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Brutal Truth : Dan Lilker tire sa révérence


Quand une formation ou un artiste annonce qu’il compte mettre un terme à sa carrière, plus que l’annonce en elle-même (suffisamment explicite en ses termes), la véritable question est de savoir comment. Le cas des Scorpions, par exemple, a prouvé qu’après plus de quarante années au service de la musique, la retraite n’est pas chose aisée. Tirer une croix sur ce qui vous anime depuis tant d’années est bien plus simple à dire qu’à faire. Ainsi, quand un artiste annonce son dernier round, il est attendu de celui-ci qu’il explose dans un véritable baroude d’honneur. Du spectacle, de la qualité et de l’émotion jusqu’au bout.

Dans le cas, dans un tout autre genre, de Dan Lilker, connu pour être à l’origine de Brutal Truth, véritable référence du grind, il n’y aura pas de paillettes, pas de dernier album phare. Car après tout, la carrière du bonhomme parle d’elle-même : Anthrax (dont il est un des fondateurs), Nuclear Assault, Evil Wrath, Nokturnal Hellstorm, Stormtroopers Of Death (S.O.D., avec de vieux copains d’Anthrax) etc. Sur tous les fronts, dans tous les coups (et bons de surcroît), Dan Lilker c’est plus de vingt-cinq ans dans le monde de la scène metal. Underground car extrême, certes, mais belle et bien active. C’est ainsi que le 18 octobre prochain, avec les bougies du gâteau d’anniversaire de ses cinquante ans, le musicien soufflera au passage sur la flamme Brutal Truth, part majeure de sa carrière musicale. Et le groupe fait déjà son deuil. Sur la page Facebook de Brutal Truth, là où Lilker a annoncé sa fin, c’est un pavillon noir uniforme qui sert de photo de profil.

Personnage important du milieu, c’est avant toute chose des regrets qui émergent de cette annonce, notamment chez le musicien lui-même qui avoue : « J’ai le regret d’annoncer aux fans de Brutal Truth que le 18 octobre 2014 je stopperai mon activité de musicien, en studio comme en tournée. » Il poursuit : « Cette date marque mon cinquantième anniversaire, j’ai donc choisi ce moment symbolique comme une étape majeure pour prendre une si lourde décision. Comme beaucoup d’entre vous le savent, j’ai été un membre actif de la scène metal depuis le début des années 80 avec un groupe de thrash metal [ndlr : Anthrax dont il est à l’origine et avec qui il a enregistré, à la basse, l’album Fistfull Of Metal en 1984, avant de le quitter suite à des tensions avec Neil Turbin, chanteur de l’époque] dans lequel j’ai été avant de former Brutal Truth en 1990. Et je suis tout simplement épuisé par la rigueur que réclament des tournées régulières. »

Des regrets par rapports à sa carrière ? Non. Lucide sur la réussite de certains, Dan Lilker assume ses choix et s’en satisfait : Contrairement à certains de mes pairs des années 80 qui ont vendu des millions d’albums, j’ai toujours été attiré par la scène extrême underground. Je n’en ai rien à faire de séjourner dans des hôtels 5 étoiles et d’avoir un grand tour bus pépère mais je suis fatigué de me serrer dans un van pendant 8 heures après toutes ces années sur la route. J’ai toujours joué ce en quoi je crois et cela a toujours été ma priorité première, mais le temps est venu d’avoir un peu plus de stabilité dans ma vie. »

Une quête de stabilité qui se comprend. Par l’âge, premièrement. Car arrivé à la cinquantaine, même si le musicien n’envie pas ses confrères – comme il aime à le préciser – qui ont le « privilège » du confort sur leur tournée, dû au fait qu’a contrario de la scène extrême, les artistes metal à la notoriété certaine restent plus « chouchoutés » (avec plus de moyens mis à leur disposition), il est vrai que tracer la route en van, plutôt que dans un tour-bus luxueux (quand ce n’est pas en avion) avec le staff et le reste du groupe demeure épuisant. Mais ce désir de stabilité peut aussi se comprendre par ses nombreuses activités musicales prenantes et tout aussi éreintantes.

En vingt ans il a formé, arrêté puis reformé Nuclear Assault pas moins de trois fois. En 1985, il est à l’initiative de S.O.D. avec Scott Ian, Charlie Benante et Billy « Mosh » Milano. Il s’est essayé au black metal (Hemlock, Crucifist, Nunfuck Ritual, Nokturnal Hellstorm), le crust-punk avec Venomous Concept, sans oublier le death/grind avec, pêle-mêle, The Ravenous, Brutal Truth (au cas ou vous l’auriez oublié) et Extra Hot Sauce. Et, en toute logique, il était aussi de nombreuses collaboration, en studio comme sur scène : Soulfly, Dark Angel, Autopsy, etc.

Mais que les fans se rassurent : ils auront jusqu’au mois d’octobre prochain pour encore profiter de Brutal Truth comme l’explique Dan Lilker : « Brutal Truth sera toujours un groupe de tournée actif jusqu’à la mi-octobre et aura pour but de faire autant de dates que possible dans les neuf prochains mois ou plus. Après cela, je vais encore avoir la production créative avec mes deux groupes locaux à Rochester : Nokturnal Hellstorm et Bluring, et faire quelques tournées occasionnelles avec le projet, mais oui, à la mi-octobre, Brutal Truth n’existera plus. Je me rends compte que ce sera une extrême déception pour tous les fanas de grind qui ont soutenu ce groupe si farouchement toutes ces années, et votre enthousiasme aura toujours une place spéciale dans mon cœur, mais j’ai pris ma décision, et j’espère que chacun pourra la respecter. »

Ainsi, la retraite sera progressive. Tel un cap à franchir pour voguer vers de plus calmes horizons, Dan Lilker amorce une descente en douceur (euphémisme quand on parle de grindcore !) et laissera sa patte et sa signature dans l’histoire du metal extrême. Alors comme on dit : bon vent, Capitaine !



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