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Chronique   

Channel Zero – Kill All Kings


Après un hiatus d’une grosse dizaine d’années, Channel Zero avait déboulé en 2011 avec l’apocalyptique Feed ’Em With Bricks, qui avait rappelé soudainement au monde du metal que la Belgique pouvait légitimement être le centre des attentions du moment. Grand bien leur a pris. Cependant, avec le décès tragique du batteur Phil Baheux l’an dernier d’une rupture d’anévrisme, il était bien question de savoir comment les Diables Rouges allaient réagir…

Et comme souvent, la douleur a enfanté une œuvre magistrale.

D’ailleurs, le morceau d’introduction, « Dark Passenger », donne immédiatement le ton de cet album à la fois très envolé et élégant. La voix de Franky DSVD est claire ; son timbre si particulier, tantôt puissant, tantôt mélodique et expressif (avec quelques petites intonations gothiques à la Glenn Danzig), faisant partie de la signature de Channel Zero, résonne de manière structurée et limpide dans cet écho de guitare bien grasse, parfois rapide, parfois mid-tempo. Mikey Doling a bien intégré l’esprit du groupe avec ses riffs-tronçonneuses. Reste la batterie : le point qui pouvait froisser les inconsolables. Qu’ils se rassurent, Roy Mayorga (qui n’accompagnera pas le groupe sur scène, ce dernier venant de recruter Seven Antonopoulos – Opiate For The Masses, Revolting Cocks) assure derrière les fûts en référence et grand professionnel qu’il est, en parfaite harmonie avec les autres musiciens.

Le premier extrait de l’album dévoilé, « Electronic Cocaine », est un pur concentré de ce qui fait l’âme du groupe : rythme lancinant, chant aérien et montée en puissance des guitares jusqu’au délire. Cet opus testera les limites de l’auditeur, oscillant entre pièces thrash gorgées de riffs qui balancent (« Burn The Nation » ou « Kill All Kings »), morceaux plus intimes, subtils et mélodiques (« Brother’s Keeper » qui monte en puissance, « Ego » qui alternativement gronde et explose et le poignant « Heart Stop »), et des hymnes, véritables pièces d’orfèvrerie sans concession et d’une noirceur profonde. En la matière, l’entraînant refrain de « Crimson Collider » véhicule une tristesse indescriptible et la surpuissante et slayerienne « Duisternis » (obscurité, en néerlandais), morceau trilingue anglais-français-néerlandais, renvoie aux origines culturelles, linguistiques et musicales du groupe.

De bout en bout, Channel Zero joue avec les émotions, les sons, les mélodies et les atmosphères via un fin travail d’arrangement. Il livre un album dense, débordant de rage, de tristesse et sans cesse sur la corde raide. De ce panzer qu’est « Dark Passenger », au vibrant hommage de « Heart Stop » (à la mémoire de Phil Baheux), Channel Zero invite à tuer tous les rois avec une large gamme d’armes affûtées. Pour les amoureux d’un power-thrash authentique et raffiné.

Ecouter les morceaux « Burn The Nation » et « Electronic Cocaine » :

Album Kill All Kings, sortie mondiale le 24 juin 2014 chez Metal Blade Records.



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