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Chronique   

Bring Me The Horizon – Post Human: Survival Horror


Un EP mais pas vraiment. Lorsque Bring Me The Horizon a envisagé de proposer de la nouvelle musique, il prévoyait de la présenter sous un format plus court. Au bout du compte, Post Human: Survival Horror, et ses neuf titres, se rapproche davantage d’un album sans en être vraiment un… L’idée est née d’un partenariat avec le compositeur de la bande-son du jeu Doom Eternal, Mick Gordon, sur le titre « Parasite Eve ». Post Human: Survival Horror a déjà révélé une grande partie de son contenu à travers les quatre singles « Ludens » (figurant sur la bande originale du jeu Death Stranding d’Hideo Kojima), « Parasite Eve », le featuring avec Yungblud « Obey » et « Tear Drops ». Il est le premier d’une série de quatre œuvres Post Human qui bénéficieront toutes d’une orientation musicale différente. Pour ce qui est de Survival Horror, il présente le penchant le plus agressif de Bring Me The Horizon qui a fait sa renommée des premières heures. Le tout sous le regard paternel de Linkin Park.

« Dear Diary » est bien loin de l’introduction d’Amo (2019). Bring Me The Horizon en revient à un riffing extrêmement violent et quelques prouesses de dextérité, portés par le scream tranchant d’Oliver Sykes. De quoi embrayer sur l’électro lugubre qui ouvre « Parasite Eve ». À nouveau Bring Me The Horizon privilégie la noirceur et une atmosphère de tension omniprésente, éclatant à son terme par une effusion de violence. Si les évolutions musicales amorcées par That’s The Spirit (2015) divisent encore, impossible de nier le don de Bring Me The Horizon pour ciseler des refrains plus qu’accrocheurs. Il y a cette capacité à intégrer les aspects les plus rugueux du metalcore avec les attraits de l’électro et de la pop sans engendrer un monstre de mauvais-goût. « Tear Drops » obéit à une structure plus classique couplet-refrain directement héritée du néo-metal, un véritable retour à l’époque Hybrid Theory (2000). Sans impressionner, Bring Me The Horizon conserve une efficacité qui découle de la simplicité du titre et de l’aisance d’Oliver Sykes à adapter sa voix pour les différents niveaux d’intensité. « Tear Drops » pâlit cependant de la comparaison avec un « Parasite Eve » plus audacieux ou avec l’ambitieux « Ludens ». « Ludens » mêle savamment tout ce qui constitue la musique de Bring Me The Horizon à ce jour : des breaks électro à la limite du sensuel et des arrangements tirés de l’EDM, des progressions pop qui aboutissent à un refrain fédérateur et un encart metalcore. Sur le papier tout effraie, dans les faits tout fonctionne. N’en déplaise à ses détracteurs, Bring Me The Horizon brille par son ingéniosité et l’addiction qu’il provoque.

L’un des intérêts principaux de l’EP est la présence de nombreux invités. « Obey » profite de l’exubérance de Yungblud qui rejoint Oliver Sykes pour s’égosiller sur une musique aux relents électro volontairement juvéniles (les heures sombres de la techno ne sont pas très lointaines). L’interprétation de Yungblud est toutefois très proche de ce qu’Oliver Sykes propose lui-même. Elle est très vite supplantée par la collaboration avec Babymetal, une fusion démoniaque pour les puristes. Elle concerne une introduction : « Itch For The Cure (When We Will Be Free) », justement une référence au titre de Linkin Park « Cure For The Itch », et la chanson « Kingslayer » qui s’ensuit. Le mariage fonctionne : l’exubérance des arrangements et des rythmiques grande vitesse de Babymetal sied au timbre d’Oliver Sykes. Le refrain en anglais est laissé à la discrétion de Babymetal qui confère ce cachet de pop sucrée. La collaboration souffre légèrement du fantasme qu’elle suscitait, le taux de glucose élevé du titre laisse paradoxalement sur sa faim car il crée un manque, le désir à peine assumé de voir la collaboration se répéter… « 1×1 » reprend les codes du néo-metal à l’instar de « Tear Drops » et profite trop peu du couplet chanté par les Nova Twins, le point fort de la chanson. À noter la reprise d’un riff presque à l’identique de Linkin Park, écho supplémentaire d’Hybrid Theory. Là où la recette « BMTH with friends » fonctionne moins, c’est lors de la ballade mielleuse au titre sobre de « One Day The Only Butterflies Left Will Be In Your Chest As You March Towards Your Death » partagée avec Amy Lee. Le titre émeut davantage par sa longueur que l’émotion qui s’en dégage. Oui, Amy Lee chante parfaitement bien. Oui, elle laisse tristement de marbre. « One Day… » fait office de conclusion aux antipodes de l’énergie des précédents. Un choix de tracklisting qui lui coûte et le rend anecdotique, comme si le véritable terme de Post Human: Survival Horror était « Ludens » et rien d’autre.

Post Human: Survival Horror contient ces sentiments de colère et de révolte qui motivent les jeunes groupes prompts à s’adonner au riffing. Ceci explique les références à Linkin Park, Bring Me The Horizon assume ainsi pleinement ce rôle de successeur. Il en revient à un riffing plus direct et des structures parfois plus simples sans oublier ce qui fait tout son intérêt : un talent pour le syncrétisme musical des éléments les plus en vogue de la musique contemporaine. Une musique qui s’écoute jusqu’à la limite de l’overdose, en attendant les trois prochaines livraisons.

Clip vidéo de la chanson « Teardrops » :

Clip vidéo de la chanson « Obey » :

Clip vidéo de la chanson « Parasite Eve » :

Album Post Human: Survival Horror, sortie le 27 novembre 2020 via Sony Music. Disponible à l’achat ici



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