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Interview   

Blind Guardian : dans l’imaginaire d’Hansi Kürsch


L’imagination est sans aucun doute le meilleur outil de l’artiste. Dans la littérature et l’art, la séparation entre le réel et les mondes imaginaires ont souvent été représentés par un miroir. Les miroirs qui reflètent un monde à la fois similaire et opposé au nôtre, révélant son envers, mais totalement inatteignable. Et si les artistes étaient justement ces explorateurs qui ont la clef pour passer de l’autre côté du miroir, revenant avec des souvenirs de ces voyages, des morceaux de rêves qui nous permettent à notre tour de toucher un bout de ces mondes hors d’atteinte physique ?

Le miroir, l’imaginaire, les mondes fantastiques qui reflètent le monde réel, c’est justement la base du nouvel opus de Blind Guardian, Beyond The Red Mirror, faisant lui-même suite conceptuellement, vingt ans plus tard, à Imaginations From The Other Side. Un album à la fois très Blind Guardian dans l’âme et toujours plein de prouesses musicales, faisant un pas de plus dans le travail d’orchestration, avant l’album purement orchestral prévu de longue date et qui représentera un aboutissement.

Hansi Kürsch nous présente donc le nouvel opus de Blind Guardian, encore une fois ambitieux, et revient sur le rapport à l’album de 1995, approfondissant la thématique de l’imaginaire.

« Si tu écoutes un album de Blind Guardian, si tu comptes les parties contenues dans une chanson, c’est parfois autant que ce que proposent d’autres groupes dans tout un album ! [Rires] »

Radio Metal : Beyond The Red Mirror sort presque cinq ans après At The Edge Of Time. En fait, depuis Imaginations From The Other side, Blind Guardian a sorti ses albums tous les trois ou quatre ans au moins. Est-ce parce que la conception d’un album de Blind Guardian nécessite beaucoup de temps, plus que l’album de heavy metal moyen ?

Hansi Kürsch (chant) : Je dirais ça. C’est l’une des raisons. Si tu écoutes un album de Blind Guardian, si tu comptes les parties contenues dans une chanson, c’est parfois autant que ce que proposent d’autres groupes dans tout un album ! [Rires] Parce que certains groupes font selon le principe du copier-coller, donc en gros, ils enregistrent seulement un tiers de la chanson et ensuite font du copier-coller jusqu’à la fin de la chanson. Ensuite, le chanteur doit trouver différentes paroles pour que ça ne devienne pas trop évident. Mais ce n’est pas ce que nous faisons dans Blind Guardian. Lorsque nous commençons l’écriture des chansons, nous ne savons pas où elles vont aboutir. Une autre raison – et c’est probablement plus important – c’est que le temps passé en tournée a énormément augmenté, donc la période entre les albums est naturellement devenue de plus en plus longue. Et ensuite nous avons eu l’album best of et le coffret A Traveler’s Guide To Space And Time, nous nous sommes beaucoup investis là-dedans. Donc, pour nous, la période de composition ne dure que deux ans et demi. Nous avons commencé à composer en avril 2012 et nous avons fini en aout 2014. Dans le laps de temps nous avons aussi fait la production. Ça prend du temps de créer ces chansons. Ceci a aussi évidemment à voir avec les éléments contenus dans la musique. Si tu travailles avec un orchestre, si tu vas à Prague ou Budapest et que tu as un orchestre de quatre-vingt dix musiciens qui sont là, tu dois vraiment t’assurer que tout fonctionne bien. Tu ne peux pas faire d’essai, alors il faut que tu sois sûr que tout a été bien préparé.

En parlant de ça, cette fois-ci vous avez utilisé trois différentes chorales classiques et deux orchestres de quatre-vingt dix musiciens chacun. Aviez-vous envie d’aller plus loin dans votre travail orchestral sur cet album ?

Non, pas vraiment. Bien sûr, nous essayions de voir jusqu’où nous pourrions aller mais, principalement, c’est dû au simple fait que nous avions besoin de deux orchestres différents à des occasions différentes. Ils ne jouent pas en même temps. Un orchestre fait quelque chose et l’autre fait autre chose. La même chose pourrait presque être dite des chorales. Il n’y a qu’une partie spécifique, et c’est dans « The Ninth Wave », la partie d’introduction, qui nécessitait une énorme quantité de voix, autrement nous n’aurions pas obtenu l’impact que nous recherchions. L’idée ici était vraiment d’avoir quelque chose à la Carmina Burana, qui est joué avec une chorale de deux cents têtes, et nous ne pouvions pas obtenir ça en dupliquant encore et encore la même voix, tu n’as pas cette dimension organique. Donc, puisque nous ne pouvions pas avoir une chorale de deux cents personnes, c’était impossible, il nous fallait travailler avec des chorales différentes pour cette occasion particulière. Pour les autres parties, ça aurait été suffisant de ne travailler qu’avec une seule chorale. Nous avions besoin de chœurs en anglais, alors il nous fallait la chorale américaine. En dehors de ça, c’était plus une question logistique que le fait de faire de plus en plus gros, ce qui n’était pas le cas.

Sur l’album précédent, vous aviez « Sacred Worlds » et « Wheel Of Time » qui étaient deux chansons très impressionnantes et complexes avec un vrai orchestre et une vraie chorale. Qu’avez-vous appris de ces expériences précédentes et comment le nouvel album en a-t-il bénéficié ? Et est-ce que ces expériences vous ont permis d’aller plus loin cette fois-ci ?

Ça nous a permis d’aller plus loin mais ça nous a aussi aidés à découvrir qu’il y avait plus d’occasions d’impliquer l’orchestre dans le jeu du groupe. Il y a plusieurs options, comme lorsque tu compares « Sacred World » et « Wheel Of Time », tu verrais que le traitement du groupe est assez différent. Dans « Sacred World », le groupe joue un rôle tout aussi important que l’orchestre, alors que dans « Wheel Of time » tous est grosso-modo concentré sur l’orchestre, et ceci était la première tentative de séparer un peu les choses en travaillant dans cette direction. Et les deux ont dû être composées de manière organique. Il n’y avait pas moyen que nous impliquions un orchestre si ça n’avait pas de sens. Il n’a jamais été question de supprimer quoi que ce soit du groupe pour mettre davantage l’orchestre en valeur, mais d’un autre côté, nous avons essayé de composer des choses qui mettaient l’orchestre en valeur. Celles-ci étaient les deux expériences les plus importantes lorsque nous les avons faites sur At The Edge Of Time. Sur cet album nous avons juste essayé de tirer profit de ça et de trouver de nouvelles sensations comme nous l’avions fait avec At The Edge Of Time, comme la manière dont nous utilisons l’orchestre dans « The Ninth Wave » où il y a une approche plus déformante et moderne. Nous avons essayé de combiner les époques ici. C’est un processus en développement, ça ne fait aucun doute, et je suis sûr que nous continuerons sur cette voie parce que notre prochain album sera l’album orchestral et celui-ci avait besoin que nous fassions ce pré-travail.

Comment vous différenciez-vous de toutes ces rencontres entre metal et classique que l’on a vu émerger ces dernières années et quelle est ton opinion au sujet de cette mode ?

C’est effectivement une mode. Il y a un aspect fascinant parce que le rock et le classique sont liés, plus du côté du rock que du classique parce qu’ils refusent toujours d’aimer le rock [rires]. Mais pour un groupe de metal, c’est très tentant parce que de nombreux éléments dans le metal ont une approche classique. Dans les deux cas, ce sont des musiques hors normes. Donc la combinaison des deux rend ça encore plus hors norme. Voilà pourquoi je comprends la raison qui pousse tant de groupes à faire ça. J’ai été impressionné dès que j’ai écouté pour la première fois le Live At Royal Albert Hall de Deep Purple. Deep Purple est un de mes groupes préférés, j’ai trouvé que cet album était un chef d’œuvre et c’est depuis lors que j’ai aimé l’idée [de combiner le rock avec un orchestre]. Et lorsque cet album a eu un impact sur moi, il a aussi un impact sur toutes les autres personnes qui, évidemment, ont eu un jour besoin de comprendre [comment faire la même chose]. Aujourd’hui, avec les possibilités techniques dont on bénéficie, il est très tentant de faire quelque chose comme ça. Nous traitons l’orchestre différemment, c’est comme ça que nous nous démarquons de tous les autres groupes. Parce que tu te rendras compte que les chansons sont écrites pour Blind Guardian et un orchestre. Et ceci deviendra encore plus une évidence lorsque l’album orchestral verra le jour parce que c’est la musique de Blind Guardian avec seulement l’orchestre et moi qui chante. Ça paraitra vraiment très clair. Mais je crois que les gens verront aussi sur cet album une différence significative par rapport à ce que les autres groupes font avec un orchestre, sans dénigrer parce qu’ils ont leur propre idéologie ou philosophie dans leur manière de faire.

« [Le miroir] représente tant de choses qui sont, en quelques sorte, évidentes mais quand même intouchables et j’aime ça. »

Beyond The Red Mirror est la suite de l’album Imaginations From The Other Side. Qu’est-ce qui t’a donné l’idée et la motivation de faire une suite à cet album en particulier?

C’était en partie une coïncidence. Je travaillais sur les paroles et j’avais déjà quelques intrigues, comme celle dans « Ashes Of Eternity » d’une personne qui menace et manipule le temps. A ce stade, je n’avais pas du tout réfléchi à un album conceptuel mais, tout d’un coup, lorsque nous faisions la promotion du coffret, Imaginations From The Other Side a attiré mon attention. A la même période, je lisais Doctor Sleep de Stephen King, et il faisait la même chose avec le garçon de Shining et j’ai aimé l’idée. Lorsque j’ai vu Imaginations, j’ai pensé : « Hey, voilà le garçon face au miroir. Revenons en arrière et voyons ce qu’il a fait ! » Et j’ai décidé que non, il n’avait pas osé sauter à l’époque et c’est ainsi que l’histoire commence. Et je me suis demandé : « Eh bien, s’il n’a pas sauté, qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Tout s’est constitué. Ensuite il y avait quelques problèmes à clarifier, comme l’histoire de la menace du temps, et j’étais là : « Ok, ce monde s’est changé en un genre de monde fantastique pendant que le monde fantastique, lui, s’est changé en un monde dystopique à la George Orwell. » Ensuite j’ai pensé : « Ok, si cette menace malmène le temps, alors faisons en sorte que le temps devienne, effectivement, une personne physique pour que ça soit possible. » Ensuite, on peut dire que le tout se change en une sorte de quête moderne pour le Saint Graal. Parce que sur Imaginations, il y a beaucoup de liens avec l’épopée Arthurienne et j’ai également repris ceci.

Et il y a une chanson qui s’appelle « The Holy Grail »…

Ouais. C’est en fait venu de Fredrick [Ehmke, batteur] qui a contribué à sa première composition pour nous. Je n’ai conservé aucune des paroles mais j’ai gardé le titre parce que j’ai pensé : « Oh, ok ! Il y a « Mordred’s Song », il y a « A Past And Future Secret » qui en plus traite aussi du temps, et désormais nous avons « The Holy Grail ». » Tout s’est rejoint à un moment donné.

L’année prochaine marquera les vingt ans d’Imaginations From The Other Side. Comment perçois-tu cet album aujourd’hui ? Trouves-tu qu’il tient une place particulière dans la discographie de Blind Guardian ?

C’est différent suivant les membres du groupe. André [Olbrich, guitariste] le considère comme étant le meilleur album de Blind Guardian. Pour moi c’est l’un des meilleurs albums de Blind Guardian mais ce n’est pas mon préféré. Mon préféré serait Nightfall In Middle-Earth : je trouve qu’il se démarque toujours et il marque la fin d’une période pour Blind Guardian, tandis qu’Imaginations n’était qu’un album parmi beaucoup d’autres bons albums. Il n’est pas aussi signifiant pour moi qu’il l’est pour André, comme je l’ai dit, et pour beaucoup de gens. Mais je pense clairement qu’il a attiré beaucoup d’attention, c’est certain.

Comment comparerais-tu le groupe de l’époque qui a conçu Imaginations From The Other Side et le groupe aujourd’hui ?

Si je compare [le premier album de Blind Guardian] Battalions Of Fear à aujourd’hui, ce serait drastique. Alors que les changements entre Imaginations et Beyond The Red Mirror ne sont pas aussi drastiques à mes yeux, parce que l’esprit avait été défini soit avec Somewhere Far Beyond soit avec Imaginations, suivant le point de vue. Ils avaient déjà cette approche classique. Je dirais donc que de ce point de vue, ils sont fondamentaux. Mais j’ai le sentiment que nous faisons toujours ressortir le même esprit qu’à l’époque. Évidemment nous sommes devenus plus progressifs, nous sommes peut-être devenus plus compliqués, mais tout pouvait déjà être retrouvé sur cet album.

Pouvons-nous éventuellement voir un parallèle entre le jeune protagoniste d’Imaginations From The Other Side qui devient adulte sur Beyond The Red Mirror et toi ? Dirais-tu que tu étais un jeune homme qui avait beaucoup d’imagination, qui se construisait et visitait ses propres mondes, et que c’est toujours ce que tu fais avec Blind Guardian ?

Il y a aussi ce lien avec ma propre personne et dès que j’écris des paroles, peu importe que ce soit du fantastique ou pas, il y a cette perspective. Et surtout si on parle d’Imaginations et celui-ci, ils sont liés à ce que j’ai vu et à la manière dont, en règle générale, je perçois la sensation d’imagination. J’estime que c’est le don le plus précieux qui a été donné à l’espèce humaine pour créer des histoires et avoir ces rêves. Et, en conséquence, ça fait évidemment partie de moi mais je ne me considérais pas comme étant le garçon à l’époque où nous avions fait Imaginations. Je ne pense pas qu’on puisse me prendre pour le personnage parce que je suis bien plus vieux ! [Rires] Le gars dont je parle a aujourd’hui trente ans et même ça c’est jeune pour moi ! C’est encore un gamin ! [Rires] Mais je sais comment je me sentais ; j’ai toujours en tête ce que je ressentais quand j’avais douze ans. Lorsqu’on parle à des personnes âgées, si elles se livrent vraiment, elles disent : « Ne crois pas que c’est différent. » Tu ressens ou vois les choses différemment mais cette espèce d’insécurité que tu as en toi reste jusqu’à ton dernier soupir.

Le mythe du miroir en tant que porte vers d’autres mondes ou dimensions a souvent été utilisé dans la littérature ou dans l’art plus généralement – je pense à la suite d’Alice Au Pays Des Merveilles, De L’autre Côté Du Miroir. Puisque le miroir reflète notre image, dirais-tu qu’il symbolise l’imagination ou un certain potentiel que nous cachons tous derrière notre apparence ?

Ouais, il révèle toujours un monde différent. C’était mon approche par rapport à ça. Peu importe si en regardant dans le miroir tu te vois toi, ou juste la pièce, tu ne pourras jamais l’atteindre, tu ne pourras jamais y aller. Ça représente tant de choses qui sont, en quelques sorte, évidentes mais quand même intouchables et j’aime ça.

« Beaucoup de gens pensent que nous ne faisons que parler de dragons : nous avons comme, je ne sais pas, peut-être cinq dragons dans nos chansons, au mieux, et ces dragons ne sont jamais vraiment des dragons, à aucun moment. »

Votre musique dans Blind Guardian a toujours été à propos d’histoires fantastiques, mais quelle proportion des expériences de la vraie vie retrouve-t-on dans ces contes et mythes au sujet desquels tu écris ?

C’est très difficile à dire parce que je ne sais pas s’il est nécessaire de mettre ça en pourcentages ou peu importe, parce que je crois que ce que l’auditeur interprète à partir de ça ou la manière dont il va s’y identifier est plus important. Il y a des faits majeurs et des impacts liés à la réalité qui sont impliqués mais je ne veux pas gâcher l’idée que l’auditeur se fait d’une certaine image en expliquant ce qui est basé sur la réalité. Nous sommes toujours un groupe qui est rangé dans la case « Tolkien » : nous avons comme vingt chansons liées à Tolkien, ce qui est beaucoup, mais si l’on considère la centaine de chanson que nous avons, ça ne représente toujours que le cinquième, et pourtant nous sommes toujours assimilés à Tolkien… Et beaucoup de gens pensent que nous ne faisons que parler de dragons : nous avons comme, je ne sais pas, peut-être cinq dragons dans nos chansons, au mieux, et ces dragons ne sont jamais vraiment des dragons, à aucun moment. Dans ces cas, il est évident que ce ne sont pas des dragons mais les gens continuent à les percevoir [au premier degré] comme des dragons, alors qu’est-ce que j’y peux ? Il y a un dragon sur la pochette, oui, et c’est bien un dragon mais un dragon symbolise quelque chose, généralement. J’aime raconter des histoires. J’aime mettre mon esprit dans les histoires, c’est ce qui est le plus important. Comme lorsque je chante à propos de Game Of Thrones de George RR Martin sur « A Voice In The Dark », par exemple, c’est ma passion pour un certain personnage, dans une certaine situation, qui m’a motivé à quelque chose. Et je préfère proposer ça que dire aux gens ce qu’ils doivent précisément penser lorsqu’ils lisent les paroles de Blind Guardian. Je pense qu’un guide philosophique et idéologique ne serait pas une chose très judicieuse à faire.

Il y a une chanson dénommée « At The Edge Of Time », est-ce qu’il y a un lien entre cette chanson et le précédent album qui s’intitulait aussi At The Edge Of Time ?

Ouais mais c’était pour boucler la boucle. Il y a une phrase dans « And The Story Ends » qui dit « at the edge of time » et lorsque nous avons conçu At The Edge Of Time, je ne m’en étais pas rendu compte. Les fans m’ont dit : « Tu sais, il y a cette phrase dans ‘And The Story Ends’ ! Etc. » J’étais là : « Ah ok ! J’avais oublié ça ! » [Rires] Mais lorsque nous travaillions sur le concept, nous avons ajouté cette partie spécifique dans l’histoire parce que ça collait. J’en suis arrivé au point où je me suis dis : « Ok, j’ai cette phrase ‘at the edge of time’, j’ai un album qui s’appelle At The Edge Of Time, il serait donc naturel que nous ayons une chanson qui s’appelle ‘At The Edge Of Time’. » Et ça collait parfaitement parce qu’il y a un des extra-terrestres supérieurs, assimilables à des Dieux, dans ce monde et ils ont été forcés de le quitter à cause de changements philosophiques et idéologiques. Il a fallu qu’ils se trouvent une cachette, et ils l’ont trouvée en lisière du temps. Donc, le temps, d’une certaine manière, les protège à ses frontières, de manière à ce qu’ils restent invisibles et qu’ils puissent revenir plus tard, ce qui est l’une des autres idées du concept.

Entre At The Edge Of Time et ce nouvel album, vous avez passé en revue tout votre catalogue pour constituer l’album best of et le coffret. Est-ce que ceci vous a inspiré, d’une manière ou d’une autre, dans la conception de Beyond The Red Miror ?

Pas moi. Hormis par rapport aux paroles, ce qui est une sorte de coïncidence. Peut-être est-ce lié, peut-être pas, je ne peux même pas dire. Mais ça a eu une influence du côté d’André pour la composition. Particulièrement au début, il avait été motivé par les concerts que nous venions de donner, il avait donc l’énergie et les premières chansons qui sont ressorties, comme « Ashes Of Eternity », portaient encore cette intention vive que tu donnes pendant un concert. Et en même temps, il était pas mal influencé par le remixage et tout que nous avons fait sur A Traveler’s Guide To Space And Time. Donc ouais, pour lui, le fait d’avoir revisité notre répertoire passé a eu une grande influence sur son écriture.

Voici maintenant la question au sujet de l’album orchestral, parce qu’à chaque fois que nous nous rencontrons, avec toi ou un de tes collègues, nous posons toujours la même question : qu’en est-il de cet album orchestral ?!

[Rires] Ouais, nous nous approchons de la fin ! Nous avons déjà fini sept chansons avec l’orchestre. Je veux dire que c’est sans doute la partie la plus importante. Nous devrons y revenir et terminer trois enregistrements en plus mais, dans la mesure où les chansons sont là, c’est le travail d’une journée, pour trouver le bon orchestre et enregistrer les trois chansons. Et ensuite il faudra que je fasse le chant. Ca va se faire en 2015. Le problème est que, au début de l’année, en février, j’aurais une période de six semaines où je ne serais pas exténué à cause des concerts, mais lorsque nous serons de retour de la partie européenne de la tournée, alors ça pourra devenir compliqué pour moi. Il faudra que je voie dans quelle condition je serais. L’idée sera de faire le reste du chant en juillet et août 2015, et ensuite nous serons prêts avec l’album à la fin 2015.

Bonne nouvelle ! Comme ça on pourra arrêter de poser la question !

[Rires] Peut-être, sauf si je suis exténué, ça pourrait prendre plus de temps que prévu ! Et puis il faudra que nous fassions le mixage. La sortie est clairement prévue pour 2016.

La dernière fois que nous avons parlé, c’était à l’occasion du best of Memories From A Time To Come et tu nous avais dit à propos de votre répertoire passé que « même s’il s’agît de documents appartenant au passé, ils donnent également un aperçu de l’avenir de Blind Guardian. » Du coup, quel futur vois-tu pour Blind Guardian ?

Je ne crois pas que nous continuerons à faire de la musique orchestrale. Ça fera partie de Blind Guardian mais ce n’en sera pas un élément essentiel. Ce le sera évidemment pour l’album avec l’orchestre [petit rire] mais je pense que d’une certaine manière nous avons terminé cette période avec l’album. Donc quoi qu’il se passe après cet album, ça aura un lien avec les albums passés, mais nous révélerons aussi certainement une face différente. Parfois nous sommes un peu comme Doctor Who [rires]. Nous devons faire ça. Dès que nous faisons un album, je n’ai aucune idée d’où nous allons. Et même s’il y a des discussions et que j’ai dans mon imaginaire les directions dans lesquelles l’écriture pourrait aller, ça part clairement dans des directions complètement différentes. Dès que tu as ce petit morceau de musique, il faut que tu vives avec. Tu dis : « Eh bien, ces trente-deux mesures sont bonnes, on les gardent pour la chanson. » Et ça a une influence sur la composition, plus que n’importe qu’elle idée que tu as pu avoir avant.

Interview réalisée en face à face le 1er décembre 2014 par Tiphaine Lombardelli.
Retranscription, traduction, introduction et fiche de questions : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Hans-Martin Issler .

Site internet de Blind Guardian : www.blind-guardian.com.



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  • En plus d’être un grand chanteur, talentueux et inspiré.
    C’est un chanteur abordable et humble, je l’ai vu un jour en concert et dans le public il m’a dédicacé plusieurs pochettes avec simplicité.
    Coool Blind Guardian!!! 🙂

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  • Bonded by blood dit :

    Un des meilleurs chanteurs de Metal, pour moi 4ème derrière Dio, Halford et Dickinson. Il a l’air sympa en plus 🙂

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