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Nouvelles Du Front   

Bring Me The Horizon à l’aube d’une nouvelle ère


Loin de s’enfermer dans leur Deathcore originel, les britanniques de Bring Me The Horizon ouvrent de nouvelles perspectives dans l’évolution de leur musique avec la sortie le 29 avril prochain de Sempiternal, quatrième opus du groupe qui renfermera quelques nouveautés substantielles annoncées. Le dernier effort du groupe, There Is A Hell… sorti en 2010, les avait déjà emmenés vers la voie du Metalcore, se détachant un peu de la vague Deathcore caractéristique qui les avait portés aux sommets mais dans laquelle ils se sentaient à l’étroit.

Il faut dire qu’Oliver Sykes et ses sbires n’en sont plus au stade de la jeune bande d’énervés tatoués qui brûle tout sur son passage, dans un grand élan de fougue juvénile et de violence musicale décérébrée ; bien qu’ils aient longtemps eu et entretenu cette image, notamment par des prestations scéniques exubérantes, par un fan-club d’adolescentes totalement dévoué à leur groupe fétiche ou par des remixes Dubstep de leurs titres qui ne les ont qu’inscrit un peu plus dans leur époque. Bring Me The Horizon a aussi prouvé qu’il est désormais un des poids-lourds du Metal, travaillant et tournant avec les plus grands, mais surtout en proposant des titres qualitativement très solides et des lives d’une énergie rare.

Aujourd’hui, c’est le producteur Terry Date qui se profile dans l’horizon de carrière des britanniques, l’homme qui a accompagné les pèlerinages électroniques des Deftones et Linkin Park, encouragé le projet Team Sleep (un des side-projects de Chino Moreno) et, surtout, œuvré à des monuments discographiques comme Louder Than Love de Soundgarden ou Cowboys From Hell de Pantera. Il a également produit l’ensemble des albums de Limp Bizkit ainsi que Take You On The Other Side de Korn en 2005, ce qui ne l’a pas forcément servi auprès du public Métal, qui lui attribue en partie les dérives mainstream de Linkin Park et Limp Bizkit…

Il se trouve que, effectivement, Terry Date aime l’électronique, en maitrise les sonorités comme personne, et la rencontre avec les « kids » de Bring Me The Horizon ne changera pas la donne, puisque selon les propos d’Oliver Sykes relatés par Blabbermouth, « Électroniquement, cela va beaucoup plus loin que tout ce que nous avons fait avant.» Et le premier single de Sempiternal, « Shadow Moses », dévoilé après un passage radio qui a forcé Epitaph à mettre le titre en ligne suite à la demande du public, ne va pas à l’encontre des paroles du frontman et de la réputation du producteur : il sonne effectivement très électronique, le refrain est amplement accrocheur, il y a des chœurs et des backings comme aux plus populaires heures de Linkin Park… la patte Terry date, en somme.

Écoutez donc :

Il faut néanmoins nuancer le propos par le fait que Bring Me The Horizon a toujours inséré ce genre d’éléments très synthétiques dans sa musique, comme c’était par exemple déjà le cas sur le titre introducteur du dernier album, « Crucify Me », avec ses voix passées et repassées au Vocoder, tout comme les nombreux remixes du groupe, par Suicide Silence notamment. Pas de révolution à proprement parler en vue, mais le changement d’approche en termes d’écriture et de composition amènera forcément lui un rendu définitivement différent, toujours selon le chanteur: « Le processus d’écriture de Sempiternal a été complètement différent. Nous avons travaillé à partir d’un ordinateur, pour poser les idées, les riffs, et les travailler sans relâche jusqu’à ce que nous ayons ce que nous voulions. » Et là intervient un autre changement majeur : l’arrivée de Jordan Fish au clavier, alors que le groupe n’avait personne pour jouer ce rôle précédemment, ce qui « a apporté beaucoup plus de possibilités ».

Bring Me The Horizon va donc rentrer dans une configuration nouvelle, avec quelqu’un pour gérer les sons électroniques en live, comme Franck Delgado chez Deftones ou DJ Lethal chez Limp Bizkit. De plus, sur album, la différence devrait se faire sentir, puisqu’il ne s’agira plus seulement de nappes et effets électroniques ajoutés au moment de la production de l’album, mais d’un membre à part entière dédié à l’élément électronique qui va amener ses idées au moment de la composition des morceaux. Ce qui change forcément la donne, comme ce fût le cas pour Deftones lors de l’enregistrement de White Pony, un album qui a changé la face de la carrière du groupe de Sacramento, sous la houlette et les recommandations de Terry Date. En ajoutant à cela le départ de Jona Weinhofen, le second guitariste qui était arrivé en 2009 et qui pour l’instant n’a pas de remplaçant officiel, on obtient les conditions requises pour que cet album marque une évolution importante dans la (déjà) riche carrière des cinq Britanniques.



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