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Chronique   

BlackRain – Released


Blackrain - ReleasedBlackRain libéré ? C’est en tout cas ce que prétend ce nouvel album Released vis-à-vis « d’engagements passés » mais aussi d’un groupe qui aurait trouvé sa propre manière de faire sa musique et d’élaborer son propre son. Pour ce faire, les anciens Haut-Savoyards relocalisés à la capitale ont renforcé leur relation avec le producteur américain Jack Douglas, déjà fructueuse il y a trois ans avec It Begins, et sont partis enregistrer une bonne partie de l’album à Los Angeles, berceau du hard, glam et autre sleaze. Un voyage en forme de pèlerinage, retournant aux sources de leur musique, qui leur a certainement permis de s’imprégner de l’atmosphère d’une ville et d’un contexte – Douglas ayant notamment produit les plus grands disques d’Aerosmith dans les années 70 – chargé en histoire rock n’ roll.

Mais, indépendamment du contexte, il n’y a pas à tergiverser, BlackRain connaît et maîtrise son sujet. Si le producteur les a sans doute aidés et aiguillés – c’est son rôle, après tout -, ils n’ont certainement besoin de personne pour leur dire ce qu’il convient ou non de faire. C’est ça Released, un groupe qui s’assume, assume son héritage, assume son ambition et y prend plaisir. Et si ce Released sonne indubitablement comme BlackRain (on ne s’y trompe pas avec, par exemple, le single « Back In Town »), il n’échappe pas pour autant à ses influences, conscientes ou pas, au point que, dans sa diversité, il en prend presque une valeur encyclopédique. On peut par exemple entendre un petit quelque chose du Bon Jovi des deux premiers albums sur le hit en puissance « Run Tiger Run », dont le refrain ne nous lâche plus, le W.A.S.P. déjanté des années 80 sur « Eat You Alive » et son ambiance « freakshow » ou le Mötley Crüe enjoué de « Same Ol’ Situation » sur « Puppet On A String » (au point qu’on croirait entendre Vince Neil chanter). Mais le groupe n’a pas à avoir honte de ses références, d’autant qu’elles sont suffisamment digérées pour ne pas (trop) l’emporter sur sa propre personnalité.

Surtout, BlackRain s’amuse avec sa musique et la saupoudre de petits éléments qui lui donnent des couleurs. Des petites percussions sur « Run Tiger Run », un synthétiseur dosé qui navigue entre sonorités eighties et plus modernes sur « Killing Me », du piano et même une chorale Gospel sur « One Last Prayer » qui termine l’album sur une note des plus chaleureuses, quelque part entre Queen et le « Love Is All » de Roger Glover. Touche à tout, au milieu de ses brûlots hard/glam voire metal (la double grosse caisse sur le refrain de « Killing Me ») BlackRain va aussi faire vibrer une corde plus « pop ». A commencer par « Words Ain’t Enough » et sa base aigre-douce toute en légèreté de guitare folk mais sans perdre l’entrain rythmique, « Home » qui par ses sonorités renvoie comme un parfum sixties/seventies et « Electric Blue », doucement naïve avec ses « oh oh oh » et dans laquelle on peut entrevoir une influence des Beatles. Et le groupe délivre autant des chansons à l’atmosphère plutôt grave, comme « Fade To Black », qu’il perpétue une certaine tradition humoristique du genre avec le « teenage rock » de « Rock My Funeral ». Notons également une reprise : « For Your Love » des Yardbirds qui n’a plus grand-chose de l’original tant BlackRain a joué le jeu en se l’appropriant.

C’est à la fois cette variété du propos et cette capacité à créer des hymnes qui permet à un album relativement copieux en chansons de renouveler l’écoute de l’auditeur, quand bien même BlackRain semble avoir choisi de tirer ses cartouches hard les plus « catchy » dans le premier tiers de l’album et fait un peu retomber la pression passé son pivot central. On salue aussi le travail de Swan sur son chant qui non seulement dose et use de ses aiguës à bon escient (« Mind Control ») et, surtout, module de mieux en mieux son grain (en mettant de l’agressivité dans « Eat You Alive » ou flirtant parfois avec le timbre nasillard de Brian Molko de Placebo). Dans tous les cas, BlackRain réussi son pari d’émancipation avec un Released assurément fun et aux plaisirs variés. Et quelle originale idée que d’avoir réservé un quatorzième morceau en bonus pour mettre en musique les remerciements de la campagne Pledge Music, bien évidemment entrecoupés de leurs traditionnels « ooooh, hey, hey, hey… » !

Regarder la lyric vidéo animée de « Back In Town » :

Album Released, sortie le 25 mars 2016 via UDR Music.



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  • « Pour se faire » → « ce » ?

    [Reply]

    Romain Henriot

    exact, bien vu 😉

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