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Chronique   

Cannibal Corpse – Violence Unimagined


Cannibal Corspe est inoxydable. Sa détermination à repousser les limites d’un death qui se repaît des thématiques les plus violentes après plus de trente ans de carrière relève de la prouesse. Alex Webster résume très simplement la « philosophie » qui motive encore Cannibal Corpse : écrire la musique la plus puissante possible. Ni la pandémie, ni l’éviction du guitariste Pat O’Brien à l’arsenal insensé n’ont fait dévier Cannibal Corspe de sa trajectoire. Erik Rutan (Hate Eternal), producteur du groupe sur plusieurs opus et musicien de tournée, rejoint de manière permanente le groupe en tant que guitariste. Violence Unimagined profite de sa créativité, nécessaire pour aller tutoyer des sommets de brutalité, ceux qui n’ont peut-être pas encore été gravis.

À l’instar de nombreux groupes, le virus n’a pas stoppé mais simplement ralenti le travail d’enregistrement réalisé en plein confinement. Alex Webster a enregistré ses lignes de basse à domicile en Oregon, pendant que le reste du groupe pouvait communiquer plus facilement en Floride. Pas de quoi altérer la qualité de la production, la méthode de Cannibal Corpse est désormais éprouvée et son imaginaire maintes fois enduré. La mère anthropophage qui dévore son enfant en guise d’artwork augure cette finesse traditionnelle et la grâce qui gouvernent Violence Uninmagined. « Murderous Rampage » nous fait à nouveau tutoyer ces guitares aussi acérées que sales, complètement dévouées à accompagner le growl guttural incessant de George Fisher. « Murderous Rampage » est ce qui se rapproche le plus du « fauteuil » pour Cannibal Corpse. Un riffing éclair, quelques variations de tempo et ces soli grande vitesse éclatants en dissonances. Un vieux fût pour un breuvage fidèle, sans fulgurances. On ne peut pas enlever à Cannibal Corpse cette faculté à proposer un défouloir physique protéiforme, allant du mosh-pit effréné provoqué par un « Necrogenic Resurrection » et un « Overtorture » exténuants (si ce n’est une parenthèse suffocante de lourdeur dans le premier) ou le headbanging suscité par les articulations plus souples de « Inhumane Harvest » ou le groove de « Follow The Blood ». La fascination de Cannibal Corpse pour le macabre implique nécessairement une recherche de variété dans les manières de le dessiner. À ce titre, les Américains ont infusé tout leur savoir-faire au sein de Violence Unimagined. La barbarie de « Surround, Kill, Devour » n’occulte pas une science du songwriting et laisse apparaître une multitude d’accroches intelligentes pour peu qu’on adhère à la profusion des mouvements exécutés par le groupe.

Violence Unimagined contient bel et bien des pics de brutalité, même lorsqu’on se remémore l’intégralité de la discographie de Cannibal Corpse. « Ritual Annihilation » donne raison à Alex Webster lorsqu’il évoque ce nouvel opus comme le plus intense pour la batterie. Paul Mazurkiewicz explore davantage les aspects les plus physiques de son jeu, capable de proposer un blast-beat à donner le tournis. Une respiration pour ce dernier équivaut à une légère décélération… Peu importe la difficulté du virage, Cannibal Corpse peut compter sur un excellent châssis. Il peut en outre se reposer sur l’un des bassistes les plus techniques de sa scène et son jeu à trois doigts très percussif. « Follow The Blood » lui donne l’occasion de s’exprimer à travers quelques soli succincts qui rendent justice à sa dextérité. Violence Unimagined profite en outre de l’apport d’Erik Rutan à l’écriture, auteur de « Condemnation Contagion », « Ritual Annihilation » et « Overtorture ». Ce dernier vient contribuer à briser une approche occasionnellement monolithique à l’excès de la dynamique chez Cannibal Corpse.

Violence Unimagined respecte scrupuleusement la tradition Cannibal Corpse. Le groupe parvient à donner une identité prononcée à chaque titre pour peu qu’on leur accorde le temps nécessaire et que l’endurance ne nous fasse pas défaut. Sans donner l’impression de nous faire découvrir des nouveaux horizons de cruauté et d’atrocités – Cannibal Corpse s’est déjà montré suffisamment prolixe –, Violence Unimagined est l’œuvre d’une formation sûre de son fait, adulant l’exutoire. Le massacre a son esthétique.

Clip vidéo de la chanson « Murderous Rampage » :

Clip vidéo de la chanson « Inhumane Harvest » :

Album Violence Unimagined, sortie le 16 avril 2021 via Metal Blade. Disponible à l’achat ici



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