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Live Report   

Une capitale bipolaire sous Hangman’s Chair


Il y a ces groupes qui confirment à chaque album que la scène française aura toujours de belles choses à offrir. Hangman’s Chair est évidemment de ceux-ci. Cette formation parisienne de stoner / doom arpente déjà les salles depuis bien des années, mais la mise en lumière a surtout opéré avec This Is Not Supposed To Be Positive, sorti en 2015.

Cette année le groupe revient avec moins de rose mais toujours la même lourdeur sombre de leur musique avec Banlieu Triste. Si nous avons déjà fait le tour de l’album dans un chronique ainsi qu’une interview pour chercher des réponses à nos interrogations, il fallait bien, pour compléter le tableau, que nous nous rendions à la release party de l’album à la Maroquinerie. Un des concerts immanquables de cette année pour un groupe qui l’est tout autant.

Artistes : Hangman’s Chair – Team Ghost
Date : 4 mai 2018
Salle : La Maroquinerie
Ville : Paris [75]

Team Ghost

Démarrons le concert avec Team Ghost, une formation également parisienne. Un brin moins extrême, on ressent ici davantage des influences venant d’Angleterre avec Joy Division ou encore The Cure. Toutefois le groupe possède une touche plus électronique avec des titres purement instrumentaux, tel que « Things Are Sometimes Tragic ». Les morceaux demeurent variés et offrent la possibilité aux différents membres du groupe de chanter ou échanger leurs instruments, à l’instar du guitariste qui deviendra claviériste et inversement.

Le groupe, ne perdant jamais de sa douceur, nous emmène au fur et à mesure à travers un rock agréable, permettant de démarrer la soirée de façon modérée, mais surtout avec qualité. Une douceur, certes, mais pas exempt de guitares corrosives, comme avec « We Are War », où le groupe mêle avec brio les synthés à la saturation d’une guitare plutôt stoner. Dans une certaine attitude décomplexée, le groupe dédiera certaines chansons à des personnes présentes dans la salle, des amis, ou bien démarrera « Only You Can Break My Heart » en annonçant, taquin : « le prochain morceau est une reprise de Bigflo & Oli ! » La setlist et le temps de jeu est généreux, faisant de Team Ghost un vrai coup de cœur musical. Un groupe sur lequel on ne peut pas se tromper si l’on est fan de musique.

Setlist Team Ghost :

The Riser
Curtains
Sparkles
This Elegy
Team Ghost
Only You Can Break My Heart
Blood
Fireworks
We Are War
Pleasure That Hurts
Things Are Sometimes Tragic
Away

Hangman’s Chair

Une batterie à l’effigie de Banlieue Triste, des amplis orange, d’autres amplis avec impression de la guillotine de This Is Not Supposed To Be Positive, tout est en place. Et l’efficacité du groupe se remarque dès « Naive », le morceau d’ouverture du dernier album. Pendant plus d’une heure dix le groupe ne perd pas de sa splendeur massive et nous assoit à coup de riffs lourds et dissonants. Pas de mise en scène particulière ou autre artifice, ici la lourdeur sombre du groupe et sa prestance suffisent à nous maintenir en haleine tout du long du set. Un bassiste nerveux et impliqué, sur le visage duquel les émotions se lisent sans peine. Il lève les bras pour attirer l’attention de la foule avant que tout le gras ne dégouline de ses quatre cordes.

Les petites filles du groupe, présentes auprès de l’équipe technique et parlant suffisamment fort pour qu’on les entende, se demandent quand le concert finira afin de récupérer leurs pères, mais le public en redemande et le concert ne fait que commencer ! Finalement on les verra se prendre elles aussi au jeu et danser sur les riffs, prisent de passion par le son qui se déverse dans la salle. Le chant clair fait souffler un vent de fraîcheur sur cette musique sombre et grasse. Le groupe n’oublie pas non plus l’atmosphère avec des pistes purement instrumentales. S’il n’est pas surprenant que tous les titres de l’album Banlieue Triste ne soient pas joués (temps de jeu limité oblige), on regrettera tout de même que le groupe n’ait pas profité de la présence dans la salle de James Kent (Perturbator) pour porter sur scène leur collaboration avec « Tired Eyes ». Alors même si l’on pourra entendre « Sleep Juice », ainsi que la poignante « 04.09.16 », et que l’on finira sur « Touch The Razor » et « Full Ashtray », le groupe laisse une certaine place aux deux précédents albums, This Is Not Supposed To Be Positive (« Dripping Low », « Cut Up Kids » et « Flashback ») et Hope // Dope // Rope (« The Saddest Call »), mais rien des deux premiers albums. Notons toutefois le choix de proposer « Can’t Talk », provenant de leur récent split avec Greenmachine.

Hangman’s Chair

La soirée se passe sans excès de la foule, et tout le public de La Maroquinerie hoche la tête en rythme avec les riffs. Il n’y a que sur les derniers morceaux que de rares mouvements de foules se font sentir. Mais il est rare de voir en live chaque musicien prendre un tel plaisir sur scène pendant qu’il joue. Hangman’s Chair fait partie de ces exceptions et prouve que la passion existe encore bel et bien et que la scène stoner / doom française se porte à merveille. C’est sur une pièce épique de douze minutes, « Full Ashtray », que les parisiens finissent en beauté. Une prestance irréprochable, un son parfait, Hangman’s Chair à offert ni plus ni moins qu’un grand moment de musique.

Les parisiens sont venus nombreux à La Maroquinerie et ils ont bien fait ! Hangman’s chair s’est imposé comme une référence musicale dans l’hexagone. Après avoir été charmé par les albums studios, les voir en live ne fait que confirmer tous les bons sentiments qu’on peut éprouver à l’égard du groupe. Une belle énergie qui se dégage des musiciens, une passion communicative, et tout à coup, une banlieue parisienne dont la tristesse ne se dissipe pas mais qui ressort plus supportable qu’avant. En sortant de la salle les paroles du groupes deviennent plus clair : « J’ai froid et je sue… et bien je pense que c’est fait. »

Hangman’s Chair

Setlist Hangman’s Chair :
Naive
Sleep Juice
04.09.16
Drippring Low
Cut Up Kids
Can’t Talk
Flashback
The Saddest Call
Touch The Razor
Full Ashtray

Report et photos : Matthis Van der meulen



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