuser avec chacun de ses aspects.

En 2014, Chris, tu nous avais parlé d’une expérience que tu as vécue où tu chantais des chansons sur Jésus et à quel point c’était génial. Est-ce que c’est ce qui vous a poussé à utiliser ces chœurs très soul sur « Soul Machine » et « Rescue Me » ?

Non, je ne pense pas que ce soit la raison pour laquelle nous l’avons fait. En fait, « Soul Machine », c’est un peu comme une vieille chanson funk. Ca renvoie à Parliament Funkadelic, James Brown et les trucs de ce genre où ils avaient de grands chœurs soul. Et « Rescue Me » est un peu influencé par le Gospel mais il y a aussi une grosse influence de Queen. Evidemment, ce à quoi tu fais référence est une part importante de ma vie mais je ne crois pas que ce soit la raison de ces chants sur l’album.

Black Stone Cherry by Rob Fenn

« Il y avait une lutte constante entre le label qui voulait que nous écrivions des chansons qui allaient être numéro un à la radio et nous qui voulions écrire des chansons qui déchirent ! »

Il y a aussi des chœurs, des cuivres et des percussions sur des chansons comme « War » et « Soul Machine ». On dirait que vous avez porté beaucoup d’attention sur les arrangements…

C’était un truc de dernière minute. Nous étions en studio et lorsque nous avons décidé d’enregistrer « War », nous savions évidemment qu’il y aurait une section de cuivres. Nous avons donc fait appel à des gars et pendant qu’ils étaient là, nous avons dit : « Est-ce que ça vous dirait de jeter une oreille sur ‘Soul Machine’ ? » Nous avons parlé de faire quelque chose dessus et avons ensemble trouvé une partie à faire. Tout ça, ce sont des choses que nous voulions faire depuis un bon moment, depuis des années maintenant, mais le label ou le producteur nous disait toujours : « Non, vous ne pouvez pas faire ça. » Et enfin nous avions la liberté de faire tout ce que nous voulions ! Nous disons juste : « Merde, les mecs ! Pourquoi pas ? Essayons ! Faisons venir quelqu’un pour jouer de saxophone ou de la trompette sur une chanson. Faisons venir des choristes Gospel pour chanter sur cette chanson. Pourquoi pas ? » Et le résultat est excellent ! Je pense que les gens vont apprécier entendre les autres facettes du groupe.

Vous avez déclaré que « les nouvelles chansons sont le cœur et l’âme de qui [vous étiez] en 2006 et qui [vous êtes] devenus. » Pensez-vous que, sur cet album, vous avez fait un genre de résumé de ce qu’est et ce qu’a été Black Stone Cherry ?

Ben : Si on dit 2006, c’est parce que c’est l’année où notre premier album est sorti. Donc le fait de revenir et se remettre à travailler avec le même matériel et le même ingénieur chez nous, ça nous fait revenir à la case départ, lorsque nos premières musiques ont été dévoilées au monde. Et, à cette époque, nous ne savions pas pour quoi nous composions. Nous composions juste ce que nous pensions être des chansons qui déchirent. Il a donc fallu que nous revenions à cet état d’esprit, et c’est pourquoi nous disons tout le temps que c’est un peu un retour à nos racines. Car lorsque nous avons démarré, nous ne comprenions rien à l’industrie. Nous avons donc également dû essayer de nous sortir ça de la tête cette fois et dire : « Essayons juste d’écrire quelque chose que nous trouvons super ! » C’est ce que nous avons fait !

Comment percevez-vous votre premier album aujourd’hui ?

Chris : La vidéo de « Lonely Train » est passée à la télé plus tôt dans journée et littéralement, nous nous sommes levés pour la regarder – genre, nous avons stoppé une interview pour la regarder. Je n’avais pas vu cette vidéo depuis probablement sept ans. Le fait de réentendre cette chanson, ça te ramène dans le passé, genre : « Merde ! C’était il y a dix ans ! J’avais plus de cheveux ! »

Ben : C’est cool. C’est assurément un album spécial, du simple fait que c’était officiellement notre premier album, celui que tu pouvais aller acheter dans un magasin. Donc ouais, il conservera toujours une place particulière dans nos cœurs. Il y a ça et le fait qu’il a dix ans cette année, ce qui est assez génial.

L’album s’appelle Kentucky, évidemment parce que c’est là où il a été enregistré, mais aussi parce que c’est là où sont les racines du groupe. Quelle est l’importance du Kentucky pour vous en tant qu’individus et groupe ?

Chris : C’est tout pour nous.

Ben : C’est suffisamment important pour appeler l’album ainsi. Non, je veux dire…

Chris : Nous vivons tous encore dans les mêmes villes où nous avons grandi, tu sais !

Ben : Ça nous a vraiment forgés en tant que personnes, les petites villes…

Chris : Bordel, c’est qui nous sommes !

Ben : La façon dont nous sonnons, la façon dont nous nous comportons et respectons les autres, c’est tout de l’éducation. Nous n’avions pas de scène à laquelle appartenir lorsque nous avons débuté le groupe. Nous devions un peu faire notre propre truc. Et là, c’était le bon moment de faire un clin d’œil à notre état parce que nous l’adorons et nous en sommes fiers.

Lorsqu’ils ont une carrière, de nombreux groupes de rock n’ roll déménagent à Los Angeles. Est-ce que vous avez déjà envisagé de quitter votre région pour aller là où il faut aller pour trouver la gloire ?

Chris : Putain, non ! Je ne pourrais pas vivre là-bas…

Ben : J’aime la Californie et Los Angeles est une ville sympa mais je ne peux pas vivre dans une grande ville. Ce n’est juste pas possible. Nous sommes de simples gens du Kentucky, tu sais. A titre personnel, j’aime les petites villes, j’aime savoir où tout se trouve, être à l’aise.

Black Stone Cherry by Rob Fenn

« La première chose qui nous a permis de garder les pieds sur terre est le fait que nous n’avons pas déménagé et que nous vivons tous encore pas très loin de nos parents. […] La vie est simple lorsque tu la regarde bien. »

Sur l’album précédent, vous aviez une chanson qui s’appelait « Hollywood In Kentucky » et Chris, la dernière fois, tu nous avais dit que là d’où vous venez, « c’est un mode de vie super simple, ce sont les petites choses de la vie qui nous rendent heureux. » Est-ce que c’est aussi ça, cet album : comme un rappel, pour ne pas oublier d’où vous venez et les petites choses de la vie qui vous rendent heureux ?

Chris : Ouais mec. Comme je l’ai dit, la meilleure chose dans l’enregistrement de cet album était le fait que tu pouvais retourner chez toi tous les soirs et voir ta femme et tes enfants. C’est de ça dont il est question. Nous adorons tourner, nous adorons aller à l’étranger, mais nous adorons également rentrer chez nous. Je pense que la première chose qui nous a permis de garder les pieds sur terre est le fait que nous n’avons pas déménagé et que nous vivons tous encore pas très loin de nos parents. Je ne sais pas, mec. C’est simple. La vie est simple lorsque tu la regarde bien. Il faut être bon avec les gens, les traiter comme tu aimerais l’être, être reconnaissant pour ce que tu as.

Pouvez-vous nous parler de la tradition musicale dans le Kentucky ?

Ben : Eh bien, il y a plein de musiques qui se font aujourd’hui dans le Kentucky, plein de styles différents. Dans notre coin, il y a pas mal de bluegrass, de groupes de country, de quartets Gospel et ce genre de choses. Mais il y a toute une lignée de musiques qui viennent du Kentucky, de Bill Monroe jusqu’au groupe du père de John Fred The Kentucky Headhunters, Exile… Plein de groupes viennent du Kentucky ou… Il y a beaucoup de choses dans le milieu du divertissement aussi, comme des acteurs, etc. C’est donc un bon endroit lorsqu’on y vient et, pour ce qui est de la musique, j’espère que nous pourrons apporter notre contribution à l’héritage que laisse cet état.

A propos de la chanson de clôture « The Rambler » (« Le Vagabond », NDT), est-ce ce que vous ressentez être en étant sur la route en tant que groupe de rock n’ roll, loin de votre Kentucky ?

Chris : Oh ouais. Cette chanson résume la vie que nous vivons.

Ben : Elle a été écrite en majorité par un gars qui s’appelle Jasin Todd. Il nous a apporté la chanson et nous en sommes simplement tombés amoureux. C’est très rare que nous entendions une chanson écrite par quelqu’un d’autre à laquelle nous voulons vraiment prendre part mais ça a été le cas pour celle-ci. Nous avons donc pris la chanson et avons changé une partie des paroles, nous avons écrit un pont et mis notre propre touche. C’est fantastique comme elle en est ressortie. Et elle est d’ores et déjà devenue la préférée de beaucoup de monde.

Apparemment, les paroles des chansons sont toutes à propos de « trucs que [vous avez) vécu, ou que [vous vivez]. » Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Chris : Tu ne fais qu’écrire des chansons sur ce que tu connais. Ça n’aurait aucun sens d’écrire des chansons sur des choses que tu n’as jamais vécu, autrement ça voudrait dire que tu chantes des mensonges ou alors tu ne dépeins pas l’histoire de la bonne façon. « The Way Of The Future » raconte simplement comme le monde est déglingué en ce moment, mec. Ça craint ! Et cette chanson, c’est un peu une manière d’attirer l’attention, du genre : « Regardez ce qu’il se passe. Si on ne fait rien pour réparer ça, ça ne fera qu’empirer. » Et puis tu as une chanson comme « Long Ride » qui parle de la famille et de la perte d’un être cher. « Cheaper To Drink Alone », c’est juste une chanson marrante : tout le monde a déjà été dans une situation où tu passes un bon moment avec quelqu’un mais il devient putain de dingue [petits rires] et tu finis par te rendre compte que ça revient moins cher de se payer ses propres coups à boire. Tu sais, ce n’est rien d’autre qu’un album honnête, mec. Il n’y a rien de très, très artistique là-dedans. Je veux dire qu’il y a quelques chansons un peu élaborées au niveau des paroles, comme « Shakin’ My Cage » et « Feelin’ Fuzzy » mais ces chansons sont… « Feelin’ Fuzzy » c’est plus une prise de recul, sur le fait que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Nous écrivons les paroles tous ensemble, donc c’est chouette d’avoir les contributions de tout le monde, chacun balance des phrases ici et là. Toutes les paroles de l’album correspondent à quelque chose en laquelle quelqu’un croit ou qu’il a vécu, et c’est cool parce que tu te retrouves avec quatre êtres humains complètement différents qui participent à une même chanson et du coup, tu te retrouves parfois avec de super images dans les paroles.

Et c’est authentique…

Ouais, comme la chanson « Born To Die », le second couplet, où ça parle de tout savoir et ce genre de trucs, c’est quelque chose que tout le monde fait, tu as déjà [quitté] tes parents et cru tout savoir, alors qu’en fait tu savais que dalle ! [Petits rires]. Tu dois écrire des chansons à propos de choses que tu comprends et connais ou sinon, ça ne parlera jamais aux gens. Je crois que l’honnêteté a toujours été une part importante de qui nous sommes.

Ben : Les gens apprécient ça.

Interview réalisée en face à face le 10 février 2016 par Valentin Istria.
Retranscription, traduction, fiche de questions & introduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Rob Fenn.

Site internet officiel de Black Stone Cherry : www.blackstonecherry.com



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