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Interview   

Charred Walls Of The Damned : la créature de Richard Christy


Richard Christy - Charred Walls Of The DamnedLa carrière de Richard Christy est impressionnante dans la multiplicité et la diversité des casquettes qu’il a endossées. Animateur radio, notamment dans le célèbre Howard Stern Show, réalisateur et acteur de films d’horreur ou comédies, doubleur de voix pour films d’animation, comédien de stand-up, journaliste, et bientôt brasseur de bière… Mais, évidemment, là où nous, amateurs de metal, le connaissons le mieux, ça reste en tant que batteur, ayant joué sur des albums comme The Sound Of Perseverance (1998) de Death, sur The Fragile Art of Existence (1999) de Control Denied ou sur le Horror Show (2001) d’Iced Earth. Des albums références qui l’ont propulsé parmi les meilleurs batteurs du genre.

Aujourd’hui, l’insatiable Richard Christy sort son troisième album avec son groupe bien à lui, Charred Walls Of The Damned, qu’il a fondé, dont il est le compositeur et parolier principal, tout en étant entouré de pointures : le producteur et guitariste Jason Suecof, le chanteur, ex-Judas Priest et ex-Iced Earth, Tim « Ripper » Owens et le bassiste, ex-Death et actuel Testament, Steve DiGiorgio. Creatures Watching Over The Dead est un album sans autre prétention que d’allier le plaisir du musicien et le plaisir de l’auditeur dans l’amour du heavy metal.

Entretien avec le musicien qui nous parle de tout ceci.

Richard Christy & Tim Owens - Charred Walls Of The Damned

« J’adore partir en vrille et être très technique mais j’ai aussi envie de m’assurer que les chansons soient accrocheuses et mémorables, et que même les gens qui ne sont pas musiciens puissent aimer les chansons. »

Radio Metal : L’album sort cinq ans après Cold Winds On Timeless Days. En 2013, tu as dit que vous aviez déjà écrit huit chansons et que vous vouliez aller en studio à la fin de cette année. Est-ce uniquement les emplois du temps chargés des membres du groupe qui ont décalé vos plans ?

Richard Christy (batterie) : Ouais, assurément. Jason Suecof, notre guitariste, est maintenant pas mal pris toute l’année à produire des groupes, idem pour son studio, Audio Hammer Studios, près d’Orlando, en Floride. L’une des choses les plus importantes étant de trouver le moment où il serait libre ainsi que ses studios, car nous enregistrons toujours dans ses studios. J’adore enregistrer là-bas et je veux toujours m’assurer que nous pouvons enregistrer dans ses studios. Du coup, nous avons dû nous assurer que nous pouvions aller aux Audio Hammer Studios et aussi que Jason aurait le temps de nous produire et aussi jouer de la guitare. Tim Owens est également très occupé sur les routes, il fait Dio Disciples et son groupe solo, et il est très occupé avec ça. De même pour Steve DiGiorgio, il a fait les tournées de Death To All et il tourne aussi avec Testament et a joué sur leur nouvel album. Il était surtout question de faire en sorte que les emplois du temps de chacun coïncident mais aussi, pour cet album, je voulais prendre mon temps et écrire plein de chansons, genre plus que nous n’en avions besoin, pour simplement être sûrs d’avoir les meilleures pour cet album. J’ai donc voulu prendre un peu plus de temps et j’ai en fait écrit environ vingt-quatre chansons, et Jason Suecof et moi avons choisi les neuf meilleures chansons parmi ces vingt-quatre. Dans la mesure où le second album est sorti peu de temps après le premier, je me suis dit : « Prenons un peu plus de temps avec celui-ci, » et aussi pour créer une envie chez les gens. On dirait que plus tu prends du temps pour un album, plus les gens sont excités lorsque le nouvel album sort. Voilà dans les grandes lignes pourquoi celui-ci a pris un peu plus de temps pour sortir.

En fait, c’est plutôt incroyable que vous soyez parvenus à faire trois albums avec ce même lineup ! C’est quoi votre secret ?

Je pense que le secret, c’est surtout que, comme nous prenons un peu de temps entre les albums, nous n’avons pas beaucoup l’occasion de nous voir, donc nous ne nous lassons pas des uns et des autres [petits rires]. Je pense que moins tu vois les gens, plus tu es excité à l’idée de faire de nouveaux albums et les revoir. Je pense aussi que ça vient pour beaucoup du fait que nous sommes un peu plus vieux, donc il n’y a pas tellement de drame dans ce groupe, nous sommes un peu à l’âge où nous nous sommes débarrassés des drames lorsque nous étions plus jeunes, et à mesure qu’un musicien vieillit, il devient plus serein. Nous sommes tous pas mal détendus, nous n’avons jamais vraiment de différends ou de problèmes, quels qu’ils soient, et si c’est le cas, simplement nous en parlons et trouvons une solution. Et c’était aussi une autre raison pour laquelle je voulais être patient, prendre notre temps pour cet album et m’assurer que tout le monde était disponible, parce que je voulais le même lineup. Même si ça a pris cinq ans entre le second et le troisième album, ça vaut le coup parce que, ouais, nous avons effectivement le même lineup. J’aime lorsque les groupes que j’apprécie ont le même lineup, comme Stryper, c’est toujours les mecs d’origine et c’est assez rare pour un groupe des années 80 ! J’étais un grand fan d’eux lorsque j’étais gamin et j’adore le fait qu’ils tournent toujours ensemble. C’est cool que tu dises ça parce que, ouais, j’adore le fait que nous ayons toujours ce lineup et que nous parvenions à le conserver !

N’as-tu pas parfois le sentiment qu’il y a trop de pression sur le groupe à chaque fois que vous sortez un album, en raison des gens qui y sont impliqués et de ce que le public attend de la part d’un tel groupe de musiciens ?

Ouais, il y a de la pression. Nous voulons être bons mais à la fois, nous voulons juste nous amuser. Nous sommes plus vieux, donc à ce stade, nous savons que nous n’allons pas devenir millionnaires en jouant de la musique. Nous ne le faisons pas pour l’argent, nous le faisons pour le fun ! Nos objectifs principaux, c’est juste de nous éclater et jouer de la musique, et nous espérons vraiment que d’autres gens l’apprécient également et qu’ils peuvent se rendre compte que nous nous amusons et que nos cœurs et nos âmes sont dans cette musique, car nous ne la faisons que pour l’amour du metal. C’est la seule chose que nous pouvons faire, essayer d’écrire de bonnes chanson, nous amuser et espérer que les gens apprécient l’écouter.

C’est intéressant comme votre musique mélange la technicité du death metal technique, surtout au niveau de la guitare et de la batterie, avec les mélodies accrocheuses et épiques du heavy metal. Ce qui n’est pas surprenant étant donné les backgrounds des musiciens…

Eh bien, tout d’abord, merci d’avoir remarqué ça ! Car ouais, j’adore partir en vrille et être très technique mais j’ai aussi envie de m’assurer que les chansons soient accrocheuses et mémorables, et que même les gens qui ne sont pas musiciens puissent aimer les chansons. Mais à la fois, j’adore faire quelque chose de dingue qui pousse les gens à se secouer la tête et dire : « Wow, ça c’est une musique de malade ! » Je pense que ça vient pour beaucoup de mes influences, des groupes comme Death, dans lequel j’ai eu la chance de jouer de la batterie. Lorsqu’ils ont sorti l’album Human, j’étais vraiment épaté parce que, pour moi, c’était le mélange parfais de mélodie et d’accroche mais aussi de technique. La maestria technique était incroyable, et j’adore les groupes qui ont un équilibre entre les deux. Il y a un groupe des années 80 et début 90 qui s’appelle Wratchchild America, ils ont sorti deux albums albums Climbin’ The Walls et 3-D, et pour moi, ils équilibrent parfaitement la musique technique avec l’accroche et le côté heavy. J’ai toujours adoré ça ! C’est ce que je veux faire avec ce groupe, tu sais, avoir des parties pas mal techniques mais qu’elles soient dans un contexte de très bonnes compositions. Il y a un groupe que j’adore qui existe de nos jours, ça s’appelle Coheed And Cambria, et pour moi, c’est un groupe de rock mais ils ont aussi ces parties vraiment folles, techniques et progressives mais elles sont en même temps mélodiques et accrocheuses. Je pense que sur le second album, il se peut qu’il y ait des choses qui étaient super dingues, peut-être plus dingues que mélodiques, et je pense que sur ce troisième album, nous avons un très bon équilibre entre le fait d’être technique mais aussi très mélodique et pouvoir garder les chansons suffisamment simples pour que quelqu’un qui n’est pas musicien puisse vraiment apprécier les écouter.

Jason Suecof est un producteur de grande renommée. Mais n’est-ce pas un peu compliqué pour lui d’avoir les deux casquettes, être le guitariste et le producteur dans le même groupe ? Penses-tu qu’il peut avoir suffisamment de distance sur sa prestation et la musique lorsqu’il la produit lui-même ?

Oh, c’est un génie pour ce qui est de la production et de la composition. Il est génial ! Il est tellement détendu et c’est un producteur si incroyable que, ouais, je ne pense pas du tout que ce soit compliqué pour lui ! C’est tellement naturel pour lui. Il a toujours produit ses propres [groupes]. Il avait un groupe qui s’appelait Capharnaum il y a longtemps, il le produisait, et il produisait un groupe qui s’appelait Crotchduster qu’il avait. Donc ça fait longtemps qu’il fait ça, le fait de jouer de la guitare dans un projet tout en le produisant. Donc ouais, je pense juste que c’est très naturel pour lui, ça lui convient parfaitement de faire les deux.

Charred Walls Of The Damned - Creatures Watching Over The Dead

« Même si c’est du death metal brutal avec des paroles de fou comme Cannibal Corpse, leurs paroles sont un peu des paroles fantastiques, comme un film d’horreur, et pour moi, ce n’est pas vraiment quelque chose de négatif, ça te transporte dans cet autre monde qui te permet d’échapper aux problèmes du monde réel. »

Tu as déclaré que tu « essayais d’être positif avec [tes] paroles car il y a énormément de négativité dans ce monde lorsque tu regardes les infos en ce moment. » Est-ce important pour toi d’offrir à tes fans de la musique pour échapper à cette négativité, plutôt que d’utiliser cette négativité dans ta musique comme de nombreux groupes de metal ont tendance à le faire ?

Ouais, je veux dire que je vois toujours la musique comme une échappatoire mais, à la fois, ouais, comme tu l’as dit, la musique est une façon de te débarrasser de ton agressivité et ta négativité. Car, surtout pour moi en tant que batteur, j’ai le sentiment que, lorsque je joue de la batterie, toute cette agressivité, et le fait d’absorber tout cette négativité de dingue qu’il y a dans le monde aujourd’hui et de la faire ressortir en jouant, c’est une façon pour moi d’évacuer toutes mes frustrations et tout. Mais, en même temps, je veux que les gens soient contents lorsqu’ils écoutent ma musique, je veux qu’ils balancent la tête et je ne veux pas que les gens pensent à toutes les choses négatives dans le monde pendant qu’ils écoutent notre musique. Je veux qu’ils prennent ça pour une échappatoire et quelque chose qui leur permet de s’amuser, se secouer la tête et chanter par-dessus. C’est ce que la musique a été pour moi. Je cours beaucoup aujourd’hui, je cours à peu près onze kilomètres par jour, et lorsque j’écoute de la musique, ça me transporte hors du monde réel vers un autre monde qui me rend vraiment heureux. Même si c’est du death metal brutal avec des paroles de fou comme Cannibal Corpse, leurs paroles sont un peu des paroles fantastiques, comme un film d’horreur, et pour moi, ce n’est pas vraiment quelque chose de négatif, ça te transporte dans cet autre monde qui te permet d’échapper aux problèmes du monde réel. J’essaie d’être assez positif avec mes paroles, même si certaines des paroles et des chansons parlent de problèmes modernes et ce genre de choses. Comme la chanson « The Soulless », elle parle de quelque chose que je vois tous les jours à New York City où je vis : les gens ne font que fixer en permanence leurs téléphones portables maintenant sans vraiment prêter attention à quel point le vrai monde est beau. Donc j’ai un peu écrit cette chanson à propos d’à quel point j’aime maintenant souvent mettre mon téléphone de côté, surtout à mesure que je prends de l’âge, et me poser et regarder les étoiles ou simplement apprécier le vrai monde. Je pense que de nos jours, c’est une bonne chose de se séparer des téléphones portables, des ordinateurs et tout de temps en temps, et simplement apprécier le monde normal.

Les chansons semblent liées à des histoires assez personnelles. Penses-tu que ça confère aux chansons plus d’authenticité et de force ?

Ouais, j’essaie d’écrire au sujet de ce que je connais et d’expériences que je vis. J’essaie d’écrire à propos de choses que je vois et desquelles j’essaie de tirer du positif ou que j’essaie de surmonter. Je veux écrire sur des choses qui peut-être, si les gens lisent les paroles ou les écoutent, avec un peu de chance, les inspireront et les rendront heureux. Pour plein de musiques que j’écoutais étant gamin, il y avait des paroles qui m’inspiraient énormément, me rendaient heureux et me poussaient vraiment à travailler dur. C’est pour ça que je veux écrire des chansons. Comme sur notre premier album, la chanson « Blood On Wood » parle juste d’à quel point j’ai travaillé dur pour devenir batteur et à quel point la batterie compte pour moi. Donc j’essaie simplement d’écrire à propos de choses que j’aime et qui m’ont poussé à être une meilleure personne.

Les deux dernières chansons s’intitulent « Living In The Shadow Of Yesterday » (« Vivre dans l’ombre d’hier », NDT) et « Time Has Passed » (« Le temps est passé », NDT). Es-tu quelqu’un de nostalgique?

Oh, complètement ! Surtout pour les années 80. J’ai grandi dans les années 80, et parfois je suis un peu triste et j’aimerais pouvoir revenir aux années 80. Même si je suis content que nous puissions encore les apprécier, et surtout aujourd’hui beaucoup de groupes que j’aime des années 80 existent et tournent toujours, comme Stryper que j’ai mentionné plus tôt. Nombre de ces groupes se reforment et tournent à nouveau, et j’adore ça ! Je trouvais que les années 80 étaient une époque vraiment fun et le heavy metal était énorme à l’époque, et j’adore les films des années 80, surtout les films d’horreur comme ceux de John Carpenter et des films comme The Thing, Prince Of Darkness… La plupart des films qui sont sortis dans les années 80 sont tous mes films préférés. Ouais, je suis assurément nostalgique, j’ai beaucoup de chance de m’être éclaté à l’école étant gamin. J’adorais mon école. J’ai été dans une toute petite école dans le Kansas, donc j’ai vraiment adoré aller à l’école dans les années 80. Ceci dit, j’aime aujourd’hui également. Il y a plein de nouveaux groupes que j’aime vraiment et de nouveaux films, de nouvelles séries télé. Par exemple, il y a une série télé qui s’appelle « Stranger Things » dont je suis dingue et qui est incroyable. Mais, je ne sais pas, c’est juste le truc avec les années 80. C’était une époque plus simple et il n’y avait pas de téléphone portable, je me contentais de me balader à vélo lorsque j’étais enfant et d’écouter du heavy metal… Donc ouais, c’est sûr que je suis très nostalgique.

Une fois de plus, l’album possède les mêmes initiales que le nom du groupe. Comment trouves-tu ces titres ? Et ont-ils vraiment un sens pour toi ?

[Rires] Ça devient de plus en plus difficile avec chaque album ! C’est juste que c’est marrant d’avoir les même initiales que le nom du groupe avec CWOTD. Car j’ai toujours adoré la façon dont Morbid Angel nomme tous ses albums par ordre alphabétique, genre A – Altars Of Madness, B – Blessed Are The Sick, C – Covenant, et puis Megadeth avait toujours les trois petits points, comme Peace Sells… But Who’s Buying?, Killing Is My Business… And Business Is Good! Je trouvais juste que ce serait marrant d’avoir un petit thème pour chaque album, mais ça devient de plus en plus difficile. J’écrivais juste les lettres sur un papier et j’essayais de trouver des mots sympas pour chaque lettre. Lorsque j’ai enfin trouvé Creatures Watching Over The Dead, j’étais là: “Oh, bonté Divine!” C’était tellement dur de penser à ça. Mais surtout, je voulais quelque chose qui sonnait cool et metal. Il ne faut pas nécessairement qu’il y ait un sens profond, et puis il colle bien à l’artwork. J’ai trouvé l’artwork avant de trouver le titre de l’album, donc une fois que j’ai eu le titre, j’étais là : « Wow, ça colle parfaitement à la pochette ! » Il n’y a jamais de vrai sens profond, nous voulons juste nous amuser un peu et conserver la tradition des CWOTD !

Tu as fondé Charred Walls Of The Damned, tu en es le leader, tu écris les paroles et la musique… Et tu n’as jamais été dans un groupe pendant très longtemps avant ça, tout du moins pas aussi longtemps que as été dans Charred Walls Of The Damned. Est-ce que ça veut dire que tu as toujours eu envie d’avoir ton propre groupe et d’en être le leader et la force créative ?

Non, je n’ai jamais eu cette envie avant ce groupe. Tu sais quoi ? Honnêtement, c’est bien plus relaxant et c’est bien moins stressant lorsque je ne suis que le batteur dans un groupe ! Lorsque j’étais dans Death, je n’étais que le batteur, et ensuite Iced Earth, je n’étais que le batteur, et en fait, j’adorais ça ! Car être le leader dans un groupe, avoir toutes les responsabilités et gérer tout le côté business, c’est une sacrément grosse entreprise et c’est beaucoup de travail, mais ça vaut le coup. Je veux dire que j’adore ça mais à la fois, je me rends compte d’à quel point j’avais de la chance de pouvoir partir en tournée, jouer de la batterie et ne pas me soucier de tout ça lorsque j’étais dans les autres groupes dans lesquels j’ai été. Mais ouais, j’ai toujours voulu contribuer en écrivant de la musique et c’est assurément quelque chose que je peux faire dans ce groupe que j’adore. Je n’ai jamais été un très bon guitariste, donc j’ai formé ce groupe et j’ai commencé à jouer bien plus de guitare lorsque j’ai déménagé à New York City ; c’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai fondé ce groupe, parce que ça me permettait de jouer bien plus de guitare, d’écrire de meilleurs riffs et de devenir un meilleur compositeur. Et aussi, j’ai enfin confiance pour écrire des paroles. Lorsque j’étais dans mes autres groupes, c’était des groupes déjà pas mal établis, donc je n’avais pas le sentiment que c’était mon rôle d’essayer d’écrire des paroles ou de trouver des riffs de guitare ou quoi que ce soit, j’étais content de simplement jouer la musique que les groupes avaient écrite. C’est génial de pouvoir avoir ce groupe, composer de la musique, écrire des paroles et tout mais, à la fois, c’est aussi énormément de travail, mais j’aime ça ! Ça vaut complètement le coup et lorsque j’entends quelqu’un dire qu’il adore une de nos chansons, ça montre que tout ça vaut la peine, c’est certain.

Richard Christy - Charred Walls Of The Damned

« Je pense encore à Chuck [Schuldiner] tous les jours. […] C’est quelqu’un dont j’ai été fan depuis les années 1980 lorsque j’étais au collège, j’écoutais Death et c’était un rêve qui devenait réalité pour moi de jouer dans le groupe et d’être sur l’album The Sound Of Perseverance. »

As-tu une vision ou une approche différente de la composition en étant batteur par rapport à quelqu’un qui de base est guitariste ?

Ouais, étant batteur, je compose… J’ai disons une approche plus rythmique pour écrire les riffs de guitare. Certains riffs de guitare que j’écris viennent même d’un rythme de batterie que je trouve en m’entraînant. Surtout sur le deuxième album, j’ai écrit beaucoup de chansons à la batterie et ensuite nous composions les riffs de guitare par-dessus ces supers rythmes de batterie que j’avais trouvé. Et donc, ouais, je pense que c’est cool d’avoir cette base. Je suppose qu’on pourrait dire que je suis un guitariste très percussif, car j’aborde toujours ça d’un point de vue rythmique. J’ai toujours admiré les batteurs qui écrivaient de la musique. Comme Tommy Lee qui était un bon pianiste, il a écrit plein de chansons de Mötley Crüe. Dave Grohl est un batteur qui est un excellent compositeur. Neil Peart de Rush écrit toutes leurs paroles. C’est donc une chose à laquelle j’ai toujours aspiré mais je n’ai jamais été assez bon à la guitare jusqu’à ce que je commence ce groupe ; je ne me suis jamais senti assez confiant pour écrire des paroles avant de commencer ce groupe. Être batteur et jouer de la guitare, j’espère que ça me permet de trouver des riffs qui sont un peu différents de ce qu’un guitariste normal trouverait, même si lorsque je donne mes riffs à Jason Suecof, il les rend cent fois meilleurs parce que c’est un guitariste un million de fois meilleur que moi, il les rend incroyables ; pareil avec Tim et Steve, ils prennent ce que je fais sur la démo et rendent tout ça bien, bien meilleur !

En dehors du fait d’être batteur, tu es aussi connu pour ton travail en tant que journaliste, animateur radio, acteur et comédien de stand-up. Qu’est-ce qui te pousse à te diversifier dans tant de domaines ?

J’ai toujours voulu faire tout ce dont je suis fan ou qui me divertit. J’adore la comédie depuis aussi longtemps que j’adore le heavy metal. Je me souviens que j’étais fan de Steve Martin dans les années 70 lorsque j’avais à peu près quatre ou cinq ans. Mes parents me jouaient ses albums et donc j’ai toujours essayé de faire rire les gens depuis que je suis tout gamin et j’ai aussi toujours adoré la batterie. J’essaie de m’impliquer dans tout ce qui me passionne. J’adore les films d’horreur, donc j’ai cherché à m’impliquer dans des films d’horreur et j’écris des articles sur les films d’horreur dans un magazine qui s’appelle Decibel ici aux Etats-Unis. Et une autre chose sur laquelle j’ai été encore plus porté récemment, c’est la fabrication de bière. J’adore les fabriques de bière partout dans le monde ! Et ma femme et moi avons pu voyager en Belgique il y a quelques années pour visiter différentes brasseries. Donc je me suis également impliqué là-dedans. Mon rêve serait de brasser ma propre bière, j’espère que ça arrivera. Mais là tout de suite, il y a une brasserie dans l’état de Géorgie, ici en Amérique, qui a une bière Charred Walls Of The Damned qui est délicieuse ! C’est donc encore un autre truc que j’adore dans lequel j’essaie de m’impliquer. J’aime faire des choses qui me rendent heureux et, peu importe ce qui me rend heureux, j’essaie de m’y impliquer. Je veux juste faire autant de choses que possible tant que je suis ici, tu vois.

Je sais que tu étais très content de l’album The Sound Of Perseverance de Death ainsi que d’avoir fait partie de Control Denied, et vous étiez devenus de très bons amis avec Chuck Schuldiner. Dirais-tu que c’est un de tes plus grands regrets, évidemment le fait que Chuck ne soit plus de ce monde, mais aussi, d’un point de vue plus musical, que tu n’aies pas eu l’occasion de jouer très longtemps avec ces groupes qui semblaient parfaitement te convenir ?

Ouais, je veux dire que j’aurais aimé que Death puisse continuer plus longtemps et je pense encore à Chuck tous les jours. Je sais que Chuck voulait que Control Denied continue pendant longtemps également. Ça m’attriste vraiment qu’un seul album ne soit sorti jusqu’à présent et j’espère que nous pourrons encore faire le second album ; avec un peu de chance, le second album de Control Denied sortira. Ca fait maintenant quinze ou seize ans que les parties de batterie ont été enregistrées et que les parties de Chuck ont été enregistrées. Tout dépend du [producteur] Jim Morris. Je sais qu’il est très occupé. Je n’ai vraiment rien entendu depuis un bon moment mais j’espère toujours que quelque chose se passera avec ça. Aussi, je me sens vraiment chanceux d’avoir pu être dans les groupes Death et Control Denied, d’avoir pu rencontrer Chuck, le voir jouer de la musique et être sur la même scène que lui, parce que c’est un de mes héros. C’est quelqu’un dont j’ai été fan depuis les années 1980 lorsque j’étais au collège, j’écoutais Death et c’était un rêve qui devenait réalité pour moi de jouer dans le groupe et d’être sur l’album The Sound Of Perseverance. Donc même si je n’ai pas été dans le groupe pendant très longtemps, je me sens chanceux d’avoir pu jouer sur cet album et nous avons aussi fait d’incroyables tournées, nous avons tourné en Europe et notamment au Dynamo Festival, ce qui était un rêve devenu réalité, nous avons tourné aux Etats-Unis avec Hammerfall, nous avons tourné en Amérique du Sud… Donc je me sens très, très chanceux, même si c’était peu de temps, d’avoir fait partie de Death et de Control Denied. J’ai tellement de chance d’avoir été là et d’avoir été témoin de Chuck, de son génie et d’à quel point c’était une personne réellement bonne. Il est devenu mon meilleur ami et je pense à lui tous les jours. C’était une personne vraiment incroyable et je suis si content que les gens écoutent encore tous les jours sa musique.

Quelle est la plus grande chose que tu aies apprise de Chuck ?

L’importance de la famille. Je sais que, peu importe où il allait et combien de temps il partait en tournée, même si c’était une semaine ou un mois, Chuck voulait toujours passer du temps avec sa famille, car il savait que sa famille allait lui manquer lorsqu’il serait en tournée. Voir ça, c’était tellement formidable. Il aimait tellement sa famille. Même s’il est devenu une légende internationale du metal, la chose la plus importante pour lui restait sa famille. Il était donc vraiment incroyable. Je suis toujours ami avec la famille de Chuck et je suis toujours en contact avec elle. C’était comme une seconde famille pour moi aussi, parce que lorsque j’étais à Orlando, ma famille était au Kansas, donc je n’avais pas l’occasion de les voir, sauf une ou deux fois par an, donc c’était bien de toujours voir la famille de Chuck. Il est clair que la famille est la chose la plus importante que nous avons et Chuck m’a assurément appris ceci également, donc c’était incroyable de voir ça.

Tu as récemment enregistré la batterie pour le nouvel album de Monte Pittman. Peux-tu nous parler de cette expérience ?

C’était incroyable ! Monte est un incroyable guitariste et compositeur. Je suis honoré d’être sur cet album. C’était vraiment amusant à jouer. C’est de la musique très accrocheuse. Une bonne part est vraiment très rapide, et vraiment brutale, donc j’ai dû beaucoup m’entraîner pour pourvoir la jouer. Billy Sheehan joue de la basse sur cet album. Je suis fan de Billy Sheehan depuis qu’il a joué avec David Lee Roth dans les années 80. C’est donc un énorme honneur d’être sur cet album et j’ai également hâte que les gens l’entendent. Je suis très fier des parties de batterie que j’ai pu faire sur cet album.

Peux-tu nous donner des nouvelles de tes prochains projets ?

Charred Walls Of The Damned est plus ou moins mon projet principal aujourd’hui. Je m’occupe de cet album et c’est à peu près tout. C’est ce sur quoi je me suis concentré dernièrement.

Peut-on s’attendre à ce que le prochain album sorte plus rapidement ?

Probablement, ouais. J’ai environ cinq ou six chansons supplémentaires qui sont écrites et qui iront sans doute sur le prochain album. Donc, ouais, j’imagine. Ca ne prendra clairement pas cinq ans, ça c’est certain !

Interview réalisée par téléphone le 22 août 2016 par Nicolas Gricourt.
Fiche de questions : Nicolas Gricourt & Philippe Sliwa
Retranscription : Céline Hern.
Traduction : Nicolas Gricourt.

Page Facebook officielle de Charred Walls Of The Damned : www.facebook.com/charredwallsofthedamned

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