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Chronique   

Cannibal Corpse – A Skeletal Domain


Cannibal Corpse, voici une formation dont on peut dire qu’elle n’a jamais cherché à renouveler fondamentalement sa formule. Oui, les ricains font et feront ad vitam aeternam du brutal death. Et quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense, il faut accorder au crédit du combo une réelle maîtrise du sujet. Peut-être existe-t-il plus violente formation. Peut-être existe-t-il des groupes plus rapides et techniques. Il n’en demeure pas moins qu’avec Cannibal Corpse, tout semble quadrillé dans les moindres détails. Groove, brutalité et chants gutturaux se croisent et s’entrecroisent dans une alchimie toujours aussi jouissive pour les fans du genre, toujours aussi rebutante pour les non-initiés. Et clairement, A Skeletal Domain, cette nouvelle galette des Américains, ne changera pas la donne.

Dire de Cannibal Corpse qu’ils font du brutal death en devient un pléonasme. Le combo a réussi à s’imposer dans l’esprit collectif des metalleux, voire bien au-delà, comme étant l’un des fers de lance du metal extrême, comportant et composé de tout ce qui défini ce dernier. Véritable stéréotype du style. Ainsi, en douze titres, le groupe distribue à qui le veut une volée de phalanges dans le museau ! Entre riffs qui cognent sur la tête à vous en donner le vertige (« A Skeletal Domain », « Icepick Lobotomy »), double pédale et basse qui claquent avec une réelle méchanceté (« Headlong Into Carnage »), titres de chansons toujours aussi appétissant (« Funeral Cremation ») et groove pachydermique (« Kill Or Become »), Cannibal Corpse dépèce un style dont il a déjà décortiqué, ingurgité et depuis fort longtemps digéré l’essence. La machine avance toute seule donc. Six titres sur douze permettent de très vite cerner le propos. Le reste ? Ce n’est que du bonus pour les cervicales. Après tout, un sous-genre comme le brutal death est très vite délimité par certains codes qui ne changeront jamais d’un iota. A l’instar d’un Slayer, par exemple, Cannibal Corpse délivre ainsi un opus effectivement maîtrisé mais inévitablement conventionnel (oui, oui, même dans la scène extrême ce terme a du sens). Pour exemple, « Bloodstained Cement » aurait pu figurer sur n’importe quel autre album du groupe, cela n’aurait marqué personne outre-mesure.

Toutefois, s’il n’apporte rien de plus à la discographie du combo, l’album reste composé de passages qui dénotent, apportant une plus-value aux titres, telle que la fin « mélodique » d’ « Asphyxiate To Ressucitate ». Et, certes conventionnel – si ce n’est une production plus précise et plus claire -, l’album n’en demeure pas moins une machine à broyer les os et l’esprit diablement efficace ! L’orage qui couve en introduction de « High Velocity Impact Spatter », premier titre de cet album, laisse prévoir l’avalanche de décibels qui va suivre. Cependant il n’est pas bon, ni même utile, d’intellectualiser le bourrinage de Cannibal Corpse qui se prend, soit volontairement et de plein fouet, soit qui s’évite consciencieusement. A la fois dispensable car sans saveur nouvelle mais à la fois indispensable pour les amoureux de death, A Skeletal Domain représente bien un groupe qui aujourd’hui ronge avec hargne un os depuis longtemps dépouillé de sa chaire fraîche.

Ci-dessous le titre « Sadistic Embodiment » :

Album A Skeletal Domain, sortie le 16 septembre 2014 chez Metal Blade Records.



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  • perso un peu déçu ausi !
    certe c est très bien joué la prod est d enfer mais les titres s enchainent sans réellement se démarquer les uns des autres.
    on et loin des excellents gallery of suicide, kill ou evisceration plague.
    j irai quand les voir à toulouse le 27/10 !

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  • Donatien Hamilcar dit :

    Fan depuis l’arrivée de Georges au micro, là, après plusieurs écoutes, je suis très déçu par cet album…
    Avec le temps, và, tout s’en và…comme disait le grand Léo :'(

    [Reply]

  • Excellente Chro!

    Le propos est très juste.

    [Reply]

  • Sans même avoir écouté un seul extrait de ce disque, je sais déjà à quoi ressemble le résultat.

    BAAAAAAAAAAAAAABABABABA BOBIBABA BOBIBABA BOBIBABADIDAAAAAAAAA GROOOOOOOOOOOOOO BAAAAAAAAAADADIDADIDO BODIDADADAADDIODAID BOBIBABA BOBIBABA BOBIBABAAAAAAAAAAAA

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