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Chronique   

Buckcherry – Warpaint


Buckcherry est un groupe aux aspirations plutôt simples : « se connecter avec les gens, mener la fête et offrir une soirée qu’ils ne pourront pas oublier », selon les dires du frontman Josh Todd. Depuis 1999, les Californiens pratiquent un hard rock avec pour seul objectif de marquer l’auditeur par ses refrains catchy et une forme de piquant dans les paroles, à l’instar des hits « Lit Up » et « Crazy Bitch ». Warpaint est le huitième album du groupe, le premier avec le producteur Mike Plotnikoff (All That Remains, Halestorm), le premier également depuis les départs du guitariste lead Keith Nelson et du batteur Xavier Muriel, faisant de Josh Todd le seul membre fondateur encore en activité dans le groupe. La philosophie de Warpaint ne détonne pourtant pas vraiment avec le reste de la discographie de Buckcherry : il s’agit de ne pas trop se projeter, d’être honnête et de vivre l’instant présent. Dans ce sens, Warpaint se tient parfaitement.

« Warpaint » est justement l’occasion de rentrer dans le vif du sujet, faisant référence à la fascination de Josh Todd pour les tatouages amérindiens (ainsi que les siens) et leur fonction de célébration d’un instant présent. Le titre a des allures de hard rock à la AC/DC avec un riff de guitare haché en guise de fil conducteur. Évidemment, Buckcherry ne tarde pas à délivrer un refrain fédérateur qui insiste sur ce besoin de se préserver des angoisses à venir : « I want to kiss the night away, I want to sleep all through the day, forget all my problems »… « Right Now » reprend la même thématique avec un riff acoustique tout en tension, Josh Todd faisant référence à ses vingt-quatre ans de sobriété et à la nécessité de s’extraire de toutes les ingérences qui empêchent de profiter de la vie. Un propos simple élégamment mis en valeur. « Right Now » est l’occasion de constater l’orientation musicale empruntée par Buckcherry qui souhaitait sonner « contemporain ». Si le son de guitare de « Warpaint » renvoie davantage au hard rock des années 80, « Right Now » profite d’un son plus massif, tandis que les couplets reposent sur une rythmique acoustique ; une spécificité qui apporte dynamisme et fraîcheur au titre. Le véritable atout de la production réside justement dans le traitement des guitares qui s’illustrent de diverses façons. Les ballades semi-acoustiques, à l’instar de l’introspective « Radio Song » ou de la plus langoureuse « The Hunger », font figure d’exercices académiques de la power-ballade dans la pure veine américaine – jolies mais un peu fades. « The Vacuum », chanson sur le fait de se sentir impliqué dans un vortex de problèmes sans avoir réellement de prise, permet en revanche d’apprécier les différentes distorsions et profite des meilleurs leads de l’opus, sur une base bluesy intemporelle. Le travail de Stevie D. et Kevin Roentgen montre une grande versatilité, jusqu’à emprunter un riffing punk gorgé de soleil californien (délibérément inspiré de Social Distorsion) sur « No Regrets ».

Outre la faculté évidente du groupe à composer des titres rocks aux multiples accroches (le single « Bent » remplit parfaitement son rôle de titre-poster pour Buckcherry), ce dernier arrive à convaincre lorsqu’il sort légèrement de sa zone de confort. La reprise fidèle de « Head Like A Hole » de Nine Inch Nails confère une tonalité indus assez inédite pour le groupe, avec un son de basse distordu monstrueux et une similarité de timbre entre Josh Todd et Trent Reznor parfois bluffante. « Back Down », et ses voix soul en arrière-plan, a ce qu’il faut d’ingéniosité pour captiver et ne pas constituer un énième titre festif. Les bends de guitare et le solo au bottle-neck y sont pour beaucoup… Même un titre en apparence très « stadium-rock » comme « The Alarm » comprend de très légers éléments funk (un peu à la manière d’Aerosmith), qui évitent au groupe de proposer une musique trop convenue. Buckcherry ne s’éloigne jamais radicalement de ce qu’il sait faire de mieux, mais a suffisamment d’attention aux détails pour garder les choses variées et divertissantes. Justement, « The Devil’s In The Details » est un titre très à propos. L’effort de structure de la composition ravira les plus fervents amateurs de Buckcherry avec ses breaks rythmiques, son gimmick de guitare entêtant, ses chœurs martiaux et un refrain porté par un Josh Todd qui aide à construire toute la tension qui précède un final enlevé.

Buckcherry fait les choses simplement, sans prise de tête et avec ce qu’il faut d’inspiration pour éviter de tourner en rond. Warpaint pioche légèrement dans plusieurs styles, en gardant l’essence de la musique du groupe. Buckcherry a su agrémenter son propos connu de tous avec justesse et parvient finalement à dégager une impression de spontanéité, ce qui était le dessein premier de ce Warpaint.

Clip vidéo de la chanson « Bent » :

Chanson « Warpaint » :

Album Warpaint, sortie le 8 mars 2019 via Century Media/RED Music. Disponible à l’achat ici



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  • Enfin le retour de Buckcherry. A croire que le départ de certains membres étaient nécessaire.

    J’étais pas plus emballé que ça par la reprise, et « bent », puis après plusieurs écoutes de l’album, elles se fondent bien dans.

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