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Chronique   

Blind Guardian – Beyond The Red Mirror


Blind Guardian émet ses sorties au compte-gouttes, mais à chaque fois Blind Guardian fait la leçon. Cinq ans après un At The Edge Of Time consistant et compacte, le combo allemand reprend les mêmes armes et les affûtent encore un peu. Beyond The Red Mirror serait la suite d’un album emblématique : Imagination From The Other Side (1995). Mais cette succession est davantage à lire dans les paroles, avec le retour du jeune garçon qui dans « And The Story Ends » hésite à sauter de l’autre côté du miroir, seulement aujourd’hui vingt ans plus vieux. Mais ce rapprochement est aussi l’occasion de comparer et se rendre compte du chemin parcouru par Blind Guardian en deux décennies, passant d’un speed metal sophistiqué à un heavy metal plus complexe encore et plus grandiose, mais aussi se rappeler comme il tenait déjà la barre sacrément haute et que son son et sa patte ont toujours été uniques en leur genre.

Fort de l’expérience de 2010, l’album est une nouvelle fois pris en sandwich entre deux longues tirades épiques. De toute façon, tout ici, sans exception, possède un caractère homérique. Et cette fois-ci ce ne sont pas moins de deux orchestres et trois chœurs auxquels il a été fait appel. Sans compter des percussions renforçant l’énergie de certaines parties. Folie des grandeurs pour Blind Guardian ? Ce serait le cas s’il empilait des couches là où elles ne seraient pas nécessaires. Les orchestrations ne sont jamais un but mais un moyen, si bien que certaines chansons en sont dispensées, laissant les leads de guitare et la puissance des riffs à vif, comme sur le plus rapide « The Holy Grail », peut-être le lien le plus fort que l’on trouvera musicalement avec l’album de 1995, ou le plus sournois « Sacred Mind », sur lequel Hansi Kürsch se livre à une démonstration de théâtralité. En chipotant on pourra émettre une réserve sur un mix qui parfois gomme un peu les rythmiques sous l’opulence des voix ou sur l’arrangement électronique de « The Nine Wave » qui, en s’ajoutant aux orchestrations et chœurs, faisant le lien entre fantaisie et science-fiction, frise l’indigestion et un côté fourre-tout. Pour autant, dans le monde du heavy metal, Blind Guardian n’a pas d’égal dans sa maîtrise musicale, que ce soit dans le travail orchestral et son agencement avec l’instrumentation du groupe, tout sauf superficiel (beaucoup de groupes se revendiquant « symphoniques » seraient avisés de prendre des notes), ou dans les structures des chansons, tout sauf triviales.

C’est ainsi qu’au-delà de ce miroir rouge, Blind Guardian nous balade dans les méandres de son labyrinthe. Il nous aguiche puis nous lâche et nous perd pour nous rattraper au vol, comme dans un jeu de séduction, avec à la clef, pour récompense, des refrains grandioses (« Twilight Of The Gods », « At The Edge Of Time »); orgasmiques serait-on parfois tenté de dire. On pense à l’influence de Queen dans l’élégance de la composition et l’usage des éléments vocaux, ou même cette petite douceur au piano intitulée « Miracle Machine ». Enfin, c’est la « Grand Parade » enjouée qui défile et vient, par ses dénivelés en montagnes russes, mettre un point d’exclamation final radieux à une nouvelle prouesse de Blind Guardian.

Ecouter le single « Twilight Of The Gods » :

Album Beyond The Red Mirror, sortie le 30 janvier 2015 chez Nuclear Blast.



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  • Voilà un sacré moment que j’attend cet album ! Cette chronique fait plaisir à lire, ça fait du bien de voir que le groupe reste très fidèle à lui-même tout en poussant leur carrière vers d’autres horizons !
    L’impatience est dure, il me tarde d’écouter ce nouveau chef-d’oeuvre !

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