Ils nous viennent de Suisse et pratiquent un thrash inspirĂ© des plus grandes figures du style (Exodus, Slayer, Testament…). Radio Metal a donc dĂ©cidĂ© d’en savoir plus sur l’actu des Bloodlost, et plus globalement sur le parcours d’un artiste Ă©mergent, en interrogeant Nico, le batteur du groupe. Cet entretien se lit ci-dessous.
Peux-tu présenter Bloodlost en quelques mots ?
Nico (Batterie) : Alors en quelques mots, nous sommes un groupe de thrash , aux influences telles que Metallica, Slayer, Testament, Kreator et autres groupes du genre. Le groupe a Ă©tĂ© fondĂ© en 2001 mais les choses ont vraiment commencĂ© Ă bouger en fin d’annĂ©e 2005 lorsque Norcrow a rejoint le groupe en tant que bassiste et qu’il m’a fait intĂ©grer Bloodlost au poste de batteur. Avec l’enregistrement d’une dĂ©mo, s’en sont suivis des concerts en Suisse romande, en France, un album et rĂ©cemment une petite tournĂ©e europĂ©enne ! Nous avons eu l’opportunitĂ© de croiser sur scĂšne quelques bons groupes tels que Aborted, Eminence, Paul Di Anno, Napalm Death ou encore Destruction.
Pas spĂ©cialement. Nous essayons d’ĂȘtre le plus thrash possible, mais c’est vrai que nous commençons Ă prendre goĂ»t au fait de placer un bon passage bien lourd dans nos chansons, Ă l’image de « Bestial Butcher » ou « Demon’s Born » qui sont deux nouvelles chansons pas encore enregistrĂ©es mais que le public peut entendre lors de nos concerts depuis quelque temps. Peut ĂȘtre qu’on peut ressentir cela, mais ce n’est pas le but qu’on cherche Ă atteindre !
Roberny et Francisco (alias Tchico), les deux crĂ©ateurs du groupe, Ă©taient passionnĂ©s de guitare. Aujourd’hui est-ce que le dĂ©sir de rapiditĂ© des premiers jours est toujours aussi important ?Pour ĂȘtre honnĂȘte je n’Ă©tais pas prĂ©sent lors de la crĂ©ation du groupe. Mais, d’aprĂšs ce que m’a expliquĂ© Tchico, ce n’est pas forcĂ©ment la rapiditĂ© qui a Ă©tĂ© le principal dĂ©sir. En fait ils Ă©taient vraiment Ă fond dans le thrash old school et ils se rendaient compte que, en tout cas dans notre rĂ©gion, il n’y avait pas de groupe du genre. Tous se lançaient dans le black, le death ou autres mais personne n’Ă©tait dans ce style et les membres de Bloodlost voulaient monter un groupe thrash pour essayer de faire revivre un peu ce style. Et c’est vrai que souvent, Ă la fin de concerts, des gens qui ont la quarantaine viennent nous fĂ©liciter car ils se sont sentis durant une heure comme Ă l’Ă©poque de leurs 20 ans. Encore rĂ©cemment lors de notre prestation pour la Battle du Wacken, un type m’a dit qu’il avait eu l’impression d’ĂȘtre devant Metallica Ă l’Ă©poque. C’est ce genre de remarques qui nous font hyper plaisir. Le niveau de la rapiditĂ© n’Ă©tait pas autant extrĂȘme au dĂ©but, c’est depuis 2005, justement, que ça a commencĂ© Ă accĂ©lĂ©rer. Ce qui m’a valu quelques reproches de Rob au dĂ©but qui voulait presque me virer car ça allait trop vite. Heureusement il s’est calmĂ© par la suite. Donc le dĂ©sir primordial c’est celui justement de ne pas perdre ce style old shool, pas forcĂ©ment notre rapiditĂ©.
Depuis 2001, il y a eu beaucoup de mouvement au sein du groupe. Avez-vous une explication sur le sujet et est-ce compliquĂ© pour un jeune groupe de trouver des personnes aussi motivĂ©es que vous ?Les mouvements au sein de Bloodlost ont surtout Ă©tĂ© dus au comportement des gens. Ceux qui ne sont plus lĂ sont partis principalement en raison de leur caractĂšre qui ne correspondait plus au groupe et qui l’empĂȘchait de travailler et d’avancer. Quand tu arrives au stade oĂč tu n’as plus envie de rĂ©pĂ©ter parce que tu sais que tu vas te prendre la tĂȘte, c’est le dernier moment pour faire quelque chose. C’est toujours des moments difficiles Ă vivre et Ă gĂ©rer, mais par la suite, quand l’ambiance revient tu te rends compte que tu as fait le bon choix. Pour ce qui est des personnes motivĂ©es, il y en a ça c’est clair, mais quand nous cherchions un bassiste par exemple, nous nous sommes rendus compte que la motivation malheureusement ne fait pas tout. Cela faisait en tout 3 ans qu’on jouait ensemble, que nous nous connaissions par c?ur, donc il fallait quand mĂȘme, pour le nouvel arrivant, rĂ©ussir a prendre le train en marche. Ce qui n’est pas donnĂ© Ă tout le monde.

« Les mouvements au sein de Bloodlost ont surtout Ă©tĂ© dus au comportement des gens. Ceux qui ne sont plus lĂ sont partis principalement en raison de leur caractĂšre qui ne correspondait plus au groupe et qui l’empĂȘchait de travailler et d’avancer. »
Bon avant toute chose, je te corrige. Rob n’a pas quittĂ© le navire, nous l’avons tout simplement jetĂ© par-dessus bord ! Nous l’avons fait en sachant trĂšs bien que nous avions des dates qui arrivaient, notamment une importante avec Destruction, mais ce n’Ă©tait plus possible de bosser avec lui. Ca Ă Ă©tĂ© un moment trĂšs difficile de le virer en sachant tout ce que la musique reprĂ©sente pour lui mais c’Ă©tait la meilleure chose Ă faire. Musicalement ça n’allait plus, plus le temps passait et plus il devenait fainĂ©ant et surtout, il a attrapĂ© un Ă©norme melon. Monsieur se voyait dĂ©jĂ signĂ© chez Roadrunner et du coup il nous a vraiment donnĂ© une sale image de groupe qui se la pĂšte… Alors que nous on fait vraiment ça pour le plaisir, c’est clair que nous rĂȘvons tous de rĂ©ussir mais nous gardons les pieds sur terre, nous savons que c’est dur. Nous allons continuer Ă bosser pour aller le plus loin possible mais si cela ne marche pas tant pis ! Cela n’a pas du tout Ă©tĂ© problĂ©matique, car Norcrow a pu reprendre son instrument de base , la guitare, et du coup nous nous sommes mis a chercher un bassiste. Justement, lĂ nous en avons bavĂ© un peu et au final j’ai demandĂ© Ă mon frĂšre de venir nous dĂ©panner car je jouais avec lui dans un autre projet. Il est venu un mois avant notre premier concert de 2009 et Ă la fin il a dĂ©cidĂ© de rester.
Oui maintenant tu travailles avec ton frĂšre, Lionel. Si Bloodlost suit la trajectoire de Samael, ça ne peut ĂȘtre que positif non ?Oui, je ne pensais pas qu’il allait accepter de rester au dĂ©but, mais au final je pense que c’est la meilleure chose qui nous soit arrivĂ©e et au bon moment. C’est clair que si nous arrivons Ă leur stade, nous pourront mourir heureux !
Vous avez sorti une dĂ©mo en 2006 et votre premier opus, Hellcome, en 2008. Quels ont Ă©tĂ© les retours pour ces deux disques ?Pour la dĂ©mo nous n’avons pas eu beaucoup de retour positifs. C’est sĂ»rement Ă cause du son. Ensuite pour l’album nous Ă©tions dans un label qui nous avait promis monts et merveilles et au final ils n’ont rien fait pour nous si ce n’est nous demander de mettre leur logo sur la pochette. Ca nous Ă fait perdre pas mal de temps, presque un an, et au final nous nous sommes tirĂ©s et nous avons commencĂ©s Ă nous gĂ©rer nous-mĂȘmes. Il n’y a eu aucune distribution, aucun envoi aux mĂ©dias donc nous n’avons pas trop pu nous en rendre compte tout de suite. Maintenant nous commençons Ă avoir des critiques vraiment positives dans certains journaux ou webzines qui nous redonnent vraiment la motivation.
LĂ nous avons eu une lĂ©gĂšre pause en raison de mon opĂ©ration de la hanche mais nous avions Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s pour la Battle du Wacken. J’ai quand mĂȘme dĂ©cidĂ© de relever le dĂ©fi malgrĂ© le fait que nous n’ayons pas pu rĂ©pĂ©ter et que je marche encore Ă l’aide de bĂ©quilles. Nous n’avons pas Ă©tĂ© pris pour le second tour alors, maintenant, nous allons nous consacrer Ă la finalisation de nos nouvelles compos que nous espĂ©rons pouvoir enregistrer d’ici la fin de l’annĂ©e. Nous avons Ă©galement quelques concerts qui arrivent dans notre rĂ©gion, mais rien Ă l’Ă©tranger pour le moment.
Justement, vous avez quelques dates de prĂ©vues en suisse. Aujourd’hui la prochaine Ă©tape dans votre dĂ©veloppement n’est-elle pas de trouver un booker pour tourner un peu plus ?Nous sommes effectivement en train de prĂ©parer des dossiers, avec une petite maquette de nos nouvelles compos. Le but Ă©tant de trouver quelqu’un qui puisse bosser avec nous ou nous signer. Comme je l’ai dit plus haut nous avons perdu pas mal de temps avec des labels locaux qui ne nous ont malheureusement pas trop fait bouger. Pour ĂȘtre franc si nous n’avions pas eu les couilles de nous barrer Ă l’Ă©tranger par nos propres moyens et de voir la rĂ©action de publics Ă©trangers Ă notre musique, nous aurions peut ĂȘtre jetĂ© l’Ă©ponge. Mais lĂ nous avons vraiment envie de bouger car Ă chaque fois tout se passe vraiment trĂšs bien.
Quels sont vos objectifs pour cette année 2010 ?Faire un max de concerts, un second album et essayer de trouver un label sérieux qui veut bien de nous !
Entretien réalisé par email en mars 2010
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