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Song For The Deaf   

Bujie And The Highrise : une autre Nouvelle-Orléans


Quand la Nouvelle-Orléans n’accouche pas de formations jazz ou autres Big Band, que fait-elle ? Elle génère et entretient une scène qui lui est si particulière : la scène sludge. Au début des années 1990, le bayou et l’atmosphère humide de la « Big Easy » ont vu naître un certain nombre de groupes tels qu’Acid Bath, Eyehategod ou Crowbar et bien évidemment le Down du natif Phil Anselmo, fers de lance d’un mouvement bien marqué de leur empreinte à chacun, une musique qui, au fil du temps, a certes dépassé les frontières de l’État de Louisiane, mais qui a su emporter et conserver une part de sa ville natale dans ses gènes. La Nouvelle-Orléans est éminemment une terre de musique.

Mais elle voit aussi naître, timidement et non sans surprise, quelques styles hybrides qui viennent graviter autour d’un vivier métallique bien ancré. Des styles un peu bâtards qui ne courent évidemment pas les rues. Tout comme ce crossover si particulier entre musique reggae, sonorités dub et base metal. Un cocktail que Bujie And The Highrise concocte avec aisance. Cette jeune formation fondée à l’aube de l’année 2012 vient investir la terre du jazz et du sludge avec un style que Bad Brains, véritable référence du genre, a mis au jour en 1977. Le dernier EP en date de ces petits jeunes de la Louisiane, Metal Skunk, sorti un peu plus tôt en octobre, a ainsi attiré notre oreille sur la précédente galette publiée : Bujie and the Highrise, album éponyme et premier du combo, sorti en décembre 2012. Un album véritablement décoiffant par sa richesse et son culot.

Le coup de cœur est venu de ce titre, « Burning Up » (ci-dessus), qui du haut de ses sept minutes ratisse un champ musical considérablement large. Ska, reggae, dub, rock, metal et punk y sont croisés dans une alchimie osée mais particulièrement maîtrisée. Entre sonorités nébuleuses appuyées à grands coups de pédale wah-wah et plans de batterie typique du ska et du reggae venant contraster certains riffs typiques du metal, Bujie And The Highrise a de quoi prendre de court. La formation sait attiser la curiosité tout autant qu’elle sait varier les couleurs de son opus. Ainsi, le fan de ska y trouvera son compte tout autant que l’amoureux de musique saturée. Tout comme un keupon y trouvera de quoi se chausser, au même titre que l’amoureux de ganja.

Bujie and The Highrise s’adresse à l’âme adolescente de tout un chacun. Rappelant les premières soirées entre potes à boire des bières à soixante-dix centimes, en se faisant mutuellement découvrir de nouveaux groupes et de nouveaux sons. Les Louisianais condensent en un même album la quasi totalité des musiques anti-conformistes, révolutionnaires et revendicatives prônées par les moins de vingt-cinq ans. En un sens, même si l’énumération des nombreuses influences et couleurs musicales du groupe peuvent donner le sentiment de fourre-tout bordélique et facile, n’en demeure pas moins que Bujie And The Highrise ne pouvait pas être plus complet. Complet et de surcroît cohérent dans sa musique. Le groupe donne ainsi du poids à ses œuvres artistiques et à son discours.

La dragée proposée est fraîche et rafraîchissante. Addictive et entêtante tout autant que le désir de liberté revendiqué par tout adolescent l’est. Toutefois, avant de partir faire tomber des têtes pourquoi ne pas rire et profiter ? Et pourquoi pas partir faire la révolution la fleur au fusil ? Avouons le, on n’avait rien vu de plus hippie que Bujie and The Highrise dans le metal depuis fort longtemps. Et pour s’enivrer de tout ceci, la discographie du combo est en téléchargement à prix libre (les moins fortunés peuvent donc les choper gratos) sur son Bandcamp officiel.

Page Facebook officielle : Bujie and The Highrise.



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