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Chronique   

Bloodbath – Grand Morbid Funeral


Ça faisait plus d’un an que Bloodbath entretenait le suspense quant au successeur de Mikael Åkerfeldt derrière le micro. Et le moins que l’on puisse dire est que le combo a pris tout le monde par surprise en révélant avoir engagé le chanteur de Paradise Lost Nick Holmes, lui qui n’a pas braillé dans un micro depuis deux décennies, lui qui s’est bien plus imposé comme un pape du metal gothique qu’un démon du death metal. On pourra voir, à posteriori, un signe avant-coureur dans le réenregistrement de « Our Saviour » issu du premier opus doom death, Lost Paradise, du groupe anglais et présent sur la compilation Lost Illusions 25. On pourra se dire, toujours à posteriori, que l’entreprise nostalgique de Greg Mackintosh dans Vallenfyre a pu déteindre sur le chanteur. Il n’empêche que l’association Bloodbath / Nick Holmes a de quoi attiser la curiosité, l’incrédulité voire, peut-être, l’inquiétude.

Pourtant le résultat de la collaboration en elle-même n’est pas aussi « sensationnel » que son annonce. Grand Morbid Funeral est un album de death metal. Rien de plus, rien de moins. Nick Holmes revêt l’habit de l’alter égo « Old Nick » et déterre ses grommellements du passé. Inutile de chercher une once de voix claire, ç’aurait été un « blasphème », nous dit même Holmes. Pour autant la voix du frontman pourra paraître maigre et primitive en comparaisons des borborygmes épais, profonds et précis d’Åkerfeldt. Mais on comprend vite que ce choix accompagne celui, plus global, de l’orientation musicale. Bloodbath a un amour pour la vieille école du death metal suédois, c’est même sa raison d’être originelle. Alors avec Grand Morbid Funeral, après un The Fathomless Mastery plus complexe, plus technique, le combo revient aux fondamentaux : une musique plus simple, plus directe, un son sale et étouffant que l’on associe immédiatement aux vieux Entombed, Dismember et consorts, sans toutefois atteindre l’extrémisme du premier opus Resurrection Through Carnage, et une dose de clichés (rien que le nom de l’album, mais aussi cette vocaliste criarde mal dégrossie en ouverture d’album). Et dans ce contexte, la voix « old school » et davantage « humaine » de Nick Holmes cadre idéalement et ajoute à la nostalgie, à l’hommage même.

Cependant, l’impression est parfois que la nostalgie, justement, dépasse l’ambition musicale. La linéarité de Grand Morbid Funeral est sans conteste son vice premier, avec des chansons assemblées dans une masse compacte. Reste que l’album est un défouloir morbide d’une efficacité mortelle (le hit death metal « Total Death Exhumed », l’intense « Beyond Cremation » et ses riffs trépidants), avec quelques respirations (la plage ambiante de « Let The Stillborn Come To Me », flippante à souhait) et mélodies macabres sur lesquelles le groupe aurait été avisé de miser davantage encore tant elles permettent une immersion. Des passages plus heavy et doom renvoient aux origines de Holmes, mais le côté funéraire n’apparaît véritablement qu’en fin de parcours avec le titre éponyme : une ambiance lugubre au possible, incrusté de quelques chœurs d’église, pour terminer, avec le concours de Chris Reifert d’Autopsy, par la partie la plus enragée, haineuse et dérangée de l’album. Old Nick et la bande de Bloodbath sont quand même de gentils fêlés…

Ecouter le morceau « Famine Of God’s Word » :

Album Grand Morbid Funeral, sortie le 17 novembre 2014 chez Peaceville Records.



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