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Nouvelles Du Front   

Cet article vous rendra-t-il violent ?


Il existe une technique d’investigation très particulière aux États-Unis. Je vous l’explique avec un exemple : si ma brave pomme, en se rendant au studio de Radio Metal tout à l’heure, s’était amusé à renverser les pôles de la tronche du p’tit mec qui me regardait de travers dans le train, la flicaille aurait sans doute mis le nez dans mon lecteur mp3 et aurait conclu que j’allais peut-être ensuite ausculter ma victime et faire l’amour à son cadavre puisque j’écoutais alors « Call Me Doctor Love » de KISS. A ce moment-là un grand politicien ou un journaliste consciencieux aurait repris l’info pour remettre le couvert sur le rapport « musique violente et passage à l’acte ». Et je ne vous raconte même pas les conclusions qu’ils tireraient du fait que je travaille à Radio Metal.

Si vous vous intéressez aux faits divers sanglants, vous avez sans doute entendu parler du massacre perpétré la semaine dernière à Tucson, Arizona, par un dénommé Jared Loughner (le type sur la photo ci contre). Eh bien, vous n’imaginez même pas ce qu’on a pu trouver sur sa page Youtube : la seule vidéo que le fêlé de la gâchette avait pour favori avait pour bande sonore un titre de metal ! (Insérer ici une musique inquiétante.)


Et une vidéo super moche qui plus est, sur laquelle on voit un crétin vêtu d’un sac poubelle en guise de pantalon brûler le drapeau américain accompagné de la musique de « Bodies » de Drowning Pool ! Mais comme le dit si bien un article du Washington Post : « les enquêteurs n’ont pas suggéré qu’il existe un lien entre l’explosion de violence de Loughner et le titre de Drowning Pool ». Une déclaration qui n’empêche pourtant pas le journaliste d’axer son long article autour de cette découverte. Puisqu’il n’y a probablement pas de lien, pourquoi se prendre le chou avec ça ?

Il n’empêche que maintenant, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter. C’est qu’il faut être un très grand journaliste pour créer une psychose ! Et je m’inquiète tout particulièrement de deux choses. Premièrement : quelqu’un a-t-il penser à aller fouiller la cage de ce perroquet qui chante ce même titre de Drowning Pool ? Il se pourrait bien que le volatile y conserve des armes de destruction massive ou y fomente un plan pour assassiner le président ! Mais que fait Chuck Norris ? Deuxièmement : les recettes de Gilles Lartigot. Je vous rappelle qu’il a lui aussi illustré sa recette de soupe John Rambo avec encore ce titre des Texans ! Peut-être qu’il prévoit de tous nous massacrer à grand coups de poêles anti-adhérentes !

Conséquence de cette affaire, le groupe s’est montré « dévasté […] de voir que [leur] musique avait une fois de plus été mal interprétée. » Une fois de plus car en 2003 un jeune homme de dix-neuf ans avait tué ses parents au rythme de ce même titre alors qu’à Guantanamo il servait d’instrument de torture psychologique à l’encontre d’un des détenus. Comme l’explique le communiqué des membres du groupe : « ‘Bodies’ a été écrit pour parler de la fraternité qu’on peut trouver dans la foule au cours d’un concert et le respect que chacun a pour son voisin dans la fosse. Si quelqu’un tombe, on le relève. Ça n’a jamais parlé de violence mais de respect et d’une certaine éthique. »

Et du coup, on a encore plus envie d’apostropher monsieur Brad Bushman, professeur de communication et de psychologie à l’Université d’État de l’Ohio, cité dans l’article du Washington Post : « Vous ne pouvez pas être sûr de ce qui conduit un individu à commettre tel ou tel acte mais ayant fait des recherches pendant vingt ans sur les médias violents, de toute évidence, cela conduit à un comportement agressif. Ce n’est pas le seul facteur mais c’est au moins l’un d’eux. » Nous dirions bien au professeur Bushman – sans agressivité – de faire glisser ses idées au travers de son orifice rectal car si la musique avait un si grand pouvoir sur les individus, avec les tonnes de tubes à l’eau de rose, de chansons d’amour mielleuses produites à la chaîne depuis des décennies, nous devrions normalement vivre dans un monde merveilleux dans lequel on aurait peut-être enfin compris que l’art a moins tendance à rendre les gens violents que les gens qui répriment les artistes.



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  • « Moi, c’est en regardant Heat, de Michael Mann, que j’ai appris. Je rêvais de me faire un fourgon, il m’a donné le mode d’emploi. J’ai compris qu’on n’avait pas besoin d’y aller à douze, que quatre suffisaient. Le mercredi de la sortie du film, on était dans la salle avec mes potes dès la première séance, à 14 heures. On s’est fait la dernière séance à minuit, dans un grand ciné du quartier Opéra. Dans la salle, il n’y avait que des jeunes des cités, ça sifflait comme dans un stade de foot. Une ambiance incroyable. Heat, je l’ai revu sept fois au cinéma, une centaine de fois en DVD afin de disséquer la scène du braquage du fourgon qui m’a servi pour ma première attaque de convoyeurs. Comme dans le film, on a utilisé des masques de hockeyeurs. En juin 2009, quand je suis sorti de prison, j’ai rencontré Michael Mann, venu à Paris pour la sortie de son dernier film, Public Enemies. Je lui ai dit : « Vous avez été mon meilleur prof de fac et conseiller technique, mais vous avez bousillé ma vie. » Ça l’a fait marrer. »

    http://www.lepoint.fr/societe/meurtre-d-une-policiere-redoine-faid-braqueur-repenti-recherche-12-01-2011-129137_23.php

    On doit donc condamner Michael Mann ?

    [Reply]

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