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Chronique   

Candlemass – Sweet Evil Sun


Personne ne fait du doom à la fois heavy et épique comme Candlemass, et pour cause : les Suédois ont posé plusieurs des pierres angulaires du genre. Après leurs retrouvailles avec le chanteur de leur inoubliable premier album, Epicus Doomicus Metallus, Johan Längqvist, en 2018, ils semblaient avoir retrouvé un nouveau souffle, quelques années à peine après avoir frôlé le split. The Door To Doom, sorti en 2019, célébrait en grande pompe le retour de ce line-up historique, mais aussi le chemin parcouru par ces pionniers du doom, au point de lui valoir – enfin ! – une accolade officielle sous la forme d’une nomination aux Grammy awards. Revigoré par ce retour aux sources, le groupe a définitivement remis au placard ses projets de retraite, et, après des tournées destinées à défendre The Door To Doom ou célébrer Epicus Doomicus Metallus, il s’est attelé à son successeur. Avec un Längqvist désormais complètement impliqué dans la genèse de l’album – pour The Door To Doom, il avait remplacé Mats Levén au pied levé –, son sens du grandiose et de la narration, et l’imparable sens du doom de Leif Edling, Sweet Evil Sun semble tout avoir pour ressusciter la magie du début de la carrière du groupe. C’est ce que semblent promettre les premiers extraits de ce treizième album : un doom traditionnel, épique, pas simplement rétro – atemporel.

Et en effet, le premier riff de « Wizard Of The Vortex », qui entre en scène de manière spectaculaire après quelques secondes de nappes de clavier en introduction, porte indubitablement la patte Candlemass : lourd, fuzzy et accrocheur. De riffs imparables, Sweet Evil Sun en regorge, que le rythme ralentisse ou qu’il accélère jusqu’à un mid-tempo conquérant (« Angel Battle ») ; les fans auront de quoi headbanguer tout leur saoul. Comme à son habitude, Candlemass donne la part belle aux guitares, que ce soit lors de solos particulièrement expressifs (« When Death Sighs ») ou de passages désaturés (le final tout en douceur de « Wizard Of The Vortex ») voire acoustiques (l’introduction de « Devil Voodoo »), mais n’hésite pas pour autant à employer samples (de corbeaux ou de cloches sur « Crucified ») et surtout claviers, dont on trouve des touches tout au long de l’album, pour étoffer les atmosphères déployées par les musiciens. Car plus que jamais, Candlemass est un groupe qui raconte des histoires, et Johan Längqvist se fait conteur de choix : sa voix tient le devant de la scène et s’illustre par son expressivité, tantôt menaçante (« Black Butterfly »), tantôt mélancolique, se mêlant à l’occasion aux vocalises de Jennie-Ann Smith d’Avatarium (« When Death Sighs »). La production brute et naturelle de Marcus Jidell sert la théâtralité du propos – quitte à ce que la batterie en pâtisse un peu, notamment sur « Devil Voodoo » –, tout comme les subtiles variations introduites tout au long de l’album. Le groupe offre notamment une quasi-ballade le temps d’un break durant « Angel Battle », et un morceau instrumental en guise de clôture, « A Cup Of Coffin », où l’on entend une foule enthousiaste (celle du Södra Teatern de Stockholm) derrière l’entrecroisement des guitares : standing ovation, les rideaux se referment.

Rien de vraiment nouveau sous le soleil certes, tout « sweet » et « evil » qu’il soit, mais on serait bien en peine de le reprocher à un groupe qui, en pratiquement quatre décennies de carrière, s’est imposé valeur sûre d’un style qui s’épanouit dans de perpétuelles années 1970. Les Suédois ont beau être devenus l’un des groupes les plus influents dans leur style et au-delà, c’est à leurs propres prédécesseurs qu’ils n’oublient jamais de rendre hommage, que ce soit en citant le « children of the grave » de Black Sabbath dans « Black Butterfly » ou en mentionnant des inspirations qui vont de Judas Priest à Queen en passant par Uriah Heep. Après avoir revisité ses débuts avec The Door To Doom, le groupe se fait passeur, et établit des ponts entre un certain âge d’or du metal, l’ancienne école que vantent les musiciens, et ses plus jeunes fans. Loin de montrer des signes de fatigue, plus unis que jamais, les Suédois prouvent avec une conviction et une expertise renforcées au fil des années qu’ils sont les dignes héritiers de ces grands noms.

Clip vidéo de la chanson « Sweet Evil Sun » :

Chanson « Scandinavian Gods » :

Album Sweet Evil Sun, sortie le 18 novembre 2022 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici



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  • CastorJunior dit :

    Franchement je fais partie des défenseurs de Candlemass. Les 4 premiers albums sont fabuleux, l’éponyme est monumental et je prends toujours du plaisir à écouter Death Magic Doom ou Psalms For The Dead.
    Mais ils font qu’on m’explique comment en 2022 on peut aussi mal enregistrer et produire un disque. C’est à la limite de l’écoutable. Si ça avait été enregistré en 1985, pourquoi pas. Mais pas là.

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  • « C’est ce que semblent promettre les premiers extraits de ce treizième album : un doom traditionnel, épique, pas simplement rétro – atemporel. » et là est tout le problème. Le Doom pratiqué par Candlemass notamment depuis l’ ère Lowe est devenu générique , bien loin des fulgurances des 4 premiers albums mais n’avaient pas ce coté un peu flétri et légèrement jauni dans les angles mis en valeur par cette orgue Hammond qui sied assez mal avec l’ensemble. Ok, il est vain de vouloir de nouveau entendre la voix pleine de spleen de Johan portant à elle toute seule l’album Epicus… mais tout de même. L’album est loin d’être mauvais mais je m’attendais à mieux du fait du temps accordé à sa génèse avec Johan inclus dès le départ dans sa conception, ce qui n’était le cas sur le précédent album . Je pensais retrouvé des élans lyriques mais non , les gars ont pris de l’âge et des soucis personnels sont aussi par là. Dont acte.
    La production semble généré un son étouffé , compressé , heavy certes mais il ne faut oublier d’espacer un peu les choses. Ce qui avait été très bien fait sur l’album réunion de 2005 avec l’irremplaçable Messiah. Le son était ultra heavy mais aussi cristallin et les nappes de claviers savaient donner des couleurs ou des ambiances sans pour autant donner ce coté 70s , décennie à laquelle le groupe n’appartient pas.
    Je suis fan de ce groupe depuis 1986 et resterai définitivement un inconditionnel de Marcolin bien qu’il soit loin de faire l’unanimité mais il a l’avantage d’être capable de reproduire son chant si caractéristique.

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