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Chronique   

Blaze Bayley – Infinite Entanglement


Blaze Bayley - Infinite EntanglementIndépendant mais plus seul. Voilà qui définit assez bien aujourd’hui le chanteur Blaze Bayley. Notoirement connu pour avoir tenu le micro au sein d’Iron Maiden sur les albums The X Factor (1995) et Virtual XI (1998), on en oublie souvent sa respectable carrière solo, construite bon an mal an, mais ponctuée d’opus ravageurs tels que Silicon Messiah (2000) ou The Man Who Would Not Die (2008) pour ne citer que ces deux-là. Portant à bout de bras ses projets alors que le moral n’y était parfois plus – l’homme a rencontré pas mal de déboires personnels et professionnels – il est parvenu à chaque fois à se relever avec courage et pugnacité. Effectuant désormais ses choix en toute indépendance et produisant ses albums via son propre label Blaze Bayley Recording, il conserve néanmoins le soutien indéfectible d’une solide base de fans dont une bonne partie lui pré-commande ses disques en amont de l’enregistrement de la moindre note. Infinite Entanglement débarque quatre années après le fléchissement marqué par l’album The King Of Metal, qui souffrait, en dépit de compositions correctes, d’une production assez modeste, montée alors avec les moyens du bord.

C’est cette fois-ci chose réparée avec cet opus bondissant, fourni en compositions éclatantes dans la pure tradition NWOBHM, avec un Blaze Bayley éclairé dont la voix nuancée et profonde emmène tout le monde avec lui sur son vaisseau spatial. Car en effet, il s’agit bien là d’un concept-album avoué et baignant volontiers dans la physique quantique, le cosmos et la science fiction, pour lequel Blaze Bayley s’appuie sur un nouveau line-up composé des musiciens du groupe Absolva, valeur montante du heavy metal outre-Manche, dont le leader Chris Appleton, coiffe également ici la casquette de co-producteur. L’énergie créatrice émane également d’une ribambelle d’invités, parmi lesquels on retrouve le temps de la chanson acoustique « What Will Come », le guitariste Thomas Zwijsen et la violoniste Anne Baker, déjà présents sur l’EP Russian Holiday (2013), ainsi que la chanteuse Michelle Sciarrotta (Fall Girl) qui participe à l’écriture de six morceaux.

Le ton est donné dès la chanson éponyme qui ouvre l’album avec ce couplet saccadé qui débouche ensuite sur un refrain épique, au potentiel scénique évident, et qu’on se surprend à entonner dès la première écoute. La suite n’en est pas moins rassasiante. De la guitare de Chris Appleton se dégagent des riffs heavy nerveux ou volontiers mélodiques qui ne révolutionnent pas le genre mais restent convaincants dans leur exécution à l’instar des efficaces « Human » et « A Thousand Years ». Les titres ravageurs s’enfilent comme des perles et les refrains fédérateurs pleuvent, le cœur de l’opus qui s’étire de « Stars Are Burning » jusqu’à « Dark Energy 256 » s’avérant particulièrement faste, riche et aventureux en mélodies hypnotisantes, chœurs à l’émotion contagieuse ou en ponts irrésistibles comme celui de « Calling You Home », titre à inscrire au tableau d’honneur, qui rappelle avec exaltation celui de « Voices From The Past ».

À l’instar de The Tenth Dimension (2002), le disque est ponctué ci et là de quelques passages narratifs ou samples cosmiques, servant souvent de transition entre les morceaux. Tout cela est bien pensé pour faire de ce septième opus une nouvelle pièce marquante et aboutie dans la carrière de Blaze Bayley, jusque dans les arrangements, lissés avec un pinceau des plus fins. Point question d’oublier un « Independence » de circonstance eu égard au parcours en solo du chanteur et qui frappe en plein cœur, ou « A Work Of Anger » et son intro façon « Dance Of Death » d’Iron Maiden qui clôturent en grandes pompes l’album. A nouveau des passes d’armes instrumentales harmonieuses et des chœurs entêtants, les « oh-oooh-oh » étant devenus une incontournable marque de fabrique chez Blaze Bayley. Toute une atmosphère instrumentale et vocale nourrie qui rend le récit cohérent, et donne du crédit à la citation du physicien anglais Sir James Jeans, elle-même reprise parmi d’autres formules dans le livret fourni et soigné de l’album : « L’Univers est immatériel, mental et spirituel ».

L’ancien leader de Wolfsbane a de la suite dans les idées pour avoir d’ores et déjà annoncé une suite, soit deux prochains albums thématiques qui formeront avec Infinite Entanglement une trilogie ; il se murmure même que Blaze Bayley travaillerait actuellement sur un jeu vidéo dont l’intrigue s’appuierait précisément sur celle de ces deux galettes à venir, et ce en collaboration avec le concepteur suédois Christopher Steenstrup de Fellows Applications. Tout un programme, on vous le dit.

Voir la vidéo illustrant la chanson « Human » :

Album Infinite Entanglement sortie le 18 mars 2016 via Blaze Bayley Recordings.



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  • j’ai vu Blaze hier soir à l’Ampérage et l’homme mérite vraiment la reconnaissance tant il est investi et respecte son public.Ambiance extra durant le concert car Blaze et son groupe (super guitariste)donne tout et sa sincérité est tout à son honneur.Respect total !!!

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  • Un album magnifique , vraiment ! Tout est dit dans l’article !
    Blaze Bayley mérite vraiment une grande reconnaissance de la presse metal !
    Un conseil … allez surtout le voir en live , il est à 200% et en plus est super accessible !

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  • Un livre est prévu aussi. Je profite pour donner les dates françaises.
    6 dates en France pour 2016 :
    31/03 : Blue Devils (Arras),
    01/04 : La Spirale (Fismes),
    02/04 : L’Arcade (Notre Dame De Gravenchon),
    08/04 : L’Amperage (Grenoble),
    09/04 : Le Korigan (Luynes),
    16/04 : Chez Paulette (Pagney-Derriere-Barine).

    Pour rencontrer d’autres fans, faire du covoiturage etc https://www.facebook.com/groups/Blaze.Bayley.Fans.France/

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