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Chronique   

California Breed – California Breed


Un groupe, trois générations. Trois périodes de vingt ans séparent chacun des membres. Ou les rapprochent, en héritiers d’un rock sincère et généreux, parfois alternatif, toujours fédérateur. Deux Anglais et un New-yorkais pour représenter la « race californienne », la California Breed, les couleurs chaudes de sa musique et même, plus largement, montrer leur amour du son de la côte Ouest américaine, explorée jusqu’aux eaux plus froides de Seattle. Extraits du Black Country, Glenn Hughes et Jason Bonham ont mêlé à leur bagage génétique musical mutli-décennal un élément américain jeune d’une vingtaine d’années… oui, le guitariste (et chanteur) Andrew Watt, mais aussi un peu de grunge, sa lourdeur (« Invisible ») et un peu de sa mélancolie (« All Falls Down »), imprégnant par touches l’ADN de cette race : la disto sur la guitare de « Chemical Rain » peut rappeler celle de « Man In The Box » (Alice In Chains), « The Grey » aurait pu être signé Pearl Jam… Mais au bout, toujours la Californie avec « Scars », quasi reprise de « Woman To Woman » de Joe Cocker, samplé dans les 90’s par un 2Pac chantant le « Califonia Love ».

Mais en chemin, il est surtout question, et ce dès l’ouverture, de partage et de générosité : « The Way » en met d’office partout par paquets de riffs, une batterie omniprésente, des chœurs dignes d’être clamés dans des stades et une voix de Hughes qui en fait des caisses même là où ce ne serait, a priori, pas nécessaire. Mais, en qualité de frontman, et si l’album a été composé à parts égales par les trois membres, l’aîné de la bande y met aussi une bonne part de son patrimoine. S’il a déclaré qu’il ne ferait plus que des albums de rock, au détriment des 10% de fans aimant ses œuvres plus funk et soul, impossible de se défaire complètement de ce morceau d’âme noire qu’il a en lui, qu’on reconnait avec cette voix féminine très soul l’accompagnant sur un « Midnight Oil » et dans le refrain du langoureux « All Falls Down ». Des titres aussi très dansants, comme « Spit You Out » swinguant sur un vieux piano rock’n’roll, mené par le jeune Watt, nanti ici du poste de chanteur lead.

« Sans maîtrise, la puissance n’est rien », dit un célèbre slogan. Mais, paradoxalement, c’était le crapaud dans le diamant Black Country Communion, super-groupe combinant quatre maîtres mais dont l’addition des maîtrises étouffait probablement la puissance, offrant trois œuvres de hard rock de qualité mais dont un petit supplément d’âme n’aurait pas été de trop. Séparés d’un Bonamassa qui préférait s’occuper de ses affaires, ou des claviers d’un Sherinan, Hughes et Bonham n’avaient besoin que d’un guitariste au son gonflé à bloc pour se remettre sur la route du rock. Et c’est dans la simplicité du power-trio qu’on entre le mieux en communion, ils l’ont bien compris (c’est aussi pour cela qu’ils n’ont pas fait appel à Sherinan dans cette aventure), et cette expérience met encore la force de cette formule – en même temps qu’un grand talent : Andrew Watt, une sacrée révélation ! – en lumière.

Ci-dessous le clip de « Sweet Tea » et la lyric-vidéo de « Midnight Oil » :

Album California Breed, sortie le 20 mai 2014 chez Frontiers Records.



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