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Metalanalyse   

Bring Me The Horizon recherche l’éternel comme but


Bring Me The Horizon n’est plus une surprise pour personne. Les fans Hardcore comme les détracteurs acharnés ne peuvent plus ignorer les cinq de Sheffield qui font désormais partie du paysage metal international. Ils ne se terrent plus dans des affiches deathcore réunissant la jeunesse du mouvement, et les tourneurs ne les confinent plus dans ces soirées. Et des fans de metal traditionnel font même leur « coming-out » aux yeux de tous, exhibant fièrement un remix de Suicide Season par Ben Weinman (Dillinger Escape Plan) ou remuant la tête au Sonisphere 2011 devant le show des Anglais avant d’aller défier le Big 4. Même pas peur. Après tout Oliver Sykes et sa bande ont bien mérité un peu de répit ; ils ont gagné leur gallons auprès des grands groupes, comme Machine Head ou DevilDriver en ouvrant pour eux, et des professionnels du milieu en remplissant des salles comme tête d’affiche. Mais Terry Date va-t-il ruiner tous les efforts du groupe à se faire enfin adopter par la scène metal en transformant les Bring Me The Horizon en successeurs de Linkin Park, en sa nouvelle poule aux œufs d’or ?

En apprendre plus sur la façon dont ce Sempiternal a été composé n’aidera par les réfractaires des production de Date à se rassurer sur la direction de l’opus : « Écrire Sempiternal a été un processus complètement différent. » avait en effet déclaré Oliver Sykes il y a peu. « Nous avons travaillé à partir d’un ordinateur, posant les idées et les riffs, et les travaillant sans relâche jusqu’à obtenir ce que nous voulions. » La démarche est assumée : Bring Me The Horizon a voulu insuffler un air neuf à ses compositions par une utilisation accrue des techniques informatiques. Une approche à l’opposé du retour en arrière de certains groupes nostalgiques du grain d’antan. Mais une opération en accord total avec la génération à laquelle appartient BMTH qui fait évoluer le son au gré des techniques nouvelles mises à disposition. L’orientation électronique, déjà présente sur les albums précédents, est donc poussée plus loin. La touche Terry Date, sûrement, même si Sykes s’en défend lorsqu’il nous explique dans un entretien à paraître dans nos colonnes que « c’était notre décision de pousser plus loin dans cet aspect » et qu’il n’a « rien changé du tout. » Dans les expériences électroniques passées, on se souviendra de ce second album entièrement remixé en dubstep notamment par des DJ et musiciens, intitulé Suicide Season: Cut Up. Le propos était voulu synthétique pour mettre en avant la rapidité et le côté brutal du son de BMTH. Cependant, il n’en va pas de même pour ce Sempiternal, où les Anglais ne se sont pas servis cette fois-ci de l’électronique pour aller plus vite ou plus fort, mais ailleurs.

La bande d’Oliver Sykes a avant tout voulu diversifier son univers en proposant d’autres recettes que le traditionnel deathcore dont ils ont été l’étendard ou le metalcore vers lequel ils se sont tournés sur leur précédent album. En plus de Terry Date, réputé pour avoir développé la fibre électronique de groupes comme Deftones, Limp Bizkit ou Linkin Park, un nouvel élément au sein du groupe, Jordan Fish, est désormais dédié entièrement aux claviers. Un nouvel instrument à part entière dans le groupe, qui ouvre leur potentiel. Tout en gardant cependant ce qui fait la marque de fabrique du groupe : une touche de tristesse et de mal-être sur le chant et les arrangements du groupe, qui peut mettre mal à l’aise et apporte un côté malsain presque nécessaire pour retrouver l’univers musical de BMTH.

Pour autant, le rapprochement avec Linkin Park sera difficilement évitable avec des titres comme « Can You Feel My Heart », « Crooked Young » ou « Go To Hell, For Heaven’s Sake », la façon de faire tourner des refrains fédérateurs et de breaker les couplets étant trop équivoque… Malgré tout, la variété est bel et bien là, et BMTH fait vibrer l’émotion viciée sur des cordes différentes que dans le passé, explore d’autres pistes parfois plus Rock, parfois New Wave grâce à l’apport du clavier, ce qui fait résonner ce Sempiternal de manière définitivement différente.

Et le chant se veut plus affûté et, lui aussi, plus diversifié que jamais. Oliver Sykes va même lorgner de manière inattendue vers des répertoires mélodiques que le public ne lui connaissait pas forcément (« Hospital For Souls »). Une maturité pas évidente sur les opus précédents se dégage désormais du son des Anglais qui prennent le temps d’écarter les débats vers d’autres sphères, souvent plus douces (« Sleepwalking »).

Bring Me The Horizon s’installe dans un fauteuil avec les coudées plus franches qu’avant, un peu plus détaché de l’hystérie collective adolescente des débuts, mais plus rattaché au monde musical de ses aînés. Toute révolte juvénile n’est évidemment pas retirée du propos du combo, mais cette dimension évolue, encadrée par le jeu de l’expérience et des années, mais également peut-être par la maison à laquelle ils appartiennent depuis désormais deux albums : Epitaph et le très expérimenté monsieur Brett Gurewitz (Bad Religion). Un label surtout Punk et Hardcore, qui s’est spécialisé dans la volonté de faire perdurer la force de la révolte adolescente dans le temps… C’est là tout le défi de Bring Me The Horizon : utiliser la vivacité et la violence qui est en eux dans un projet de carrière musicale sur le long terme. Et ce Sempiternal, par ses nouvelles voies explorées et ses intentions dévoilées, fait apparaître le tracé du chemin que souhaitent prendre les cinq de Sheffield, pour définitivement graver dans le marbre leur existence et reconnaissance au sein de la communauté Rock et Metal internationale.

Album Sempiternal, sortie le 1er avril 2013 chez Columbia/Sony Music



Laisser un commentaire

  • « Qu’ils continuent à vendre leurs t-shirts, le seul album potable qu’ils aient sorti est le premier. »

    Restez coincer dans le passé, vous y êtes surement tous très bien. Count your blessing était juste le pire album qu’ils aient fait, et dans de nombreuses interviews Oli ainsi que Lee l’explique. C’était une étape pour eux, ils ne la regrettent pas, mais si vous attendez que BMTH fasse un remake de CYB a chaque album, je vois pas du tout l’interet. Je suis incapable d’écouter une seule piste de CYB a l’heure actuelle … On évolue tous, et BMTH aussi. Sempiternal est juste l’album le plus élaboré que j’ai pu entendre, alors que aux première écoutes, j’étais déçu … Faut juste se dire, « ils évoluent » et faire avec. Juste un peu d’adaptation … L’instru est magique, certaines paroles sont les plus belles jamais écrites par Oli, la batterie est superbement orchestré …

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  • JE trouve que cet album est vraiment excellent,
    Ils ont été capable d’intégré l’électro de très bonne manière ce qui est en soit presqu’un exploit…
    Un bon 9/10 😉

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  • Game-system dit :

    Vraiment pas mal ce nouvel album, une belle évolution du groupe, mais le « deathcore dont ils ont été l’étendard » comme le dit si bien la chronique était beaucoup meilleur. Count your blessings était juste parfait.

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  • Qu’ils continuent à vendre leurs t-shirts, le seul album potable qu’ils aient sorti est le premier.

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  • cette album pu la merde, et dire que j’étais fan de ce groupe il y a 3 ans a la sorti de leur dernier album j’étais surpris de leur changement brusque, et avec le temps j’ai commencé a l’aimer cette album mai la c’est une grande blague ce groupe est commerciale comme bullet for my valentine.le groupe d’oli sykes n’iront certainement plus au wacken ^^ et je comprend le guitariste qu’il en avait marre de cette merdre anglaise il est retourné avec son groupe natale i killed the prom queen <3

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    Cadavra7x

    Et merde… Même dans la « communauté » Metal y’a des gosses qui ne savent pas écrire…

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