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Chronique   

Blaze Bayley – War Within Me


Pour Blaze Bayley, l’amateur de metal est « différent », « étrange » d’une certaine façon. Rien de péjoratif, simplement que la musique a une autre résonance pour lui, une certaine gravité. Blaze endosse donc le rôle de l’oncle bienveillant, celui qui va nous attirer vers le positif et nous inciter à prendre notre destinée en main. Combattre les doutes, les peurs et les aléas de l’existence en somme. C’est le dessein avoué de War Within Me, son nouvel effort réalisé avec l’aide du guitariste Christopher Appleton. C’en est terminé de la trilogie conceptuelle Infinite Entanglement (2016-2018). War Within Me renoue avec une approche plus directe et perpétue la lutte de Blaze amorcée avec Silicon Messiah (2000), celle d’un artiste qui ne veut pas être seulement considéré pour ses cinq années passées au sein d’Iron Maiden et qui mérite le soutien indéfectible de beaucoup.

War Within Me a été enregistré dans le courant de l’année 2020, devant lui aussi se frayer un chemin à travers les normes sanitaires changeantes. Il est le résultat d’un travail partagé entre le home studio de Blaze dans les Midlands et celui de Christopher Appleton à Manchester. War Within Me profite une nouvelle fois de la performance du line-up d’Absolva : Christopher Appleton donc, Martin McNee à la batterie et Karl Schramm à la basse. Une équipe taillée pour honorer le heavy metal comme il se doit. L’entrée en matière « War Within Me » ne trompe pas sur la marchandise. Blaze Bayley n’a aucune raison de délaisser ses amours. Les guitares oscillent entre riffing éclair et leads grandeur nature. War Within Me peut compter sur la dextérité et la conviction de ses musiciens, qui ont parfois tendance à laisser Blaze sur le carreau. Comme si le chanteur était à la peine – où articuler empêche d’incarner – malgré son enthousiasme évident. Les « stand-up » scandés galvanisent moins qu’ils indiquent une perte de vigueur. L’approche plus punk-rock de « 303 » sied davantage au phrasé du frontman. Entre mélodies cheesy et articulations old-school, Blaze parvient à ciseler des refrains qui se veulent fédérateurs. À nouveau, le chanteur manque d’une forme d’énergie, mais il a le nez creux en laissant les guitares mélodiques s’exprimer. Blaze peut toutefois compter sur cette capacité à moduler sa voix sur des syllabes prolongées dans la plus pure tradition du heavy des eighties : la fausse ballade « Warrior » le présente sous un meilleur jour et fait de l’âge un gage de cachet, pas d’obsolescence.

Le problème de War Within Me réside dans le fait d’être un album estampillé Blaze Bayley. Certes les talents d’écriture doivent être loués pour leur fidélité inconditionnelle à un genre quarantenaire mais les prouesses du chanteur peinent par moments à se dissocier de l’idée de déclin. Les couplets de « Pull Yourself Up » sont à l’opposé de ce que veut évoquer le titre, ils ne trouvent leur salut que lorsque le refrain survient et les efface. Surtout, c’est davantage la performance d’Absolva qu’on retient. Fait révélateur : lorsque Blaze veut accompagner les sustains de guitare à l’issue du solo, on souhaiterait qu’il ne reste que le jeu de Christopher Appleton tant la voix a du mal à atteindre l’intensité nécessaire. Il y a bien sûr « The Power Of Nikola Tesla » où il parvient à décrocher quelques envolées bien senties, galvanisé par un refrain mémorable. À son terme, la dizaine de titres de War Within Me prend l’allure d’un hommage à l’habitude. Celle d’un heavy metal aux ficelles gargantuesques où le manque d’inspiration ponctuel peut toujours se camoufler derrière un solo – même poussif – comme un appel à l’affect indélébile de ses amateurs. Il y a parfois cette touche d’épique et de nostalgie qui survient, à l’instar de l’introduction de « The Unstoppable Stephen Hawking » qui évoque la gloire passée d’un Fear Of The Dark. On ne ravive pas pour autant ce qui a déjà vécu.

War Within Me comblera peut-être ceux qui voient en Blaze Bayley un vestige d’une époque révolue. Il ne faut pas s’y méprendre, Blaze livre toujours un songwriting aux qualités indéniables. S’il veut évoquer des luttes intérieures, il en illustre une bien différente : celle de tenir la dragée haute à l’instrumentation qui se contente pourtant trop souvent de respecter une nomenclature (le mixage très favorable aux guitares tend à ne pas aider non plus). War Within Me suscite énormément de sympathie, pour peu qu’on fasse preuve d’indulgence. Même les monuments doivent composer avec le temps.

Album War Within Me, sortie le 9 avril 2021 via Blaze Bayley Recordings. Disponible à l’achat ici



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  • cheminal10 dit :

    Peut-être une toute petite critique sur le mixage en effet…
    La batterie est vraiment en retrait, et le choix aussi parfois.

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  • Pardon mais le chant est très mauvais

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  • Chronique très dure pour ce qui est le meilleur album depuis plus dix ans.fini les délires de science fiction accompagnés d’un manque d’inspiration musical flagrant. Les faiblesses techniques de baumes sont connues depuis trente ans et font partie de son charme. Par ailleurs je ne vois pas où son chant est à la ramasse sur cet album. Un retour en pleine forme qui ne devrait pas susciter de telles critiques

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